The Project Gutenberg eBook of Antiquités d'Herculanum, Tome I. Peintures
Title: Antiquités d'Herculanum, Tome I. Peintures
Author: Tommaso Piroli
Release date: December 5, 2005 [eBook #17231]
Most recently updated: December 13, 2020
Language: French
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Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
DE L'IMPRIMERIE DE LEBLANC.
ANTIQUITÉS D'HERCULANUM,
GRAVÉES
PAR TH. PIROLI,
ET PUBLIÉES
PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
TOME PREMIER.
PEINTURES.
À PARIS,
Chez
PIRANESI, Frères, place du Tribunal, n° 1354;
LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison
Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n° 1121.
AN XII. = 1804.
À SON EXCELLENCE
LE Cen CHAPTAL,
MINISTRE DE L'INTÉRIEUR.
CITOYEN MINISTRE,
LES ANTIQUITÉS D'HERCULANUM ont offert une source féconde de richesses aux arts et aux manufactures. En dédiant cette Édition à leur illustre Protecteur, nous lui offrons un faible hommage de notre reconnaissance, et regardons comme une nouvelle faveur l'accueil dont il l'honore.
Nous avons l'honneur d'être, avec le plus profond respect,
DE VOTRE EXCELLENCE,
Les très-humbles et très-obéissons serviteurs,
TH. PIROLI, GRAVEUR.
F. ET P. PIRANESI, ÉDITEURS.
AVERTISSEMENT
DES ÉDITEURS.
En offrant au Public cette nouvelle Edition des Antiquités d'Herculanum, nous avons eu pour but de mettre cette riche Collection portée d'un grand nombre d'amateurs et d'artistes, et de suppléer en quelque sorte à la grande Edition in-folio de Naples, assez rare et très-dispendieuse. La gravure, exécutée à l'eau-forte par THOMAS PIROLI, conserve par-tout la grâce, l'esprit et le sentiment des productions originales. Chaque planche est accompagnée d'une page de texte, qui indique le lieu et l'époque des découvertes, la dimension du sujet, les traits mythologiques qui s'y rapportent, et l'opinion qui paraît la plus admissible sur son explication. Depuis que l'Ouvrage des Antiquités d'Herculanum a paru, les Antiquaires les plus distingués ont fixé leurs regards sur cette magnifique réunion de monumens de toute espèce: ils en ont fait l'objet de leurs études et de leurs recherches, et quelquefois ils ont découvert ce qui avait échappé aux premiers commentateurs. Le texte ajouté à l'édition romaine n'était qu'un extrait de celui des Académiciens d'Herculanum; nous avons pensé que les acquéreurs de cette nouvelle Edition ne nous sauraient pas mauvais gré de les faire jouir des avantages que le temps fournit pour l'explication des Antiques; nous avons en conséquence inséré dans le texte quelques opinions qui nous ont paru préférables aux premières, et nous nous sommes empressés de corriger quelques équivoques qui s'étaient glissées dans le texte de l'édition romaine. On peut donc considérer cet Ouvrage comme devant être une source d'agrément pour l'amateur et d'instruction pour l'artiste: c'est, en effet; une mine inépuisable à exploiter; un sentiment exquis, une grâce enchanteresse, un style noble et pur, offrent, dans tous ces précieux restes, des modèles à suivre, soit que nous nous arrêtions à ces peintures délicieuses qui retracent les scènes agréables de la vie privée ou des faits héroïques, qui présentent, sous mille formes variées, les Divinités présidant aux sciences, aux arts, aux jeux naïfs de l'enfance, etc., soit que nous considérions ces ustensiles admirables par leurs formes et leurs ornemens, ou bien ces bronzes curieux, objets du culte public ou familier: toute cette Collection renferme un intérêt particulier pour les arts relatifs à la décoration, et qui savent embellir jusqu'aux objets appliqués aux usages les plus simples. Le goût qui s'est répandu parmi les artistes qui dirigent nos fabriques et nos manufactures; la perfection apportée dans l'exécution de leurs travaux, rendent les étrangers tributaires de l'industrie nationale: et nous croirons avoir atteint un but utile, en lui fournissant des alimens.
Cette Edition offre un 6e. volume, qui n'a point encore été publié par l'Auteur.
Le 1er, le 2e. et le 3e. volumes contiennent les Peintures. Le 4e, les Bustes et Bas-reliefs en bronze; Le 5e, les Statues en bronze; Et le 6e, les Lampes et Candélabres.
PLANCHE I.
