On dit d’un individu grotesque qu’il a une tête de pipe (Argot du peuple).
PIPÉ: Château.
Il est presque impossible de trouver le pourquoi des principales expressions employées par les voleurs pour désigner des choses spéciales, telles que bergerie, grange, ferme, etc., etc.
J’en ai questionné un certain nombre, tous m’ont répondu:
—Ça s’appelle comme ça, voilà tout (Argot des voleurs).
PIQUE-PRUNE: Ouvrier tailleur. Allusion à la marche de l’aiguille.
On dit aussi: Pique-puce et pique-poux.
C’est un terme de métier (Argot du peuple).
PIQUER UNE ROMANCE: Dormir.
Allusion au ronflement du dormeur qui est une sorte de chanson en faux-bourdon (Argot du peuple).
PIQUER LE NEZ (Se): Se payer une belle soulographie (Argot du peuple).
PIQUER SON MOULIN: Salade trop épicée.
Elle vous pique le moulin (la bouche) (Argot du peuple). N.
PIQUER SON FARD: Rougir en entendant un propos grossier (Argot du peuple).
PIQUE-VERT: Petite scie fabriquée avec un ressort de montre (Argot des voleurs).
PIQUETTE: Fourchette.
L’allusion est claire (Argot des voleurs). N.
PISSER DE L’ŒIL: Pleurer.
—Depuis que mon homme a foutu le camp, je pisse de l’œil comme une fontaine Wallace (Argot du peuple). N.
PISSE-FROID: Homme guindé, raide, froid, dont l’aspect vous glace.
Homme qui, en parlant, laisse tomber ses mots avec une lenteur monotone.
Se dit de tout homme à l’aspect peu sympathique (Argot du peuple).
PISSER COMME LES POULES: Aller au cabinet.
Pour qualifier un individu très niais, on dit:
—Il a une gueule à mener les poules pisser (Argot du peuple).
PISSER DES LAMES DE RASOIR EN TRAVERS: Celui qui est dans ce cas-là n’est pas heureux.
L’image est juste pour indiquer les douleurs cuisantes qu’éprouvent les pauvres diables qui ont reçu un coup de pied de Vénus.
Pour témoigner à une personne qu’elle vous impatiente, on lui dit: Vous me faites pisser des lames de rasoir en travers (Argot du peuple).
PISSER UNE CÔTELETTE: Accoucher.
On dit aussi:
—Elle pisse des os.
Pisser une côtelette est une allusion à la légende biblique d’Adam et Ève (Argot du peuple).
PISSER À L’ANGLAISE: S’en aller subrepticement sans payer son écot.
Pisser à l’anglaise: quitter un salon sans saluer les maîtres de la maison pour ne pas jeter le trouble dans la réunion... ou parce que l’on s’embête à quarante francs par tête (Argot du peuple).
PISTOLE: Pièce de dix francs dans l’argot des maquignons et des bouchers.
La pistole, dans les prisons, est une chambre à part où les détenus, par faveur et moyennant une redevance quotidienne, jouissent de quelques douceurs.
Sous la Révolution, pour être à la pistole, à la Conciergerie, les prisonniers payaient pour un lit 27 livres 12 sous le premier mois, et 22 livres 10 sous les mois suivants.
Sous la Terreur, les prisonniers payaient 15 livres par nuit. Chaque lit rapportait 22,000 livres par mois.
Alboize et A. Maquet qui me donnent ces chiffres dans leur Histoire des prisons de l’Europe, ajoutent que la Conciergerie était le premier hôtel garni de Paris.
Les détenus qui sont à la pistole s’appellent des pistoliers (Argot des voleurs).
PITON: Nez extraordinaire qui se rapproche de la trompe de l’éléphant.
—Monsieur, ôtez votre nez de là, dit Gavroche à un homme affligé d’un piton phénoménal, pour que je voie l’heure à Notre-Dame (Argot du peuple).
PIVE: Vin (Argot des voleurs). V. Pivois.
PIVOIS: Vin rouge.
Je ne vois guère qu’une raison à cette expression: c’est une allusion de couleur.
Pivois vient certainement de pivoine (Argot du peuple).
PIVOIS DE BLANCHIMONT: Vin blanc (Argot des voleurs).
PLACARDE: La place.
Non pas seulement comme le dit A. Delvau la place où se font les exécutions, mais bien n’importe laquelle.
La placarde du fourmillon: la place du marché (Argot des voleurs).
PLACE D’ARMES: La poitrine (Argot du peuple).
PLAN DE COUILLÉ: Faire de la prison pour un autre.
