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Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe cover

Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe

Chapter 19: FANTASIA
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About This Book

The volume collects travel impressions, poems, legends and reflective essays born of journeys along the Mediterranean and into the desert. It blends vivid landscape description and anecdotal encounters with residents and travelers, portraying hospitality, music, dance and a pervasive sense of spiritual presence in solitary spaces. Essays interrupt lyrical passages to consider literary and theatrical questions, especially the risks of translating reverie into staged drama. Folkloric narratives and a closing petition round out the work, uniting lyrical evocation of desert solitude and faith with candid, often wry social observation.

FANTASIA

En avant, mon cheval, aïa !
Fantasia !
Les deux tribus vont en découdre.
Drus, ondulants comme des blés,
Les cavaliers sont rassemblés.
On va faire chanter la poudre !
Aïa, aïa !
Fantasia !
L’une vers l’autre, les deux troupes
S’élancent, ayant pris du champ…
Elles volent, — se rapprochant !…
Crinières, dos, visages, croupes !
Aïa, aïa !
Fantasia !
Arrivés face à face, halte !
Brusquement, on s’est arrêté :
Chacun, — son coup de feu jeté, —
Pousse un cri, repart et s’exalte !
Aïa, aïa !
Fantasia !
Chacun se débat comme quatre.
Tromblon, pistolet, mousqueton,
Comment donc les recharge-t-on ?
On est toujours prêt à combattre !
Aïa, aïa !
Fantasia !
C’est un vrai tableau de la guerre ;
On se heurte, on se brave, on fuit,
On tombe, on hurle. Cris et bruit.
On se blesse, mais ce n’est guère !
Aïa, aïa !
Fantasia !
Cette mêlée en gaîté joue
Avec la flamme, avec le fer ;
Plus d’un fusil, qu’on lance en l’air,
— Tout en courant, — retombe en joue :
Aïa, aïa !
Fantasia !
On se mêle, on reprend du large ;
Hommes et chevaux sont ardents :
Des mains, du pied, avec les dents,
On charge, on décharge, on recharge !
Aïa, aïa !
Fantasia !
On se fusille en plein visage,
On se brûle barbe et sourcils ;
Les moins noirs sont les plus noircis !
Les moins braves font du courage !
Aïa, aia !
Fantasia !
C’est un fourmillement de bêtes.
L’une se cabre, l’autre court ;
L’autre, au galop, s’arrête court !…
Les cent autres font des courbettes.
Aïa, aïa !
Fantasia !
Avec leurs jambes de gazelles,
Sous les blancs burnous envolés,
Tous les chevaux semblent ailés !
Tous les cavaliers ont des ailes !…
En avant, mon cheval, aïa !
Fantasia !