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Considerations politiques sur les coups d'estat cover

Considerations politiques sur les coups d'estat

Chapter 4: Epistre
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About This Book

The author addresses a powerful patron with a compact political essay examining extraordinary seizures of power. He surveys causes, methods, and risks, weighing practical effectiveness against moral and legal objections, and considers how secrecy, deceit, and force intersect with public welfare. Drawing heavily on classical authorities and historical exempla, the argument anticipates objections and offers pragmatic counsel on when unconventional measures might be defended or condemned. Throughout, the tone oscillates between philosophical reflection and hands-on advice, probing the ethical dilemmas statesmen face when stability, liberty, or survival appear to demand irregular action.

 

A MONSEIGNEUR, L’EMINENTISSIME
CARDINAL
DE BAGNI,
mon tres-bon & tres-honoré
Maistre.

[1]Non equidem hoc studeo, bullatis ut mihi nugis
Pagina turgescat dare pondus idonea sumo :
Secreti loquimur, tibi nunc, hortante camœna,
Excutienda damus præcordia.

(Pers. Sat. 5.)

[1] Je n’ay point essayé d’enfler mes ouvrages de sornettes boufies qui ne font que de la fumée. Je vous parle confidemment, & la muse me sollicite de vous découvrir le fond de mon ame.

Monseigneur,

Puis que vous estes maintenant à Rome, joüissant des honneurs qui servent de recompense à vos merites, & vivant dans le repos que les fonctions publiques heureusement exercées en sept Gouvernemens, une Vice-legation, & deux Nonciatures vous y ont acquis : je n’ay pas cru pouvoir mieux employer le loisir duquel vostre bien-veillance & vostre bonté extraordinaire m’y font pareillement joüir, qu’en vous entretenant des plus relevées Maximes de la Politique, & de ces grandes affaires d’Estat, en la conduite desquelles V. E. a tellement fait remarquer sa prudence, que les plus grands Genies qui gouvernent presentement toute l’Europe, en sont demeurez remplis d’étonnement, & n’ont jamais mieux reüssi aux deliberations & entreprises les plus difficiles, que lors qu’ils les ont maniées suivant les bons & genereux avis qu’il vous a pleu de leur en donner, Adeò

[2]Nil desperandum Teucro duce & auspice Teucro !

(Horat. l. 1. carm. Ode 7.)

[2] Aussi ne faut-il point desesperer, puisque Teucer marche à la teste, il ne faut rien craindre aussi sous le bonheur de sa conduite.