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Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe cover

Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe

Chapter 4: LA COUPE DU CHEIK
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About This Book

The volume collects travel impressions, poems, legends and reflective essays born of journeys along the Mediterranean and into the desert. It blends vivid landscape description and anecdotal encounters with residents and travelers, portraying hospitality, music, dance and a pervasive sense of spiritual presence in solitary spaces. Essays interrupt lyrical passages to consider literary and theatrical questions, especially the risks of translating reverie into staged drama. Folkloric narratives and a closing petition round out the work, uniting lyrical evocation of desert solitude and faith with candid, often wry social observation.

LA COUPE DU CHEIK

Le cheik porte toujours, suspendue à sa selle,
Une coupe d’argent, ciselée, et fort belle.
Or, l’anse en est mobile, et soutient un anneau
Où s’attache une corde ; et le cheik puise l’eau,
A cheval, sans descendre, en passant la rivière.
Ah ! l’eau pure ! au pays de la rude lumière !
Les rayons frais de l’eau ! rien n’est si précieux !
Et la coupe du vrai croyant dit à mes yeux :
Dieu vient dans le désert au cœur de l’homme sage
Comme l’eau s’offre aux yeux, apparue en mirage.
Cette eau qui vient tenter ta lèvre et ton regard,
Elle n’est pas là, non, mais elle est quelque part !
Homme, pauvre passant du désert de la terre,
Il faut bien que l’eau soit, puisque la marche altère !
Et la tombe est le puits où le cœur altéré
S’emplit enfin du Dieu si longtemps désiré.
Prépare donc ton âme à descendre avec joie
Dans la citerne sombre où la mort nous envoie,
Et, — que la coupe soit d’argent, ou d’or vermeil, —
Songe qu’elle remonte, emplie, au grand soleil,
Vers Dieu qui l’illumine et dont elle ruisselle !
Il sied donc qu’elle soit riche, — et qu’on la cisèle.