Faire de la prison sans avoir joui du produit de son vol.
Couillé est le diminutif de couillon.
Dialogue au Dépôt:
—Pourquoi que t’es ici?
—J’ai pas de piaule pour pagnoter.
—Je file la comète; j’ai été fabriqué par un sale sergot.
—Et ton nière?
—Mon orgue? J’étais méquard de la bande à Bibi.
—Alors tu vas aller au carré des petites gerbes.
—Veux-tu me désenflaquer et m’aider à casser la ficelle?
—Pour aller à la boîte aux cailloux, où y a pas mèche de faire chibis; où on ne boulotte que des bourres-coquins et où on ne lampe que du sirop de macchabée? y a pas de pet.
—Je te donne la paire de sigues, mais tu ne bonniras que peau.
—Tes sigues, c’est du carme à l’estorgue.
—Non, c’est du bath.
—C’est pas assez, car si les palpeurs me foutent deux berges de Centrousse, ça serait du plan de couillé.
Mot à mot: de la prison pour rien (Argot des voleurs).
PLAN: Le Mont-de-Piété.
Allusion à la planche sur laquelle on emmagasine les effets engagés (Argot du peuple).
PLAN: Prison.
—Je tire dix berges de plan.
Tomber en plan: se faire arrêter.
Être en plan: rester en gage pour un écot.
Laisser sa femme en plan c’est synonyme de la lâcher (Argot du peuple).
PLANTEUSE DE BOIS: Femme qui fait son mari cocu.
Mot à mot: elle lui plante du bois sur la tête (Argot du peuple). N.
PLANCHE À PAIN: Cour d’assises.
Se dit aussi d’une femme maigre (Argot des voleurs). N.
PLANCHE À LAVEMENT: Le confessionnal.
On y lave sa conscience; pour certains, il faudrait une rude lessive (Argot des voleurs).
PLANQUE (En faire une): Agent qui se planque pour surveiller des individus.
Être en planque, être filé.
Mot à mot: planque, attendre.
La chanson des mecs dit:
(Argot des voleurs).
PLANQUE À LARBIN: Bureau de placement spécial pour les domestiques (Argot des voleurs). V. Suce-larbin.
PLANQUER: Cacher.
—Pour dépister la rousse, je vais me planquer un marqué chez un garnaffier de mes aminches (Argot des voleurs).
PLANTER UN DRAPEAU: Autrefois on disait faire un puff.
Les ouvriers et les petits employés ont l’habitude de manger à la semaine ou au mois chez leur restaurateur; fréquemment quand ils quittent leur place, ils ne payent pas le gargotier.
—Pourquoi ne passes-tu pas par-là?
—J’ai planté un drapeau.
Allusion au drapeau planté par les cantonniers sur la voie publique qu’ils réparent pour avertir qu’il ne faut pas passer là (Argot du peuple). N.
PLÂTRE (En avoir): Posséder beaucoup d’argent.
Allusion au propriétaire qui fait construire une maison: il a du plâtre (Argot du peuple).
PLAT-CUL: Tomber sur le côté pile.
Les typographes disent sur le côté de deux.
Allusion à l’envers de la page (Argot du peuple).
PLATS À BARBE: Oreilles démesurées, se détachant du visage.
—Faudrait un balai pour nettoyer tes plats à barbe (Argot du peuple).
PLAT DU JOUR: Femme nouvelle servie aux habitués des maisons de rendez-vous avant qu’elle ne serve au public (Argot des filles). N.
PLAT DE CHAT: Il ne s’agit pas de la gibelotte de gouttière servie chez les Borgias à vingt-trois sous (Argot des filles). V. Accouplées.
PLAT-GUEUX: Homme lâche (Argot du peuple). V. Plat-ventre.
PLAT-VENTRE (Se mettre à): Se dit de quelqu’un qui rampe devant un supérieur.
Se mettre à plat ventre, c’est le comble de l’humiliation et de l’abaissement (Argot du peuple).
PLEIN COMME UN BOUDIN (Être): Être repu de nourriture et de boisson.
Mot à mot: avoir mangé comme un cochon (Argot du peuple).
PLOMB (Avoir une carotte dans le): Puer de la bouche.
Plomb est une expression déjà ancienne.
Théophile Gautier faisant goûter à Alexandre Dumas père de la fine Champagne excessivement rare, celui-ci avala son petit verre d’un seul coup.
—Ah! dit Théophile Gautier, tu jettes ça dans le plomb (Argot du peuple). N.
PLOMBÉ: Ivre: l’homme ivre est lourd comme du plomb. L. L.
