The Project Gutenberg eBook of Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures
Title: Antiquités d'Herculanum, Tome II. Peintures
Author: Tommaso Piroli
Release date: December 5, 2005 [eBook #17232]
Most recently updated: January 26, 2021
Language: French
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Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica)
ANTIQUITÉS D'HERCULANUM.
GRAVÉES
PAR TH. PIROLI
ET PUBLIÉES
PAR F. ET P. PIRANESI, FRÈRES.
TOME II.
PEINTURES.
À PARIS
CHEZ:
PIRANESI, Frères, place du Tribunat, n°. 1354;
LEBLANC, Imprimeur-Libraire, place et maison
Abbatiale St.-Germain-des-Prés, n°. 1121.
AN XII. = 1804.
PLANCHE I.
Le Dieu de la poésie est représenté assis sur un trône, et jouissant de ce calme heureux, ami des vers et de l'imagination. Toute son attitude caractérise le repos, sur-tout ce bras replié sur sa tête, ainsi qu'on le voit dans plusieurs monumens antiques; sa main droite repose sur une lyre à onze cordes; une longue draperie retombe avec négligence de son épaule, glisse le long de son corps, et, laissant nu toute la partie supérieure, vient se rassembler sur ses cuisses. Le Dieu est couronné de lauriers, et près de lui s'élève un rameau de cet arbre qu'il chérit. Ce rameau rappelle l'usage des chanteurs qui tenaient à la main une branche de laurier quand ils ne s'accompagnaient pas sur la lyre, de-là l'expression proverbiale chez les Grecs, chanter au laurier; la branche de laurier pourrait aussi avoir trait aux purifications religieuses auxquelles présidait Apollon. Le peintre a peut-être voulu représenter ici Apollon Musagètes, le guide des Muses; c'est du-moins l'attribut que nous lui donnons ici, en lui faisant précéder les Muses, la tête de ce volume.
Cette peinture et les suivantes, d'égale proportion, furent trouvées ensemble dans les fouilles de Résine, en 1755; les ornemens qu'on voit au bas, sont indépendans des sujets.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 11 p°. 2 lig.—Largeur, idem.
PLANCHE II.
Après Apollon, Considéré comme Dieu des arts et de la poésie, se présentent les Muses, ces aimables divinités auxquelles ont sacrifié les beaux génies de l'antiquité, et dont le culte a été transmis fidèlement jusqu'à nous. Le divin Homère, leur premier favori, les reconnaît au nombre de neuf; Hésiode les nomme dans l'ordre suivant, que nous avons adopté: Clio, Euterpe, Thalie, Melpomène, Terpsichore, Erato, Polymnie, Uranie et Calliope. On a varié souvent dans les attributs qui conviennent à chacune d'elles; aucun monument ne fait mieux autorité que les peintures précieuses de l'antique Herculanum; les inscriptions dont chaque figure est accompagnée fixent toutes les incertitudes; c'est un mérite très-rare, et qui rachète quelques légères négligences qu'on a pu remarquer dans quelques unes d'entr'elles; ces incorrections ont fait penser que l'artiste n'en était pas l'inventeur, mais qu'il les avait copiées d'après d'excellens originaux. En remontant à une plus haute antiquité, ou en supposant des modèles arrêtés, on accorderait ces figures un degré d'authenticité encore plus précieux. Quoi qu'il en soit, cette suite est vraîment inappréciable. On ne doit pas chercher dans les couleurs des draperies, des intentions particulières pour chacune de ces divinités; c'est plutôt l'effet du caprice qu'une allusion mystérieuse. On remarquera, avec plus de justesse, que les tuniques longues (talares), l'agencement modeste des draperies et l'expression douce qui règne dans les traits des Muses, conviennent aux chastes Sœurs. Cette précieuse collection, envoyée en présent par le roi de Naples, orne actuellement le cabinet de l'Impératrice, à la Malmaison.
La planche que nous avons sous les yeux offre la figure de Clio; on lit son nom et ses fonctions sur le volume à demi-roulé qu'elle tient à la main (CLIO, L'HISTOIRE). Au volume est attachée une petite feuille qui paraît destinée à porter le titre de l'ouvrage. La petite cassette cylindrique (scrinium) remplie de rouleaux, nous apprend que les bibliothèques étaient composées de semblables cassettes. Catulle y fait allusion, en disant qu'il n'en avait emporté qu'une seule à la campagne.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 11 p°. 2 lig.—Largeur, idem.
PLANCHE III.
Nous sommes privés de la figure d'Euterpe qui, dans l'ordre adopté, aurait dû suivre celle de Clio: Les injures du temps l'avaient tellement altérée, qu'il fut impossible de la sauver et même de la reconnaître; nous l'aurions vue sans doute, fidelle ses fonctions, appliquée à jouer des deux flûtes.
