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Couleurs. Contes nouveaux; suivis de Choses anciennes cover

Couleurs. Contes nouveaux; suivis de Choses anciennes

Chapter 29: PARAPHRASES
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About This Book

The volume gathers short stories, novellas and critical essays that move between lyrical fiction and aesthetic reflection. Fiction pieces enact brief, often sensual or uncanny episodes set in rural or dreamlike landscapes, emphasizing rhythmic, poetic prose and intimate observation. Essays and dialogues examine literary style, language, and the relation of poetry and prose, arguing for rhythm as the basis of literary beauty and treating topics from love and art to criticism of contemporary writers. Interspersed are character studies, meditative promenades, and fragments that blend erudition with playful imagination, producing a varied sequence of narratives and reflections united by concern for form, tone, and the musicality of language.

PARAPHRASES

(D'après l'anglais.)

Brodée d'aurore et de plaisances, comme elle verdoyait jolie, la petite fille aux si blonds cheveux.

La vie autour d'elle, pour elle, était gaie et rafraîchissante comme les heures matinales de Mai.

Ni bobos, ni chagrins, ni vilains croquemitaines : mais des anges, et des fées, et des joies, des bonbons.

«  — Maman, maman! Ils m'ont brisé ma poupée!… Sa tête! Sa jolie tête!… »

Les heures matinales pleuraient toutes les larmes de leurs yeux.

«  — Maman! que je suis malheureuse! »

«  — Pleure pas, mignonne! oh! petit gros cœur, apaise-toi. Voyons, ce n'est rien. Malheureuse? Ah! si tu savais? Pleure pas, tu seras heureuse, — demain! »


Brodée de soleil pâle, comme elle fuselait et s'adornait de gemmes, fleurs futures, la jolie fillette aux si blonds cheveux.

La vie, tout autour d'elle, pour elle, était douce et tiédissante comme les secondes heures des jours de Mai.

Ni fiévrettes, ni langueurs, ni vilaines jalousies, mais des jeux et des rires, et des cris, des mamours.

«  — Maman, maman! Ils m'ont brisé mon ombrelle!… Sa pomme! Sa jolie pomme!… »

Les secondes heures pleuraient toute la pluie de leurs nuées.

«  — Maman! que je suis malheureuse! »

«  — Pleure pas, mignonne! oh! petit gros cœur, apaise-toi. Voyons, ce n'est rien. Malheureuse? Ah! si tu savais? Pleure pas, tu seras heureuse, — demain! »


Brodée d'or et de lumière, comme elle fleurissait, comme elle s'épanouissait en odeurs de délectation, la jolie fille aux si blonds cheveux.

La vie, tout autour d'elle, pour elle, était folle et violente comme les orages adorables et royaux des tierces heures de Mai.

Ni migraines, ni ennuis, ni vilaines envies, mais des roses et des perles, des jacinthes, des parfums.

«  — Maman, maman! Ils m'ont brisé mon cœur!… Mon cœur! Mon joli cœur!… »

Les tierces heures pleuraient toute la grêle de leurs nuages.

«  — Maman! que je suis malheureuse! »

«  — Pleure pas, mignonne! oh! petit gros cœur apaise-toi. Voyons, ce n'est rien? Malheureuse? Ah! si tu savais? Pleure pas, tu seras heureuse, — demain! »