Plombé veut dire atteint d’une maladie qui a fait la fortune de Charles Albert.
—Elle m’a plombé jusqu’à la moelle (Argot du peuple). N.
PLOMBES: Heures.
—Voilà dix plombes qui se décrochent au tintamarre de l’antonne; le ratichon va grimper à son zinc pour débagouler sa jasante au père la Tuile.
Plombes, allusion au marteau qui tombe d’aplomb sur la cloche (Argot des voleurs).
PLOMBER DE LA CARGUE: Sentir mauvais de la bouche. Tuer les mouches au vol (Argot du peuple).
PLUMARD: Lit de plumes. C’est un simple changement de finale, comme pour épicemar et frimard (Argot du peuple).
PLUMES: Cheveux.
—Tu veux toujours paraître jeune, mais tu te déplumes.
—Tu as rudement, grandi; ta tête dépasse tes cheveux (Argot du peuple).
PLUMES DE BEAUCE: Bottes de paille.
On sait que les plaines de la Beauce sont fertiles en graminées; le blé, le seigle et l’avoine y sont cultivés avec soin.
Dans les prisons, où les détenus n’ont pour literie qu’une simple paillasse, ils disent, par ironie, qu’ils couchent sur de la plume de Beauce (Argot des prisons).
PLUMER: Dépouiller.
Allusion à l’oiseau que la cuisinière plume pour le faire rôtir.
Ruiner un individu, lui prendre jusqu’à sa dernière plume.
—Il faut à tout prix que vous sortiez de cette affaire, vous y laisseriez vos plumes (Argot du peuple).
POCHETTES: Les joues.
Comme les poches, elles se gonflent (Argot du peuple).
POCHETÉE (Avoir une):
Avoir une forte dose de bêtise.
—Il en a une rude pochetée.
Synonyme de gourde (Argot du peuple).
POÊLE A MARRONS: Homme grêlé.
Allusion à la poêle percée de trous (Argot du peuple). N.
POGNON: Argent, monnaie.
Allusion à l’argent mis à même la poche et que l’on prend à poignée.
Une poignée d’argent; de là, pognon (Argot des souteneurs).
POIGNE (Avoir de la): Raide, dur comme une barre de fer.
Diriger une affaire avec énergie, commander avec rudesse.
Cette expression date de l’Empire, qui inventa les préfets à poigne (Argot du peuple).
POIL DE BRIQUE: Femme ou homme à cheveux rouges, rouquin.
On dit dans le peuple, par allusion à la couleur:
—Trois jours de plus dans le ventre de sa mère, elle était rôtie (Argot du peuple). N.
POIL (En avoir quelque part): Homme courageux qui ne redoute rien.
Dans le peuple, on dit le mot carrément (Argot du peuple).
POIL (En recevoir un): Être fortement grondé.
On dit aussi recevoir un galop ou un gras.
Ce mot remplace suif (Argot du peuple).
POILS (Être à): Être dans un costume primitif, comme Geneviève de Brabant, avoir ses cheveux pour vêtement, ou, comme au bal des Quatr’z’Arts, avoir laissé sa chemise au vestiaire (Argot du peuple).
POIL DANS LA MAIN (En avoir un): Paresseux qui ne veut pas travailler, qui fête tous les jours la Sainte-Flemme.
—Il faudrait une rude paire de ciseaux pour lui couper le poil qu’il a dans la main (Argot du peuple).
POILEUSE: Absinthe.
Dans les assommoirs où l’on débite de l’absinthe commune à la mesure, on emploie cette expression.
Elle vient de ce que l’homme, abruti par cette boisson, ne peut plus travailler; il est poileux.
Mol à mot: il a un poil (Argot du peuple). N.
POINCELETS: Clés fabriquées d’une certaine manière.
Au lieu d’avoir un anneau à son extrémité comme les clés ordinaires, le poincelet se termine en pointe et peut servir à deux usages: à caroubler les portes ou à pratiquer une pesée pour faire sauter les gâches des serrures (Argot des voleurs).
POINT DE COTÉ: Créancier.
Maître-chanteur exploitant les hommes qui ont un certain vice.
Allusion à la gêne causée par le mal de ce nom. L. L.
Point de côté: tiers gêneur. Celui qui, par exemple, vous empêche, par sa présence, de lever une femme et de l’emmener après l’avoir levée. A. D.
Point de côté, mari gênant, ombrageux, jaloux, qui surveille sa femme comme Bartholo sa nièce:
—Je ne peux pas sortir, mon point de côté est à la maison, il ne me lâche pas d’une semelle (Argot du peuple). N.