La Muse que nous donnons ici, est désignée par l'inscription qu'on lit à ses pieds (THALIE, LA COMÉDIE); elle est couronnée et porte sur sa tête une coiffe de couleur verte. Thalie et Melpomène sont les seules qui portent cette coiffure dans ce recueil. Notre Thalie est vêtue d'une tunique verte, bordée de rouge, et dont les manches arrivent jusqu'aux poignets, d'un manteau à franges (Palla fimbriata) et d'un petit corset rouge à manches courtes. On remarque, sur-tout, la petite pièce de pourpre en quarré long, attachée sur le devant du manteau, et qui paraît être une de ces tesseræ, pièces de rapport sur les habits grecs. Le masque comique et le pedum ou bâton pastoral que porte la Muse, correspondent à l'art auquel elle préside, et à la signification du mot comédie, chant de-village, ennobli par ses succès, et que Ménandre, Plaute et Térence ont rendu digne d'amuser les citoyens les plus instruits de la Grèce et de Rome. Le pedum est aussi un symbole de la poésie pastorale et bucolique laquelle cette Muse préside, suivant la remarque de M. Visconti. Le masque, d'après la description de Pollux, 1. IV, § 149, pourrait désigner l'un de ces valets, dits conducteurs ou principaux, qui menaient l'intrigue de la pièce. Thalie signifie fleurie, ou, dans une autre acception également suivie, quoique prise d'une métaphore, signifie gaie, joyeuse. Cette dernière acception convient mieux aux fonctions de Thalie.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.
PLANCHE IV.
L'inscription qu'on lit en grec au-dessous de cette figure la fait connaître avec précision (MELPOMENE, LA TRAGÉDIE). Le peintre, sans s'arrêter aux diverses opinions qui balancent entre cette Muse, Euterpe et Terpsichore, l'empire de la scène tragique, paraît s'être attaché au sentiment qui lui a paru le mieux fondé ou le plus généralement reçu de son temps; c'est aussi celui qui a prévalu. La Muse a la tête ceinte d'un voile, d'une bandelette et d'une couronne; elle est vêtue d'une tunique blanche qui lui recouvre les pieds, et dont les manches s'arrêtent aux coudes, d'un manteau ou grand peplum de même couleur attaché en ceinture, et d'une autre tunique plus courte. On peut remarquer que les tuniques des acteurs tragiques devaient couvrir les pieds, à l'effet de cacher les cothurnes dont la semelle épaisse de plusieurs pouces relevait la taille de l'acteur: cette chaussure est visible dans le bas-relief représentant les neuf Muses, qui est passé du Capitole au Musée Napoléon. Notre Melpomène s'appuie de la main droite sur une massue, et dans la gauche, elle tient un masque tragique. La massue semble allusive aux actions des héros qui font le sujet de la poésie tragique, et rappelle Hercule et ses imitateurs, qui se rendirent célèbres dans l'antiquité.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.
PLANCHE V.
Cette Muse préside à la poésie lyrique, ainsi que l'exprime l'inscription grecque (TERPSICHORE, LA LYRE). Les chants poétiques et les sons harmonieux de son instrument guident les danses sacrées; de son nom de Terpsichore, qui se plaît à la danse. Le chœur des danseurs se portait autour de l'autel, de la droite à la gauche, pour exprimer le mouvement de l'Univers d'orient en occident, et revenait de la gauche à la droite pour figurer le mouvement des planètes d'occident en orient (Luc. de Salt.) Ainsi, l'ode était divisée en strophe et en anti-strophe, qui répondaient dans le chant à ces deux mouvemens. Les hymnes d'Apollon se chantaient en dansant au son de la lyre ou cithare. Aussi Pindare les appelle-t-il puissans par la lyre. Celle que porte notre Muse est montée de sept cordes et se termine par une écaille de tortue; c'est la lyre citée par Horace (testudo), celle inventée par le jeune Mercure, et décrite avec des détails si précieux dans un hymne Homérique. La Muse est vêtue d'une tunique longue, de couleur changeante, n'ayant que la manche gauche comme pour laisser plus de liberté au bras droit; son manteau est bleu, et sa chevelure est retenue par une bandelette et une couronne de laurier.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.
PLANCHE VI.
Cette peinture est une des plus belles, des plus délicates et des plus parfaites qui soient sorties des fouilles de la Campanie. Il semble que le peintre ait voulu employer tout son art et se surpasser lui-même, en représentant sous des traits si aimables cette Muse consacrée à l'Amour et qui lui doit son nom; il l'a sans doute invoquée; inspiré et plein d'elle même, il a retracé son image. Elle est vêtue d'une tunique rose avec une bordure bleue; son manteau, d'une teinte verdâtre, voltige agréablement derrière elle, forme sur le devant des plis en forme de ceinture, et retombe avec grâce en accusant ses formes; une tresse de cheveux s'échappe sous sa couronne de laurier; elle est attentive aux sons qu'elle tire de son instrument; elle en touche les cordes d'une main avec le plectrum ou l'archet, de l'autre avec ses doigts délicats; cet instrument, garni de neuf cordes, a par le haut la forme de la lyre connue, mais il s'alonge par le bas et présente, comme dans la lyre dite testudo, un creux qui donne plus de valeur aux sons. L'inscription (ERATO PSALTRIAN) signifie les fonctions de cette Muse accoutumée à accompagner avec le jeu des instruments à cordes, les danses les plus voluptueuses. C'est ce que les Grecs entendent par le mot psallein; et en effet, les danses nuptiales étaient du ressort d'Erato. Le manteau qui voltige sur ses épaules indique peut-être que la Muse réunit au son de sa lyre, des mouvemens réglés par l'art de la danse, et cadencés sur la musique.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.
