Le lendemain, la caravane se remit en marche. En avant, le Père Rouvière battait la neige de ses raquettes, pour frayer le passage. Le Père Le Roux était à la tâche, non moins pénible, de retenir, avec des cordes, l’arrière du traîneau qui, sans cela, aurait chaviré à chaque cahot.
Chemin faisant, le vent se leva et une tempête se déchaîna. La neige tourbillonnait en flocons aveuglants. La marche devenait de plus en plus pénible...
Sinnisiak jugea le moment propice. Il murmura quelques mots d’ordre à l’oreille d’Oulouksak; et tous deux se débarrassèrent du harnais.
Sinnisiak s’en alla derrière le traîneau; mais le Père Le Roux, mis en défiance, le suivit du regard... Le misérable eut alors recours à un stratagème: il fit mine de détacher sa ceinture en disant qu’il avait à satisfaire un besoin naturel. Le prêtre détourna les yeux; et le scélérat, se rapprochant de lui vivement, le frappa, de son grand coutelas, dans le dos.
Le blessé se précipita en avant, en poussant un cri; mais à peine avait-il dépassé le traîneau qu’Oulouksak, à son tour, se jetait sur lui, pendant que Sinnisiak disait:
—Achève-le. Moi, je vais m’occuper de l’autre!
Le Père Le Roux saisit les épaules du sauvage en faisant appel à sa pitié. Mais, sourd à ses supplications, Oulouksak lui porta deux coups de couteau: le premier dans les entrailles, le deuxième dans le cœur.
Cependant, averti par le cri de détresse de son confrère, le Père Rouvière accourait. En le voyant s’affaisser sur le sol, et Sinnisiak armer la carabine qu’il avait prise dans le traîneau, le missionnaire s’enfuit vers le fleuve. La première balle que lui envoya l’assassin le manqua; mais la seconde l’atteignit dans les reins, et le fit tomber assis sur la neige.
Les deux Esquimaux accoururent.
—Achève-le! commanda de nouveau Sinnisiak.
Oulouksak lui plongea dans le flanc sa lame encore fumante.
Le pauvre père, alors, s’étendit tout de son long dans la neige rougie... Comme il respirait et que ses lèvres remuaient encore, Sinnisiak alla chercher, au traîneau, la hache de travail des missionnaires; et, revenant au moribond, il lui coupa les jambes, les mains et la tête.
Puis, déchirant les entrailles, Oulouksak arracha une portion du foie; et les deux monstres en mangèrent.
Ayant jeté le corps dans un ravin, ils retournèrent au Père Le Roux, l’ouvrirent et lui dévorèrent pareillement le foie.
L’horrible festin fini, ils s’emparèrent des carabines et munitions et revinrent au camp où ils racontèrent ce qu’ils avaient fait.
—Nous avons déjà tué les Blancs, dirent-ils à Kormick, en arrivant.
Le crime fut commis, entre le 28 octobre et le 2 novembre 1913, l’après-midi, à une trentaine de kilomètres de l’océan Glacial, sur la rive gauche du Coppermine, trois lieues en amont de la Chute du Sang.
Le lendemain, un certain nombre de bons et de méchants Esquimaux s’en furent au lieu du carnage, où ils trouvèrent les quatre chiens faisant la garde de leur maître.
Les uns—Kormick en était—se distribuèrent les divers effets. Les autres, comme Koha, regardèrent avec douleur «comment les bons Blancs étaient morts».
J’étais très chagrin de la mort des bons Blancs, dit Koha, et je voulus aller les voir. En arrivant, j’aperçus le corps d’un homme sans vie, à côté du traîneau: c’était Ilogoak (le Père Le Roux); et je me mis à pleurer. Je ne vis pas Kouliavik (le Père Rouvière). La neige recouvrait le visage d’Ilogoak, laissant le nez à découvert: il était étendu sur le dos, la tête relevée... J’aimais beaucoup les bons Blancs. Ils étaient très bons pour nous.
Trois ans plus tard, le 3 juin 1916, le gendarme Wight se fit conduire à cet endroit par un indigène nommé Mayouk. Il trouva la planche de fond du traîneau, et, près de celle-ci, un os maxillaire inférieur retenant encore toutes ses dents intactes et blanches. Mayouk déclara que cette relique était du Père Le Roux, et qu’elle avait été jetée là, l’année précédente, par un passant. Comme M. Wight tenait à voir le lieu précis où le Père Le Roux avait expiré, Mayouk l’entraîna, à vingt mètres plus loin, dans la direction du fleuve, s’arrêtant à une centaine de mètres de la rive gauche. La place était marquée par des griffes d’animaux carnassiers, et par de nombreuses esquilles d’ossements tombées de leurs gueules. Mayouk montra ensuite au gendarme une excavation qu’un ruisseau avait pratiquée en se jetant dans le Coppermine, et dit que le corps du Père Rouvière était au fond. Six pieds de glace mêlée d’argile le recouvraient. Le gendarme, pressé par le temps, se contenta de confectionner, avec la planche du traîneau, deux humbles croix qu’il planta respectueusement sur les points du désert, où les deux missionnaires avaient trouvé le sanglant couronnement de leur apostolat.