POIRE: Tête.
On dit d’un homme naïf et simple:
—Il a une bonne poire, il est facile à acheter.
—Vous n’allez pas longtemps vous moquer de ma poire, je suppose?
Se payer la tête de quelqu’un est synonyme de se payer sa poire (Argot du peuple).
POIROTER: V. Faire le poireau.
POISSE: Voleur. A. D.
C’est absolument, tout le contraire; un poisse est un agent de la sûreté.
La poix du cordonnier s’attache aux mains en poissant le fil; l’agent s’attache au voleur, il le poisse.
Il le fait bon pour Poissy.
Nous sommes poissés: nous sommes pris (Argot des voleurs). N.
POISSÉ SUR LE TAS: Être pris en flagrant délit de vol.
Poissé de poisse, agent; tas, terrain (Argot des voleurs). N.
POISSER DES PHILIPPES: Poisser, voler; philippes, pièces de cinq francs.
Mot à mot: voler des pièces de cinq francs (Argot du peuple).
POISSON SOUFFLEUR: Rendre par les narines, comme le font certains fumeurs de cigarettes, ce qui est aspiré par la bouche.
Se prend dans deux sens (Argot du peuple).
POITOU: Non. A. D.
Poitou: Public. A. D.
Poitou: Nulle chose. L. L.
C’est assez difficile à accorder. Qui a raison des deux auteurs?
Moi, je crois que poitou veut dire silence, prenez garde, car ce mot est employé dans les prisons à l’arrivée d’un surveillant (Argot des voleurs). N.
POIVRE ET SEL: Cheveux qui commencent à grisonner.
L’allusion est claire (Argot du peuple).
POIVRER: Quand la cuisinière poivre trop ses mots, elle met le feu au palais des convives.
Quand une femme poivre un homme, le poivré maudit Christophe Colomb comme François Ier la belle Ferronnière (Argot du peuple).
POIVRIER: Voleur qui dévalise les ivrognes qui s’endorment sur les bancs ou sur l’herbe des fortifications.
Ce vol est connu sous le nom de vol au poivrier (Argot des voleurs).
POIVROT: Ivrogne qui se colle des bitures à tout casser.
Poivrot vient sûrement de ce que dans les assommoirs, on débite de l’eau-de-vie qui ressemble à une décoction de poivre long.
Il est saoûl, il est poivré, de là poivrot (Argot du peuple).
POLOCHON: Le traversin qui complète la fourniture du troupier à la caserne.
Quand on a bu un coup de trop, on a reçu un coup de polochon.
Allusion à la farce qui se fait dans les chambrées aux jeunes conscrits: on les étourdit à coups de polochon (Argot des troupiers).
POMMADEUR: Réparateur de vieux meubles à qui il donne l’apparence du neuf en les truquant avec de la cire et de la gomme laque (Argot du peuple).
POMMADEUR: Flatteur.
Passer de la pommade à quelqu’un, lui trouver toutes les qualités possibles.
Dire à un bossu, par exemple, qu’il est droit comme un cierge. On en a fait ce calembour: la louange comme le tonnerre fout droit (Argot du peuple). N.
POMMADIN: Individu infatué de lui-même, qui ne songe qu’à soigner sa tête.
Mot à mot: qui ressemble à une poupée de coiffeur (Argot du peuple).
POMPER: Boire comme un trou.
Dialogue devant le comptoir d’un marchand de vins:
—Voulez-vous, en buvant, ressembler à deux empereurs romains?
—Comment?
—Soyez César et pompez (Argot des bourgeois facétieux). N.
POMPER: Travailler ferme.
Quand le travail se ralentit, le metteur en pages dit:
—Allons, les amis, encore un petit coup de pompe (Argot des typographes).
POMPEZ, SEIGNEUR, POUR LES BIENS DE LA TERRE ET LE REPOS DU PAUVRE MILITAIRE.
Pomper signifie pleuvoir; alors le soldat coupe à la corvée ou à la revue (Argot des troupiers).
POMPON (Vieux): Se dit d’un vieux soldat:
(Argot des troupiers).
POMPON (En avoir un): Être abominablement gris.
Avoir la face rouge comme une pivoine.
Allusion à la couleur rouge du pompon des grenadiers (Argot du peuple).
PONTES POUR L’AFF: Ponte doit être pris dans le sens de bailleur de fonds assemblés pour lancer une affaire plus ou moins véreuse.
On sait que le ponte (joueur) est généralement peu scrupuleux (Argot des boursiers).
PONANTE: Fille publique.
