Apostrophe d’un voyou charitable à Henri IV sur le Pont-Neuf pour lui offrir un canon.
On dit également feignasse (Argot du peuple).
FÊLÉ: Toqué, un peu fou.
—Il a le coco fêlé.
Allusion à une marmite fêlée, elle fuit; par la fêlure de la tête, la mémoire s’en va (Argot du peuple).
FENDRE À S’ÉCORCHER (Se): Dépenser tout son argent sans profit.
—Allons fends-toi d’une tournée (Argot du peuple).
FENDRE L’ARCHE: Quand un homme pressé marche vite, les voyous lui crient:
—Prends garde, tu vas te fendre l’arche.
Couper une carte de son adversaire, c’est lui fendre l’arche (Argot du peuple).
FENDRE L’OREILLE: Mise à la retraite de quelqu’un, fonctionnaire, officier ou employé avant l’âge révolu.
—Sacré nom de Dieu, les cochons m’ont fendu l’oreille: J’ai pourtant encore du sang.
Allusion à la coutume de fendre l’oreille aux chevaux mis à la réforme (Argot des troupiers).
FENÊTRE: V. Carreau.
FERLAMPIER: Homme à qui tous les métiers sont bons.
Mendiant, voleur, souteneur (Argot des voleurs).
FERME ÇA: Ferme ta bouche (Argot du peuple).
FERMÉ SON VASISTAS (Avoir): Mourir (Argot du peuple).
FERRÉ À GLACE: Sachant parfaitement ce qu’il doit savoir. A. D.
Dans le peuple, cette expression signifie être affranchi, ne rien craindre.
C’est la conséquence d’un vieux proverbe:
—Il est ferré à glace, il ne craint ni putain ni garce (Argot du peuple). N.
FERTANCE ou FERTILLE: La paille.
—Dans mon garno à quatre ronds la sorgue, y a des pégoces dans la fertance (Argot des voleurs).
FESTILLANTE: La queue du chien; il la remue pour témoigner sa joie à son maître.
Elle frétille.
Festillante est la corruption de frétillante (Argot des voleurs).
FESTONNER: Pochard qui ne tient pas sur ses jambes.
Il festonne en marchant, pour essayer de maintenir son équilibre (Argot du peuple).
FESSER LA MESSE: Prêtre qui expédie à la vapeur une messe d’enterrement de dernière classe.
—Le ratichon a fessé sa messe en cinq secs (Argot du peuple).
FEUILLES DE CHOUX: Oreilles (Argot du peuple). V. Esgourdes.
FEUILLE DE CHOU: Mauvais journal qui ne se vend qu’au poids (Argot d’imprimerie).
FICELÉ: Se dit de quelqu’un bien habillé, tiré à quatre épingles (Argot du peuple).
FICELEUSE: La ceinture (Argot du peuple). V. Anguille.
FICELLE: Être ficelle, malin, rusé, employer toutes sortes de ficelles pour réussir dans une affaire.
—Je la connais, vous êtes trop ficelle pour ma cuisine.
—Vous ne me tromperez pas, je vois la ficelle (Argot du peuple).
FIÈVRE CÉRÉBRALE: Condamné à mort.
Il meurt, en effet subitement (Argot des voleurs).
FIGNE: Le podex (Argot des voleurs).
FIGNOL: Joli (Argot des voleurs).
FIGNOLER: Polir une pièce d’ouvrage, l’achever avec un soin tout particulier (Argot du peuple).
FIGNOTON: Derrière (Argot du peuple). N.
FIGURE DE CAMPAGNE: Faire ses nécessités en plein air.
On comprend quelle figure est au vent (Argot du peuple).
FIGURANTS DU SALON: Certaines maîtresses de maison de tolérance pour faire croire à une clientèle choisie, paient chaque soir plusieurs individus qui figurent au Salon.
Rue Sainte-Appoline, une de ces maisons eut pour figurants pendant plusieurs années deux acteurs devenus très célèbres (Argot du peuple). N.
FIGURE À CLAQUES: Visage ingrat, pas précisément laid, mais antipathique de prime abord.
Dans le peuple, tout individu qui ne vous regarde pas en face, franchement, comme on dit l’œil dans l’œil, est une figure à claques.
—Tiens, tu me dégoûtes, ta gueule appelle la claque (Argot du peuple).
