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Diamant noir

Chapter 21: IX
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About This Book

A seaside household reels after the sudden loss of a wife and mother: a widowed father insists that his eight-year-old daughter see the dying woman, while caretakers debate the child's capacity to bear the truth. The narrative traces the household rituals and small domestic gestures surrounding death, and follows the father's inward reckoning with memory, love, and the brevity of happiness. The coastal setting and intimate scenes mirror mourning, and the prose examines how adult grief and parental desire shape a child's recollection and attempt to render the lost presence permanent.

IX

A ce moment, Nora entra, des fleurs et des verdures tenues à pleins bras. Elle s'arrêta sur le seuil. Derrière elle, apparaissait la bonne grosse tête de Jupiter. Elle regardait son papa et elle vit bien qu'il pleurait. Alors, doucement, elle s'avança vers lui, bien doucement, pour «lui faire peur,» pour lui offrir par surprise tout ce qu'elle avait cueilli dans le parc.... Elle le surprit en effet!.... Elle se jeta contre lui avec le mot caressant murmuré très bas: «papa!» Et lui, croyant s'adresser à l'un des fantômes de son cauchemar, la repoussa, de son bras détendu, si rudement, qu'elle refit en arrière, sur ses petits talons, tout le chemin qu'elle venait de faire dans la chambre.... Elle fut rejetée par une force quasi-surnaturelle.... En reculant, elle voyait son papa, qui s'était mis debout, la regarder d'un œil méchant, et il lui semblait que la distance, toujours augmentée, les séparait pour toujours comme dans les mauvais rêves. Les fleurs, les feuillages, tombaient de ses bras ouverts, de ses mains crispées, jonchant son chemin douloureux dans cette chambre toute pleine encore des affres de la mort; et enfin elle s'abattit contre l'angle de la porte, et resta là sur le parquet, évanouie, le sang coulant de sa pauvre tête, dans ses longs cheveux noirs; et ses yeux s'étaient fermés, et, sur sa bouche ouverte, ce mot expirait: «maman!»

Le colosse, debout, contemplait, avec un œil plein de folie, ce spectacle sans nom.... Jupiter s'était couché près de la petite et léchait son doux visage...

François Mitry frissonna de la tête aux pieds, ramassa l'enfant évanouie, et avec toutes sortes de précautions tendres et de caresses de pitié, la porta dans son petit lit,—mais ce retour à la tendresse était inutile parce qu'elle ne le sentait pas. En revenant à la vie, hors de la présence de son père, elle ne se rappela de lui, et pour jamais, que ce coup, mortel à son âme, avec lequel, au lendemain de la mort de sa mère, il l'avait repoussée de lui, sans qu'elle pût en comprendre la raison.