PLANCHE VII.
Polymnie semble être ici la Muse de la pantomime; son attitude, son doigt sur la bouche, indiquent le silence et la méditation. «Muettes rivales de la voix, les mains de Polymnie retraçaient des images sensibles; silencieuse et prudente, cette mère de la danse expliquait avec ses gestes une figure ingénieuse». Ce passage de Nonnus (Dionys., v. V. 140 et suiv.) et l'opinion de Cassiodore (I. ép. 20) prouvent la justesse de l'intention du peintre. L'inscription (POLYMNIE, LA FABLE) en donne aussi l'explication. Cette fille de la mémoire, qui lui doit particulièrement son nom, selon l'étymologie prise de l'orthographe que nous suivons ici, conserve le souvenir des actions héroïques et de l'histoire des Dieux, et vient les exposer aux hommes, dans son silence éloquent et ingénieux; C'est à ce motif qu'elle a dû, chez les Romains, le surnom de Musa tacita; mais comme la gesticulation faisait partie de l'instruction des orateurs qui doivent accompagner, avec les gestes les plus convenables, le débit de leurs harangues, il est arrivé que, par une espèce de contradiction apparente, la Muse silencieuse est devenue aussi la Muse de l'éloquence et de l'art oratoire.
Une tunique verte et un manteau bleu forment le vêtement de cette Polymnie.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Larg. 11 p°. 2 lig.
PLANCHE VIII.
Uranie, qui tire son nom du ciel, préside à la connaissance des corps célestes, de leurs mouvemens et de leurs influences. Le globe qu'elle tient d'une main et la verge (radius) avec laquelle elle semble l'indiquer, sont des attributs qui se retrouvent dans tous les monumens où cette Muse est représentée. Ces symboles si connus ont sans doute paru suffisans au peintre pour le dispenser de donner une inscription à sa figure. Uranie est vêtue d'une tunique jaune, à manches courtes, et d'un manteau bleu; ses cheveux sont arrangés avec soin; elle porte des bracelets. Comme Clio, elle est assise sur un hémicycle; ce siége, favorable à l'application et à l'étude, ne paraît pas donné sans intention ces deux Muses.
SUJET PRINCIPAL—Hauteur, 11 p°. 2 lig.—Largeur, idem.
PLANCHE IX.
Calliope, la Muse de la poésie héroïque, quoique placée la dernière dans la suite d'Hésiode, paraît mériter la préséance par sa dignité et son excellence sur ses compagnes. Homère et Virgile revendiquent pour elle la première place; c'est elle qu'ils ont invoquée quand ils appellent, le premier la Déesse, le second la Muse, qui doit leur dévoiler les anciens événemens. C'est Calliope qu'Horace fait descendre du ciel quand il va chanter les Dieux; on la reconnaît ici à son attitude pleine de noblesse, au volume qu'elle tient de ses deux mains, à l'inspiration qui règne dans ses traits, au doigt levé qui semble accompagner son récit. L'inscription (CALLIOPE, LE POÈME) précise l'intention du peintre sans la rendre plus claire; la Muse est couronnée du lierre et de ses fruits, couronne ordinaire des poètes. Ses draperies, de la plus grande élégance, répondent à la dignité de son caractère; une longue tunique sans manches lui recouvre les pieds, une seconde descend au-dessous du genou, et son manteau qui retombe sur son bras vient se nouer avec grace vers le milieu du corps. Le rouleau ou volume se trouve quelquefois entre les mains de sa sœur Clio; mais les anciens artistes ont donné le plus souvent pour symbole distinctif, à Calliope, les tablettes cirées ou pugillaria, lorsque ses images ne sont accompagnées d'aucune inscription. M. Visconti a relevé fort ingénieusement le rapport plus particulier que les tablettes cirées ont avec les ouvrages en vers; elles donnent la facilité d'effacer l'écrit, de corriger ou d'améliorer les expressions. Le rouleau de parchemin ou de papyrus est par conséquent plus propre à Clio, qui écrit l'histoire en prose, qu'à Calliope, dont le style épique demande le plus grand soin.
Hauteur, 1 P. 3 p°. 4 lig.—Largeur, 11 p°. 2 lig.
PLANCHE X.
