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Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe cover

Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe

Chapter 52: L’ANAYA KABYLE
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About This Book

The volume collects travel impressions, poems, legends and reflective essays born of journeys along the Mediterranean and into the desert. It blends vivid landscape description and anecdotal encounters with residents and travelers, portraying hospitality, music, dance and a pervasive sense of spiritual presence in solitary spaces. Essays interrupt lyrical passages to consider literary and theatrical questions, especially the risks of translating reverie into staged drama. Folkloric narratives and a closing petition round out the work, uniting lyrical evocation of desert solitude and faith with candid, often wry social observation.

L’ANAYA KABYLE

Le plus beau de mes droits d’homme libre, ô roumi,
C’est celui de pouvoir sauver mon ennemi…
D’assurer, chez mon peuple, à qui m’en paraît digne,
L’asile et les secours, — en le marquant d’un signe.
Si je jette sur toi mon manteau, ce manteau
Est plus sûr que du fer contre un coup de couteau ;
Et, quel que soit l’objet que te donne un Kabyle,
En disant : Anaya, — tu peux marcher tranquille,
Tête haute, dans mon pays, du Sud au Nord :
L’anaya t’accompagne, et rien n’est aussi fort !
C’est un beau droit, dans un pays toujours en guerre !
Et la sécurité ne s’y connaîtrait guère
Sans l’anaya ; — mais Dieu veut le bien près du mal.
Un Kabyle perdrait sa femme ou son cheval
Plus volontiers que son beau droit de faire grâce !
L’anaya, c’est, roumi, le sultan de ma race :
Sans exiger d’impôts il ne fait que du bien…
Dis, quel autre sultan peut égaler le mien ?