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Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe cover

Au bord du Désert: L'âme arabe (à Pierre Loti); Impressions; Souvenirs; Légendes arabes; La pétition de l'Arabe

Chapter 9: LA DANSE DE L’ABEILLE
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About This Book

The volume collects travel impressions, poems, legends and reflective essays born of journeys along the Mediterranean and into the desert. It blends vivid landscape description and anecdotal encounters with residents and travelers, portraying hospitality, music, dance and a pervasive sense of spiritual presence in solitary spaces. Essays interrupt lyrical passages to consider literary and theatrical questions, especially the risks of translating reverie into staged drama. Folkloric narratives and a closing petition round out the work, uniting lyrical evocation of desert solitude and faith with candid, often wry social observation.

LA DANSE DE L’ABEILLE

Prise, par une abeille,
Pour un rosier en fleur,
Merveille
De grâce et de couleur,
Zorah danse, et, du voile,
La chasse, — et son regard
D’étoile
La poursuit au hasard.
Et l’abeille chantante
Dit : « Ce rosier fleuri
Me tente ! »
Et Zorah pousse un cri !
Une rose, l’oreille
De la belle Zorah !
L’abeille,
Chassée, y reviendra.
Le voile aussi voltige !
Et l’abeille poursuit
La tige
De son rosier qui fuit !
Où s’est-elle posée ?
La danseuse se sent
Baisée
Sur sa lèvre de sang !
Une rose, sa bouche
Que mouille une eau du ciel !
La mouche
Y vient chercher son miel !
Le voile qu’on lui lance
Manque l’insecte ailé !…
Silence !…
Où s’est-il envolé ?
« Ah ! c’est dans ma poitrine ! »
On dirait qu’un essaim
Butine
Les deux roses du sein !
Et Zorah, qui s’arrache
Du cou ses sequins d’or,
Se fâche,
Se sent piquée encor !
Zorah jette sa veste !
Même elle ôte, en dansant,
Le reste,
Car l’abeille descend !
Zorah, la belle fille,
Qu’un pantalon plissé
Habille,
Sur ses pieds l’a glissé !
Et l’abeille en maraude
Ne cherche plus ailleurs,
Et rôde
Sur la reine des fleurs !
Zorah gardant les poses
D’un effroi gracieux,
Ses roses
Nous enchantent les yeux.
On comprend qu’une abeille
L’ait pu trouver un jour
Pareille
Au rosier de l’amour !