La franchise et la pureté du dessin, l'accord harmonieux des couleurs et la grâce qui brille dans ces figures, charment les amateurs; mais la curiosité est ici moins satisfaite que le goût. Les rayons qui environnent la tête des deux premières figures, indiquent des Divinités; la troisième, qui porte pour couronne une branche d'olivier, serait une nymphe; elle dévoile ses charmes en étendant sa draperie; l'une des divinités la fixe avec attention, tandis que l'autre est distraite; une divinité champêtre, dont les formes se confondent avec le rocher, paraît préciser la scène par sa présence et s'y intéresser. Sont-ce les trois Gorgones dont Euryalé et Steno étaient immortelles à l'exclusion de Méduse avec Atlas changé en rocher? Est-ce l'aventure de Callisto et de Jupiter, qui prend la figure de Diane pour tromper cette nymphe, et qui se trouve ici sous les deux figures, suivant quelques exemples semblables, dans les monumens antiques? N'est-ce pas aussi la réunion du Soleil, de la Lune et de l'Aurore, enfans du vieux Hypérion. On remarque dans les trois figures une ressemblance qui ne rend pas l'explication plus facile.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 2 P.—Largeur, 2 P. 6 p°.
PLANCHE XI.
On regrette souvent, en admirant les beaux ouvrages de l'antiquité, de ne pouvoir en retrouver le sujet. La perte de la tradition nous rend plus nécessaire le secours des symboles et des accessoires; quand il sont obscurs et mal conservés, on risque de se perdre dans des explications plus ingénieuses que vraisemblables. On trouve, dans cette charmante peinture, quelques rapports avec une fable d'Apollonius de Rhodes (Arg. III, v. 7 et suiv.); mais on ne voit dans les personnages aucun des attributs qui conviennent aux Déesses qui font le sujet de la fable. Le poète raconte la visite que Junon et Pallas, protectrices de Jason, firent à Vénus, pour obtenir son secours en faveur du héros, dans sa périlleuse entreprise. Les Déesses trouvent la Reine des Amours sous un portique, occupée à tresser ses beaux, cheveux qui tombent sur ses épaules; Vénus, en faisant accueil aux Déesses, rassemble dans sa main ses cheveux encore en désordre, et demeure, pendant la conversation, dans l'attitude gracieuse que rappelle notre tableau; cette attitude peut bien aussi n'exprimer que le repos et l'attention. Le vase est trop grand pour être le vase aux parfums, qui accompagne assez ordinairement la figure de Vénus; c'est plutôt l'urne d'une nymphe. La figure qui est debout, le coude appuyé sur la base d'une colonne, est noble et sévère; elle parle, et ses traits sont pleins de vie. La troisième figure est remarquable par sa belle simplicité; elle est enveloppée toute entière dans son manteau; sa main levée et rapprochée du menton, d'accord avec l'expression de ses traits, indique une grande attention. Son siège a un marche-pied, et, plus élevé que celui du premier personnage, il rappelle une convenance d'usage dans l'antiquité. Quel que soit le sujet de cette rare peinture, on ne peut trop en admirer la belle ordonnance, le sentiment de convenance qui y règne, l'unité d'intérêt, le bon goût des draperies et l'harmonie des teintes.
Hauteur, 1 P. 10 p°.—Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.
PLANCHE XII.
Cette peinture se classe au premier rang, parmi celles recueillies dans les fouilles, pour le mérite de la composition et de l'expression; mais la médiocrité de l'exécution a fait penser que ce pouvait être la copie de quelque excellent original. Le sujet paraît être l'éducation de Bacchus; la scène peut indiquer le mont Meros, que ce Dieu a rendu célèbre dans l'Inde. On voit les trois nymphes qui ont pris soin de son enfance; la plus apparente presque nue, avec une peau de chèvre qui lui traverse l'épaule, et une couronne de feuillage, se fait remarquer par une attitude pittoresque et gracieuse; elle présente un raisin au jeune Dieu, que le vieux Silène élève dans ses bras; l'enfant tend ses deux mains avec vivacité pour le saisir, et rappelle heureusement l'invention du vin, qui lui est attribuée de cette manière. Aux pieds de Silène, est son âne étendu et endormi, couronné de feuillage et portant un bât ou une espèce de selle assez semblable aux nôtres; plus loin est une panthère qui lèche un tympanum garni de grelots; sur le côté, on voit Mercure presque nu, assis sur un tonneau ou fût de colonne, touchant sa lyre de la main gauche, et tenant de la droite un archet et un autre objet difficile à reconnaître; il est coiffé du pégase aîlé; un Satyre est prêt à détacher sa chaussure aîlée (talaria), mais il est distrait par l'action du jeune Dieu. Mercure, inventeur de la lyre (testudo) et du langage, se trouve heureusement réuni avec les nourrices et l'instituteur de Bacchus. Il fait encore, avec convenance, partie de la scène, comme ayant apporté l'enfant aux trois nymphes, afin qu'elles prissent soin de son éducation.
Hauteur, 3 P. 2 p°. 8 lig.—Largeur, 2 P. 5 p°. 3 lig.