En 1917 enfin, en la fête de l’Assomption de la Sainte Vierge, le 15 août, dans l’après-midi,—sixième anniversaire de la première rencontre des Esquimaux par le Père Rouvière,—Sinnisiak, son bourreau, comparaissait devant le juge de la cour suprême du Canada, à Edmonton, et faisait l’aveu de son forfait.
Invoquant son titre de père des missionnaires immolés, Mgr Breynat adressa une supplique au ministre de la justice, pour que la peine de mort, portée par le tribunal du Canada, fut commuée. Il demanda que les deux meurtriers lui fussent confiés, afin qu’il pût leur faire comprendre la beauté de la Religion catholique, dans ses institutions, dans ses missionnaires et dans sa miséricordieuse indulgence.
Ce recours en grâce fut entendu. La sentence de mort fut aussitôt changée en un emprisonnement indéfini, emprisonnement sans chaînes, ni verrous, au fort Résolution, sur le Grand Lac des Esclaves, selon que l’avait proposé le vicaire apostolique du Mackenzie.
La détention des coupables n’y dura que deux années, sous la garde bénigne de la gendarmerie locale, et à l’école des plus belles œuvres apostoliques de l’Extrême-Nord.
En 1919, à la nouvelle prière de Mgr Breynat, les deux bourreaux furent renvoyés à leur tribu...
Dans cet acte sublime de miséricorde, accompli, en leur nom, par leur évêque, s’acheva le sacrifice des deux jeunes Oblats français, de 32 et 27 ans, qui moururent sur la plage de l’océan Glacial, dans l’ouragan de neige, à 3.000 lieues de leur patrie, épuisés de fatigue et de faim, le cœur brisé par l’ingratitude de leurs enfants d’adoption, comme le Cœur du divin Maître l’avait été par l’infidélité de Jérusalem, la veille du Calvaire, et priant pour ceux qui les poignardaient.
Un autre sacrifice, pris encore aux veines de la France, devait, sept ans plus tard, le 24 octobre 1920, s’ajouter à celui-là pour mériter pleinement le salut des Esquimaux. Le nom du Père Frapsauce, cette troisième victime, est revenu plus d’une fois, au cours de ce livre. Il est permis d’écrire, maintenant, que ce missionnaire, dévoué, durant vingt ans, aux Dénés du fort Smith, du fort Résolution, du fort Rivière-au-Foin et du fort Norman, avait été l’apôtre de toute humilité, de toute abnégation.
A peine la mort des Pères Rouvière et Le Roux fut-elle connue dans sa sanglante réalité par les missionnaires du Mackenzie que tous, unanimement, se proposèrent pour faire la relève, au poste du Grand Lac de l’Ours. Le Père Frapsauce obtint d’être le premier choisi. N’ayant plus, dès lors, que le rêve de se donner entièrement à ses nouvelles âmes, il s’exerça à vivre leur vie, il s’initia à leur langue, et, l’automne 1919, il arriva, pour s’y fixer, à la cabane bâtie par ses devanciers.
De cette résidence, il parcourut les derniers bois du lac et les abords de la Terre Stérile, travaillant de ses mains et prêchant sans relâche.
Le 21 octobre, une année après le Père Frapsauce, le compagnon qu’on lui avait promis, le Père Falaize, ancien apôtre, lui aussi, des Montagnais et des Couteaux-Jaunes, arrivait à la cabane du Grand Lac de l’Ours.
Elle était vide.
Les Indiens expliquèrent au nouveau venu que le Père Frapsauce, à bout de vivres, était allé tendre des filets de pêche, sous la glace déjà formée, et qu’il avait promis de rentrer bientôt.
Mais le Père Falaize, inquiet, partit aussitôt qu’il le put, au devant de son confrère. S’engageant sur une baie qu’on lui avait désignée comme ordinairement poissonneuse, il rencontra les traces d’un traîneau. Il les suivit. Elles s’arrêtaient, un peu plus loin, à une glace brisée. Tout avait sombré là! Sur le rivage opposé, auprès d’un foyer encore fumant, un bréviaire portait la marque des secondes vêpres du 24 octobre.
Au dégel de 1921, le lac rejeta les chiens de l’attelage. Mais toutes les recherches faites pour découvrir les restes du missionnaire lui-même furent inutiles.
Enfin, le 28 janvier 1922, un chasseur indien apporta un morceau de soutane qu’un animal avait arraché d’un banc de neige, sur la côte nord du Lac de l’Ours.
Le Père Falaize gagna le lieu indiqué par le sauvage, fouilla la neige tassée par le vent, et découvrit le corps:
«J’acquis la certitude, continue-t-il, qu’il était entier, et bien conservé, lorsque les grandes tempêtes d’octobre (1921) l’avaient déposé, à l’endroit même du rivage qu’il avait quitté, l’année précédente, pour entreprendre la funeste traversée. Il s’est congelé, alors, sur place. Mais des animaux sauvages l’ont attaqué ensuite. C’est, toutefois, une grande consolation pour moi d’avoir trouvé ce qui restait du missionnaire bien aimé. Je l’inhumerai aussi décemment que possible...»
Telles furent les semailles. Tels furent les sacrifices.
Quelle sera la moisson?
