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Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique / avec leur description, moeurs et organisation cover

Atlas de poche des mammifères de la France, de la Suisse romane et de la Belgique / avec leur description, moeurs et organisation

Chapter 38: BELETTE VISON
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About This Book

Une guide illustré identifie et décrit les mammifères des régions françaises, de la Suisse romande et de la Belgique à l’aide de planches coloriées et de figures. La première partie montre la plupart des espèces sur le vif ou sur spécimens choisis, puis détaille l’apparence, les mœurs, les mensurations et l’utilité ou les dégâts possibles pour l’homme. La seconde partie propose une étude d’ensemble de l’organisation, de la biologie et de la classification des mammifères locaux, une liste des espèces présentes et des remarques sur l’origine des formes domestiques. Les mammifères strictement aquatiques ne sont pas traités ici.

Marte fouine
Martes foina
Foin, Madrai
Famille des Mustelidés

Marte des sapins
Martes abietum
Famille des Mustelidés

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MARTE DES SAPINS

Comme la Fouine, la Marte a la tête assez large avec le museau un peu pointu, les oreilles arrondies assez courtes, les yeux moyens, le corps long et souple, la queue longue, la marche semi-plantigrade, presque digitigrade, c’est-à-dire qu’elle marche en partie sur les doigts et en partie sur la plante des pieds. Elle a le dessus du corps brun foncé, la gorge, le dessus du cou et la partie antérieure de la poitrine d’un jaune clair orangé. Les poils de la queue sont plus longs que chez la Fouine, les pieds plus velus en dessous, les membres plus robustes.

Sa longueur est de 0m70 à 0m74, celle de la queue seule est de 0m25.

La Marte se trouve presque partout en France, dans les grandes forêts, mais elle n’est commune nulle part et peut même être dite tout à fait rare dans les départements du Midi. En Belgique, elle n’habite que dans l’Ardenne et n’est pas trop rare en Suisse. Elle ne pénètre à peu près jamais dans les bâtiments et habitations et demeure dans les endroits les plus sauvages où elle passe la journée, cachée dans une cavité d’arbre ou dans un fourré impénétrable. La nuit, elle chasse aux oiseaux, à tous les petits mammifères et ne dédaigne pas les fruits et le miel. Elle cache même, comme fait aussi la Fouine, des œufs d’animaux dans des troncs d’arbres ou de rochers pour les manger plus tard. Elle est d’une agilité merveilleuse et passe sur les arbres une partie de sa vie.

Levée par les chiens, elle file dans les coulées feuillues des bois et grimpe rapidement au sommet d’un grand arbre où elle se cache le mieux possible. Lorsqu’elle s’arrête pour écouter, elle aime à s’asseoir sur son train de derrière, à l’instar de l’écureuil.

Ordinairement, elle vit par couples et fait ses petits au nombre de trois à cinq dans un tronc d’arbre, une anfractuosité de rocher ou un tas de fagots, au mois d’avril ou de mai. La gestation est de neuf semaines.

On en trouve de couleur isabelle. Sa fourrure est encore plus estimée que celle de la Fouine. Comme cette dernière, c’est une bête très nuisible qui détruit beaucoup de gibier, mais comme elle est très rare, sa destruction s’impose moins que celle de la Fouine qui, très commune, tue aussi le petit gibier et de plus dévaste les poulaillers.

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BELETTE COMMUNE

Ce petit animal a la tête assez courte, les oreilles petites et arrondies, les yeux moyens, la queue fauve courte ou assez courte, le corps très allongé; sa marche est presque digitigrade. Son pelage est roux ou fauve, parfois plus ou moins brun, sa gorge et ses parties inférieures blanches. Elle mesure de 0m17 à 0m20 de longueur, la queue seule est longue de 0m04 à 0m06.

Très commune partout, elle habite les haies épaisses, les ronciers, la lisière des bois, les tas de pierres, entre au besoin dans les fermes à la recherche des petits rongeurs, attaque les lièvres et les lapins, les perdrix et les oiseaux, pille les nids, visite les terriers des campagnols et des mulots qu’elle tue en un clin d’œil, et emporte souvent sa proie dans son terrier, un trou de mulot qu’elle a choisi pour s’y retirer et dans lequel elle amasse parfois jusqu’à huit à dix cadavres frais de petits rongeurs. Elle s’introduit même dans les galeries des taupes, saisit les alouettes prises dans les lacets des tendeurs et, quand elle a faim, ne dédaigne pas les grenouilles, les lézards et les orvets. En un mot, elle dévore toutes espèces de petites bêtes vivantes, parfois beaucoup plus grosses qu’elle-même.

Elle est certainement utile, parce qu’elle détruit une énorme quantité de campagnols et petits animaux malfaisants, mais elle est encore plus nuisible à cause de la masse de gibier, de petits oiseaux et de lézards qu’elle tue.

Elle court vite par suite de petits bonds, pénètre partout grâce à sa petite taille et à son agilité, mais elle ne grimpe pas aux arbres.

L’appariage a lieu en mars et après une gestation de cinq semaines, la femelle fait dans le pied d’un arbre creux ou sous de grosses pierres trois à six petits.

On observe de temps à autre des Belettes albinos; et en Suisse, on trouve, pendant l’hiver, des individus ayant pris une livrée grisâtre sans cependant être jamais blanche.