Cette peinture est sur marbre et d'une seule couleur; on l'appelle par cette raison monochrome. On en trouva quatre de cette espèce; celle-ci, découverte dans les fouilles de Résine le 24 mai 1786, a le mérite très-rare d'offrir le nom du peintre et des figures. Dans l'inscription grecque, Alexandre Athénien peignait, nous trouvons le nom et la patrie de l'artiste; et, par la forme des caractères, nous pouvons juger qu'il a fleuri à la plus belle époque des arts. Les noms de Latone et de Niobé, ceux de Phoebé, d'Hileaira et d'Aglaé, la plus jeune des Grâces, sont connus dans la Mythologie.
Trois des personnages paraissent converser; les deux autres, dans des attitudes pleines de grâce, jouent aux osselets, nommés astragales chez les Grecs, et tali chez les Latins.
1er. SUJET.—Hauteur, 1 P. 3 p°.—Largeur, 1 P. 1 p°. 9 lig. 2e. SUJET.—Hauteur, 4 p°.—Largeur, 1 P. 1 p°. 9 lig.
PLANCHE II.
Dans ce second monochrome, un héros, dont l'attitude est aussi fière qu'animée, attaque un Centaure à l'instant où il porte la main sur une jeune princesse qui le repousse avec frayeur. On croit y reconnaître Hippodamie, épouse de Pirithoüs, que le centaure Euritus voulait ravir, mais à qui Thésée ou quelque autre héros donna la mort pour venger cet attentat. Ce fut la cause de la fameuse guerre des Centaures et des Lapithes, si bien décrite par OVIDE (Métam. XII, 210 et suiv.).
Ce marbre peint, d'une belle conservation, fut trouvé, ainsi que les deux suivans, dans les fouilles de Résine, le 24 mai 1749.
Hauteur, 11 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 4 lig.
PLANCHE III.
Cette peinture a tellement souffert des outrages du temps, qu'à peine en retrouve-t-on les contours.. Cet accident ne contribue pas peu à en rendre l'explication difficile. On peut y voir l'une des aventures de Neptune, quand Rhéa trompa en sa faveur la voracité de Saturne, ou l'enfantement secret de Cérès qui donna le jour à la déesse Regina et au cheval Arion, ou peut-être mieux l'éducation d'Achille, suivant Homère; on retrouverait alors dans le vieillard à demi-nud, et en partie couvert d'une peau, Phœnix, accompagné de la nourrice. L'autel témoignerait le sentiment religieux qu'il inspire à son élève, et la femme majestueuse qui tient un poulain par la bride serait le symbole de la Région de Phtie, renommée par ses excellens chevaux, et dans laquelle Achille prit naissance.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 9 lig.
PLANCHE IV.
Cette peinture semble nous offrir la représentation de quelque scène tragique. On y voit trois figures dont les masques et les gestes expriment la douleur et les larmes; elles portent des habillemens longs, rayés en travers, qui leur descendent jusqu'aux pieds, et couvrent une partie de leur chaussure. Si les traits n'étaient pas chargés, et si dans la première figure on ne distinguait pas visiblement la bouche travers le masque, on pourrait croire que ce sont trois pleureuses, telles que les Antiquaires en ont reconnu dans plusieurs monumens; mais aucune autorité ne permet de croire que ces sortes de femmes se servissent de masques dans les cérémonies funèbres, où leur caractère était d'exprimer au vrai sur leurs visages la tristesse et le désespoir.
Hauteur, 11 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 9 lig.
PLANCHE V.
Ce fragment, l'un des plus grands de la collection, représente Thésée en Crète. Le héros est nu et d'une taille gigantesque; de sa main gauche, où l'on remarque un anneau, il porte sa massue pleine de noeuds. On voit autour de lui, dans des attitudes variées, pleines de grâce et d'expression, les jeunes Athéniens et les jeunes filles sortant de la porte du labyrinthe. A ses pieds est étendu le Minotaure couvert de blessures; on le voit ici, comme dans d'autres monumens antiques, avec la tête de Taureau, et le reste du corps conservant la forme humaine. La Déesse assise sur un rocher, le carquois sur l'épaule et l'arc à la main, est Dyctinna, ou la Diane Crétoise, placée ici pour mieux déterminer la contrée où se passe la scène.
Cette peinture, avec plusieurs autres, se trouvait dans une grande salle qu'on prit d'abord pour un temple. On en fit la découverte dans les fouilles de Résine, en 1739.
1er SUJET.—Hauteur, 5 P. 3 p°.—Largeur, 4 P. 4 p°. 2 AUTRES.—Hauteur, 10 p°.—Largeur, 1 P. 11 p°.
PLANCHE VI.