La moisson ne manqua jamais de lever, dans l’Eglise de Dieu, sur les champs arrosés par le sang des apôtres.
De ces sacrifices, le Père Turquetil recueillit les premiers fruits à sa mission de Notre-Dame de la Délivrande.
A son tour, la tribu du golfe du Couronnement a donné ses prémices à la foi divine. Deux mois après la mort du Père Frapsauce, trois adultes et deux enfants recevaient des mains du Père Falaize la grâce du baptême. Depuis ce Noël 1920, l’œuvre conquérante s’est poursuivie. Le Père Trocellier, jeune recrue de France, se prépare, au fort Good-Hope, à rejoindre le Père Falaize.
Tous deux tiendront là-bas, espèrent-ils, soutenus par la pensée surnaturelle du prix des âmes les plus abandonnées, en attendant que s’achève la formation religieuse et sacerdotale des nobles cœurs, avides de renoncement et de dévouement, qui, depuis quelques années, se sont offerts au vicaire apostolique du Mackenzie, pour la conversion des Esquimaux.
Il nous reste, lecteur bienveillant, à vous demander de mêler l’accent de vos prières à la voix du sang des missionnaires, afin de hâter l’heure de Dieu, l’heure où tous les païens des plages hyperboréennes du Nouveau-Monde entreront dans le divin Bercail.
Recommandez-les au Sacré-Cœur, par Marie Immaculée.
La Très Sainte Vierge veille particulièrement sur les Esquimaux: Elle se doit de les convertir. C’est le 15 août qu’elle les donna au Père Rouvière; c’est en ses fêtes qu’elle les lui ramenait en nombre; c’est à Notre-Dame du Rosaire que Mgr Breynat avait prescrit aux missionnaires de dédier la première église qu’ils élèveraient, au bord de l’océan Glacial. De ce temple de Marie, les martyrs du sang et du devoir ont placé les assises fondamentales... de viventibus saxis: leurs dépouilles mortelles, leurs immolations totales. Et ce fut pendant le mois du Rosaire.
A Marie d’achever son édifice et d’en porter la gloire jusqu’au Ciel... Celsa... ad astra tolleris!
Nous l’avons vu, le dernier mot que les Pères Rouvière et Le Roux envoyèrent à leur évêque, en partant pour leur Calvaire, fut un cri suprême à Marie:
«—Que Marie nous garde et nous dirige!»
Elle les a dirigés vers le lieu de la récompense et du bonheur. Qu’elle dirige désormais vers eux les âmes pour lesquelles ils ont donné leur vie.
C’est au contact sanctifiant de leurs reliques—jointes à celles des Pères Fafard et Marchand, mis à mort par les Cris de la Saskatchewan, le Jeudi-Saint 1885, et à celles du Frère Alexis, tué par l’Iroquois—, que les missionnaires de demain se préparent à remplacer ceux qui tombèrent au champ d’honneur...
Ces restes sacrés—ossements, calices, bréviaires, soutanes, croix de poitrine, nappe d’autel ensanglantée—sont gardés au scolastiscat des Oblats de Marie-Immaculée, qui fut inauguré à Edmonton, le 12 septembre 1917, en la fête et sous le vocable du Saint-Nom de Marie.
Ils forment les premiers trésors de notre Salle des martyrs.
APPENDICES
APPENDICE 1
La Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée et ses œuvres
Du jour où le Père de Mazenod fonda, à Aix-en-Provence, la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée, au jour où le Père Grollier, l’un de ses fils, arbora la Croix sur la plage de l’océan Glacial, il s’écoula quarante-trois ans.
En moins d’un demi-siècle, l’humble Société, destinée d’abord à n’évangéliser que la Provence, avait porté le nom de Jésus-Christ jusqu’aux extrémités de la terre.
Charles-Joseph-Eugène de Mazenod naquit à Aix, le 1er août 1782, d’une famille de haute noblesse, qui donna à la France des prélats, des amiraux, des magistrats. Chassé, avec ses parents, du domaine ancestral, par les hordes révolutionnaires, Eugène passa son adolescence dans les amertumes de l’exil, de Turin à Naples, de Naples à Venise, de Venise à Palerme. Lorsque sa vocation sacerdotale se fut manifestée, il répondit à l’un de ses oncles qui lui représentait qu’en la suivant il condamnerait à s’éteindre le nom des aïeux: «Rien ne ferait plus d’honneur à notre famille que de finir par un prêtre.»
La famille de Mazenod devait finir par deux évêques.
Le 21 décembre 1811, Eugène, ayant achevé ses brillantes études au grand séminaire de Saint-Sulpice, sous la direction de M. Emery, fut ordonné prêtre par Mgr Demandolx, évêque d’Amiens.
Déclinant l’offre que lui fit immédiatement Mgr Demandolx de le nommer son vicaire général, le nouveau prêtre rentra à Aix, afin de s’y «consacrer tout entier au service de la jeunesse et des pauvres.» Les populations ouvrières l’entendirent prêcher chaque dimanche en leur langue provençale. Les malades, les prisonniers, les pauvres honteux reçurent ses visites assidues et ses aumônes.
Une épidémie de typhus, où il multiplia son zèle, le conduisit au bord de la tombe. Tout espoir humain était perdu, lorsque les prières universelles de la ville d’Aix lui rendirent la santé.