Sa fourrure ne sert à rien.

Belette commune
Mustela vulgaris
Marcotte Mussoèle
Famille des Mustelidés

Belette hermine
Mustela herminea
Famille des Mustelidés

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BELETTE HERMINE

L’Hermine notablement plus grande que la Belette (longueur du corps 0m25 à 0m28, avec la queue de 0m12 à 0m13) est plutôt très répandue partout et cependant mal connue. Son pelage varie beaucoup selon les saisons: En été, il est d’un brun roux avec le bout de la queue noir et toutes les parties inférieures blanches; en hiver, il devient d’un blanc pur, sauf le bout de la queue qui reste noir, mais beaucoup de sujets, en France et en Belgique, ne deviennent pas entièrement blancs et gardent un pelage légèrement marbré ou tapiré de roux. Dans le Nord, au contraire, elle devient entièrement blanche, sauf l’extrémité de la queue.

L’Hermine habite presque toute la France, elle est commune dans le Nord et une partie du Centre, plus rare dans l’Ouest et le Midi, assez répandue en Suisse et inconnue en Provence.

Bien moins connue que la Belette avec laquelle on la confond, elle vit dans les bois, les taillis rocailleux, les haies touffues, s’introduit dans les greniers et donne la chasse à tous les petits rongeurs jusqu’au lièvre, aux oiseaux, aux lézards, mange les œufs, mais attaque rarement les volailles. Elle fait une telle guerre aux lapins qu’elle pourchasse au fond de leurs terriers qu’en certaines garennes elle les détruit jusqu’au dernier en peu de temps. On trouve souvent des œufs de poule bien cachés dans quelque endroit retiré. C’est l’Hermine ou la Fouine qui les ont ainsi transportés et dissimulés pour les retrouver en cas de besoin; et on se demande comment un si petit animal peut porter si loin, sans le briser, un objet aussi difficile à saisir qu’un gros œuf de poule.

La femelle met bas, en avril et mai, cinq à six petits, le plus souvent dans une cavité basse d’arbre, car elle grimpe mal.

Cette espèce varie beaucoup de taille; les individus du Nord sont beaucoup plus grands que ceux du Centre.

Sa fourrure d’été ne peut servir à rien, mais celle d’hiver a une valeur importante.

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BELETTE PUTOIS

Le Putois, long de 0m40 (queue 0m17), a le pelage brun noirâtre en apparence, mais ce pelage est composé d’une épaisse fourrure jaunâtre surmontée de longs poils noirâtres; les oreilles sont petites, bordées de blanc; entre l’œil et l’oreille une grande tache blanchâtre; une bande blanchâtre entourant les lèvres et s’élargissant un peu de chaque côté du nez et sous le menton; la queue noire. Des glandes placées près de l’anus répandent une odeur pénétrante.

C’est une espèce commune partout en France, en Belgique et en Suisse, dans les bois, les lieux couverts de rochers et de carrières abandonnées, et même exceptionnellement dans les greniers des fermes. Le mâle et la femelle vivent ensemble pendant la plus grande partie de l’année.

Surtout à la nuit, le Putois sort de l’arbre creux, du trou de rocher, du tas de pierres ou du terrier de lapin qui lui sert de demeure pour aller à la recherche des rongeurs, oiseaux, grenouilles, serpents ou mollusques qui composent sa nourriture. Quand il est dans le voisinage de fermes, il s’introduit dans les poulaillers pour y manger les œufs, et dans les garennes il est la terreur des lapins.

Vers le mois de mai, la femelle, après deux mois de gestation, dépose dans un nid grossièrement fait, sous un tas de fagots, dans un arbre creux ou un terrier approprié par elle, quatre à sept petits qu’elle mène bientôt avec elle pourchasser les lapins jusqu’au fond de leurs galeries.

On le prend assez facilement aux pièges et les chasseurs le tuent lorsque assez souvent ils le rencontrent dans les bois ou les buissons. Sa fourrure n’a qu’une très mince valeur.

En captivité il est toujours très farouche et nous ne connaissons pas d’exemple qu’on ait pu l’apprivoiser. Et pourtant le Furet domestique n’est évidemment qu’un Putois!

Un Putois à tête blanche a été tué dans le département de l’Indre.

Belette putois
Mustela putorius
Putias, Ficheux, Chat pitois
Famille des Mustelidés

Furet commun
Mustela furo
Famille des Mustelidés

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FURET COMMUN

Le Furet n’est certainement pas une espèce distincte du Putois (Mustela putorius L.); ce n’est pas autre chose que le Putois élevé par l’homme en captivité et dressé par lui à chasser les lapins au fond de leurs terriers. Il lui ressemble, du reste, presque absolument, s’accouple avec lui et produit des métis féconds, tantôt ayant une coloration à peu près identique à celle du Putois, tantôt une couleur plus claire, tantôt ayant le pelage blanchâtre ou jaunâtre des animaux albinos, d’autant mieux que le pelage se modifie très facilement chez les animaux domestiques.

On a dit qu’il pouvait provenir d’une espèce éteinte, ce qui n’est pas probable, ou d’une espèce de Putois d’Afrique, mais comme cette prétendue espèce n’existe pas et que rien ne prouve qu’elle ait existé autrefois, on doit le considérer simplement comme la race domestique du Putois.

