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Diamant noir

Chapter 53: XLI
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About This Book

A seaside household reels after the sudden loss of a wife and mother: a widowed father insists that his eight-year-old daughter see the dying woman, while caretakers debate the child's capacity to bear the truth. The narrative traces the household rituals and small domestic gestures surrounding death, and follows the father's inward reckoning with memory, love, and the brevity of happiness. The coastal setting and intimate scenes mirror mourning, and the prose examines how adult grief and parental desire shape a child's recollection and attempt to render the lost presence permanent.

XLI

Guy entre, et, après un salut adressé à tout le monde, va serrer la main de François Mitry, et, en même temps qu'il dit: «Bonjour, François,» sans lâcher la main de son ami, il se tourne vers Nora:

—Vous m'avez sans doute oublié, mademoiselle?

—Tout à fait, je l'avoue, monsieur, répond la très petite personne.

—Moi pas... Vous êtes bien jolie! dit-il.

Et se tournant vers Mitry:

—Une figure originale, ta fille.

Il lâche la main de François, et prenant de sa main fine et longue, le bas du visage de Nora, comme celui d'une simple enfant, il l'examine.

Nora, vexée, fronce le sourcil; elle essaie de détourner son visage. Son pied se crispe sur le parquet. Guy paraît ne faire aucune attention à ces marques d'impatience; il s'incline, et, attirant à lui le petit visage, il l'embrasse sur les deux joues.

Il est hors de doute que c'est l'exiguïté de taille de Nora, la petitesse gentille de toute sa personne qui lui a joué ce vilain tour: on ne l'a pas traitée en femme! Et elle pense, tandis qu'on fait à Guy une place à côté d'elle pour le café: «Je le déteste, ce monsieur! il me déplaît! Quand est-ce qu'il s'en ira?» Elle s'avoue en même temps qu'il lui fait un peu peur. Elle ne sait pas pourquoi.

Ce qu'elle ne veut pas s'avouer surtout, c'est qu'à cette colère, à cette crainte, que M. de Fresnay lui inspire, elle trouve un grand attrait. Elle n'y renoncerait pas volontiers. Elle goûte cela comme le souvenir inconscient d'un songe heureux d'enfance, depuis longtemps effacé et qui revient demi-voilé, désirable, irritant, toujours plus net.... Le lendemain matin, dès le réveil, elle songe à Guy avec impatience, et, tout en croyant souhaiter qu'il s'en aille au plus tôt, elle sent bien que la présence de Guy, parmi tous ces gens dont elle a tant à se plaindre, l'occupe agréablement, l'intéresse, absorbe son attention. L'idée de cette présence répand, sur ses projets de la journée, un charme singulier, nouveau. C'est comme une clarté d'espérance, toute fraîche, qui s'ajoute et se mêle à la lumière gaie du matin... Et Nora se lève en chantant, bien résolue à se montrer sévère pour M. Guy de Fresnay.