FIGURE D’ÉCUMOIRE: Homme affreusement grêlé (Argot du peuple). V. Poêle à marrons.
FIGURE DE PAPIER MÂCHÉ: Personne sans couleur, aux joues creuses et à visage pâle.
Le peuple, sans pitié, ne manque jamais d’employer cette expression pour un malheureux qui meurt de consomption.
—Il ne tient pas debout avec sa figure de papier mâché (Argot du peuple).
FIL À LA PATTE (En avoir un): Être gêné par quelqu’un.
Être entravé dans ses affaires, n’avoir pas ses coudées franches.
Une femme crampon est un rude fil à la patte (Argot du peuple).
FIL À RETORDRE (Avoir du): Peiner pour réussir une affaire.
Essayer de convertir un incrédule.
—Pas moyen de venir à bout de cette mauvaise tête d’Alfred, En voilà un enfant qui m’a donné du fil à retordre (Argot du peuple).
FILATURE: Terme employé par les agents de la Sureté pour indiquer qu’ils filent un voleur (Argot des voleurs).
FIL DE SOIE: Filou, voleur (Argot du peuple).
FIL EN QUATRE: Eau-de-vie supérieure (Argot du peuple).
FILER: Suivre.
Pour organiser une filature, les agents se mettent deux, l’un devant le filé, l’autre derrière, de façon à ce qu’il ne puisse échapper.
Il y a des filatures qui sont extrêmement mouvementées, c’est une véritable chasse où toutes les ruses sont mises en œuvre.
Le gibier cherche toutes les occasions de se dérober pour éviter le sapement (Argot des voleurs).
FILER LA COMÈTE: Malheureux qui n’a pas de domicile et qui marche toute la nuit pour éviter d’être emballé par les agents.
Quand il n’y a pas de comète il file les étoiles quand il n’est pas filé lui-même (Argot du peuple).
FILER UN SINVE: Filer, suivre, sinve, homme facile à duper.
Mot à mot: le filer jusqu’au moment favorable pour le dévaliser sans danger (Argot des voleurs).
FILOCHE: Bourse.
Avoir sa filoche à jeun, c’est être sans le sou (Argot du peuple).
FINIR EN QUEUE DE POISSON: Chose qui commence bien et finit mal ou pas du tout.
Un livre qui commence en empoignant ses lecteurs et se termine bêtement, c’est finir en queue de poisson (Argot du peuple).
FLAC D’AL: Sacoche à argent.
Flac sac, dal argent: abréviation d’altèque.
Pour flaquer, on dit aussi je vais à flacdal (Argot du peuple).
FLAGORNER: Flatter quelqu’un bassement.
Trouver une croûte, une œuvre de maître.
Comparer un mauvais vaudevilliste à Molière ou à Legouvé.
Mot à mot: prodiguer des éloges tarifés ou intéressés (Argot du peuple).
FLAGORNEUR: Flatteur.
Race assez commune. Il y en a toujours au moins un dans un atelier.
Le flagorneur descend sans vergogne au rôle de mouchard (Argot du peuple).
FLAMAND: Amis (Argot des voleurs). V. Aminche.
FLAMBEAU (En avoir un):
—Je connais le flambeau, c’est-à-dire je connais la chose.
Faire une belle invention c’est avoir un chouette flambeau.
—Tu ne me monteras pas le coup, mon vieux, je sais ou est le flambeau.
Être très habile dans un métier c’est avoir le flambeau.
Flambeau, dans le peuple, veut dire être supérieur aux gens de sa profession.
Francisque Sarcey, Bouguereau, Ambroise Thomas, Clovis Hugues, sont des flambeaux.
Émile de Girardin, Victor Hugo, Lamartine, Diaz, etc., étaient des flambeaux (Argot du peuple). N.
FLANCHER: Avoir peur (Argot du peuple).
FLANCHER: Jouer sur les places publiques au bouchon (radin) ou à l’anglaise (monac).
En général de tous jeux on dit flancher (Argot du peuple).
FLANCHET: Part de vol.
Lot qui échoit à un brocanteur.
Morceau de viande qui forme la pointe dans l’intérieur du bœuf (Divers argots).
FLANCHEUR: Qui flanche (Argot du peuple).