Le Furet passe sa vie à dormir et à manger. On le nourrit de lait, de pain trempé, de viande; il dévore avidement les petits oiseaux. Il se laisse manier facilement et est généralement assez doux. S’il s’échappe et recouvre la liberté, à laquelle il n’est pas habitué, il languit et périt vite victime d’un accident. Nous en avons vu plusieurs, égarés dans les champs, harcelés et même tués par les pies et les corbeaux qu’ils ne savaient pas éviter.

On l’emploie uniquement à la chasse du lapin. Placé à l’entrée du trou, il s’y glisse et pénètre jusqu’au fond des galeries. Là, il saisit le lapin ou le force à sortir pour se présenter au filet ou au fusil du chasseur.

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BELETTE VISON

Formes à peu près comme celles du Putois. Pelage entièrement brun foncé, plus sombre sur les parties supérieures, sans bourre jaunâtre; queue noirâtre proportionnellement moins touffue et plus longue que chez l’espèce précédente, le corps un peu plus allongé; la couleur blanche s’étendant seulement autour des lèvres, de chaque côté du museau et au menton, les pieds à demi palmés. Il a, de même que le Putois, une odeur très forte et très persistante. On l’en distinguera à sa tête un peu plus fine, un peu plus courte, à son pelage plus égal et à la demi-palmure de ses doigts.

Son corps mesure 0m35 à 0m37 de longueur, sa queue de 0m15 à 0m19.

Le Vison, appelé aussi Minck ou Norek, est un Putois adapté à la vie aquatique. On l’a observé en France dans le Centre et presque partout dans l’Ouest, dans la Gironde, en Bretagne, où il est même commun en Ille-et-Vilaine, en Normandie, dans l’Oise, dans les Vosges. Comme, du reste, il se plaît dans les pays d’étangs, il ne se trouve guère que dans les contrées plus ou moins marécageuses et on le chercherait en vain dans les localités sèches. C’est pourquoi on le voit seulement là où coulent des rivières lentes et où s’étendent des eaux stagnantes. Il se creuse un terrier dans les berges des étangs entourés de bois, nage et plonge à la perfection et poursuit dans l’eau les poissons, les grenouilles, les rats d’eau ou essaie sur les rives de capturer des oiseaux ou des lapins. Quand il est surpris à terre, il se jette immédiatement à l’eau, à la manière de la Loutre, tandis que le Putois cherchera toujours un refuge dans les buissons voisins.

En avril-mai, la femelle met bas trois à six petits.

Un Vison captif est demeuré toujours farouche, refusait la viande et se nourrissait seulement de poissons.

En fait, cette espèce est, par ses formes, tout à fait près du Putois, tandis que, par ses mœurs et sa coloration, elle est très voisine de la Loutre.

Belette vison
Mustela lutreola
Famille des Mustelidés

Loutre vulgaire
Lutra vulgaris
Famille des Mustelidés

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LOUTRE VULGAIRE

La Loutre a la tête large, le museau très large et assez court, les yeux petits, les oreilles très petites et arrondies, les pieds palmés, la queue très large à sa base, très robuste, longue et amincie peu à peu au bout. Sa marche est à peu près plantigrade. Le pelage fourré est brun, sauf la poitrine et le ventre qui sont brun-grisâtre, la gorge, les joues et le museau qui sont plus ou moins gris; la taille est de 0m80 de longueur, la queue mesurant 0m40.

La Loutre habite l’Europe entière et une partie de l’Asie. C’est une bête qu’on ne voit guère et qui est pourtant assez commune sur beaucoup de rivières, de ruisseaux et d’étangs. Elle est, du reste, assez nomade et apparaît dans les localités où on ne la voyait pas auparavant.

Les Loutres de rivière se creusent dans les berges des terriers profonds à plusieurs ouvertures dont une au moins donne sous l’eau. Elles sortent peu dans le jour et se mettent en chasse à la nuit close; elles s’aventurent alors, en suivant le fil de l’eau, jusqu’au milieu des villes puisqu’on en trouve parfois dans les nasses à poisson où elles sont entrées et se sont noyées.

Celles qui habitent de vastes marais sauvages n’ont pas de trou. Elles chassent surtout la nuit et font, durant la journée, la sieste, couchées sur une motte herbue où le chasseur peut les surprendre par un temps chaud. Quelques-unes se cachent, le jour, dans les bois épais à proximité d’un étang et aussitôt dérangées filent avec rapidité directement vers l’eau. Il existe en France quelques équipages de chiens courants spéciaux qui la lèvent et la suivent sur les petites rivières; c’est une chasse difficile et intéressante qui ne peut avoir lieu que de loin en loin, parce que l’animal est assez rare et malaisé à rencontrer.

Elles nagent admirablement et peuvent demeurer sous l’eau au moins une minute. Leur nourriture consiste surtout en poisson, mais au besoin elles attaqueront les oiseaux et les lièvres. Elles détruisent une très grande quantité de gros poissons, aussi sont-elles considérées comme très nuisibles par les pêcheurs et propriétaires d’étangs.