Par reconnaissance pour ce miracle, le Père de Mazenod résolut de se consacrer plus entièrement encore au service des pauvres, en faisant appel à des compagnons embrasés de la même ardeur que lui-même pour les âmes abandonnées.
Son âme s’attristait à la vue des maux causés par la Révolution dans le clergé, les ordres religieux et les populations rurales.
«—Il lui semblait, disait-il, que s’il pouvait réunir en communauté quelques prêtres vraiment zélés, d’un désintéressement à toute épreuve, solidement vertueux, des hommes apostoliques, en un mot, qui, ayant à cœur leur propre sanctification, se donnassent tout entiers à la conversion des âmes, il remédierait, autant que possible, aux maux de l’Eglise et procurerait un grand bien.»
Cette communauté, que son amour de Dieu et de l’Eglise lui faisait désirer, il la fonda le 25 janvier 1816, en la réunissant dans un ancien monastère des Carmélites d’Aix, où ne subsistaient qu’un délabrement et une pauvreté extrêmes. Le fondateur proposa alors la devise qui fait la fierté des Oblats: Evangelizare pauperibus misit me: Il m’a envoyé évangéliser les pauvres. Pour costume apostolique, et plus tard religieux, il fut décidé que les missionnaires porteraient la simple soutane noire et la croix.
Au premier but, qui était l’évangélisation des pauvres par les missions, les retraites, les catéchismes, s’ajouta bientôt celui de la formation de la jeunesse, dans les grands séminaires et dans les collèges ecclésiastiques.
Se retirant dans une retraite profonde, le Père de Mazenod élabora les règles et les constitutions des Missionnaires de Provence, nommés aussi Oblats de Saint-Charles. Aux vœux ordinaires de pauvreté, de chasteté et d’obéissance que prononcent les religieux, il adjoignit celui de la persévérance dans le saint Institut. Ces constitutions furent telles qu’elles suffirent à retenir unis et fidèles tous les membres de la Congrégation, à travers toutes les tempêtes qui devaient les disperser.
A la fin de 1825, le Père de Mazenod, muni de son livre de Règles, et encouragé par les évêques dont les Oblats avaient évangélisé les diocèses depuis dix ans, se rendit à Rome, afin de solliciter du Souverain Pontife l’institution canonique de sa jeune Société.
Tout ce que pouvait espérer le fondateur—on le lui avait dit de toutes parts—c’était une louange, les Congrégations Romaines s’étant fait une loi de traiter ainsi les communautés nouvelles, et de ne remettre qu’à beaucoup plus tard l’approbation formelle.
Déjà, en effet, les cardinaux s’étaient prononcés pour un bref d’éloges, lorsque le Père de Mazenod, au sortir d’une longue prière aux pieds de la Sainte Vierge, se présenta à Léon XII. Comme mu par une inspiration spéciale, le Pape s’écria:
—Cette congrégation me plaît... Elle ne doit pas être louée, mais approuvée.
Et il demanda aussitôt aux cardinaux de reprendre l’examen des constitutions et de conclure dans le sens qu’il désirait.
Léon XII fit bien plus: il donna à la Congrégation le nom de Missionnaires Oblats de Marie Immaculée (Missionarii Oblati beatissimæ Virginis Mariæ sine labe conceptæ).
Le Père de Mazenod ne contient plus sa joie; et ses lettres la redisent à ses missionnaires de France:
«—Oblats de Marie Immaculée!... Nom qui plaît tant au cœur et à l’oreille! Mais n’est-ce pas le brevet de notre prédestination à tous!»
Léon XII approuva définitivement la société, le 17 février 1826. C’est pourquoi le 17 février est resté, depuis, la grande fête annuelle des Oblats. Ils ont le privilège de célébrer, ce jour-là, la messe solennelle de l’Immaculée-Conception, et de renouveler leurs vœux de religion.
Les fruits de la haute bénédiction du Pape tombèrent, sans tarder, sur la Congrégation naissante.
En 1830, elle porte son noviciat en Suisse et évangélise les diocèses de Lausanne et Genève.
En 1840, c’est l’Angleterre, l’Ecosse et l’Irlande qui appellent les Oblats et les reçoivent.
En 1841, s’ouvre le Nouveau-Monde. Mgr Bourget, évêque de Montréal, au Canada, vient demander des missionnaires au fondateur, qui depuis quatre ans avait succédé à son oncle Mgr Fortuné de Mazenod, sur le siège de Marseille. Mgr de Mazenod hésite à imposer par l’autorité le sacrifice de l’exil à ses enfants. Il leur envoie une circulaire, prescrivant à chacun de lui faire sa libre réponse.
Tous s’écrient:
—Ecce ego: mitte me.—Me voici: envoyez-moi!
Et les lettres brûlaient du désir de voler aux missions étrangères.
Mgr Bourget reçut bientôt la première caravane des missionnaires, à Montréal.
Ce fut le signal du prodigieux développement de la Congrégation des Oblats de Marie-Immaculée.
Bientôt ils rempliront l’Amérique du Nord jusqu’aux bords des trois océans qui la baignent.