FLANELLE (Faire): Entrer dans une maison de tolérance, peloter le personnel sans consommer (Argot des souteneurs).
FLAQUER: V. Déballer.
FLAQUET: L’endroit ou le dos change de nom.
Dans le peuple on ne prend pas de mitaine pour donner au flaquet son vrai nom (Argot du peuple).
FLEMME: Maladie que la plupart des ouvriers ont les lundis.
On dit: battre une flemme.
(Argot du peuple).
FLEURE-FESSES: Homme qui moucharde ses compagnons d’atelier et est sans cesse derrière le patron (Argot du peuple). V. Lèche-cul.
FLEUR DE SACRISTIE: Calotin qui fréquente les églises sans en croire un mot.
C’est un commerce comme un autre.
On dit aussi: rat de sacristie (Argot du peuple). N.
FLIQUE ou FLICK: Sergent de ville (Argot du peuple). V. Bec de gaz.
FLIC À DARD: Sergent de ville.
Allusion à ce que dans les manifestations, ils mettent sabre au clair, ils lardent les manifestants.
Dans le peuple, le mot est soudé, on dit flicadard (Argot du peuple). N.
FLINGOT: Fusil (Argot des troupiers). V. Bottoche.
FLÔME: Femme.
Cette expression est nouvelle dans les faubourgs.
D’où vient-elle?
Probablement de ce que les femmes d’ouvriers, pendant que leurs maris travaillent, flemment chez les voisines.
Flôme est une corruption de flemme, comme flemmard pour paresseux, et une adjonction de finale à flemme (Argot du peuple). N.
FLOPPÉE: En donner une ou la recevoir.
Être battu ou battre violemment.
Quand la marmite du souteneur ne rapporte pas, elle reçoit une floppée.
Allusion au cordonnier qui bat son cuir pour l’assouplir: il le floppe (Argot des souteneurs).
FLOTTE: Eau.
La rivière flotte.
On dit d’une personne mince dans des vêtements trop larges:
—Ses membres flottent.
Toute la flotte (l’atelier en entier) a été manger une friture.
Nous étions une flotte pour nous étions un tas (Argot du peuple). N.
FLOTTANT: Bal où se réunissent les souteneurs du quartier.
Toute la flotte s’y donne rendez-vous.
Les souteneurs n’ont pas de préjugés, une expression même injurieuse glisse sur les oreilles de ces messieurs.
Ils savent très bien que le mot flottant vient de flotte, eau, or les poissons sont dans leur élément (Argot des souteneurs). N.
FLOUMANN: Floueur, filou.
Mann, en allemand veut dire homme. Mot à mot, en retournant la finale, cela fait homme floueur.
Être floué, est synonyme d’être trompé.
Ainsi, un homme épouse une femme qu’il croyait vierge, elle sort de la maternité.
—Il est floué (Argot du peuple). N.
FLOUPIN: Diminutif de floumann, comme pégriot l’est de pègre.
Un floupin est un petit filou qui travaille dans les bas prix.
—Il vole un mouchoir; le floumann vole des millions (Argot du peuple). N.
FLOUTIÈRE: Rien.
Au XVIe siècle on critiquait les archi-suppôts chargés de réformer le langage (l’argot) en usage dans les cours des Miracles, on disait d’eux... sans ficher floutière.
Le mot est resté en usage (Argot du peuple).
FLUTES: Jambes.
On dit d’une femme maigre: Elle a volé les flutes du boulanger.
Flute, synonyme de zut (Je ne veux pas) (Argot du peuple).
FLUTENCUL: Pharmacien.
(Argot du peuple).
FLUXION DE PAVÉS: Pochard qui tombe et s’abime la figure: elle enfle comme s’il avait mal aux dents.
De là l’expression (Argot du peuple).
FOIRE D’EMPOIGNE: Voler à la force du poignet (Argot des voleurs).
FOIREUX: Poltron.
On dit aussi: foireux comme un geai.
L’ami Mac-Nab nous a laissé une chanson connue, à ce sujet:
Allusion à la fuite de Craint-plomb, pendant la guerre de Crimée (Argot du peuple).
FOIRON: Le derrière (Argot du peuple).
FOND DE PÊCHE: Le nombril (Argot des voleurs). N.
FONDRIÈRES: Les poches.
