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Deux années en Ukraine (1917-1919) / avec une carte de l'Ukraine. cover

Deux années en Ukraine (1917-1919) / avec une carte de l'Ukraine.

Chapter 19: Prise de Kiev par les Bolcheviks
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About This Book

Un observateur de retour relate deux années passées en Ukraine pendant l'effondrement de l'Empire et les bouleversements révolutionnaires, offrant des impressions de première main sur la vie urbaine, la crise du logement, la présence militaire et l'agitation politique. Il narre son arrivée à Kiev, les interactions avec soldats et prisonniers, la montée du mouvement national ukrainien et les manœuvres des puissances étrangères, tout en dénonçant la propagande et les polémiques à l'étranger. Le récit mêle carnet de voyage, reportage et analyse critique, visant l'impartialité et cherchant à éclairer le public et les décideurs par des faits concrets et des jugements personnels.

Prise de Kiev par les Bolcheviks

Le 3 février, commence l’attaque méthodique de la ville. Deux trains bombardent sans arrêt le Lipky, le plus élégant quartier de Kiev. Pendant quatre jours et quatre nuits le bombardement est d’une violence inouïe. On compte la nuit une moyenne de huit coups à la minute et 50.000 obus en quatre jours, faisant près de 15.000 victimes. La lueur sinistre des incendies éclaire seule la ville. La maison du Président Grouchevsky, bâtisse haute de neuf étages, flambe, ayant été particulièrement visée.

Le 7, le bombardement redouble de vigueur, la lutte dans les rues devient de la sauvagerie. Partout les Bolcheviks avancent. La fin approche. Petlioura se défend avec acharnement tant qu’il peut espérer que les deux divisions tchéco-slovaques, cantonnées dans la ville, marcheront à son secours. Mais celles-ci, pour avoir le chemin libre jusqu’à Vladivostok, ont fait un pacte avec les Bolcheviks. Quand tout espoir est perdu, Petlioura bat en retraite avec les débris de ses troupes vers Jitomir et Berditchev. Avec lui quittent Kiev les membres de la Rada et du Secrétariat général qui s’était reconstitué sous la présidence de Gouloubovitch et avait vécu d’une vie falote pendant le siège de la ville.

Avant de partir, ce gouvernement, dans un acte de désespoir, donne l’ordre à ses plénipotentiaires de Brest-Litovsk de signer la paix avec les Puissances centrales.

Le lendemain, les vainqueurs font leur entrée.