En 1847, l’Ile de Ceylan, la perle des Indes, les réclame à son tour.
En 1851, ils débarquent au sud de l’Afrique, pour se dévouer aux Blancs, aux Cafres, aux Zoulous, aux Basutos...
Le vénéré fondateur eut donc la récompense de voir lui-même sa Congrégation couvrir l’univers. Il eut le bonheur aussi de donner la consécration épiscopale à six de ses enfants auxquels l’Eglise confiait déjà des diocèses ou des vicariats apostoliques.
Mgr de Mazenod mourut le 21 mai 1861, à l’âge de 70 ans. Ce fut au moment où ses Oblats, réunis autour de sa couche, récitaient les dernières paroles du Salve Regina: O clemens, o pia o dulcis Virgo Maria!
La mort de ce saint évêque, que ses continuelles mortifications ont fait appeler le «grand pénitent du XIXe siècle», fit paraître tous les signes de la prédestination. Ses fils espèrent le voir un jour placé par l’Eglise au rang des Saints, à côté de l’Oblat dont la cause est introduite à Rome: le Père Albini.
Aujourd’hui, malgré les persécutions, malgré les ruines accumulées par la grande guerre, malgré la mort de plusieurs sur le champ de bataille, il reste sur la brèche plus de trois mille Oblats. Pontifes, simples prêtres, frères coadjuteurs, ils travaillent, avec une égale abnégation, sous la bannière de Marie Immaculée. Leurs communautés cultivent la charité fraternelle et hospitalière, que leur légua leur vénéré Fondateur et qui les caractérise.
En un siècle, la Congrégation des Oblats a donné à l’Eglise un cardinal (Mgr Guibert, archevêque de Paris), et 38 archevêques ou évêques.
Les supérieurs généraux de la Société, élus à vie, ont été Mgr de Mazenod, les T. RR. PP. Fabre, Soullier, Augier, Lavillardière et S. G. Mgr Augustin Dontenwill, archevêque de Ptolémaïs. Mgr Dontenwill, élu en 1908, fut pris au siège archiépiscopal de Vancouver (Canada). A l’occasion du centenaire de sa Congrégation (1916), il a été nommé, par S. S. Benoît XV, Assistant au Trône pontifical.
La maison mère—résidence du supérieur général—se trouve à Rome, 5, via Vittorino da Feltre, Italie.
Pour renseignements s’adresser à Paris, 4, rue Antoinette—; à Aix-en-Provence (Bouches du Rhône), 60, cours Mirabeau—; à Bruxelles, 71, rue Saint-Guidon (Belgique)—; à Ottawa (Canada), juniorat du Sacré-Cœur, 600, rue Cumberland,—; à Lowell (Mass.), Etats-Unis, 725, rue Merrimack.
⁂
Etat présent des provinces et vicariats de missions:
En Europe: Les trois provinces de France. (Il est peu de paroisses françaises qui n’aient entendu la prédication des Oblats).—La province Britannique pour l’Angleterre, l’Ecosse, l’Irlande.—Les provinces de Belgique, d’Allemagne, d’Italie.
En Amérique: La province du Canada, dans l’est du Dominion, et où fleurissent toutes les œuvres de la Congrégation, depuis celles des missions indiennes, sur les côtes du Labrador et de la Baie d’Hudson, jusqu’à celle de la magnifique université d’Ottawa, avec ses facultés de philosophie et de théologie.—Les trois provinces des Etats-Unis couvrant l’immense République et le Mexique.—La province du Manitoba, qui commence le Nord-Ouest canadien. Prêchant à la bénédiction de la cathédrale de Saint-Boniface, le 4 octobre 1908, S. G. Mgr Paul-Eugène Roy, coadjuteur de S. E. le Cardinal Bégin, archevêque de Québec, disait: «L’évangélisation du Nord-Ouest est le plus beau fleuron de la couronne que portent les fils de Mgr de Mazenod, et l’un des plus merveilleux ouvrages de l’apostolat catholique dans le monde.»—La province d’Alberta-Saskatchewan.—Les vicariats de la Colombie Britannique, du Keewatin, d’Athabaska, du Mackenzie, du Youkon.
En Asie: Le vicariat de Jaffna, qui compte environ 80.000 catholiques, et à qui il reste à convertir 300.000 bouddhistes ou païens.—Le vicariat de Colombo, avec une centaine de missionnaires et 245.000 catholiques. Il y reste 1.700.000 infidèles.
En Afrique: Le vicariat de Natal, comprenant la colonie anglaise de Natal, la Cafrerie proprement dite, le Zoulouland, le Swasiland et l’Amatonga.—Le vicariat de Kimberley (autrefois Etat Libre d’Orange) avec ses Boërs, ses Noirs, et les Blancs attirés par les mines d’or et de diamant.—Le vicariat du Transvaal (mêmes éléments que le précédent).—Le vicariat du Basutoland, contrée peu fréquentée des Blancs, mais où les missionnaires ont formé de magnifiques chrétientés de Noirs. N. B. «Dans ces quatre vicariats de l’Afrique méridionale, le climat est parfaitement salubre; la température n’excède pas celle du Midi de l’Europe; l’état actuel de ces missions est consolant; l’avenir est plein d’espérance...»—La Préfecture apostolique de la Cimbébasie.