On dit également ponette quand elle est jeune (Argot des voleurs). N.
PONIFLE: Raccrocheuse de bas étage.
Ponifle est le diminutif de ponifler, aimer (Argot des souteneurs).
PORC-ÉPIC: L’ostensoir.
Allusion aux rayons qui l’entourent (Argot des voleurs).
PORTE-BONHEUR: Le cabriolet que les agents passent aux poignets des prisonniers.
Allusion de forme (Argot des voleurs). N.
PORTE-EFFETS, PORTE-TURBIN: Porte-turbin est une expression heureuse; elle désigne à merveille les épaules du coltineur (Argot des voleurs). V. Bascules. N.
PORTEFEUILLE: Le lit.
—Je vais me fourrer dans mon portefeuille.
Allusion de forme (Argot du peuple).
PORTER LE BÉGUIN: Pâlir, perdre sa fraîcheur.
Celui des deux jeunes mariés qui est le moins robuste ou le plus gourmand, porte le béguin le premier (Argot du peuple).
PORTER LES CULOTTES: Virago qui traite son mari comme un petit garçon (Argot du peuple). V. Déculotté.
PORTE-MORNIFLE: Porte-monnaie (Argot des voleurs). V. Morlingue.
PORTION: Fille publique.
Allusion à l’heure de la soupe.
Quand le soldat a faim, il tombe sur la bidoche (Argot des troupiers).
POSE TA CHIQUE ET FAIS LE MORT: Reste tranquille et ne parle pas (Argot du peuple).
POSER UN GLUAU: Ce ne sont pas les oiseaux qui se prennent dans ce gluau-là, mais le plus souvent les pieds (Argot du peuple).
POSTICHE: Quand, dans un atelier de composition, un compagnon raconte une histoire à dormir debout, on lui crie:
—À Chaillot le posticheur.
Postiche: faire un boniment sur la voie publique pour amasser le trèpe (la foule).
Les saltimbanques qui font des tours de cartes ou jonglent avec des poids sur les places publiques, font une postiche.
Postiche: travail (Argots divers). N.
POSTILLON: Baver en parlant, c’est lancer des postillons (Argot du peuple).
POSTILLON: Boulette de mie de pain dans laquelle est un billet laconique.
Cette boulette est lancée dans la cour où se trouve le prisonnier que l’on veut prévenir qu’un de ses complices s’est mis à table.
La postillon est aussitôt ramassé, et ouvert; le billet est collé sur la muraille; quand les gardiens s’aperçoivent du coup, il est trop tard (Argot des voleurs).
POSTILLON D’EAU CHAUDE: Infirmier (Argot du peuple). V. Canonnier de la pièce humide.
POT À COLLE: Ouvrier menuisier (Argot du peuple).
POT À TABAC: Homme énormément gros et court, par analogie avec le cochon gras.
On dit aussi dans le peuple: bon à tuer (Argot du peuple).
POT DE VIN: Argent donné pour obtenir un privilège, un monopole, une adjudication en dehors des voies légales.
Un maître maçon donne un pot de vin à un architecte pour obtenir des travaux (Argot du peuple).
POT DE VINARD: Qui accepte le pot devin.
Nous en avons eu un triste exemple dans l’affaire du Panama (Argot du peuple).
POTEAU: Ami.
La figure en juste; un poteau soutient.
Poteau veut dire aussi complice (Argot des voleurs).
POTEAUX: Jambes énormes, comme disent les voyous: grosses du bas et énormes du haut (Argot du peuple).
POUBELLE (La): Boîte à ordures qui tire son nom du préfet de la Seine qui en a ordonné l’usage.
Avant, les ordures étaient jetées en tas dans la rue (Argot du peuple). N.
POUFFIACE: Fille publique avariée.
On dit aussi: chameau, chiasse, camelotte (Argot des souteneurs).
POULE D’EAU: Blanchisseuse.
Elle est bien nommée, puisqu’elle passe sa vie à l’eau (Argot du peuple).
POULET DE CARÊME: Hareng saur.
C’est un triste poulet qui pourtant fait le bonheur d’un tas de pauvres gens. Le hareng se nomme aussi un gendarme (Argot du peuple).
POUSSAH: Homme gros, ventripotent, qui a peine à traîner son corps difforme sur ses jambes courtes (Argot du peuple).
POUSSE-MOULIN: Eau.
Allusion à ce que l’eau sert de moteur pour faire tourner la roue du moulin (Argot du peuple).
POUSSE-FAUTEUIL: Valet (Argot du peuple).
POUSSE-MOU: Homme mou qui travaille avec mollesse, sans courage (Argot du peuple).