L'explication la plus raisonnable qu'on puisse donner à cette peinture, est quelle représente Hercule et son fils Télèphe, fruit d'un commerce clandestin avec Augé, fille d'Alée, roi d'Arcadie, et qui fut nourri par une biche. La belle figure de femme assise, couronnée de fleurs, ayant à ses côtés une corbeille de fruits, et tenant un long bâton rustique, peut personnifier l'Arcadie et le mont Parthenius, sur lequel Télèphe fut exposé, ou représenter la déesse Tellus, nourrice des enfans; ce que semble indiquer plus particulièrement le lion pacifique qui est à ses pieds; derrière elle est le dieu Pan avec sa flûte à sept tuyaux et le pedum; à côté d'Hercule, on voit une Divinité avec des ailes, une couronne d'olivier et des épis dans la main gauche. Ce pourrait être Cérès ou la Providence qui montre l'enfant au héros, en lui indiquant, dans l'aigle, l'emblème de sa postérité.
Cette peinture fait le pendant de la précédente; elle est du même style, et fut trouvée dans les fouilles de Résine avec le Thésée.
Hauteur, 6 P. 3 p°.—Largeur, 4 P. 7 p°.
PLANCHE VII.
Cette fresque, admirable dans toutes ses parties, représente le premier des travaux d'Hercule, quand, encore au berceau, il étouffe les deux serpens suscités par Junon pour le faire périr. Le mouvement d'Alcmène exprime avec vivacité toute la terreur dont elle est pénétrée. D'un côté, on voit Amphytrion avec le sceptre, comme un des princes d'Argos, et portant la main à l'épée pour chasser les serpens, suivant la belle description que Théocrite nous a laissée de cet événement; de l'autre côté, un pédagogue tient dans ses bras Iphiclus effrayé, bien différent de l'intrépide enfant. Pline, en nous donnant la description d'une semblable peinture de Zeuxis, pourrait faire soupçonner que celle-ci en est l'imitation. On doit faire attention au costume barbare dont le peintre a revêtu le pédagogue; ce costume est convenable à la condition d'esclave, d'où étaient ordinairement tirés les pédagogues aux temps héroïques. Hercule porte un collier, parure qui était en usage parmi les enfans de distinction. L'ornement qui est au bas est indépendant du sujet.
1er SUJET.—Hauteur, 3 P. 11 p°.—Largeur, 3 P. 9 p°. 2e SUJET.—Hauteur, 1 P. 2 p°. 4 lig.—Largeur, 3 P. 9 p°.
PLANCHE VIII.
Cette excellente peinture représente le jeune Achille apprenant du centaure Chiron à toucher de la lyre: tout y est digne d'attention; l'attitude du Centaure ainsi décrite par Stace; la peau qui le couvre comme le premier chasseur, ou comme suivant de Bacchus; l'herbe dont il est couronné qui n'est point le lierre, ornement ordinaire des Centaures, mais qui paraît être l'une des herbes auxquelles il a donné son nom, et décrites par Pline; enfin, l'archet qui se distingue des formes les plus connues. La chaussure d'Achille s'accorde mal peut-être avec la nudité du héros aux pieds légers; mais rien n'est mieux saisi que le geste des doigts en devoir de toucher les cordes de la lyre; on admire sur-tout la tête du Centaure et les formes gracieuses et délicates d'Achille. L'architecture, qui fait le fond du tableau, ne correspond point à la perfection des figures. Cette peinture fut trouvée avec la suivante, à Résine, en 1739.
Dans les deux ronds sont représentés deux ministres de Bacchus. Le premier porte d'une main un flambeau, et de l'autre un instrument qui paraît propre à l'attiser; le second porte un ruban et un tyrse.
1er SUJET.—Hauteur, 3 P. 11 p°.—Largeur, 3 P. 9 p°. 2 RONDS.—Diamètre de chacun, 1 P. 4 p°.
PLANCHE IX.
Parmi les beaux ouvrages du célèbre Polygnote, Pausanias parle d'une figure du satyre Marsias assis sur un rocher, et enseignant au jeune Olympe à jouer de la flûte; c'est le même sujet que l'artiste a rendu ici avec tant d'habileté. La grâce et la beauté du jeune Olympe forment une heureuse opposition avec la robuste virilité de Marsias; l'air de tête de ce dernier et l'expression générale du tableau montrent assez que l'artiste a voulu en faire le pendant de celui qui précède, Chiron et Achille. Les ornemens d'architecture qui couvrent le fond de chaque tableau indiquent que ces deux groupes étaient placés dans la même salle, et faisaient partie de sa décoration.
L'ornement qui est au bas n'a aucune relation avec le sujet.
1er SUJET.—Hauteur, 3 P. 7 p°.—Largeur, 3 P. 5 p°. 6 lig. 2e SUJET.—Hauteur, 1 P.—Largeur, 3 P. 5 p°. 6 lig.
PLANCHE X.