PLANCHE XIII.
Ce sujet, expliqué par d'autres monumens antiques, est la lutte de Pan et de Cupidon. Le vieux Silène, maître et juge du combat, tient la palme destinée au vainqueur. En considérant ces deux figures comme les Génies de l'Amour et de la Nature, on trouve le sens de cette fiction ingénieuse. Sans doute l'Amour sera vainqueur et ne fera point mentir son ancienne devise, omnia vincit Amor; déjà le maître nous révèle la faiblesse de l'adversaire, en paraissant prêt à le soutenir; l'Amour est sans armes et n'a besoin que de sa propre force. Bacchus, dont le dieu Pan fut l'ami et le compagnon, témoin du combat, sourit aux efforts des deux champions. Couronné de pampres et de raisins, chaussé de cothurnes jaunes, il tient sa longue pique ornée d'une touffe de feuillage avec un ruban rouge, et armé d'un fer. Dans la suite, il changea ce fer en une pomme de pin, ou l'enveloppa dans des feuilles de lierre et de pampre, pour rendre moins dangereuses les fureurs de ses suivans. L'arme prit alors le nom de thyrse. Le Dieu, dans l'attitude du repos, a laissé glisser son manteau couleur de pourpre, et se montre à demi-nu. Derrière lui est une jeune femme vêtue de blanc et coiffée à la grecque avec un diadême d'or; ce costume qui appartient à une princesse, semble désigner Ariadne; elle ornait d'un ruban le sceptre du jeune Dieu, et s'est arrêtée pour donner son attention à la scène.
Cette peinture intéressante fut trouvée à Résine en 1747.
Hauteur, 2 P.—Largeur, 1 P. 9 p°.
PLANCHE XIV.
Ariadne abandonnée dans l'île de Naxos, célébrée par les beaux vers d'Ovide et de Catulle, revit encore dans les belles peintures de la Campanie; cette touchante aventure est le sujet du tableau que nous avons sous les yeux, et fait celui des deux suivans, avec des circonstances différentes. La composition de ce premier est d'une belle simplicité. La malheureuse amante vient de se réveiller; elle écarte le voile qui la couvrait pendant son fatal sommeil; elle voit s'éloigner à pleines voiles le vaisseau qui emporte l'ingrat Thésée. La figure dont le mouvement annonce le commandement, paraît être celle du héros fugitif. On ne voit que l'arrière du vaisseau; il est garni de deux timons assez souvent en usage chez les anciens; on y retrouve ce plancher, dit catastroma, saillant en dehors, et qui était destiné à faciliter le combat et la descente des gens de guerre. Le sommet de la poupe, dit aplustre, est orné d'un fleuron en forme de queue d'oiseau; cet ornement est relatif à la forme totale du navire, dont la proue figurait ordinairement une tête d'oie, et tout le corps, celui de ce même oiseau qui paraît en avoir fourni le modèle. En revenant à la belle abandonnée, nous remarquerons le collier, les bracelets et le cercle d'or (periscelis) qu'elle porte au bas de la jambe, parure de distinction; le matelas, les coussins amoncelés dont les ornemens indiquent la richesse; et la draperie blanche qui lui sert de couverture. L'expression de la figure est d'une grande beauté, et se trouve fidèlement retracée dans Catulle (De Nup. Pel. et Theb.)
Du bord où vient mourir l'onde retentissante,
Tu vois fuir ton Thésée, ô malheureuse amante!
Que d'un trouble mortel tu sens ton cœur atteint!
Sur ton front pâlissant le désespoir est peint;
Ton œil n'est point trompé; d'un trop pénible songe,
L'aurore ne vient point dissiper le mensonge.
C'est toi, te voilà seule, et de ces bords affreux
L'onde emporte l'ingrat échappé de tes nœuds.
Triste enfant de Minos! sans couleur, haletante,
Dans le marbre glacé telle est une bacchante.
Tes blonds cheveux épars sont le jouet des vents;
Ton jeune sein franchit ses liens impuissans;
Ce voile à ton insu te laisse à demi-nue,
Et les pleurs sans couler sont tremblans dans ta vue.
PH. CH.
Hauteur, 1 P. 3 p°.—Largeur, 1 P. 2 p°. 6 lig.
PLANCHE XV.
Ariadne à son réveil, comme dans le tableau précédent, voit fuir Thésée qui l'abandonne, demi-nue, dans une attitude semblable, parée de bracelets, d'un riche collier et de pendans. Elle est accompagnée de deux figures; l'une est l'Amour pleurant, tenant son arc et ses traits renversés; l'autre une Divinité aîlée, qui prend une part très-vive à la scène, en indiquant d'un air menaçant le vaisseau qui s'éloigne. Les voiles en sont d'une teinte obscure, et rappellent l'oubli funeste qui causa la perte d'Égée, père du héros. Cette Divinité aîlée pourrait être Némésis, déesse implacable et vengeresse des torts des amans. C'est à ce titre et avec ces attributs qu'elle avait des statues à Smyrne, au rapport de Pausanias (lib. I, 33). La vivacité de son mouvement s'accorde avec cette explication, et peut faire allusion à la fatalité attachée à ces voiles obscures. Le timon qu'on voit sur le rivage est un témoin de la précipitation du héros.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 6 p°.—Largeur, idem.
PLANCHE XVI.
Ariadne, tranquille encore, goûte les douceurs du sommeil; elle est couchée sur un matelas à l'ombre d'une tente, la tête appuyée sur un oreiller blanc, les cheveux retenus par une bandelette et les bras parés de bracelets. Rarement une peinture antique, un monument ne se retrouve pas dans quelques passages des anciens: «Vois, dit Philostrate, vois Ariadne, ou plutôt le sommeil lui-même; à moitié nue; vois son sein, son cou renversé, sa gorge délicate; son aisselle droite est découverte, sa main gauche s'appuie sur la draperie, afin que le vent ne puisse pas dévoiler ce qui doit rester caché». Faible obstacle pour le satyre audacieux qui expose cette beauté aux regards du jeune Dieu de Naxos. «Tu ne seras pas long-temps abandonnée; tu te trouveras seule à ton réveil, cette joyeuse troupe sera partie; tu dois verser des pleurs, ainsi le veut l'Amour: mais le jeune Dieu reviendra et tu seras consolée». Bacchus en effet se retira, suivant le récit de Nonnus (Dionys., XLVII, v. 271 et suiv.), et ne revint que lorsque la belle eut bien pleuré la trahison du héros. Le Dieu s'appuie sur son père nourricier, le vieux Silène, tel que le peint Lucien (in Baccho): «ramassé dans sa petite taille, gras et pansu, les narines ouvertes, etc.». De l'autre côté, un objet plus gracieux, Cupidon, l'entraîne vers Ariadne, vive image de la force de l'amour, que nous retrouverons répétée dans une autre peinture. Dans un coin du tableau, au-dessus des rochers, paraît un petit Satyre, qui considère aussi la belle dormeuse. Dans le lointain, on distingue une Bacchante portant une corbeille ou plutôt le van mistique, et plusieurs personnages formant le cortège. Le mérite de la composition, très-supérieur à celui de l'exécution, peut faire penser que ce tableau est la copie d'un excellent original.
Hauteur, 1 P. 10 p°. 4 lig.—Largeur, 1 P. 7 p°. 3 lig.
PLANCHE XVII.
Cette peinture est l'une de celles de la collection où brillent le plus la finesse de l'art, la grâce du dessin et la beauté du coloris; c'est l'ouvrage d'une excellente main: mais il est à regretter que le sujet en demeure obscur et incertain. Ce personnage debout, appuyé sur un pilastre ou sur un autel, est une Divinité assez clairement caractérisée par l'auréole qui rayonne autour de sa tête; la délicatesse de ses traits et de ses formes le fait reconnaître pour le fils de Latone. «Toujours jeune et gracieux, jamais le plus léger duvet n'ombragea la lèvre d'Apollon, pas même celui qui naît sur la lèvre d'une jeune fille». (Call. H. in Ap. v. 36). Son arc débandé en signe de paix ou de faveur, son carquois fermé, ses cheveux blonds et longs, ceints d'une bandelette, cette longue chlamyde de pourpre, s'accordent avec ses attributs, quoique les brodequins jaunes, remontant à mi-jambe, ne se rencontrent pas fréquemment dans ses images. La figure assise sur un siége d'une belle forme, est vêtue d'une tunique très-fine, agraffée sur le bras; un manteau d'un jaune doré la recouvre avec élégance, sa main droite en a rejeté une partie, et la tunique qui a glissé laisse à découvert l'épaule, une partie du sein et du bras: on pourrait supposer une intention dans cette négligence; l'abandon de l'attitude et l'inclinaison de la tête semblent indiquer un sentiment de soumission; l'expression du visage n'est point la tristesse, c'est plutôt un léger contentement mêlé de pudeur; ces cheveux longs, la couronne de feuillage, le rameau de laurier que porte cette jeune femme, toutes ces circonstances annoncent une initiée à la science de la divination. On pourrait penser que le peintre a voulu représenter Cassandre qui en reçoit le don d'Apollon, pour prix des faveurs qu'elle lui a promises: c'est plus probablement la Pythie ou la Sibylle frappée d'une crainte religieuse à l'aspect du Dieu qui l'inspire. Le collier d'or formé de chaînons que porte la figure, est un ornement remarquable. Il se trouvait dans le fond du tableau une troisième figure tellement altérée, qu'on n'a pu la distinguer, peut-être eût-elle jeté plus de jour sur ce sujet mystérieux.
La frise représente des Amours ou Génies jouant ou combattant avec des sangliers et une panthère.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 3 p°. 8 lig.—Largeur, 1 P. 3 p°. 8 lig.
PLANCHE XVIII.
(XIX de l'Édition royale.)
La dispute d'Apollon et de Marsyas, et le supplice affreux auquel ce malheureux chanteur fut condamné par le jugement des Muses, sont assez célèbres dans la Mythologie. On voit ici le Dieu vainqueur, couronné, assis sur un siége orné d'un coussin, tenant sa lyre d'une main, et de l'autre l'archet (plectrum). Une Muse est à ses côtés et tient une guirlande dont elle est prête à parer la lyre; elle est vêtue d'une tunique brodée, ouvrage phrygien qui rappelle le lieu de la scène. Le jeune Olympe, portant une simple chlamyde et coiffé du bonnet phrygien, se jette aux pieds du Dieu pour implorer la grâce de son maître. Le bourreau, dont les habits tiennent au costume des barbares, attend, le couteau à la main, l'ordre d'exercer son ministère; il considère sa victime, l'infortuné Marsyas, déjà dépouillé et attaché à un arbre. Si le coloris répondait, dans cette peinture, à la beauté de la composition et à l'expression des figures, on pourrait la compter parmi les plus belles de la collection.
Hauteur, 6 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 5 p°. 9 lig.
PLANCHE XIX.
(XX de l'Édition royale.)
Cette peinture représente un Chœur bachique, tels qu'ils avaient lieu dans les fêtes du Dieu, pendant les sacrifices et autour des temples. La première figure assise joue des deux flûtes; la seconde des crotales; le vieillard prend le caractère d'un Silène et joue du tympanum; la quatrième figure tient une lyre, et la vieille assise sur un tabouret garni d'un coussin, est une prêtresse de celles dites Géraires. Ses cheveux sont enveloppés d'un linge (mitra); sa tunique est à longues manches; elle porte d'une main une patère, de l'autre une feuille qui paraît être la nymphée, servant d'aspersoir dans les cérémonies religieuses. Souvent les anciens donnaient cette forme aux éventails (flabella) dont ils se servaient pour exciter le feu sacré. Les trois jeunes femmes ont des tuniques à franges, ornement de luxe et de cérémonie; la joueuse de flûte porte une coiffe qui lui couvre le cou, et qui pourrait faire partie de l'espèce de cape propre à sa profession; la prêtresse seule est chaussée; les autres personnages ont les pieds nus. Cette distinction est fondée peut-être sur l'âge et la dignité de la prêtresse.
Cette peinture et les sept qui suivent furent trouvées dans les fouilles de Portici.
Hauteur, 6 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.
PLANCHE XX.
(XXI de l'Édition royale.)
Cette peinture représente le départ d'une Procession bachique; la marche s'ouvre par une jeune fille jouant des deux flûtes; vient ensuite une femme portant d'une main le vase pour les libations, dit guttum ou gutturnium, parce qu'il laissait échapper la liqueur goutte à goutte; elle porte dans l'autre main une corbeille ornée de rubans; elle est suivie d'une autre femme qui porte un coffre contenant les symboles mystérieux de Bacchus, ou bien peut-être l'arche sacrée, allusive à la naissance de ce Dieu, ou à sa statue forgée par Vulcain, et qui échut dans le partage des dépouilles de Troie, au grec Eurypyle. Le jeune homme presque nu, assis sur un siége d'une forme remarquable et tenant un sceptre, paraît être le directeur de la cérémonie. La femme appuyée sur un pilastre, et qui converse avec lui, peut être une des géraires ou la reine du sacrifice.
Hauteur, 6 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 3 lig.
PLANCHE XXI.
(XXII et XXIII de l'Édition royale.)
Ces deux tableaux sont encore relatifs aux mystères de Bacchus. Dans le premier, le jeune homme presque nu, assis et portant un thyrse, est le Dieu lui-même. Il paraît recevoir les offrandes que deux Prêtresses ou Bacchantes couronnées lui présentent; le geste de la main, déployant trois doigts, est marqué par les anciens, comme l'un de ceux dont on accompagnait la parole. Le jeune homme debout, vêtu d'une simple chlamyde, porte une bandelette et un thyrse; c'est peut-être Ampelus, jeune favori du Dieu des vendanges. La femme élégamment drapée et couronnée, est peut-être une Hiérophantesse ou l'une des nourrices du dieu Thébain.
L'autre tableau, qui fait le pendant du premier, représente la Déesse que les Latins appelaient Libera, et que les Grecs ont souvent confondue avec Proserpine, fille de Cérès et compagne de Bacchus, dans les cérémonies les plus mystérieuses. La femme largement drapée, dans l'attitude du repos, souvent répétée dans les monumens, peut être Cérès, sa mère; le Génie des mystères, un flambeau à la main, paraît lui indiquer sa fille qui est de retour des royaumes sombres. La jeune fille recouverte d'un grand manteau, portant un thyrse environné de rubans ou de bandelettes, paraît être l'Initiée laquelle on destine la couronne qui se voit dans les mains de la Déesse. Une autre figure semble en marche pour aller déposer des offrandes sur un autel, comme dans le premier tableau.