Allusion à leur profondeur (Argot du peuple).
FORTANCHE: Fortune.
C’est un changement, de finale comme boutanche pour boutique, dorancher pour dorer, brodancher pour broder, etc., etc.
—Turbiner, c’est bon pour les pantes, j’ai fait ma fortanche à la foire d’empoigne (Argot des voleurs). N.
FORT EN GUEULE: Crier beaucoup.
Les poissardes bavardes et insolentes sont fortes en gueule (Argot du peuple).
FOU: Marteau (Argot du peuple). V. Balançon.
FOUETTER DU BEC: Avoir une haleine fétide qui exhale une odeur d’égout (Argot du peuple).
FOUILLE AU POT: Petit cuisinier qui sert les ouvriers dans les gargotes.
—Il fouille au pot pour en retirer les légumes (Argot du peuple).
FOUILLE MERDE: Tatillon qui fourre son nez partout (Argot du peuple).
FOUILLER (Tu peux te): Tu n’auras rien, ou il ne reste rien (Argot du peuple).
FOUILLEUSES: Poches (Argot du peuple).
FOUINETTE: Juge.
Diminutif de fouinard, malin, rusé, chercheur (Argot des voleurs). V. Palpeur.
FOULER (Ne pas se): Ouvrier ou employé jamais pressé, plus exact à la soupe qu’au travail.
—Tu vas te fouler la rate.
—Prends garde de te casser.
Même signification (Argot du peuple).
FOUR (En faire un): Manquer une affaire (Argot du peuple).
FOURBI: Piège, malice. A. D.
C’est une erreur. Cette expression très usitée vient du régiment, où le caporal chargé de l’ordinaire gratte sur la nourriture des hommes.
Fourbi signifie bénéfice (Argot du peuple). N.
FOURCHETTE: Voleur à la tire.
Allusion à ce que les voleurs qui ont cette spécialité, ne se servent que des deux doigts de la main droite qui forment fourchette pour extraire les porte-monnaies des poches des badauds (Argot des voleurs). N.
FOURGAT: Recéleur qui achète les objets volés (Argot des voleurs). V. Meunier.
FOURGUER: Vendre des objets volés (Argot des voleurs).
FOURLINES: Voleurs et meurtriers à l’occasion (Argot des voleurs).
FOURMILLON: Marché.
La foule fourmille: endroit propice pour les voleurs.
—Il y a un riche coup à faire sur la placarde du fourmilion (Argot des voleurs).
FOURNAISE: On sait que les mornifleurs-tarte sont réunis en tierce (par trois). Le mornifleur, le faux monnayeur, le gaffe qui détient la réserve des pièces fausses, et l’émetteur qui écoule les pièces chez les commerçants.
L’émetteur se nomme la fournaise.
L’allusion est juste, car il est dans le feu, courant à chaque minute le risque d’être pincé.
Mot à mot: il est dans la gueule du loup (Argot des voleurs). N.
FOURNEAU: Vagabond, mendiant habitué du fourneau de charité. L. L.
Fourneau, signifie crétin, imbécile.
Quand on imprime dans les journaux que nos ministres et nos députés sont des fourneaux ils ne sont pas je pense habitués des asiles de nuit (Argot du peuple). N.
FOURNEAUTIN: Diminutif de fourneau (Argot du peuple). N.
FOURNITURE: Allusion aux fines herbes que l’on met dans la salade pour lui donner du goût et la parer (Argot du peuple). V. As de pique.
FOURRACHON: Le lit (Argot des voleurs). V. Juge de paix.
FOUTAISE: Rien.
—Tu m’offres cent sous d’acompte sur mille francs la belle foutaise.
—Tu nous en raconte des foutaises. On dit aussi:
—C’est de la fouterie de pauvre (Argot du peuple).
FOUTIMASSER: S’applatir sur un ouvrage, le faire traîner en longueur.
C’est une corruption de deux mots accouplés foutu, mauvais, masseur, travailleur (Argot du peuple). N.
FRANC CARREAU: Quand un prisonnier est incorrigible il est mis au cachot.
On lui enlève sa literie, il couche alors sur le franc carreau (Argot des voleurs). N.
FRACASSÉ: Être vêtu d’un habit, d’un frac.
C’est un mauvais calembour.