On ne peut s'empêcher de reconnaître ici le cyclope Polyphême, célèbre par son amour pour Galatée, et par les dédains que lui fit essuyer sa difformité; mais le peintre s'est écarté de l'opinion commune, en nous représentant son cyclope sous des traits qui ne sont point difformes; il lui donne trois yeux, et dément ainsi l'entreprise d'Ulisse racontée par les poëtes et les mythologues. Un passage de Servius sur l'Enéide (liv. III, vol. 6) vient cependant motiver le caprice du peintre: Multi illum dicunt, unum habuisse oculum, alii duos, alii tres; le cyclope tient sa lyre d'une main; de l'autre, il est prêt à recevoir d'un Génie monté sur un Dauphin, messager de sa Galatée, des tablettes de la même forme que celle qui était usitée pour les distiques amoureux; l'air triste et empressé avec lequel il tend la main, semble exprimer à-la-fois son amour et ses craintes.
La peinture qui est au bas représente un Amour guidant un char attelé de deux cygnes.
1er SUJET.—Hauteur, 1 P. 9 p°.—Même largeur. 2e SUJET.—Hauteur, 8 p°.—Largeur, 1 P.
PLANCHE XI.
Les opinions ont beaucoup varié dans l'explication de cette peinture trouvée dans les fouilles de Résine en 1740. Est-ce le dévouement d'Alceste, ou l'entrevue de ces frères implacables, Ethéocle et Polinice, ou le jugement d'Oreste dans l'Aréopage? Nous pencherons plutôt à voir ici la belle scène de la reconnaissance d'Oreste dans l'Iphigénie en Tauride d'Euripide. Nous retrouvons Oreste dans le jeune homme sombre et pensif, assis sur un siége couvert de la peau d'un animal; cette vierge qui pleure en l'embrassant, exprime avec vérité sa soeur Iphigénie à l'instant ou elle le reconnaît; le jeune homme assis devant lui, tenant une feuille déroulée, et qui paraît, en la lisant, désigner Oreste, sera son ami Pilade. Il nomme à la prétresse ce même frère auquel il devait remettre sa lettre; la jeune fille et la vieille peuvent représenter le choeur qui promet le silence; le vieillard, frappé d'étonnement, sera le roi Thoas; enfin, la statue revêtue d'une chlamyde avec le carquois suspendu à l'épaule, sera celle de Diane, que les fugitifs devaient enlever.
Hauteur, 5 P.—Largeur, 4 P.
PLANCHE XII.
Si l'on a vu dans la peinture précédente, Oreste reconnu par Iphigénie, celle-ci, quoique trouvée dans un lieu et dans un temps différent, offrira la continuation de la même aventure. Euripide est encore le guide qui nous expliquera le sujet de cette scène. Voici donc Oreste et Pilade, conduits par un satellite du roi à la mer, pour y être purifiés; les mains liées derrière le dos, le front ceint de bandelettes, et les tempes couronnées comme victimes destinées au sacrifice; voilà la statue de la Déesse sur la Table sacrée; auprès sont deux vases. Iphigénie intime aux citoyens l'ordre de s'écarter de la cérémonie mystérieuse, et invoque secrètement la Déesse pour le succès de l'enlèvement médité; l'une des ministres de la prêtresse porte une lampe allumée, et l'autre paraît occupée à ranger dans la cassette le reste des instrumens sacrés.
Le paysage au-dessous de cette peinture est d'une composition fort agréable, et digne d'attention.
1er SUJET.—Hauteur, 5 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig. 2e SUJET.—Hauteur, 3 p°.—Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig.
PLANCHE XIII.
L'instrument que porte la femme représentée dans cette peinture, est une épée renfermée dans son fourreau qui se termine par un bout en forme de champignon; on trouve l'explication de cette singularité dans quelques anciennes autorités (Vid. HEROD. lib. III, cap. 64; PAUSANIAS, II, 16). On a cru voir dans le sujet de ce tableau, Didon abandonnée; cette épée, la bandelette, ornement royal qui ceint ses cheveux en désordre; l'habit rouge à longues manches qui pouvait se rapporter au costume carthaginois; son âge et sa stature majestueuse; ce visage à-la-fois triste et superbe; ces yeux égarés, et le désespoir exprimé dans toute son attitude; ces degrés et la porte qui indiquerait l'appartement supérieur destiné au repos et qu'elle viendrait de quitter; tous ces traits rassemblés paraissaient se retrouver dans Virgile, et faire reconnaître cette reine infortunée. Malgré ces apparences, l'opinion, le plus généralement reçue aujourd'hui, nous présente ici Melpomène, Muse de la Tragédie; l'épée est l'un de ses attributs reconnus; cette arme fait allusion aux meurtres de la scène tragique, et plus particulièrement aux fureurs de Médée; les manches étroites qui descendent jusqu'aux poignets appartiennent au costume de la scène; on les retrouve sur un grand nombre de figures représentant cette Muse; on sait d'ailleurs que les manches des habits carthaginois étaient très-larges. Le fond du tableau représente la scène d'une manière peu différente de celle dont les miniatures de l'ancien manuscrit de Térence nous la retracent.
