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De l'utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, et des fonctions des lombes et des reins cover

De l'utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, et des fonctions des lombes et des reins

Chapter 2: AVERTISSEMENT.
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About This Book

Le traité offre un examen médical et historique de la flagellation, envisagée à la fois comme pratique thérapeutique et comme phénomène lié aux plaisirs conjugaux, et analyse la structure et la fonction des lombes et des reins dans la vie sexuelle et la procréation. Il combine descriptions anatomiques et physiologiques, citations d'auteurs anciens et modernes, notes critiques et observations cliniques, et aborde les difficultés de traduction et de langage liées à une matière jugée délicate. Une introduction historique et des commentaires érudits complètent et actualisent les idées du texte latin d'origine.

AVERTISSEMENT.

On sait que Jean-Henri Meibomius étoit un savant du dernier siècle, qui s’est rendu célèbre en médecine, par la découverte des nouveaux vaisseaux qui prennent leur chemin vers les paupières, et qu’on a appelés de son nom, conduits de Meibomius. Il fut long-temps professeur de médecine à Helmstadt, sa patrie, et ensuite premier médecin de Lubeck, ville d’Allemagne dans le duché de Holstein.

Le petit traité que nous publions est très-curieux, et n’est guère connu que de quelques médecins, et d’un petit nombre de gens de lettres. Il n’en existe que deux éditions devenues fort rares et fort chères, faites toutes deux en pays étrangers et fourmillant de fautes d’impression. La première à Londres 1665, in-64, et la seconde à Francfort 1670, in-8o. L’une et l’autre étant fautives, nous nous sommes déterminés d’en donner une troisième purgée de ces fautes ; et pour faire connoître cet ouvrage intéressant et utile aux littérateurs, aux gens du monde, et à ceux qui ne sont pas familiers avec le grec et le latin, nous avons entrepris de le traduire, et nous avons accompagné notre version de notes historiques étroitement liées au sujet, d’observations nouvelles puisées dans des auteurs modernes, tels que MM. l’abbé Chappe, de Lignac, Arnaud de Villeneuve, et Lémery, etc., et multipliées au point qu’elles forment, pour ainsi dire, un second ouvrage aussi étendu que celui de Meibomius.

Nous avons adouci le mieux qu’il a été possible, des expressions trop libres dans les citations, de manière pourtant à ne pas nuire à la clarté du sujet, dans un ouvrage dont le but est de développer le méchanisme des parties auxquelles l’Etre-Suprême a confié l’emploi de la propagation de l’espèce, et d’indiquer les remèdes nécessaires à les rendre capables de s’en acquitter, quand un vice dans les organes ou des excès de volupté ont altéré en elles cette précieuse faculté.

Nous renvoyons ceux qui nous accuseroient d’avoir voulu faire l’apologie de la flagellation, à ce qu’ont dit dans les mêmes vues, M. de Bienville, dans l’avant-propos de son excellent traité de la Nymphomanie, pages 4 et 5 ; M. de Lignac, dans l’introduction de son traité de l’amour conjugal, page 19, et M. Tissot dans celle de l’Onanisme, pages 7, 8 et suivantes.

Au reste, nous espérons que le plus grand nombre des lecteurs, nous saura gré de n’avoir rien négligé pour leur offrir un ouvrage complet.

Il y a des écueils inséparables de la matière, et que le traducteur le plus chaste ne peut éviter, s’il veut rendre les pensées de son original ; c’est ce que nous avons éprouvé toutes les fois qu’il a été question de rendre en français les vers libres de Pétrone, Catulle, Tibulle, Ovide, Martial et Apulée. Il falloit donc abandonner le travail ; non, sans doute : à côté des vers libres, je trouvois des autorités puisées dans les auteurs ecclésiastiques, les livres sacrés et les pères de l’église. L’exemple des St.-Augustin, des St.-Jerôme, des Isidore, des Lactance, des Origène et des Tertullien m’encourageoit dans mon entreprise, puisqu’écrivant en langues vivantes, ils n’ont pas cru devoir se taire sur les crimes obscènes, parce qu’on ne peut les désigner sans mots. Au reste, si nous sommes réprehensibles, notre faute est celle de Meibomius, et nous nous justifions entièrement par l’aveu sincère de la faute même, et si c’en est une, nous n’avons eu d’autre motif en traduisant cet ouvrage, que de nous occuper, de nous amuser, et de procurer aux littérateurs et aux gens du monde la connoissance d’un ouvrage que sa rareté leur avoit fait perdre, et leur en faciliter l’acquisition à moindres frais.

J’ai rassemblé dans l’introduction qui suit, tout ce qui peut servir à l’histoire de la flagellation, en offrant au lecteur un extrait lumineux et discuté de l’ouvrage de l’abbé Boileau sur cette matière : et cette compilation nécessaire à mon ouvrage ne laissera plus rien à désirer. Nous osons avancer que cet extrait, ceux de Brantôme, et l’étendue des notes dont nous avons semé l’ouvrage, dans la vue d’égayer l’aridité du style de Meibomius, ne manqueront pas de rendre ce petit traité aussi intéressant que curieux.

Quant à la manière dont nous avons traduit le latin, dans lequel il falloit remédier à des fautes d’impression ou de latinité, et à des demi-mots qui, si je puis le dire, n’étoient que les premiers linéamens des pensées de l’auteur qu’il falloit développer, nous supplions le lecteur de vouloir bien se souvenir de ce précepte d’Horace dont nous avons tâché de faire notre profit, sur-tout quand il a fallu rendre des morceaux d’anatomie, qui ne sont plus les mêmes que du temps de Meibomius, et suivre la marche nouvelle prescrite par nos nouvelles découvertes en médecine, et à laquelle je me suis le plus possible conformé.

Nec verbum verbo curabis reddere fidus
lnterpres, nec desilies imitator in arctum.

(Hor. Art. Poët.)