—J’en ai du frac assez.
Il me rappelle la célèbre scie d’atelier sur le mot Afrique:
—J’ai de la fricassée, du fracandeau, de la fripouille, de la friture, etc., etc. (Argot des ateliers).
FRANC DE COLLIER: Cheval qui remplit sa besogne en conscience.
Homme franc, ouvert, loyal.
—Il est franc du collier (Argot du peuple). N.
FRANGIN: Frère (Argot du peuple).
FRANGINE: Sœur (Argot des voleurs).
FRÈRE FRAPPART: Marteau.
L’allusion est frappante (Argot des forgerons). V. Balançon.
FRÈRE JACQUES: Pince (Argot des voleurs). V. Monseigneur.
FRÉROT DE LA CAQUE: Filou (Argot des voleurs).
FRÉTILLON: Grisette chantée par Béranger.
L’expression est heureuse, rien de plus frétillant en effet qu’une fille du peuple qui s’amuse et aime pour son compte (Argot des bourgeois). V. Grisette.
FRIAUCHE: V. Aller au rebectage.
FRIC-FRAC (Vol au).
Ainsi nommé à cause du bruit que produit l’outil en fracturant les portes (Argot des voleurs).
FRICADIER: Un sou.
C’était l’expression favorite de Pradier, le célèbre bâtonniste qui travaillait devant l’Institut (sur la place) (Argot du peuple).
FRICASSÉE DE MUSEAU: S’embrasser mutuellement.
Cela indique bien le frottement de deux visages.
Mot à mot: s’embrasser avec effusion (Argot du peuple).
FRIMASSARD: Le froid (Argot des voleurs). V. Frisbi.
FRIME: La figure.
Tomber en frime, se rencontrer face à face avec quelqu’un (Argot du peuple).
FRIME (Pour la): Pour rien.
Faire semblant (Argot du peuple).
Frimer: Faire de l’embarras.
—Il est bien mis, il frime (Argot du peuple).
FRIMOUSSE: Vieille expression qui veut dire visage.
On la trouve dans la Henriade travestie (Argot du peuple).
FRINGUER: S’habiller.
Rabelais dans Pantagruel écrit fringuez (Argot du peuple).
FRIPE: Nourriture.
—L’heure de la fripe va sonner (Argot d’imprimerie).
FRIPES: Mauvais vêtements que revendent les fripiers sur le carreau du Temple (Argot du peuple). V. Loques.
FRIPOUILLE: Rien de bon.
Dans le peuple, quand on a dit d’un homme c’est une fripouille, c’est tout dire.
Fripouille est certainement une corruption de friperie, donc on avait fait fripaille (Argot du peuple).
FRIQUET: Mouchard. A. D., L. L.
C’est une erreur, friquet est un moineau, c’est une variété du pierrot parisien, l’effronté gavroche de la gent ailée (Argot du peuple).
FRISBI: Froid.
On dit aussi: il fait friot, frisquet, et comme superlatif:
—Nom de Dieu, que ça pince il gèle à pierre fente (pour fendre) (Argot du peuple).
FRISÉ: Juif (Argot des voleurs).
FRISER SON NAZ: Être mécontent.
Friser son naz est une variante de la vieille expression, même adressée à un chauve:
—Ça te défrise, mon vieux (Argot du peuple). N.
FROMGY: Fromage (Argot du peuple).
FROTTE-BOTTES: Domestique (Argot du peuple).
FROTTÉE: Recevoir une bonne frottée ou la donner.
Se battre (Argot du peuple).
FROTTER: Faire la cour à une femme.
—Elle est rien raide, faut pas s’y frotter (Argot du peuple). N.
FROTTIN: Billard.
—Viens-tu faire une partie de frottin? (Argot du peuple).
FROUSSARD: Individu qui a peur (Argot du peuple). N.
FROUSSE: V. Taf.
FRUSQUES: Vêtements.
Pour indiquer des habits en mauvais état, on dit des frusques boulinées.
Quand ils sont tout à fait effilochés, on dit que l’on pourrait y accrocher toute une batterie de cuisine (Argot du peuple). N.
FUITE DE GAZ (En avoir une): Laisser échapper un pet en sourdine; si on ne l’entend pas, on le sent.
Allusion à l’odeur insupportable du gaz, quand un conduit est crevé (Argot du peuple).