Les deux pilastres sont peints sur un fond noir, et renferment des symboles relatifs au culte de Bacchus ou d'Isis.
Le petit câdre offre une branche de fruits peints très-agréablement.
Sujet principal.—Hauteur, 3 P, 10 p°.—Longueur, 1 P. 7 p°.
PLANCHE XIV.
Cette peinture vraîment curieuse, trouvée, ainsi que les précédentes, dans les fouilles de Résine, représente une Cène voluptueuse. Les figures et les accessoires méritent une égale attention: le lit avec une couverture blanche; le vêtement du jeune homme qui pourrait être la synthèse, et qu'il a laissé glisser à moitié du corps, suivant l'usage, à la fin du repas; la manière dont il se repose sur le coude, et dont il boit; le vase en forme de corne (rhyton); la femme assise au bord du lit, selon la coutume des Grecques et des Romaines, le désordre de ses vêtemens, la synthèse qui l'enveloppe jusqu'à mi-corps, et le peplum d'une grande finesse qui lui couvre le sein; son réseau couleur d'or; la cassette apportée par une esclave, et qui renferme probablement des parfums; la table ronde à trois pieds; le colum, ustensile percé où l'on mettait de la neige pour rafraîchir le vin; et les trois vases pour faire des libations à Jupiter, à Mercure et aux Grâces; enfin, les fleurs semées sur la table et sur le pavé: tout retrace précieusement l'usage et le costume.
L'ornement qui accompagne cette peinture n'y a point de rapport.
Sujet principal.—Hauteur, 1 P, 9 p°.—Longueur, 1 P. 7 p°.
PLANCHE XV.
La beauté du coloris, l'excellence du style, l'esprit de la composition et le mouvement gracieux des figures donnent à cette peinture le plus rare mérite. C'est une Bacchante surprise par un Faune. Le site montueux convient aux orgies de Bacchus; il est semé de roches sur lesquelles a été renversée la Bacchante dans l'instant où elle cherchait à les franchir; la solitude l'a rendu aussi dangereux que ses aspérités. Près du faune est le bâton recourbé (pedum) et la flûte à sept tuyaux (syrinx); aux pieds de la Bacchante est un thyrse dont la pointe est environnée de lierre. Comme instrument sacré, il est orné d'un ruban rouge semblable à sa robe. Sur le fond du tambour garni de grelots (tympanum), est peinte la figure d'un Sistre; un peu plus loin est un autre instrument rond et sans fond qui pourrait bien être le Rhombe, qu'une épigramme de l'Anthologie nous décrit comme faisant partie de l'équipage des Bacchantes.
Le Rhombe circulaire anime les Bacchantes.
Hauteur, 1 P, 4 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 1 p°.
PLANCHE XVI.
Un Silène nu, à la barbe touffue, s'efforce d'embrasser un Hermaphrodite également nu, qui semble le repousser et vouloir s'échapper de ses mains. L'excellence du style et du coloris ne rendent en rien cette peinture inférieure à la précédente; toutes les deux paraissent être de la même main, et furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine.
Quoique les auteurs anciens aient fait usage indistinctement des noms de faunes, de silènes et de satyres, les Antiquaires, pour la clarté des descriptions, ont voulu les distinguer; ils se servent du nom latin de Faunes, pour désigner ces suivans de Bacchus qui ont entièrement la forme humaine, et qui n'en diffèrent que par les oreilles de chèvre et par la queue; les faunes, quand ils sont vieux et barbus, sont appelés Silènes, nom qui d'ailleurs était propre au père nourricier de Bacchus; enfin, on donne le nom grec de Satyres à ceux qui, avec les mêmes signes, ont des cornes de bouc et la partie inférieure du corps semblable à cet animal.
Les nymphes, sous diverses dénominations, peuplaient les montagnes, les forêts et les eaux; elles avaient à se défendre des surprises des Divinités rustiques. La représentation de ces scènes licencieuses plaisait beaucoup aux anciens, qui portèrent jusqu'à la passion le goût de ces tableaux que Pline désigne sous le nom de libidines. Quant aux androgynes ou hermaphrodites, également rangés dans la classe des êtres fantastiques, ils ne sont que les enfans d'une imagination égarée par l'amour des voluptés, et qui a pris plaisir à réunir dans un seul individu les attraits des deux sexes: les sujets des Bacchanales nous en offrent souvent des images; et des groupes qui représentent la même scène que cette peinture, existent en Angleterre et à Dresde.
