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De l'utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, et des fonctions des lombes et des reins cover

De l'utilité de la flagellation dans la médecine et dans les plaisirs du mariage, et des fonctions des lombes et des reins

Chapter 7: EXTRAIT DE LA REPONSE DE H. MEIBOMIUS, FILS, A T. H. BARTHOLIN.
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About This Book

Le traité offre un examen médical et historique de la flagellation, envisagée à la fois comme pratique thérapeutique et comme phénomène lié aux plaisirs conjugaux, et analyse la structure et la fonction des lombes et des reins dans la vie sexuelle et la procréation. Il combine descriptions anatomiques et physiologiques, citations d'auteurs anciens et modernes, notes critiques et observations cliniques, et aborde les difficultés de traduction et de langage liées à une matière jugée délicate. Une introduction historique et des commentaires érudits complètent et actualisent les idées du texte latin d'origine.

EXTRAIT
DE LA REPONSE
DE
H. MEIBOMIUS, FILS,
A T. H. BARTHOLIN.

J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer l’ouvrage de Jean Henri Meibomius, mon père, sur l’utilité de la Flagellation dans les plaisirs de l’amour, et sur les fonctions des lombes et des reins, et rien ne pouvoit m’être plus agréable. Cet ouvrage doit sa naissance à la gaîté d’une orgie, et il a été publié, à l’insu de mon père, à Leyde, par les soins du personnage illustre auquel il est dédié. Les hommes les plus signalés de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs écrivains lui ont donné des éloges. Comme on n’en avoit tiré qu’un très-petit nombre d’exemplaires pour être donnés à des amis, il devint rare, et l’objet des avides recherches des amateurs et des curieux, à cause de la singularité piquante de son titre. — J’étois fâché de ne pouvoir contenter tous ceux qui vouloient l’avoir, et ne voulois pourtant pas en faire une seconde édition, non-seulement parce que je n’étois pas toujours de l’avis de mon père, mais encore, parce que je ne voulois pas évoquer sur moi les traits de la censure, dans le moment où ma réputation commençoit à s’établir, en éditant un ouvrage plein d’images un peu libres. Je sus quelque temps après qu’il venoit de l’être, j’en fus ravi et regrettai de n’avoir pas été averti assez tôt, pour lui donner toute la pureté et l’élégance dont il étoit susceptible. Je me réjouis sincérement que vous ayez bien voulu donner vos soins à cet ouvrage et l’enrichir de vos observations, vous que l’Europe savante met au premier rang de ses littérateurs. Vous ne craignez pas que le sourcilleux Caton jette sur lui un regard farouche, en ridant ses lèvres. Mais enfin, nous n’écrivons pas pour les Vestales ni pour les Sabins, mais pour les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi, et je ne doute pas que vous n’ayez tiré le plus grand parti de tout ce qui pouvoit le rendre précieux et intéressant. Je vous envoie les notes manuscrites dont mon père avoit chargé les marges de son exemplaire. Je ne crains pas d’avouer qu’il y a dans cette lettre des passages qui se trouvent en contradiction avec les systêmes d’Harvey, et j’aime mieux convenir des erreurs de mon père, que de les défendre, sur-tout lorsqu’elle lui sont communes, non-seulement avec quelques savans, mais encore avec quelques siècles précédens.

Les bons effets de la Flagellation pour guérir les Maniaques, attestés par Cœlius Aurelianus, Rhazès et autres, sont connus depuis un siècle en Angleterre, quoique les médecins ne s’en soient point souvenus, et je lis dans Bodin, liv. 5 de la république, que la folie dégénère souvent en fureur, et se guérit par la Flagellation.

Meibomius répète ici ce que Bartholin a dit des Lupercales, et de leurs cérémonies ridicules et superstitieuses.

Il dit que les somnambules peuvent être guéris de cette maladie par la Flagellation, et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes. Il discute ce que son père a dit des effets de la Flagellation, pour exciter à l’amour, de l’influence des astres, de l’habitude, des parties sur lesquelles le remède doit être appliqué, d’après les autorités des écrivains sacrés et profanes, des historiens et des poëtes. Il répète ensuite tout ce qu’on a déja vu sur le physique des lombes et des reins, leurs fonctions et les travaux du sang dans cette partie. Il cite le coucher trop doux et l’usage de se coucher sur le dos, comme les causes ordinaires des pollutions nocturnes : l’équitation est encore un exercice qui dispose à l’amour, comme Aristote le démontre dans le Centon des problèmes qui ont paru sous son nom. (Section IV, problême 12.) Hyppocrate dit au contraire, qu’il est une des cause d’impuissance, et tous deux ont raison. Hyppocrate a entendu parler de l’usage des Scythes, d’être toujours à cheval, et en effet cet exercice continuel fatigue, épuise ; il endurcit les parties de la génération, et leur ôte cette précieuse sensibilité qui est le premier aiguillon de la volupté. Aristote, au contraire, n’a en vue que l’usage modéré propre à échauffer les lombes, mettre les humeurs en mouvement, et subtiliser le sang[86].

[86] Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes parisiennes parcourir légèrement à cheval les boulevards et le bois de Boulogne. Elles savent à merveille la théorie des jouissances, sans avoir lu Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue du plaisir les délasse des fatigues du cheval. (Note du trad.)

Je ne crois pas nécessaire de pousser plus loin la discussion sur tout ce que mon père a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop de soin tout ce qui pouvoit completter son ouvrage. Math. Highmorus, liv. 1, part. 3, chap. 4 de son anatomie, l’a fait d’une manière lumineuse. Quelques auteurs essayeront peut-être d’expliquer les phénomènes de la nature, à l’aide de ses hypothèses, semblables à cet écrivain qui s’étoit persuadé que la semence est le chyle et non le sang, et que ce chyle épais, trop échauffé par la flagellation, se portait vers les parties génitales. On pourroit s’égarer encore davantage dans la région des commentaires sur le suc nerveux qu’ils croient être le premier agent du suc organique, mais mon intention n’est pas de les suivre dans le dédale des conjectures. Je pense avec Columella, que les hommes ont plutôt la manie de mettre en crédit les idées nouvelles et hasardées, que d’approfondir et d’appuyer celles qui sont reçues. Quant à moi, je crois avoir suffisamment prouvé tout ce que j’ai avancé sur la circulation et l’effervescence du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai, si vous me donnez votre suffrage.