FUMER SANS TABAC: Être furieux, fumer de colère (Argot du peuple). N.
FUMER SES TERRES: Être enterré dans sa propriété.
Épouser une fille riche quand on n’a pas le sou.
Déposer dans son jardin ce que l’on dépose pour trois sous dans un châlet, de nécessité (Argot du peuple). N.
FUMERONS: Les jambes.
—Il est à moitié décati, il ne tient plus sur ses fumerons.
Pour exprimer la même idée, on dit aussi:
—Il tremble sur ses fils de fer (Argot du peuple).
FUMERON: Galopin qui fume dans la rue en allant à l’école.
—Comment tu fumes sale crapaud?
—Mais oui.
—Tu as raison les étrons fument bien! (Argot du peuple). N.
FUMIER DE LAPIN: Bon à rien, individu inutile.
On dit aussi: il ne vaut pas un pet de lapin (Argot du peuple). N.
FUMISTE: Farceur, mystificateur, qui cherche toutes les occasions possibles de faire des blagues.
Les plus grands fumistes des temps passés furent Romieu et Sapeck.
Ils sont remplacés par Lemice-Terrieux.
À propos de Sapeck dont la réputation est encore grande au quartier latin; la fameuse farce des bougies coupées ne lui appartient pas, elle fut faite quarante ans avant lui, on la raconte dans une brochure intitulée: Les mystères de la Tour de Nesles (Paris 1835). (Argot du peuple). N.
FUNICULÉ (Être): Refuser de marcher ou de travailler.
Allusion au funiculaire de Belleville, qui marche quand il veut.
Funiculé remplace le mot capricieux et modifiera le dicton: capricieux comme une jolie femme.
—Cette jolie femme est funiculée (Argot du peuple). N.
FUSAIN: Curé.
Allusion au vêtement noir (Argot du peuple).
FUSEAUX: Jambes minces comme des baguettes de fusil.
Dans le peuple, on dit:
Minces du bas, fines du haut.
On dit également:
Mince d’aiguilles à tricoter (Argot du peuple). N.
FUSÉE (En lâcher une): Quand un ivrogne a trop bu, il soulage son estomac en lâchant une fusée.
Allusion à ce que la déjection retombe en gerbe.
Quand elles se suivent, on dit dans le peuple:
—Quel riche feu d’artifice, voilà le bouquet (Argot du peuple).
FUSER: Fusée d’un autre genre qui ne s’envole pas par le même côté.
—Où donc qu’il est, Dumanet?
—Il est en train de fuser (Argot des troupiers).
FUSILLER: Donner un mauvais dîner. A. D.
Fusiller se dit des soldeurs qui fusillent des marchandises volées.
Ils les vendent à n’importe quel prix.
On les nomme des fusilleurs (Argot des camelots). N.
G
GABARI: Perdre au jeu, jargon des ouvriers de fer. L. L.
Le gabari est une plaque de tôle ou de zinc taillée sur un modèle donné pour que l’ouvrier mécanicien ou menuisier puisse confectionner exactement sa pièce.
Avant l’invention de la machine à diviser, une roue d’engrenage ne pouvait être juste sans le secours du gabari pour aligner les dents (Argot des ouvriers). N.
GÂCHER DU GROS: Aller pisser comme les poules.
Allusion aux maçons qui mangent énormément et qui font de même (Argot du peuple).
GÂCHEUR: Le président de la Cour d’assises.
Quand il condamne, il gâche la vie des gens (Argot des voleurs). N.
GADIN: Vieux chapeau. L. L.
Le gadin est un bouchon.
Le jeu qui consiste à abattre le bouchon chargé de gros sous se nomme gadiner.
Il y a plus de cinquante ans que cette expression est populaire (Argot du peuple). N.
GAFFE (En commettre une): Dire ou faire une bêtise, parler trop et à côté (Argot du peuple).
GAFFE: Faire le guet pour avertir des complices de l’arrivée de la rousse ou des passants qui pourraient les déranger (Argot des voleurs).
GAFFE DE SORGUE: Gardien de marché ou surveillant de maisons en construction.
Autrefois, c’étaient des invalides qui remplissaient ces fonctions (Argot des voleurs).
GAFFEUR: Qui commet des gaffes.