La femelle porte neuf semaines, fait probablement deux portées par an de chacune deux ou trois petits et met bas en toutes les saisons, car on trouve, en décembre et janvier, sur la surface glacée des étangs, de gros nids d’herbes aquatiques dans lesquels reposent les petits nouvellement nés. Près du nid est un trou dans la glace par où plonge la mère.

En captivité la Loutre s’apprivoise bien et peut même être dressée à chasser le poisson pour son maître.

On a observé des Loutres albinos ou tapirées de blanc.

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BLAIREAU COMMUN

Le Blaireau, animal de 0m76 de longueur avec 0m17 de queue, a la tête blanche surmontée de deux bandes d’un brun noir partant du museau et rejoignant l’occiput en couvrant chacune un œil, cette tête assez petite relativement au corps qui est gros, trapu, assez allongé, couvert de longs poils durs, blancs à la base, noirs dans leur tiers supérieur et blancs à l’extrémité, avec, dessous, une fourrure blanchâtre. Les membres, le dessous de la gorge, du cou et de la poitrine sont noirs ou d’un brun noir, les yeux assez petits, les oreilles petites et rondes, la marche presque plantigrade.

Le Blaireau, rare en certaines contrées, est très commun en d’autres; on le rencontre d’une façon générale presque partout en France, en Belgique, en Suisse. Il habite les bois, les vignes où se trouvent des carrières et les coteaux rocheux. Fouisseur de premier ordre, il se creuse de longs terriers, le plus souvent sous des rochers et y vit seul ou en famille. Il est certainement monogame, car le mâle et la femelle vivent ensemble en toute saison.

Il est omnivore et mange tout ce qu’il trouve: cerises, fraises, raisins, noix, glands, miel des bourdons, insectes de toutes sortes, notamment les grillons, lézards, serpents, même les vipères, grenouilles, petits mammifères et petits oiseaux; il est nuisible parce qu’il détruit beaucoup de jeunes lièvres, lapins et perdreaux et cause dans les vignes de grands dégâts.

Les chasseurs le tuent rarement parce qu’il demeure ordinairement au fond de son terrier pour n’en sortir qu’à la nuit tombante avec des précautions extrêmes. Il semble redouter le piège ou l’affûteur autour de sa retraite; aussi est-il difficile de le tirer au sortir de son trou, tandis que, une fois en quête de nourriture, il est beaucoup moins soupçonneux, et si, parcourant un bois, au clair de lune, il aperçoit un homme, il s’arrête à peu de distance en flairant d’un air étonné. Lorsque par un beau temps il ne rentre pas au terrier, il se cache pour la journée au plus épais d’un fourré ou sous un aqueduc à sec, mais s’il est dérangé, il file droit sur son logis. En général, il rentre chez lui au petit jour. L’hiver, il sort très peu.

On le chasse aussi avec des petits chiens très mordants qui vont le chercher sous terre et indiquent par leurs aboiements la place qu’il occupe aux chasseurs qui piochent le sol pour arriver jusqu’à lui. Mais c’est pour les hommes un dur travail et pour les chiens une besogne dangereuse, car le trou est profond et le Blaireau qui a la mâchoire d’une grande puissance, se défend courageusement et mord avec une extrême ténacité.

La femelle porte dix à douze semaines, et de décembre à mars, met bas dans son trou, de trois à cinq petits.

Les chasseurs et les paysans distinguent les Blaireaux à tête de chien et ceux à tête de cochon, cette distinction ne repose que sur l’état de maigreur ou d’embonpoint de l’animal.

Sur la planche, lire «Taisson» et non «Faisson».

Blaireau commun
Meles taxus
Faisson, Grisard
Famille des Mustelidés

Ours brun
Ursus arctos
Famille des Ursidés

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OURS BRUN

L’Ours brun a la tête voûtée et grosse, les yeux petits, les oreilles courtes et velues, le museau allongé, le corps lourd et massif, les membres épais, les postérieurs un peu plus courts, les ongles forts, non rétractiles, la queue presque nulle. Sa marche est plantigrade. Le pelage long et fourré est d’un brun plus ou moins jaunâtre ou noirâtre, parfois grisâtre. La longueur du corps d’un adulte est de 1m50 à 1m85; son poids varie de 350 à 500 livres.

L’Ours brun habite encore certaines contrées de l’Europe et vit confiné dans les montagnes où il se peut mieux défendre; il tend, du reste, à disparaître. Il n’existe plus en Belgique, il est très rare en Suisse; en France, on trouve encore quelques individus dans les Alpes et les Pyrénées, l’Ours des Pyrénées étant un peu plus petit que l’autre.

Il passe sa vie dans une tanière établie dans une large anfractuosité de rocher ou au fond d’une grotte, dans les sites les plus sauvages de la montagne, et sort la nuit à la recherche des fruits, des grains et racines et des insectes, ainsi que des mammifères. Il mange des bourgeons, des champignons, des fourmis et, quand il le peut, du miel. Pressé par la faim, il s’attaque aux moutons, aux veaux et même aux vaches, mais il n’affronte pas l’homme, à moins qu’il ne soit blessé ou pour défendre sa progéniture.

Malgré sa lourdeur, il court vite et grimpe parfaitement aux arbres fruitiers. Assailli ou assaillant, il se dresse debout et attaque avec ses pattes de devant.