POUSSER SA MOULURE: Faire ses besoins.
Allusion à la moulure ronde qu’il faut pousser avec effort sous le fer du rabot (Argot du peuple).
POUSSER À LA PEAU: Femme de feu, amoureuse, chaude comme braise dont l’ensemble parle aux sens.
Elle pousse à la peau (Argot du peuple).
POUSSIER: Lit malpropre.
Poussier, chambre pauvre, en désordre.
—Comment peux-tu vivre dans un pareil poussier?
Synonyme de taudis (Argot du peuple).
PRÉ AU DAB COURT TOUJOURS: Prison de Mazas (Argot des voleurs).
PRÉFECTANCE: La Préfecture.
Quelques-uns écrivent: Préfectanche (Argot du peuple).
PRENDRE LE COLLIER DE MISÈRE: Aller travailler.
L’établi est bien un collier de misère, c’est même un collier de force, car l’ouvrier ne peut le lâcher, il subit ce carcan jusqu’à la tombe.
Ce qui fait dire quand l’un d’eux meurt:
—Il a quitté le collier de misère (Argot du peuple).
PRENDRE LA VACHE PAR LES ..... (ce que porte le taureau entier): Prendre les choses au rebours, commencer quelque chose par la fin (Argot du peuple).
PRENDRE UN PLAT: V. Rouscailler.
PRÊTER LOCHE: Prête moi ton oreille.
Écoute bien ce que je vais te dire (Argot des voleurs).
PRINCESSE: Vivre pour rien. Vivre aux frais de la princesse (Argot du peuple).
PROBLOQUE: Propriétaire (Argot du peuple). N.
PROCUREUSE: Ancienne fille publique qui fait métier de procurer sur commande des jeunes filles aux vieux cochons.
Elle alimente les maisons clandestines.
Souvent, c’est une marchande à la toilette qui masque sa honteuse profession sous les apparences de son commerce (Argot du peuple).
PRODUISANTE: La terre.
L’allusion est juste: la terre produit (Argot des voleurs).
PROFONDES: Poches.
Elles sont, hélas! parfois si profondes; que l’on ne peut parvenir à y trouver le moindre maravédis (Argot du peuple).
PROLO: Abréviation de prolétaire.
Travailleur de n’importe quel métier qui n’a d’autres ressources que ses dix doigts pour vivre (Argot du peuple). N.
PROPRIO: Abréviation de propriétaire (Argot du peuple).
PROUTER: Marronner, ne pas être content (Argot du peuple). V. À cran.
PROXÉNÈTE: Ou maquerelle; c’est la même chose.
La proxénète est à l’affût de toutes les misères pour livrer les malheureuses à la prostitution.
Celle-là ne connaît pas la grève des mineures.
Elle revêt toutes les formes, depuis la grande dame qui a «eu des malheurs», qui tient une agence dramatique, jusqu’à l’ancienne cuisinière qui tient un bureau de placement (Argot du peuple).
PRUNEAU: Tabac en carotte qui se nomme grosse ou petite ficelle; il se chique. Comme le morceau, une fois mâché, est noir et juteux, on le nomme un pruneau (Argot du peuple).
PRUSSIEN: Le derrière.
—Je vais te fourrer un coup de pied dans le prussien (Argot du peuple).
PUCE DE MEUNIER: V. Pégoce.
PUCE TRAVAILLEUSE: C’est l’ancienne expression pour désigner les femmes pour femmes.
C’est dans les maisons de rendez-vous, où il y a des voyeurs (voyez ce mot), que ce travail s’accomplit, à la grande satisfaction des vieux érotomanes qui viennent là, chercher par les yeux un spectacle écœurant pour émoustiller ce qui leur reste de sens.
Les femmes qui opèrent dans ces maisons sont payées à la séance (Argot du peuple).
PUCELAGE: Petit oiseau qui s’envole quand il lui pousse une queue.
On sait que les petits sortent du nid quand cet appendice caudal arrive à point (Argot du peuple). N.
PUNAISE: Cette expression date de 1862; elle est due à un voyou. Sur le boulevard Montmartre, une fille hèle un cocher.
—Au Bois, lui dit-elle.
—Au bois de lit, punaise, fait le gamin.
Le mot est resté (Argot du peuple).
PURÉE (Être dans la): V. Mélasse.
PURÉE: Absinthe.
Quand elle est forte, la liqueur épaisse ressemble, en effet, à une purée de pois cassés (Argot du peuple).