Il y en a de célèbres, par exemple, dire au maître de la maison dans laquelle on est invité:
—Qui est donc cette vilaine bossue qui fait tant de grimaces.
—Monsieur, c’est ma femme (Argot du peuple).
GAGNER LE GROS LOT: C’est assez extraordinaire de ne pas mettre à une loterie et d’avoir cette chance.
Ce gros lot se gagne sans billet.
On dit aussi: je suis assaisonné (Argot du peuple). V. Quinte, quatorze et le point.
GAILLARDES: Joues (Argot des voleurs). V. Jaffles.
GAJARD: Gros homme (Argot des voleurs). N.
GALBEUX: Avoir du galbe, posséder un visage correct et avenant.
On dit d’une jolie fille:
—Elle est galbeuse.
Au superlatif: elle est truffée de galbe (Argot des filles).
GALETTE: Argent (Argot du peuple). V. Aubert.
GALOUBET (En avoir): Posséder une belle voix ou crier bien fort.
On dit d’un chanteur émérite:
—Il a un rude galoubet.
GALTOUZE: Argent (Argot du peuple). V. Aubert.
GALURIN: Chapeau.
On dit quand il a une hauteur exagérée:
—Mince de galure (Argot du peuple). V. Bloum.
GAMBETTES: Jambes.
—Elle est bien molletonnée (montée en gambettes) (Argot du peuple). V. Brancards.
GAMBILLER: Danser.
Mot à mot: faire marcher ses gambettes (Argot du peuple).
GAMBILLEUR: Danseur (Argot du peuple).
GAMBILLEUR DE TOURTOUSE: Danseur de corde.
Gambiller, danser, tourtouse, corde.
Cette expression servait autrefois à désigner la corde employée par le bourreau pour expédier ses clients dans l’autre monde.
L’image est juste, le condamné gambille au bout de la tourtouse (Argot des voleurs).
GAMELLES: Seins.
Les troupiers, dans les jardins publics, se placent de préférence sur les bancs, à côté des nourrices qui allaitent leurs nourrissons.
Ils se pourlèchent les lèvres à la vue des nichons blancs et volumineux.
—Mademoiselle, en voilà un heureux gaillard de manger à une pareille gamelle.
Quand il y en a pour un, il y en a pour deusse.
Le camarade se penche:
«Il y en aurait bien pour troisse» (Argot des troupiers). N.
GAMELLE (En attacher une): Quitter une femme avec laquelle ou est collé, sans la prévenir.
Rendre son tablier sans faire ses huit jours (Argot du peuple).
GANCE: Bande.
Association de malfaiteurs (Argot des voleurs).
GANDIN D’ALTÈQUE: Homme décoré d’un ruban quelconque.
Homme portant une particule (Argot du peuple).
GANTS (Pour mes): Pourboire sous quelque forme que ce soit.
Cette expression, néanmoins, est plus généralement employée pour les filles qui réclament un supplément au prix convenu.
Gant est synonyme d’épingle (Argot des filles).
GANTER: Il ou elle me gante.
Synonyme de chausse.
—Cet homme me gante, il a une rude pointure.
Pas d’explications superflues (Argot des filles).
GARÇON: Les hôtes habituels des prisons appellent garçon un voleur.
Le garçon de campagne est un voleur de grand chemin, qui a pour spécialité de dévaliser les garnaffes. V. ce mot (Argot des voleurs).
GARDE NATIONAL: Paquet de couennes.
On dit aussi nœud d’épée. Allusion à la forme (Argot des charcutiers).
GARDE NATIONALE (En être): Femme pour femme (Argot des filles). V. Accouplées.
GARE À FAFFLARDS: Bureau.
Allusion à l’utilité de ce meuble pour garer ses papiers.
Garer, serrer, fafflards papiers (Argot des voleurs).
GARER SON PITON: Mettre son nez à l’abri des coups qu’il pourrait recevoir.
Cette précaution est nécessaire dans les quartiers excentriques où les souteneurs mangent sans faire de façon, le piton du bourgeois qui n’apprécie pas les charmes de leurs marmites.
Avant l’annexion de la banlieue à Paris, Belleville et la Villette étaient renommés pour ce genre d’exercice (Argot des souteneurs).
GARGAMELLE: Le gosier.