Hauteur, 1 P. 4 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 3 p°.
PLANCHE XVII.
Cette peinture et les onze suivantes de même grandeur furent détachées des murs d'une salle découverte en 1749 dans les fouilles de la tour de l'Annonciade, à Civita, où l'on pense que devait être à-peu-près située la ville antique de Pompeia: on parlera ailleurs de cette salle qu'on croit avoir été un triclinium, lieu destiné au repos et au plaisir, et de diverses autres peintures qui s'y trouvaient; toutes admirables par leur perfection, chacune d'elles a un mérite particulier digne de notre attention. Celle-ci représente deux Danseuses; dans leur mouvement, développé avec autant de vigueur que de grâce, chacune saisit du pouce et de l'index le doigt medium de sa compagne, pour former une passe qui n'est point étrangère à nos danses modernes. Le vêtement de la première est d'un tissu vert très-fin, transparent et bordé de rouge. Le voile qui lui ceint la tête à plusieurs reprises paraît se rapporter ce genre de coiffure que les anciens appelaient du nom générique de mitra. Les draperies de la seconde Danseuse sont jaunes; l'une et l'autre portent pour chaussure des semelles lacées avec des rubans rouges.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XVIII.
On ne peut assez admirer cette peinture; la sûreté du dessin, la pureté du coloris, une grâce charmante dans l'agencement, tout fait reconnaître la finesse de l'art et la perfection de l'exécution. Le mouvement de cette jolie figure annonce la Danse; ses charmes sont encore relevés par les bracelets et le collier de perle; un ruban blanc lie ses cheveux blonds; son vêtement fin et léger de couleur jaune, avec une bordure bleue, est abandonné au vent, et nous dérobe à peine une partie de son corps.
«Les danseurs invitaient Vénus à se mêler à leurs jeux; elle conduit le choeur des Nymphes et des Grâces; elle danse au banquet des Dieux; les perles nées dans son berceau font sa parure chérie».
C'est donc Vénus qui nous charme dans cette figure, ou c'est une jeune Danseuse ou Bacchante qui la représente; nous la voyons exécuter dans un banquet l'une de ces trois parties de la danse, le mouvement, la figure et l'indication. Après un mouvement rapide, elle s'est arrêtée, et, dans son attitude pleine de grâce, elle offre aux yeux des convives tous les charmes de la Déesse même.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XIX.
Cette figure rivalise de beauté avec la précédente. Ses cheveux sont blonds; le tissu jaune et transparent qui se joue en plis gracieux paraît plutôt voiler que couvrir une partie de son corps; son front est ceint d'un ruban bleu-céleste; de la main gauche elle soutient un disque couleur d'argent, qui paraît avoir quelque rapport à sa danse et lui servir de caractère distinctif.
«Telle se montrait Vénus, vierge encore, exposant aux regards la beauté de ce corps parfait, et laissant deviner ses charmes les plus secrets sous un léger tissu de lin, que soulève doucement le zéphir; la blancheur de son corps s'unit à la lumière du ciel, et l'azur de son voile se confond avec celui des flots». Cette description voluptueuse d'Apulée (Métam. X) a beaucoup de rapport avec notre Danseuse. Les Grâces, les Nymphes et les Heures étaient également représentées dans les danses avec les attributs que leur donnaient l'imagination des peintres et des poètes; et les danseuses ont pu servir à leur tour de modèles pour ces Divinités.
Les jolies frises à la suite de cette peinture et des cinq suivantes, n'ont aucune relation avec le sujet.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XX.
Voici une autre Danseuse dans le caractère d'une Bacchante. À demi-nue, les cheveux épars, de la main gauche elle élève un tambour garni de grelots (tympanum) qu'elle est prête à frapper de l'autre main pour marquer la mesure de sa danse; elle est parée d'un collier et de bracelets à double rang, qui paraissent formés de perles; sa robe blanche et d'une grande finesse est bordée de rouge, couleur consacrée Bacchus; les plis en sont élégans et bien entendus; ses sandales sont attachées avec des rubans également rouges.
Parmi les personnages que les anciens aimaient à voir représenter par leurs danseuses au milieu du festin, les Bacchantes offraient sans doute un attrait piquant à leur goût pour le plaisir. Les poètes donnaient leur caractère. «Presque nues, à peine couvertes d'une peau de tigre ou d'un vêtement léger, prêtes à se livrer aux orgies de Bacchus, on les voit détacher les bandelettes de leur chevelure et l'abandonner aux vents, s'agiter vivement, et accompagner leurs mouvemens du bruit du tambour; elles ne donnent pas moins l'image de l'ivresse de Vénus que de Bacchus».