L’accouplement a lieu en août-septembre et, six mois après, la femelle fait dans sa tanière un ou deux jeunes qui naissent extrêmement petits et faibles, mais grossissent ensuite assez vite. En hiver, époque où il est devenu très gras, il sort rarement et dort presque toujours.

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LOUP COMMUN

Le Loup est d’un fauve noirâtre en dessus, fauve en dessous, il a la gorge blanchâtre, les pattes fauves, celles de devant avec une raie noire antérieure, la queue longue, touffue, fournie de longs poils d’un fauve noirâtre dessus, fauve clair dessous jusqu’aux deux tiers de sa longueur, puis noirâtre jusqu’à l’extrémité. Le pelage blanchit lorsque l’animal est vieux et devient souvent tout gris. Il a la tête large, le cou gros et les mâchoires très puissantes. La longueur du corps est de 1m15, celle de la queue de 0m35, la hauteur au garrot de 0m60. L’empreinte de ses pieds est plus allongée que celle du chien.

Le Loup, autrefois si commun, devient extrêmement rare en Belgique, en Suisse, si tant est qu’il y existe encore, et même en France où il ne séjourne plus que dans quelques départements. Il vit solitaire ou par deux ou trois dans les grandes forêts et par moments s’arrête dans les petits bois épais. Il se nourrit de lièvres, chevreuils, petits mammifères et, en cas de disette, mange les colimaçons, les grenouilles et les fruits, mais ses victimes les plus ordinaires sont les chiens, les moutons, les oies et les dindons. La nuit, il s’attaque aussi aux ânes, aux veaux et aux poulains, mais il ne se jette pas sur l’homme, à moins qu’il ne soit enragé; il se contente de suivre, à une certaine distance, le voyageur isolé.

Il est polygame. Après une gestation de deux mois ou un peu plus, la Louve, en avril ou mai, choisit un fourré impénétrable, parfois un vaste champ de seigle et dépose sur une couchette appelée «liteau», quatre à six petits qu’elle allaite pendant plus d’un mois, puis auxquels elle commence ensuite à apporter des proies qu’elle va presque toujours chercher au loin.

Extrêmement méfiant et rusé, le Loup est difficile à tuer devant des chiens courants. Il n’a pas plutôt entendu un bruit insolite qu’il est sur pied et se dérobe, débûche et entraîne la meute à des distances considérables. Le louveteau, c’est-à-dire le jeune jusqu’à cinq mois, et le louvard, jeune de six à dix mois, se font au contraire battre dans l’enceinte de bois qu’ils habitent. Sa voix qu’on entend, le soir, dans les forêts, est un hurlement plaintif et lugubre.

Pris jeune, il s’apprivoise facilement. En captivité, même mais très rarement à l’état sauvage, le Loup s’accouple avec le Chien et les métis sont féconds.

Les louveteaux à la naissance ressemblent tout à fait aux renardeaux du même âge; on les reconnaîtra seulement à la queue noire chez les louveteaux, avec une touffe de poils blancs au bout chez les renardeaux.

La variété noire (Canis lycaon Schreber) est relativement assez commune; on la trouve dans un même liteau mêlée à la variété rousse ou fauve.

Le Loup n’existe plus depuis longtemps en Angleterre, il n’existe pour ainsi dire plus en Suisse et en Belgique; avant peu, il n’existera plus en France.

Loup commun
Canis lupus
Famille des Canidés

Renard commun
Canis vulpes
Famille des Canidés

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RENARD COMMUN

Le Renard, long de 0m70 avec sa queue de 0m42 et une hauteur au garrot de 0m32, a le pelage roux ou fauve en dessus, le bas des jambes plus ou moins noir, la queue très longue et très touffue, de couleur plus foncée, terminée par des poils blancs. La variété à pelage plus sombre dite «Renard charbonnier» est aussi commune que le type.

Le Renard est considéré comme le type de la bête astucieuse et rusée, mais il a infiniment moins de prudence que le loup et on le tue assez facilement, soit à l’affût, soit aux chiens courants, soit à l’aide de pièges. Une fois lancé, il se fait battre plus ou moins longtemps dans les bois épais et gagne ensuite son terrier. Là, il est à l’abri, à moins qu’avec de petits chiens spéciaux on essaie de le prendre en creusant la terre. Il se défend bien, mais avec moins de vigueur que le blaireau. Sa peau, bien que très jolie en hiver et fréquemment employée, n’a pas une grande valeur.

Très commun partout, le Renard se creuse un trou profond à plusieurs ouvertures ou s’empare de ceux des lapins ou des blaireaux. Si dans les endroits qu’il fréquente il trouve des rochers et des cavernes, c’est sous le roc qu’il creuse son domicile.

Il attrape les mammifères, les oiseaux, les œufs, grenouilles, insectes, fruits, ne dédaigne pas le poisson et, pour en prendre, visite les étangs en pêche. Dès qu’il s’est emparé d’une belle pièce, il l’emporte et va au loin la dévorer ou, s’il n’a pas faim, la cacher dans un endroit retiré, au contraire de la loutre qui mange sa proie sur le bord de l’eau. Parfois on découvre sous un buisson, plusieurs poissons ou un oiseau; c’est le Renard qui a fait un riche butin et qui a enfoui sous les herbes une partie de sa chasse. En Corse, où les Renards sont beaucoup plus grands et plus forts que sur le continent, ils attaquent assez souvent les jeunes agneaux.

