WeRead Powered by ReaderPub
Conseils à un Jeune Homme pauvre qui vient faire de la littérature à Paris cover

Conseils à un Jeune Homme pauvre qui vient faire de la littérature à Paris

Chapter 8: VII POSSIBILITÉ DE FAIRE FORTUNE PAR LE JEU
Open in WeRead

Explore more books like this:

About This Book

The author provides practical, often candid guidance for a penniless young aspiring writer arriving in Paris, covering how to choose and manage cheap lodging, handle proprietors, and maintain appearances to navigate social judgment. He analyzes money's social visibility, recommends prudent spending, strategic generosity, and economical pleasures like cafés and public transport, and warns against ostentatious friends and reckless debts. Interwoven are reflections on class cues, personal dignity, and small rituals—clothing, watch, and table manners—that shape reception and opportunity in the literary milieu.

VII
POSSIBILITÉ DE FAIRE FORTUNE PAR LE JEU

Les déceptions du monde inclineront ton esprit à des réflexions amères. Vers cette époque, longeant le fleuve d’or, de billets de théâtre et d’amours qui coule entre la Madeleine et la Porte Saint-Martin, tu rencontreras un ami peu connu de toi, qui te tutoiera et t’offrira de te protéger. Tu lui raconteras tes ennuis et il rira, te tapera sur l’épaule en t’affirmant qu’il peut te faire gagner beaucoup d’argent. Il te conduira dans des cercles. En ne jouant que sur certains coups sûrs, l’homme patient et qui a de la volonté gagne sans aucun risque, te dira-t-il.

Tu glisseras, plein d’anxiété sur son sort, une pièce de cinq francs sur un de ces coups. Un hasard très rare voudra justement que tu perdes malgré toutes ses prévisions. Une somme plus importante confiée à ton nouvel ami partant pour les courses, disparaîtra de la même manière, contrairement au calcul et à la raison.

Cela vaut mieux. Seuls, peuvent vivre du jeu, des personnages passagers, sans autre but précis que celui d’avoir de l’argent, sans foi en eux-mêmes. Tu n’es pas de ceux-là. Ne regrette ni l’illusion du luxe que donne le cercle, ni le dîner qui ne coûte rien, mais qu’il faut payer de conversations avec des vieillards, épaves de tous les mondes, que l’on ne trouve que là.

Renonce au salon solennel où il y a tous les journaux illustrés, à l’orgueil d’être connu par des domestiques en uniforme.

Les cartes à jouer ont un double visage. Pour avoir tes quelques sous, elles te tendent des billets de banque. Ne te laisse pas prendre à cette ruse grossière.