PURGATION: Quand un avocat plaide en cour d’assises ou en police correctionnelle, les voleurs de profession appellent sa plaidoirie une purgation.
—As-tu entendu mon blanchisseur; ce qu’il a assis l’avocat bêcheur et les nonneurs. Quelle purgation! (Argot des voleurs).
PUROTAIN: Qui est dans la purée (Argot du peuple) V. Mélasse.
PUTAIN: Femme qui va à tous, soit à l’œil, soit par métier.
La putain est vieille comme le monde; depuis le lupanar antique elle existe.
Malgré la brutalité de cette expression, on la retrouve chez tous les poètes anciens.
Le Dict des rues de Paris, par Guillot (1270), publié en 1754 par l’abbé Fleury.
(Argot du peuple).
Q
QUANTÈS?: Bienvenue que paie un ouvrier nouvellement embauché dans un atelier.
Tant qu’il n’a pas satisfait à cette vieille coutume, qui date du compagnonnage, les camarades lui crient: quantès? (Argot du peuple). N.
QUART D’ŒIL: Commissaire de police (Argot du peuple). V. Moissonneur.
QUART DE MARQUÉ: Semaine.
Le quart du mois (marqué) (Argot des voleurs).
QUATRE-VINGT-DIX: Truc, secret de métier.
Vendre le quatre-vingt-dix: révéler le secret. A. D.
Le quatre-vingt-dix est une loterie composée de quatre-vingt-dix billets qui sont, contenus dans un sac; le 90 gagne le gros lot. Les 90 numéros sont divisés par 30 cartons qui sont placés dans le public, deux compères (engayeurs) prennent deux cartons; le tenancier du jeu s’arrange de façon à les faire gagner par un truc ingénieux; le public volé n’y voit que du feu (Argot des saltimbanques). N.
QUATRE-COINS: Mouchoir.
La figure coule de source.
Il y a aussi un jeu qui se nomme les quatre-coins, il faut être cinq pour le jouer.
Chaque joueur se place à l’angle du carré, le cinquième au milieu fait le pot de chambre, et essaye de prendre un des coins; s’il y arrive, celui qui a perdu sa place prend la sienne (Argot du peuple).
QUELPOIQUE: Rien (Argot des voleurs).
QUEUE: Faire une queue à sa femme: la tromper avec une autre et réciproquement.
On fait également une queue à un fournisseur, en achetant chez son concurrent.
Laisser une queue: ne donner qu’un acompte sur une dette.
Se tirer la queue, se... battre (Argot du peuple).
QUEUE DE CERVELAS (Faire la): Promenade dans les promenoirs des prisons (Argot des voleurs). V. Dévidage.
QUI A DU ONZE CORPS-BEAU?: Quand un curé entre dans un atelier de composition, cette question salue son apparition.
On répond en chœur: —Ache (Argot d’imprimerie).
QUIMPER: Tomber (Argot des voleurs).
QUINTE ET QUATORZE ET LE POINT: V. Plombé.
QUI-QUI: Rognures de viandes ramassées par les chiffonniers dans les ordures.
Ils les revendent aux Borgias à 1 fr. 15 qui en font des potages (Argot du peuple).
QUI-QUI: Le col.
—Si tu rebiffes, je vais te serrer le qui-qui. (Argot du peuple).
QUINQUET: Les yeux. La marmotte allume le pante du quinquet (Argot des souteneurs). V. Chasses.
QUOQUANTE: Armoire à glace (Argot des voleurs). N.
QUOQUARD: Arbre.
—J’ai planqué la gallouze sous le premier quoquard à gauche de la garnaffe (Argot des voleurs). N.
QUOQUERET: Rideau (Argot des voleurs). V. Gueusard.
R
RABATTEURS: Individus qui font le métier de rabattre les filles pour les hommes et les hommes pour les filles.
On peut lire la monographie curieuse de cette catégorie d’individus dans Trottoirs et Lupanars (Argot des souteneurs). N.
RABATTEURS À LA SORGUE: Voleurs qui opèrent la nuit.
C’est un redoublement de syllabe; ils ne rabattent pas, ils s’abattent sur les maisons à dévaliser.
Les rabatteurs sont les complices qui nourrissent le poupard (Argot des voleurs).
RABIAGE: En avoir, c’est posséder des rentes (Argot des voleurs).
RABIBOCHER: Quand un ménage est en désaccord et qu’un raccomodage a lieu, il est rabiboché.
Le rabibochage n’est le plus souvent qu’un replâtrage.
Quand les enfants jouent aux billes, ceux qui ont perdu disent au gagnant:
—Veux-tu nous rabibocher?