C’est une très vieille expression qui a été remplacée par celles plus modernes de dalle, sifflet couloir (Argot du peuple).
GARGOINE: La bouche.
Par abréviation: la gargue.
Quelques-uns écrivent gargouenne (Argot du peuple). V. Affamée.
GARGOTER: Cuisinière qui rate tous ses ragoûts.
Mot à mot: faire de la mauvaise cuisine, de la gargote.
Gargoter un travail ou le savater, le gâcher en un mot (Argot du peuple).
GARGUE: La bouche (Argot du peuple).
GÂTE-SAUCE: Garçon pâtissier. A. D.
Gâte-sauce ne s’emploie pas exclusivement pour désigner un garçon pâtissier, cette expression s’applique à tous les métiers.
Dire à un mari qu’il est cocu et troubler la félicité des amants, c’est gâter la sauce.
Quand un commissaire de police tombe comme un aréolithe au milieu d’un tripot, la sauce est gâtée pour les joueurs.
Dans le peuple, de tout ce qui va mal, la sauce se gâte.
Le synonyme est: ça tourne au vinaigre (Argot du peuple).
GAULES DE SCHTARD: Barreau de prison.
Gaule: allusion à la rigidité du fer (Argot des voleurs).
GAU PICANDI: Pou qui pique.
Quand il provoque des démangeaisons trop vives, qu’il pique trop fort, comme aux jours d’orages, par exemple, pour s’en débarrasser on le tue; cela s’appelle: basourdir un gau (Argot du peuple).
GAVIOT: Le gosier.
Serrer le gaviot: faire passer le goût du pain.
Mot à mot: étrangler un individu (Argot du peuple). V. Qui-Qui.
GAYE: Cheval.
Quand le cheval est vieux on dit qu’il est une rosse (Argot des maquignons).
GENDARME: Fer à repasser.
Gendarme est le nom du fabricant le plus renommé (Argot des blanchisseuses).
GÊNÉ: Malheureux momentanément, embarrassé dans ses affaires.
Gêné dans ses entournures: être habillé trop étroitement.
Gêné par quelqu’un: n’avoir pas ses coudées franches, être tenu en laisse.
Gêné: être mal à l’aise dans un milieu auquel on n’est pas habitué.
Dans le peuple, gêné a une signification toute différente.
Quand une femme a un amant, elle lui dit au moment psychologique:
—Fais comme mon mari, gêne-toi.... (Argot du peuple). N.
GÉNÉRAL PAVÉ: Les filles publiques qui arpentent les rues du matin au soir à la recherche de clients sont entretenues par ce général, qui est souvent bien dur pour elles.
L’allusion est claire (Argot du peuple). N.
GERBE: Prison.
Gerbé: condamné.
Gerbé à vioc: être condamné aux travaux forcés à perpétuité.
Gerbé à la passe: condamné à mort (Argot des voleurs).
GERBIER: président de la Cour d’assises (Argot des voleurs).
GERCE: Femme (Argot du peuple).
GERMINYSER: Membre d’un cercle catholique qui cherche à pénétrer dans un centre ouvrier.
La condamnation qui frappa un personnage célèbre reconnu coupable d’un délit, qui n’était assurément qu’un acte de folie érotique a donné naissance à cette expression devenue populaire (Argot du peuple).
GIBELOTTE DE GOUTTIÈRE: Il existe des industriels qui, la nuit, vont chasser les chats!
Ils les fourrent dans un sac de toile, les dépouillent, puis les vendent aux restaurateurs de bas-étage qui les transforment en lapin sauté ou en lapin chasseur.
Ils les préparent plus particulièrement en gibelotte parce que le vin et les épices atténuent un peu l’odeur sauvage du chat-lapin.
Dans les portions servies au public, jamais il n’y a de tête; elle ferait reconnaître facilement la nature du lapin (Argot du peuple).
GIGOLETTE: Fille des faubourgs qui, à l’âge où les autres vont encore à l’école, a déjà jeté son bonnet par dessus la Tour Eiffel.
La gigolette travail pour l’amour de l’art.
Comme elle fréquente les bals publics où elle gigotte avec frénésie, l’expression gigolette est indiquée (Argot du peuple).
GIGOLO: L’amoureux de la gigolette. Un vieux refrain très populaire, dit: