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Aphorismes du temps présent

Chapter 35: III LES ILLUSIONS SOCIALISTES
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About This Book

A series of concise aphorisms distills reflections on individual psychology, collective behavior, and social life into sharp propositions. The pieces examine how character arises from layered hereditary and environmental influences, how unconscious impulses and habitual suggestions often govern action more than conscious reason, and how affective, mystical, and collective sentiments shape beliefs, politics, and historical movements. The author treats education, leadership, revolutions, and national mentalities through psychological laws, defends the aphoristic form for its mnemonic force, and cautions that such brevity often conceals longer demonstrations found in fuller works.

III
LES ILLUSIONS SOCIALISTES

Le socialisme, forme ultime du principe d’égalité, est un état mental bien plus qu’une doctrine.


Démocratie et socialisme sont, malgré les apparences, séparés par de profonds abîmes.


Le socialisme qui prêche le nivellement des conditions, est en opposition évidente avec la démocratie des intellectuels, qui prétend faire triompher les plus capables.


L’imprécision des doctrines socialistes est un élément de leur succès. Il importe pour un dogme de ne se préciser qu’après avoir triomphé.


Les progrès du socialisme tiennent surtout à ce qu’il est une forme de l’Étatisme, idéal de tous les partis politiques en France.


La dureté de certains capitalistes et la faiblesse de leur moralité, créent beaucoup d’adeptes au socialisme.


Quand l’État prétend trop protéger les citoyens, ils perdent l’habitude de se protéger eux-mêmes et par conséquent toute initiative.


Les croyances n’impliquant pas de désillusions, placent leur paradis dans des régions inaccessibles. La faiblesse du socialisme est de situer le sien ici-bas.


Le bonheur mesquin, l’égalité dans la servitude, que promet le socialisme, n’est pas un idéal assez fort pour passionner longtemps les peuples.


Par le seul fait de leurs progrès, les civilisations modernes créent une masse croissante d’inadaptés toujours prêts à lutter contre elles. Ils forment la majorité des socialistes.


La richesse, édifiée jadis sur l’immobilisation du capital, dépend aujourd’hui de la rapidité de sa circulation, et par conséquent de l’intelligence qui le manie.


Le socialisme serait un asservissement universel. Le syndicalisme serait aussi un asservissement, mais, limité aux intérêts de chaque groupement professionnel, il permettrait à l’individu de se défendre contre le despotisme de l’État.


La plupart des progrès de l’esprit humain sont dus à certains facteurs : initiatives individuelles, risques, concurrence, etc., que le socialisme voudrait détruire.


Substituer l’initiative et la responsabilité collectives, à l’initiative et à la responsabilité individuelles, c’est faire descendre l’homme très bas sur l’échelle des valeurs humaines.


Certains groupements sociaux représentent une absorption de l’âme individuelle dans l’âme collective, et par conséquent un retour à des phases inférieures d’évolution.


C’est en s’évadant de l’égalité des premiers âges, à laquelle le socialisme veut nous ramener, que l’homme put s’élever de la sauvagerie à la civilisation.