CHAQUE SUJET.—Hauteur, 5 p°. 3 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°.
PLANCHE XXII.
Le premier de ces tableaux représente les Noces d'un jeune Héros; il a une épée à la main. Cupidon l'escorte et le présente à l'épouse, assistée d'une autre femme qui s'appelait Pronuba par les Latins, et qui remettait la nouvelle mariée entre les bras de son époux. Deux autres femmes préparent une assiette pleine d'offrandes à poser sur l'autel des Dieux qui président aux mariages. Il n'y a pas assez de données pour déterminer le héros, dont les noces sont représentées dans ce tableau.
Le second représente les Mystères de Bacchus, que l'on appelait Ityphalliques, et où l'on considérait ce Dieu comme l'une des divinités qui présidaient la génération. Sous ce point de vue, les deux tableaux ont quelques rapports entre eux. La première figure assise, coiffée d'un bandeau dont les bouts retombent sur les épaules, vêtue d'une tunique talaire à longues manches, de couleur violette, et d'un manteau agraffé sur l'épaule, fait le geste connu du silence; suit un vieillard debout, couronné de feuillages, portant une tunique rouge, également talaire, et un manteau; il tient la main sur la poitrine et paraît pénétré d'une crainte religieuse et de respect. Ces deux figures sont probablement celles du Hiérophante et de la Hiérophantesse. La figure d'enfant, vêtu de la chlamyde qui revient couvrir mystérieusement la poitrine, la tête couronnée et le thyrse à la main, est celle de Bacchus; il tient un vase sacré, d'une forme singulière, peut-être destiné aux ablutions. Un signe remarquable par son exagération et célèbre dans ces mystères, désigne la figure plutôt pour une statue que pour un personnage. La femme voilée porte un serpent, symbole révéré des orgies.
CHAQUE SUJET.—Hauteur, 5 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 6 lig.
PLANCHE XXIII.
(XXVI et XXVII de l'Édition royale.)
La première planche rassemble deux fragmens de Peinture, dont le second est trop altéré pour donner lieu à aucune explication. Le premier représente une Femme coiffée d'un bandeau, dont les bouts retombent sur ses épaules, parée de pendans et de bracelets, et vêtue d'une ample draperie; elle reçoit des mains d'une jeune fille une ceinture ou un collier que l'état de la peinture n'a pas permis de bien distinguer. La feuille de nymphée qu'elle tient à la main, et dont on se servait comme d'aspersoir, semble désigner une prêtresse; on aperçoit encore les jambes nues d'un jeune homme qui doit être couché ou prosterné.
Dans la seconde planche, on voit une figure de Bacchus assise, tenant un thyrse rustique et un petit sceptre; deux prêtresses portant des objets relatifs au culte, et plus loin un petit autel avec un thyrse. Cette peinture s'est aussi trouvée fort endommagée.
CHAQUE SUJET.—Hauteur, 5 p°. 6 lig.—Largeur, 1 P. 4 p°. 7 lig.
PLANCHE XXIV.
(XXIX de l'Édition royale).
Prêtresses de Bacchus ou de Cérès, toutes les deux vêtues de tuniques violettes, et couronnées de feuillages; la première tient un tympanum garni de grelots, une corbeille de feuilles nouvelles, et des bandelettes; la seconde porte une patère et une branche fleurie en forme de massue, peut-être une tige de férule; elles pourraient l'une et l'autre se préparer aux thalysies, sacrifice où l'on offrait à Bacchus et à Cérès les prémices de la terre, pendant les fêtes Haloënnes ou des Aires.
Hauteur, 2 P. 1 p°. 6 lig.—Largeur, 3 P. 2 p°.
PLANCHE XXV.
(XXX de l'Édition royale.)
La figure de femme, qui fait l'un de ces deux sujets, est remarquable par la grâce de la pose et par la beauté du dessin. Ses draperies jetées largement laissent à demi-nu une partie du sein et le bras droit; elle porte une chevelure qui, aux Académiciens de Naples, a paru postiche; ils ont cru voir des plumes sur la tête de cette figure; mais peut-être ne sont-ce que des fleurs et des bouts de rubans. Elle tient de la main droite un instrument fort long, et qui semble, par sa forme, destiné porter un flambeau; de l'autre main, elle soutient un tube surmonté d'un aigle: on a cru voir, avec peu de vraisemblance, que c'était une trompe; ce pourrait être une partie des montans d'un siége ou trône portatif d'argent.
Le second personnage couronné de lierre, vêtu d'un simple pallium, ayant des souliers qui couvrent entièrement le pied, et qui, sans cette couronne, à sa barbe bouclée, à sa physionomie pensive, paraîtrait un philosophe, n'est probablement qu'un poète, auteur des drames ou des hymnes qui faisaient partie de la fête à laquelle ces figures paraissent faire allusion.
SUJET PRINCIPAL.—Hauteur, 1 P. 5 p°. 7 lig.—Largeur, 1 P.