En Océanie: Une maison établie dans le diocèse de Perth (Australie).
⁂
La Congrégation des Oblats de Marie Immaculée possède des noviciats (dont l’épreuve dure une année); des juniorats (où elle donne le cours classique aux adolescents qui se destinent à devenir ses membres); des scolasticats (pour l’enseignement de la philosophie et de la théologie), et plusieurs grands séminaires.
Citons les scolasticats de Rome, de Liége, de San Giorgio, de Dublin, de Hünfeld, d’Ottawa, d’Edmonton, de Washington, de San Antonio.
Dans ces vastes scolasticats, sont confondus, jusqu’au jour des obédiences, qui se donnent au lendemain de l’ordination sacerdotale, les futurs missionnaires des cinq parties du monde, «les aspirants à l’Afrique et les amis des glaces, les partisans des Zoulous et ceux des Esquimaux.» Les supérieurs tiennent compte des goûts et des aptitudes manifestés; et tous baisent avec bonheur la main du général qui les envoie sur le champ de bataille qu’il a choisi, assurés d’être partout les missionnaires des pauvres.
Ajoutons qu’une consolation leur est désormais assurée: celle de n’être plus isolés, comme le furent, par nécessité, plusieurs missionnaires des commencements, surtout dans l’Athabaska-Mackenzie. La règle des Oblats qui prescrit la vie commune peut être généralement observée. Et si le missionnaire doit se condamner parfois encore à des voyages ou à des résidences solitaires, ce n’est que pour peu de temps. Bientôt il reverra ses confrères du voisinage. D’ailleurs, ce n’est pas dans cet isolement, accepté par sacrifice et pour les âmes, que la grâce de Dieu manquera jamais à son apôtre.
La dévotion filiale des Oblats à Marie Immaculée les a conduits à l’apostolat privilégié du Sacré-Cœur. Ils furent les premiers chapelains de Montmartre (1876-1903); les premiers aussi de la basilique nationale de Belgique, à Bruxelles.
Partout où sont établis les Oblats, la dévotion au Sacré-Cœur, sous la forme de la communion du premier vendredi du mois surtout, est en pleine prospérité.
«Trois années avant que la persécution religieuse les chassât de Montmartre, les Oblats de Marie avaient reçu, du Pape Léon XIII, la mission de propager, à travers le monde, le scapulaire du Sacré-Cœur. Par un rescrit daté du 19 mai 1900, le Souverain Pontife accordait au Supérieur général, alors en charge, et à ses successeurs, à perpétuité, la faculté, soit de bénir et d’imposer le scapulaire du Sacré-Cœur, soit de déléguer, pour cette bénédiction et cette imposition, outre les prêtres de sa Congrégation, tout prêtre du clergé tant séculier que régulier.». Cette mission officielle, reçue du Vicaire de Jésus-Christ, est une bénédiction incomparable pour toutes les œuvres confiées à la congrégation des Oblats de Marie.
Le R. P. Th. Ortolan, O. M. I., auteur de nombreux ouvrages, publie, en ce moment, l’Histoire Générale de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, sous le titre: Cent Ans d’Apostolat dans les Deux Hémisphères. Des six ou sept volumes qui composeront cette histoire, deux ont paru, illustrés, l’un et l’autre, de nombreuses gravures et de cartes. Cette édition, tirée sur papier couché, est digne du célèbre auteur et du sujet traité par lui. En vente: 4, rue Antoinette, Paris.
ASSOCIATION DE MARIE IMMACULEE
Fondée par Mgr de Mazenod lui-même, en 1840, canoniquement approuvée par le Souverain Pontife, l’Association de Marie Immaculée constitue comme le Tiers Ordre de la Congrégation des Oblats de Marie Immaculée, et fait part à ses membres des mérites gagnés par les missionnaires, Pères et Frères, sur tous les champs de leur apostolat.
Le rôle des associés est: 1º De demander à Dieu, par l’intercession de Marie Immaculée, de bénir les travaux des Oblats, 2º De coopérer eux-mêmes à l’œuvre des vocations, en suscitant et en aidant le recrutement des missionnaires.
Conditions d’admission:
1º Se faire inscrire. (A qui ne connaîtrait quelque centre établi, ou quelque zélatrice de l’Association, nous indiquerions l’une des adresses citées plus haut, page 474.)
2º Réciter chaque jour trois Ave Maria, ou le Tota Pulchra es.
3º Faire une aumône annuelle à l’œuvre des vocations, suivant le titre que l’on choisira: Simple associé: un franc.—Souscripteur: douze francs.—Bienfaiteur: cent francs.
Il y a en outre: 1º Les Protecteurs, qui adoptent un élève, en assumant les frais de sa pension.—2º Les Fondateurs, qui versent le capital d’une bourse à perpétuité.
Les associés de Marie Immaculée trouvent, sur les publications qu’on leur adresse, la liste des nombreuses indulgences qu’ils peuvent gagner.
Chaque semaine, le saint sacrifice de la Messe est offert à leurs intentions.
APPENDICE II
Notice sur les Missions Etrangères des Sœurs de la Sainte-Famille
Née à Bordeaux, en 1820, du cœur d’un saint prêtre, M. Pierre-Bienvenu de Noailles, la Congrégation de la Sainte-Famille reçut presque aussitôt le cachet de Dieu, par un miracle de la Sainte Eucharistie.
Le 3 février 1822, dimanche de la septuagésime, dans la chapelle des religieuses de Bordeaux, durant le salut du Saint-Sacrement, Notre-Seigneur apparut au milieu de l’ostensoir, à la place de l’hostie, sous la forme d’un «jeune homme d’environ trente ans, extraordinairement beau». «Le buste était revêtu d’une écharpe rouge foncé.» Ce miracle, solennellement commémoré chaque année, fut le point de départ de l’accroissement merveilleux de l’humble congrégation religieuse.
Le ministère des Sœurs de la Sainte-Famille s’exerce tantôt auprès des orphelins abandonnés, tantôt dans l’enseignement, «depuis l’école du village, l’ouvroir, la classe primaire, jusqu’aux externats et pensionnats ouverts aux jeunes filles de la classe aisée», tantôt au chevet des malades de toutes conditions.
Ces vaillantes religieuses, répondant au vœu de leur fondateur, regardent les Missions étrangères comme le champ privilégié de leur apostolat.
En 1862, elles abordaient en Asie, à l’île de Ceylan, «la perle des Indes», et, en 1864, au Sud de l’Afrique.
A Ceylan, la Sainte-Famille compte actuellement 8 centres principaux: orphelinats, pensionnats, hôpital. A ces grandes entreprises elles ajoutent «une quarantaine d’écoles tamoules ou singhalaises». Leur succès fut si grand que de nombreuses jeunes filles quittèrent le paganisme, non seulement pour se donner à la vie chrétienne, mais pour embrasser la perfection de l’état religieux. Deux cent trente de ces religieuses indigènes «dirigent, sous le contrôle des Sœurs européennes, des écoles, que fréquentent près de 8.000 enfants».
En Afrique, les Sœurs missionnaires eurent à affronter plus que le paganisme: la vie sauvage. Elles durent souvent «défricher le sol», afin d’en tirer «leur subsistance et celle des enfants confiés à leurs soins», et «tisser des étoffes, destinées à couvrir le noir petit monde qu’elles entreprenaient de civiliser». Inlassables catéchistes, patientes gardes-malades, elles ont donné à Dieu des légions de convertis. Et même y trouvent-elles quelques âmes, éprises des abnégations de la vie religieuse.
La Cafrerie, le Basutoland, la Colonie du Natal, de l’Orange, du Transvaal voient plus de 6.000 enfants aux écoles de la Sainte-Famille. Au sanatorium de Johannesburg et à celui du Cap, les Sœurs rendent chaque année à la santé et à la vie surnaturelle des milliers de malades.
Les Sœurs de la Sainte-Famille de Bordeaux sont affiliées à la Congrégation des Missionnaires Oblats de Marie Immaculée.
Pour tous renseignements, s’adresser à Madame la Supérieure des Sœurs de la Sainte-Famille, 33, rue Sainte-Eulalie, Bordeaux, Gironde.
APPENDICE III
Etat de personnel dans les missions dénées de l’Athabaska-Mackenzie, de l’origine à 1920
N. B.—1º Les dates extrêmes, apposées au nom de chacun des missionnaires résidents, marquent généralement que le missionnaire a pris son poste, et l’a quitté pour un autre, durant la saison de navigation de l’année que désigne chaque date. Si l’on ne trouve qu’une seule date, l’on en conclura que la résidence n’aura duré que quelques mois.
2º Les missionnaires visiteurs vont ordinairement à leurs dessertes en raquette, pour en revenir en canot, après le dégel. Ou vice-versa. Les visites durent de deux à quatre mois. Il ne s’agit pas ici des missions aux camps nomades, que nous avons décrites, et qui sont de toutes saisons, de tous moyens de locomotion (surtout celui des raquettes) et de toutes distances.
3º Les longitudes et latitudes ont été approximativement calculées.
CHAPITRE IX.—Les Montagnais.
Mission de la Nativité (Fort Chipewyan): latitude, 58,42; longitude, 111,10.
Missionnaire visiteur: P. Taché (1847-1848).
Missionnaires résidents: PP. Faraud (1849-1861).—Grollier (1852-1858).—Grandin (1855-1857).—Clut (1859-1869).—Grouard (1862-1863; puis 1888-1894).—Eynard (1863-1864; puis 1867-1873).—Tissier (1865-1867).—Laity (1868-1881).—Le Doussal (1875-1880; puis 1882-1920).—Joussard (1880-1881; puis 1917-1920).—Pascal (1881-1890).—De Chambeuil (1893-1920).—Croisé (1901; puis 1903-1912).—Laffont (1902-1903; puis 1908-1914).—Bocquené (1907-1908).—Riou (1908-1909).—Le Treste (1913-1916).
Fondation du Couvent-Orphelinat des Saints-Anges (Sœurs Grises de Montréal), 1874.
La mission de la Nativité essaima, en 1914, à Fort Mac-Murray, mission située sur la rivière Athabaska, latitude 56,40, longitude 111,20, et que l’on avait toujours visitée, quoique irrégulièrement. Le P. Laftont en est devenu le résident. Il compte à peu près en nombre égal des Montagnais, des Cris, des Métis, des Blancs. Les Sœurs Grises de Montréal y ont fondé un orphelinat-pensionnat pour Indiens et Blancs, en 1920.
Mac-Murray, riche en ressources minières, est appelée à devenir une ville considérable. Elle est le terminus actuel du chemin de fer vers le Nord.
CHAPITRE X.—Les Mangeurs de Caribous.
Mission Notre-Dame des Sept-Douleurs (Fort du Fond-du-Lac): latitude, 59,20; longitude, 102.
Visiteurs: PP. Grollier (1853-54-55-56 et 1858).—Grandin (1857).—Clut (1859-60-61-62-63-65-66-67-74).—Séguin (1861).—Grouard (1862).—Eynard (1864-70-71-72-73).—Mgr Faraud (1869).
Résidents: PP. Pascal (1875-1881).—De Chambeuil (1881-1893).—Breynat (1892-1901).—Biehler (1900-1911).—Croisé (1902-1903).—Laffont (1903-1908).—Bocquené (1908-1909; puis 1911-1914).—Riou (1909-1920).
CHAPITRE XI.—Les Castors.
Mission Saint-Charles (Fort Dunvegan): latitude, 55,55; longitude, 118,35.
Visiteurs: M. l’abbé Bourrassa, compagnon de M. l’abbé Thibault au lac Sainte-Anne, qui vint du Petit Lac des Esclaves au fort Dunvegan, (en 1845-46-47).—P. Lacombe (1855).—P. Faraud (1858-59-60-66).
Résidents: PP. Tissier (1867-1883).—Le Doussal (1880-1881).—Husson (1881-1885).—Grouard (1883-1885).—Desmarais (1884-1885).—Le Serrec (1885-1893).—Le Treste (1885-1903).—Hess (1899-1903).—Josse (1903).
En 1903, la mission est transportée à Spirit River (latitude, 55,40; longitude, 118,40) par les Pères Le Treste et Josse.
A Spirit River, résidèrent depuis: Pères Le Treste (1903-1904); Josse (1903-1911); Alac (1906-1907); Girard (1911-1920).
Les dessertes de Saint-Charles, sur la rivière la Paix, furent Saint-Pierre (du fort Saint-Jean), latitude, 56,10; longitude, 120,50, et Notre-Dame des Neiges (du fort Hudson’s Hope), latitude, 56; longitude, 121,50. 80 kilomètres au sud, Saint-Vincent-Ferrier (de la Grande Prairie).
Mission Saint-Henri (Fort Vermillon): latitude, 58,20; longitude, 115,55.
Visiteurs: M. Bourrassa (1846-1847); PP. Faraud (1858-59-60-66).—Tissier (1866).—Mgr. Clut (1868-1869).—PP. Laity (1869-70-71-72).—Collignon (1874-1875).
Résidents: PP. Husson (1876-1888).—Laity (1881-1889).—Dupin (1889-1909).—Joussard (1889-1909).—Lecorre (1902-1903).—Habay (1904-1912).—Le Treste (1909-1913; puis 1916-1918).—Rault (1912-1918).—Bocquené (1914-1915).
La population du fort Vermillon est presque totalement blanche aujourd’hui. Les Sœurs de la Providence de Montréal y tiennent un pensionnat. Elles ont aussi un orphelinat-pensionnat à la mission Saint-Augustin (de Peace River).
CHAPITRE XII.—Les Couteaux-Jaunes.
Mission Saint-Joseph (Fort Résolution): latitude, 61,08; longitude, 113,50.
Visiteurs: PP. Faraud (1852-54-55-56).—Grandin (1856-1857).
Résidents: PP. Grollier (1858-1859).—Eynard (1858-1863; puis 1865-1869).—Gascon (1859-1880).—Petitot (1863-1864).—Lecorre (1870).—Dupire (1877-1907; puis 1919-1920).—Joussard (1881-1888).—Brémond (1895-1897).—Frapsauce (1900-1902).—Mansoz (1903-1904; puis 1906-1914).—Laity (1906-1915).—Bousso (1906-1908).—Duport (1908-1919).—Falaize (1914-1920).—Pratt (1919-1920).
Un orphelinat fondé par les Sœurs Grises, en 1903.
Mission Saint-Isidore (Fort Smith): latitude, 60; longitude, 112.
Le P. Gascon y célébra la première messe, le 3 août 1876. Depuis lors, les Pères Dupire et Joussard et Mgr Clut la visitèrent chaque année, tour à tour.
Résidents: PP. Joussard (1888-1889).—Laity (1890-1901).—De Chambeuil (1896-1897).—Brémond (1897-1902).—Frapsauce (1902-1904; puis 1908-1909).—Mansoz (1904-1906; puis 1914-1920); Gouy (1909-1914).
Fondation d’une école et d’un hôpital par les Sœurs Grises, en 1914.
Ferme Saint-Bruno (Rivière au Sel).
Résidents: PP. Roure (1911-1915).—Gourdon (1915-1920).
Mission Sainte-Marie (Fort Fitzgerald).
Visitée continuellement de Saint-Isidore ou de la Nativité.