Les dindes et les poulets sont souvent ses victimes et il en tue autant qu’il en peut saisir, sauf à les laisser sur place. La nuit, il chasse le lièvre et le lapin et il n’est pas rare d’entendre sa voix glapissante lorsque, à la manière d’un chien, il mène un gibier devant lui. On prétend, à ce sujet, qu’un deuxième renard se place alors à l’affût là où il suppose que passera le lièvre pour le happer au passage, mais l’histoire n’est pas bien prouvée et il est douteux que le deuxième renard attende, longtemps à l’avance, le problématique passage du gibier.

Après deux mois de gestation, la femelle met bas, en avril, dans son terrier ordinaire ou dans un trou spécial ordinairement moins profond, mais bien caché, cinq à sept renardeaux qui, au bout de sept à huit semaines, suivent déjà la mère à la maraude ou viennent, même le jour, se chauffer au soleil à l’entrée du terrier.

Le Renard n’est pas franchement polygame, car le mâle et la femelle vivent ensemble et élèvent les petits en commun.

Pris jeune, il devient assez familier, mais il faut le surveiller, car il tue les poulets, dérobe les œufs et cache tout, même les choses qui ne se mangent pas. Il y a pourtant des exceptions: M. Rollinat possède actuellement plusieurs Renards apprivoisés. Tandis que ces Renards restent pillards, l’un d’eux entre très souvent dans le poulailler et, loin de pourchasser les volailles, semble vouloir les protéger, à tel point que, si quelqu’un prend un poulet qui, suivant l’habitude, pousse les hauts cris, ce renard gronde et mord le pantalon de l’intrus.

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PHOQUE MARBRÉ

Le Phoque marbré a la tête ronde, le corps lourd et épais, à membres courts, le pelage gris brun ou noirâtre parsemé de grandes maculatures fauves ou blanchâtres, souvent noirâtres au centre, le dessous du corps jaunâtre, avec une tache noirâtre autour des yeux, la queue très courte et pas d’oreilles. Un mâle adulte mesure environ 1m50 de longueur.

Cette espèce habite le nord de l’Europe sur les côtes de Norvège et s’étend jusqu’au Groënland où on lui fait une chasse active à cause de la valeur de sa peau. On la voit très accidentellement sur les côtes anglaises, belges et françaises et on cite quelques captures en Normandie et en Picardie. Elle ne s’est probablement jamais reproduite sur nos côtes.

Une espèce très voisine, le Phoque veau-marin (Phoca vitulina Linné) a à peu près la même taille et les mêmes mœurs. Son nez est moins allongé, son corps plus épais et ses membres moins longs. Son pelage varie du brun clair au jaune grisâtre, avec ou sans taches brunes sur le dos, le dessous est blanc jaunâtre.

Cette espèce vit sur les côtes françaises de l’Océan, bien qu’elle y soit beaucoup plus rare qu’autrefois et très exceptionnellement dans la Méditerranée. On l’a observée en Normandie, en Bretagne, aux embouchures de la Seine et de la Somme et dans le golfe de Gascogne. M. Gadeau de Kerville cite sept captures assez récentes sur les côtes normandes, et on raconte l’histoire de deux individus tués près d’Orléans sur la Loire qu’ils remontaient.

Très sauvages, parce qu’ils sont très pourchassés, ces Phoques se tiennent sur les rochers et les plages de sable qui se découvrent à marée basse, ordinairement par petites compagnies. S’ils flairent un ennemi, ils se précipitent à la mer et disparaissent. A haute mer, ils passent leur temps à poursuivre les poissons dont ils feraient, s’ils étaient nombreux, une grande destruction; ils mangent aussi les homards et les crabes. Leur cri rappelle le jappement de la loutre et de certains chiens.

En septembre, au moment du rut, les mâles se livrent de violentes batailles; puis, après une gestation de neuf mois, la femelle fait, en juin ou juillet, un ou deux petits qu’elle allaite toujours à terre, tandis que, plus tard, les Phoques ne mangent jamais que dans l’eau.

Ce sont des bêtes très intelligentes qui s’apprivoisent bien et se nourrissent aisément, mais exclusivement de poissons. Les femelles sont toujours beaucoup plus petites que les mâles.

Phoque marbré
Phoca foetida
Famille des Phocidés

Cerf d’Europe
Cervus elaphus
Famille des Cervidés

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CERF D’EUROPE

Le Cerf a le museau allongé, les oreilles grandes, les yeux grands, avec au-dessous un larmier profond, le cou très long, revêtu de grands poils chez le mâle, le corps vigoureux, la queue fauve très courte, les membres assez longs et assez minces. Sa robe est fauve ou brune dessus, avec une raie noirâtre sur le cou et une partie du dos, ses fesses blanchâtres bordées de noirâtre, les parties inférieures grisâtres ou blanchâtres. La tête du mâle porte des bois qui tombent chaque année et repoussent aussitôt, enveloppés d’une mince peau veloutée qui, lorsque le bois a atteint son développement complet, se sèche et se lève par plaques, l’animal s’en débarrassant en la frottant contre les arbres. La longueur du corps est de 2 mètres et plus; la queue est de 0m15; la hauteur au garrot de 1m30 à 1m40.

Les jeunes, appelés faons jusqu’à l’âge de six mois, ont le corps parsemé de taches blanches ou fauve clair qui disparaissent ensuite; de six mois à un an, ils sont devenus fauves et nommés alors «hères». Pendant la deuxième année, les bois du mâle poussent pour la première fois; ils sont plus ou moins droits sans aucune branche et l’animal est appelé «daguet». En mars-avril de l’année suivante ils tombent, mais repoussent si vite qu’en juillet ou en août, ils sont développés et portent chacun une ou parfois deux branches ou andouillers. Le Cerf est alors «une deuxième tête», comme à chacune des années suivantes, il deviendra «une troisième tête», puis «quatrième tête»; enfin «un dix-cors jeunement» et un «dix-cors». Tous les ans, ainsi, vers le mois d’avril, les bois tomberont, seront reformés en juillet-août et porteront ordinairement, car la règle n’est pas absolue, une branche de plus chaque année, jusqu’à l’âge de sept ou huit ans. Il est rare d’en trouver en France portant plus de neuf branches. Parfois les bois, ou l’un d’eux, poussent d’une façon anormale; le Cerf a alors, en termes de vénerie, «une tête bizarde».

Vivant solitaires, ou par hardes de cinq à huit, les Cerfs et Biches sortent des bois à la nuit noire dans les champs de céréales, les pâturages et les taillis, et rentrent au fourré aux premières heures du jour, ou bien, à certaines saisons, font leur nuit dans les jeunes taillis. Ils mangent les bourgeons, les feuilles, les herbes, les céréales, les légumes et même les fruits, notamment les pommes; il leur faut une grande quantité de nourriture et ils commettent souvent de grands dégâts dans les champs ensemencés. Aussi les a-t-on classés parmi les animaux nuisibles.

Le Cerf est polygame et au moment du rut, du 15 septembre à la fin d’octobre, les mâles se livrent de furieux combats dans lesquels ils s’estropieraient si le vaincu ne prenait assez rapidement la fuite. A ce moment ils poussent des bramements qui s’entendent de loin et effraient les gens qui ne se rendent pas compte de ces clameurs profondes. En mai, la Biche met bas un petit, très souvent deux, qu’elle réussit à élever, car en dehors du loup et de l’homme, elle n’a pas d’ennemis; mais l’homme est, pour cette espèce, un ennemi redoutable et là où elle n’est pas protégée, elle disparaît promptement.

A l’heure actuelle, le Cerf existe encore dans une trentaine de départements français et il est assez commun seulement dans un petit nombre de forêts, surtout en Normandie, autour de Paris, dans l’Ouest et dans le Centre. Si on trace une ligne qui partage la France en deux parties de l’Ouest à l’Est, on remarquera que le Cerf est inconnu aujourd’hui dans la plus grande moitié, toute la partie méridionale, et presque partout dans l’Est, de même qu’il ne se trouve plus en Bretagne, sauf sur un point. En Belgique, il n’existe plus, sauf dans l’Ardenne, où il est rare; en Suisse, il a disparu.

Pris jeune, il s’apprivoise facilement, mais les mâles, en vieillissant, deviennent toujours méchants. En liberté, le Cerf est défiant, a l’ouïe et l’odorat excellents; il évite autant qu’il peut la présence de l’homme, mais au moment du rut, il est moins craintif et on a observé des cas où il a attaqué des passants. Les blessures qu’il fait sont absolument dangereuses, comme l’indique ce vieux proverbe, montrant que si le Sanglier ne fait ordinairement que des blessures à ceux qu’il atteint, le Cerf les tue le plus souvent:

Au Sanglier la mierre (le médecin),
Au Cerf la bière.

Le Cerf vit vingt ans et plus.

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CERF DAIM

Plus petit que le cerf, puisqu’il mesure seulement 1m40 de longueur, avec 0m20 de queue et une hauteur au garrot de 0m85, le Daim a le pelage fauve avec des taches blanchâtres sur le dos et les flancs, une raie longitudinale de même couleur sur les flancs et une autre verticale sur les cuisses; ses parties inférieures sont blanchâtres, sa queue noirâtre en dessus et blanchâtre en dessous. Il devient beaucoup plus sombre en hiver. La variété à pelage entièrement blanchâtre n’est pas rare.

Vers l’âge d’un an, les dagues du mâle poussent, puis tombent en mai de l’année suivante; à la fin de juillet ou en août, les bois sont entièrement repoussés avec un andouiller à chaque perche. Pendant les années suivantes, la corne deviendra plate au sommet et formera une empaumure dentelée qui s’élargira et s’échancrera sur les bois de chaque année suivante, en même temps qu’il se formera, tous les printemps, un nouvel andouiller pendant trois ou quatre ans.

Le Daim, inconnu en Belgique et en Suisse, très rare en France, est localisé dans quelques forêts et parcs, soit sous sa forme typique, soit comme variété albine ou de couleur isabelle ordinairement de taille un peu plus forte. Il est polygame comme le cerf et vit en général par hardes composées d’un mâle, de jeunes et de femelles. Il se nourrit d’herbes, de feuilles et de fruits.

A l’époque du rut, du 15 septembre au 15 octobre, les mâles solitaires ou les jeunes mâles devenus assez forts, attaquent le chef du troupeau et l’expulsent ou sont expulsés par lui. Puis, après une gestation de huit mois, la Daine met bas dans un fourré un, rarement deux petits.

Le Daim se chasse à courre, mais il est facile à prendre, peu rusé et peu sauvage, bien qu’il ait l’odorat excellent et qu’il sache admirablement éventer un ennemi; à vrai dire, c’est un animal plutôt à demi-sauvage acclimaté en France dans quelques localités, d’où il disparaît très vite quand il n’est pas protégé. Il est originaire de l’Espagne, où il vit encore, ainsi qu’en Sardaigne et en Grèce; mais même en Grèce, il devient rare et sa disparition est à craindre.

Cerf daim
Cervus dama
Famille des Cervidés

Cerf chevreuil
Cervus capreolus
Famille des Cervidés

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CERF CHEVREUIL

Le Chevreuil a le pelage fauve-brun foncé en hiver, plus clair et même roux vif en été; le dessous de la poitrine, le ventre et les membres gris, le bout du museau noir, une tache blanchâtre sous la gorge, les fesses blanches et pas de queue visible. La livrée des jeunes est fauve-clair avec des taches blanchâtres. Sa longueur est de 1m10, la hauteur au garrot de 0m70.

A l’âge de un an, la tête du jeune mâle porte de petites dagues qui seront remplacées, l’année suivante, par des bois munis d’un andouiller; à trois ans, chaque perche aura deux andouillers et à quatre ans trois andouillers, mais jamais d’andouiller basilaire frontal comme chez le cerf. A cinq ans, l’andouiller moyen se bifurque et souvent il en pousse un autre en arrière de la perche. Plus l’animal vieillit, plus le bois devient rugueux et plus grosses deviennent les perlures. Les bois des mâles ou «brocards» tombent d’octobre à novembre et sont entièrement reformés en mars-avril, couverts d’abord d’un velours qui bientôt disparaît.

Très commun autrefois en France, en Belgique et en Suisse, il a à peu près disparu de ces deux derniers pays et on ne le trouve plus en nombre en France que dans les chasses gardées et dans les bois du voisinage. Adulte, il n’a d’ennemis que l’homme et le loup. Mais quand il est très jeune et malgré le dévouement de sa mère, il devient quelquefois la proie des chiens, des vieux renards et même des chats sauvages.

Il se nourrit surtout de feuilles. Au printemps, il absorbe une telle quantité de bourgeons que, par suite de la fermentation de cette nourriture dans l’estomac, il semble ivre, devient imprudent et se montre jusque dans les villages.

Il est monogame et vit par couples avec sa jeune famille, composée d’un ou deux petits nés en avril. Le rut a lieu en juillet et en août, plus tardivement selon quelques observateurs; la femelle porte sept mois et demi.

Le Chevreuil s’apprivoise bien, mais il ne vit jamais très longtemps en captivité et les vieux mâles deviennent agressifs et méchants.

On a vu des Chevreuils albinos.

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CHAMOIS ORDINAIRE

Le Chamois est long de 1m10 et sa hauteur est de 0m75. Sa robe est d’un gris cendré au printemps, d’un roux fauve en été et d’un beau roux en hiver sur le dessus, fauve jaunâtre (couleur chamois) sous le ventre. Une bande foncée s’étend de l’oreille jusqu’au museau; la queue est très courte. Les cornes de la femelle sont toujours plus minces que celles du mâle.

Le Chamois, inconnu en Belgique, n’est pas trop rare en Suisse et n’existe en France que sur les sommets les plus sauvages des Alpes et des Pyrénées. Dans les Alpes, il porte son nom de Chamois; dans les Pyrénées, on l’appelle «Isard», mais les différences entre les deux formes sont à peu près nulles. Les mâles vieux vivent ordinairement solitaires, tandis que les jeunes et les femelles se réunissent en petites bandes. Pendant la journée, ils pâturent les bourgeons et les plantes et, à la moindre alerte, l’un d’eux pousse un sifflement particulier et tous s’enfuient, bondissant avec vigueur et légèreté au milieu des rochers. On prétend qu’une vieille femelle demeure toujours en sentinelle lorsque le troupeau est au repos pour avertir ses compagnons du danger. En tous cas, le Chamois a la vue, l’ouïe et l’odorat excellents et il est très difficile de le surprendre; du reste, s’il ne se défendait pas aussi bien, il disparaîtrait rapidement, car il est pourchassé continuellement par les chasseurs montagnards; les jeunes sont souvent saisis par les aigles et les gypaëtes, et ils sont aussi, de temps en temps, victimes des avalanches de neige.

C’est à la fin de l’automne que l’accouplement se fait, et en avril la femelle met bas ordinairement un seul petit, rarement deux. Contrairement au bouquetin qui ne va guère que la nuit au pâturage, le Chamois n’est pas un animal nocturne et il se repose pendant la nuit.

On a obtenu des hybrides de l’accouplement du Chamois et de la Chèvre, en captivité; on dit même qu’on a observé, à l’état sauvage, des produits provenant de l’accouplement d’un Chamois femelle avec un Bouc. Ce sont pourtant des espèces classées par les zoologistes dans deux familles différentes!