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Chronique du crime et de l'innocence, tome 1/8 / Recueil des événements les plus tragiques;... cover

Chronique du crime et de l'innocence, tome 1/8 / Recueil des événements les plus tragiques;...

Chapter 59: PUNITION ABSURDE ET IMMORALE.
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About This Book

A chronological anthology recounting France's most notorious criminal acts from early monarchy to the contemporary period, drawn from medieval chronicles, provincial histories, and collections of celebrated trials. It compiles episodes of murder, poisoning, massacre, parricide, and other atrocious offenses, noting how limited or aristocratic sources shaped earlier records and how later legal compilations supply fuller detail. Preferring vivid, concise narratives over procedural technicalities, the work aims to present a moral panorama of crime and innocence, tracing recurring patterns of cruelty, judicial failure, and social context across successive historical periods.

PUNITION
ABSURDE ET IMMORALE.

«J'ai parlé, dit M. Dulaure, des processions où figuraient, à Paris, des personnes entièrement nues. De pareilles nudités étaient ordonnées par les tribunaux; ils condamnaient les accusés des deux sexes à suivre les processions presque nus, et à porter dans leurs chemises, leur unique vêtement, des pierres enchaînées. Quelquefois on les condamnait à paraître en public entièrement nus. Je ne citerai qu'un seul exemple qui n'a jamais été publié.

«Agnès Piedeleu, femme publique, tenant un lieu de débauche dans la rue Saint-Martin, indisposa contre elle les bourgeois de cette rue; ils s'en plaignirent au prevôt de Paris, qui ordonna à cette femme de déloger de la rue Saint-Martin, et d'aller habiter dans un autre quartier.

«Cette femme, furieuse, voulant se venger du prevôt, l'accusa de plusieurs crimes, et produisit même à l'appui de son accusation de faux témoins reconnus pour tels. Le parlement, au mois de février 1573, sur les conclusions de l'avocat du roi, condamna Agnès Piedeleu à être menée par la ville toute nue, et n'ayant qu'une couronne de parchemin sur la tête. Sur cette couronne était écrit ce mot, faussaire. Elle fut en cet état conduite au pilori, situé aux Halles, y resta pendant deux heures exposée aux regards du public, et puis fut bannie de Paris et du royaume.»