Le mouvement de notre Danseuse est plus composé; ses cheveux dénoués ne sont pas encore en désordre; elle vient de commencer la danse.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXI.
Cette Danseuse se fait encore admirer par sa grâce et sa légèreté; ses cheveux ne sont point épars, mais le lierre dont ils sont couronnés, la peau de tigre ou de panthère qui de l'épaule gauche s'envole sous son bras, nous font reconnaître une Bacchante. Elle fait résonner dans ses mains les cymbales, dont le bruit harmonieux doit accompagner les clameurs des Prétresses de Bacchus; les bracelets à double rang sont de couleur d'or; son vêtement est de cette couleur d'azur que le galant Ovide distingue parmi celles qui plaisaient le plus aux femmes.
Les Bacchantes ne sont pas toujours caractérisées par le désordre de leur chevelure; on en trouve souvent, dans les monumens antiques, dont les cheveux sont soigneusement arrangés. Un poète latin (Corn. Gallus, l. IV) nous peint ainsi l'une de ces femmes voluptueuses: «Sa beauté ingénue lui faisait donner le nom de Candide; les tresses de ses cheveux étaient divisées avec art; les cymbales retentissaient entre ses mains agiles, et leur éclat se réfléchissait sur tout son corps; je la vis danser et fus épris d'amour».
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3p°. 6 lig.
PLANCHE XXII.
Cette figure svelte et gracieuse est vêtue d'une robe violette longue et transparente; l'épaule et le bras nus, elle semble avoir suivi le conseil du précepteur des amours, qui apprend à ses écolières que la partie qui attire le plus les regards des amans est celle où ces belles formes se confondent. (OVID. de art. III, v. 307.) Un voile léger jeté sur l'autre épaule passe sur son sein, vient former un tour à son bras droit, et voltige agréablement par derrière; son poignet est paré d'un bracelet d'or; de légères semelles forment sa chaussure; les feuilles de roseau dont ses cheveux blonds sont couronnés, le vase qu'elle porte d'une main, le disque qu'elle soutient de l'autre, et où l'on distingue trois figues, paraissent faire allusion à son caractère. C'est une Naïade, suivante de Bacchus, ou une femme qui, sous ce personnage, fait au Dieu l'offrande des prémices d'un fruit qui lui est consacré, ou l'une de celles qu'on appelait pour servir dans les festins somptueux. La couleur violette qui distingue son vêtement était très-recherchée des femmes dans leur parure, et une profession en prenait à Rome le nom de violarii.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°.6 lig.
PLANCHE XXIII.
Cette jolie figure a beaucoup de rapport avec la précédente par l'expression, quoique ses attributs lui donnent un caractère différent. Sa couronne formée de tiges de blé, et sa robe blanche, ont quelque rapport aux fêtes de Cérès, célébrées très-souvent par les anciens avec celles de Bacchus. C'est encore une Danseuse appelée dans un festin; elle porte un panier de la main droite, et de l'autre un disque; comme sa compagne, elle est sans ceinture, et son vêtement flottant laisse découvert le sein et le bras droit; au-lieu de sandales, elle porte des chaussons. Cette figure rappelle la danse religieuse des Cernophores; l'imitation des usages religieux embellit souvent les fêtes consacrées aux plaisirs. La tunique flottante était une recherche des femmes voluptueuses et des hommes qui s'en rapprochaient par leur goût; elle prêtait à la grâce des mouvemens, et les ondulations produites par le zéphir donnaient un attrait plus piquant aux formes que décélait la transparence du vêtement.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXIV.
Quelle est cette gracieuse figure? La blancheur de son vêtement, la candeur qui règne dans ses traits, ont fait croire qu'elle représentait la Paix. D'une main elle porte une branche chargée de deux fruits qui ressemblent à des citrons; de l'autre, un sceptre couleur d'or. «La Paix dispense les biens et nourrit la jeunesse; elle est agréable au fils joyeux de Jupiter; le chantre des plaisirs veut qu'elle préside à la joie de ses convives». L'image de cette Déesse est bien placée dans une salle de festin; mais ce diadème, ce voile autour de la tête, ce manteau azuré et les autres attributs, seront peut-être réclamés par Vénus. Cythérée orna ses jardins de l'arbre à pommes d'or; un sceptre désigne sa puissance; elle aime la couleur des flots où elle prit naissance; les boucles de perles aux oreilles sont rarement oubliées dans les images de cette Déesse, même en sculpture; et les médailles nous la représentent souvent avec la même coiffure. N'est-ce pas aussi une Prêtresse de Bacchus, qui préside au choeur des danseuses, représenté par cette suite de peintures. Le sceptre était au nombre des marques de la dignité des Prêtresses; les fruits et leurs prémices étaient consacrés à ce Dieu. Il est souvent plus facile d'admirer l'habileté de l'artiste, que d'assigner une intention à ses caprices.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXV.
Le sujet de cette peinture est d'une composition aussi piquante qu'agréable. Un Centaure, dans sa course rapide, emporte la Bacchante qui l'a subjugué; il ne peut fuir son vainqueur. Le genou plié, la Bacchante s'affermit sur la croupe de son captif, et foulant d'un pied, dédaigneux ses bras liés derrière le dos, le tenant d'une main par les cheveux; de l'autre, le pressant avec le bout inférieur, d'un thyrse, elle le maîtrise à son gré. Ses cheveux blonds, abandonnés aux vents, attestent la vélocité de la course, et son vêtement qui s'échappe laisse briller, dans l'attitude la plus hardie, des formes le plus heureusement dessinées. Ce groupe a quelque rapport avec les célèbres Centaures sculptés par Aristeas et Papias, artistes aphrodisiens. Les copies, antiques de ces statues nous font voir le plus âgé des deux Centaures dompté par le génie de Bacchus, symbole de l'ivresse et de la débauche; il a les mains attachées derrière le dos comme celui de notre fresque, tandis que le plus jeune, adonné à la chasse, est devenu lui-même la proie de Cupidon qui est assis sur sa croupe. Dans lés métopes du Parthenon, Phidias a représenté les Centaures comme des ravisseurs de jeunes femmes et de jeunes garçons. Subjugués ou vainqueurs, ces êtres imaginaires nous offrent une nature sauvage dégradée par l'intempérance et par les plaisirs les plus effrénés; c'est le caractère que leur ont donné les artistes et les poètes. On les voit aux noces de Pirithoüs violer les saintes lois de l'hospitalité; Nessus, enlevant Déjanire, périt sous les traits d'Hercule; ce héros venge la soeur d'Euristhée des attentats d'Homade; Rhaetus et Hyleus reçoivent de la main d'Atalante le prix de leur témérité, et les Sirènes prennent le nom de Centauricides, du nom de leurs victimes.
L'artiste s'est également rencontré avec les poètes dans l'image de la servitude où nous assujétissent les passions. «Armée d'un fouet redoutable, Vénus menace les rebelles; comme des captifs enchaînés dans ses noeuds magiques, elle nous instruit sous ses coups multipliés».
Hauteur, 11 P.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.
PLANCHE XXVI.
Zeuxis fut le premier dont l'imagination vive et ardente, cherchant des sujets extraordinaires pour exercer son pinceau, créa, dans sa Centauresse, cet être singulier qui rassemble les formes que nous admirons le plus dans la nature. On ne sait pas si les poètes grecs les plus anciens avaient donné des femmes aux Centaures; mais parmi les Latins, Ovide est le premier qui ait reproduit sous les couleurs de la poésie, ce caprice hardi du peintre grec. Nous ne rechercherons point avec quelques écrivains, la possibilité de si étranges productions: les monstres, dans la nature, font horreur; l'imagination sait embellir les formes les plus bizarres; elle nous transporte dans un monde nouveau, où tous les élémens de la nature se confondent pour produire ce beau idéal que les artistes grecs ont toujours cherché. Les erreurs des premiers peuples, et plus souvent les traits brillans de leurs sciences, se retracent dans les chimères de l'antiquité; nous avons perdu le sens de leur langage emblématique; mais leurs tableaux ont un charme inexprimable qui nous plaira toujours, et le philosophe y trouve souvent des leçons cachées qu'il nous explique. Il serait cependant difficile de rendre compte de l'intention du peintre dans le groupe que nous avons sous les yeux, si l'on doit y voir autre chose que la saillie d'une imagination brillante.
La belle Centauresse porte en croupe une jeune Bacchante vêtue d'une tunique jaune, caractérisée par le thyrse et par ses cheveux en partie épars, en partie attachés avec soin, ainsi qu'on le remarque dans plusieurs monumens. Une draperie verte jetée sur son épaule vient passer sur ses reins; un collier, un bracelet lui servent de parure. Quand l'œil a perdu la trace des formes humaines, il suit celles qui leur succèdent sous une nuance très-blanche; les oreilles allongées participent, peut-être, de cette seconde nature, ou ne sont pas différentes de celles de la figure peinte par Zeuxis, qui les empruntait de la chèvre. De la main gauche, la Centauresse tient suspendu un feston de feuillage qui se termine à l'extrémité par un bouton et des rubans; l'autre bout est caché dans sa main droite passée sous l'épaule de la jeune fille, et son mouvement indique qu'elle va lui ceindre la guirlande en écharpe. La pose gracieuse de la Bacchante répond parfaitement à cette intention.
Hauteur, 11 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 6 lig.