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Aphrodisiaque externe, ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour cover

Aphrodisiaque externe, ou Traité du fouet et de ses effets sur le physique de l'amour

Chapter 7: CONCLUSION.
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About This Book

L'ouvrage propose une étude médico‑philosophique sur l'usage du fouet et son influence sur le physique de l'amour. L'auteur défend la publication et l'emploi d'un langage clair, reprend et complète des travaux antérieurs, décrit comment les flagellations peuvent exciter le désir, examine leurs mécanismes physiologiques et psychologiques, et corrige erreurs courantes. Il plaide pour modifier les peines infligées à l'enfance et à la jeunesse et conclut par une synthèse reliant certains abus corporels à des altérations de la santé et des mœurs, avec des recommandations pratiques pour prévenir ces effets néfastes.

CONCLUSION.

L’expérience nous apprend que quelques personnes ont recours aux flagellations pour se disposer aux combats amoureux. La physiologie & l’anatomie démontrent comment ces flagellations operent sur les parties de la génération, quoiqu’elles ayent été faites sur le dos. Les infortunés qui se livrent à ces désordres sont sans doute à plaindre[29], puisque ce n’est que par de cruelles douleurs qu’ils esperent connoître les plaisirs de l’amour ; puisqu’enfin l’arc du petit Cupidon ne peut être tendu qu’à l’aide de ce préliminaire affligeant & peu délicat.

[29] Il est encore un être bien plus à plaindre, c’est une jeune beauté que la force, ou des conventions d’intérêts font passer dans les bras d’un époux qui ne pourra remplir les fonctions du mariage sans la petite poignée de verges ; la nouvelle mariée passera de cruelles nuits, avant qu’on ose lui proposer de recourir à cette honteuse ressource ; ensuite il faudra qu’elle fasse de grands efforts pour s’y résoudre ; & je doute que son bonheur soit jamais parfait. Puisqu’on ne consulte pas la force des tempéramens avant que de les unir, faut-il être surpris qu’il y ait tant de femmes infidelles, & tant de maris ridiculisés ?

Quelques auteurs prétendent que l’habitude de se faire fouëtter, se contracte depuis l’enfance ; cela peut être vrai par rapport à quelques individus ; mais je pense qu’on ne peut en général la faire naître d’une cause si éloignée. Les amateurs du sexe ont quelquefois des goûts bien dépravés, ils cherchent des jouissances extraordinaires : je crois que cela ne se voit que chez ceux qui sont d’une foible constitution, ou qui se sont épuisés dans leur jeunesse. Il y a beaucoup de gens qui ne peuvent donner du ressort au membre viril, qu’en jouissant du spectacle de deux êtres vigoureux, qui luttent & se pâment sur le lit de Vénus. Toutes ces ressources annoncent un grand épuisement dans le physique de celui qui les exige.

De tous les moyens capables d’exciter à l’amour, le fouët est celui qu’on doit le moins rechercher ; outre qu’il est le plus nuisible, il ne peut gueres se pratiquer que chez des femmes prostituées[30]. Il y a pourtant des hommes qui ont besoin d’excitatifs ; il est du devoir de la médecine de les éclairer sur ceux qui ne peuvent pas déranger leur santé ni les avilir. C’est ce qui m’engage à joindre à ce petit ouvrage une dissertation sur la nature & l’effet des aphrodisiaques[31]. Qu’on ne s’y trompe pas, mon but n’est point de favoriser le libertinage. Je ne vais dévoiler les secrets de mon art que pour l’utilité de quelques maris glacés, & de tant d’épouses qui gémissent sur le lit nuptial.

[30] Les catins sont presque toujours plus fieres que les honnêtes femmes, & ne se croyent pas du tout méprisables. Cela paroît un peu choquant. Cependant je pense qu’elles ont raison. Placées comme des barrieres entre l’hymen & le célibat, les filles de joie servent de victimes pour sauver la vertu des autres femmes ; elles consolent le premier venu des rigueurs d’une personne délicate ; elles se prêtent docilement aux désirs de l’amateur le plus dépravé ; le même lit sert au militaire le plus étourdi, & au capucin le plus sérieux. Elles n’ont point tort de se montrer en public avec cette ostentation qui leur est si commune, car c’est une gloire pour elles de vouloir bien se soumettre à exercer un état qui est si avilissant en lui-même.

[31] C’est le nom qu’on donne à de certains remedes qui ont la propriété d’exciter aux plaisirs de l’amour.