WeRead Powered by ReaderPub
Apologues modernes, à l'usage du Dauphin / premières leçons du fils ainé d'un roi cover

Apologues modernes, à l'usage du Dauphin / premières leçons du fils ainé d'un roi

Chapter 102: LEÇON C.
Open in WeRead

About This Book

A collection of short allegorical apologues presented as lessons for a future sovereign, using mythic and everyday situations to satirize hereditary rule and social inequality. Scenarios depict a creator horrified by hierarchy, civic rituals that mask violence, staged paternity tests exposing arbitrary rank, and role reversals that reveal rulers’ vices and dependence on their subjects. Occasional reflections on architecture and arithmetic turn monuments and numbers into moral metaphors about obligation and support. Each parable reduces political critique to a compact moral lesson intended to instruct and reform authority.

ICI
UNE REINE
FUT TROP HEUREUSE
DE DEVENIR
BERGERE.

La reine se prêta au desir du berger, & tous les ans, tant qu'elle a vécu, ne manqua pas de venir en pélerinage à la fontaine, & d'y célébrer une fête champêtre, sous les habits de bergere.


LEÇON C.

L'ORIGINE DU PUITS DE LA VÉRITÉ.
PARABOLE.

En ce tems-là: la vérité fut arrêtée aux barrieres de la capitale des Sybarites. La belle enfant, lui dirent les commis, que contient cette balle cachée sous votre manteau?—Des livres étrangers.—Bons à confisquer; & vous, condamnée à l'amende.—Mais je ne possede rien.—Eh bien! nous allons nous saisir de votre personne.—

Et ils alloient exécuter leur contrainte par corps; mais dans le voisinage du bureau des entrées, la vérité apperçut un puits ouvert. Pour éviter une esclandre & la perte de sa liberté, elle aima mieux se précipiter au fond du puits, où elle est encore; personne jusqu'à présent n'ayant osé l'en retirer.

FIN.

Note 1: L'empereur Vespasien mit un impôt sur les urines.[Retour au Texte Principal]

Note 2: Pline & Plutarque parlent d'un peuple sans bouche, qu'ils nomment Astômes.[Retour au Texte Principal]

Note 3: Au rapport d'Hérodote, il y avoit en Syrie un certain ordre de femmes nommées Clima-Cides, dont la profession journaliere étoit de marcher sur leurs pieds, sur leurs mains à-la-fois, & dans cette posture, de servir d'escabeau aux dames pour les aider à monter dans leur char, liv. v.[Retour au Texte Principal]

Note 4: Ex Africa parte Ptoembari, Ptoemphanæ qui canem pre rege habent, motu ejus imperia augurantes. Plinius, hist. nat. liv. VI. 20.[Retour au Texte Principal]