C’est-à-dire nous rendre quelques billes (Argot du peuple).
RABIOT: Faire plus de temps qu’il n’a été convenu.
Au régiment, un homme puni fait autant de jours de présence en plus qu’il a eu de jours de punition.
Avoir du rabiot: avoir du bon, toucher un reliquat sur lequel on ne comptait pas (Argot du peuple).
RABOTÉ: Synonyme de nettoyé, plus rien.
On dit aussi d’une femme mince:
—Elle a été rabotée (Argot du peuple).
RABOTER LE SIFFLET (Se): Boire un verre d’eau-de-vie qui gratte si fort le gosier qu’il semble en emporter des lambeaux.
L’eau-de-vie, qui joue le rôle du fer du rabot, enlève des copeaux dans le sifflet du buveur (Argot du peuple). N.
RABOUIN: Le diable (Argot des voleurs).
RACINE DE BUIS: Dents.
Ainsi nommées lorsqu’elles sont sales et noires.
Vesinier, membre de la Commune en 1871, fut surnommé par Henri Rochefort: racine de buis, par allusion à la racine de cet arbuste qui est noueuse avec des protubérances qui ressemblent à des verrues difformes.
Racine de buis caractérise la tête des individus qui ressemblent à cette racine (Argot du peuple). N.
RACAILLE: Moins que rien.
Terme suprême de mépris plus fort que crapule; résidu de tout ce qu’il y a de plus abject.
—Tu n’es qu’une sale racaille (Argot du peuple).
RACOLER: Fille qui racole les passants (Argot des souteneurs).
RACCROCHER À LA FLAN: Fille qui n’a pas de poste fixe; elle part de chez elle à l’aventure.
Elle raccroche à la flan, au hasard (Argot des souteneurs).
RACCOURCIR: Se dit d’un condamné à mort à qui on coupe la tête. Il est en effet raccourci d’autant.
Le mot est vieux; il date de Martinville.
Il était devant le tribunal révolutionnaire. Fouquier-Tinville lui dit:
—Citoyen de Martinville, qu’as-tu à répondre?
—Je ne suis pas ici pour qu’on m’allonge, mais pour qu’on me raccourcisse (Argot des voleurs).
RACLETTE: Agent de police de la Sûreté ou sergent de ville.
Allusion à la raclette du ramoneur qui enlève la suie des cheminées.
Les agents raclent les malfaiteurs qui sont la suie de la société (Argot des voleurs). N.
RADE ou RADEAU: Tiroir de comptoir où sont les radis.
Signifie aussi boutique. A. D.
Ce n’est ni rade ni radeau, c’est radin.
Le vol au radin est célèbre; ceux qui le pratiquent se nomment le radineur et le raton (Argot des voleurs). N.
RADICAILLE: Ceux qui professent des opinions radicales (Argot du peuple).
RADIS: V. Fricadier.
RADIS NOIR: Prêtre.
Allusion à la robe noire.
Cette expression date du temps où l’on jouait à l’Ambigu la pièce des Mystères de Paris.
Rodin, célèbre type de canaille, mangeait pour son dîner un plat de radis noir (Argot du peuple). N.
RADINER: Revenir.
—Je radine à la piaule.
Radiner: faire le radin, voler le tiroir-caisse d’un comptoir.
Ce tiroir est nommé radin parce qu’il renferme des radis (sous) (Argot des voleurs).
RADURER: Repasser son couteau sur une meule.
—Je radure mon lingre afin que le pante soit fait d’un coup et qu’il n’ait pas le temps de cribler à la grive (Argot des voleurs).
RAFFALE (Je suis dans la): Être au plus mal, près de mourir (Argot des voleurs).
RAFFALÉS: Être dans la misère, emporté par la raffale de la dèche (Argot des voleurs).
RAFLE, RAFLER: Prendre.
Quand un crime est commis et que les auteurs sont introuvables, la police organise des rafles dans les lieux suspects et dans les endroits où se réunissent les vagabonds.
On nomme ces rafles un coup d’épervier, parce que l’on y prend généralement beaucoup de poissons.
Quand les filles publiques deviennent par trop encombrantes, on les rafle en masse.
Le croupier rafle l’argent des joueurs.
Le voleur rafle l’argent des passants (Argot des souteneurs).
RAFFURER: Regagner.
C’est le redoublement d’affure (gagner).
—J’ai raffuré du terrain sur les pescailles qui voulaient me paumer (Argot des voleurs).
RAGOÛT: Soupçon.
—J’ai du ragoût sur sézières, il s’est mis à table sur mon orgue.
—Fais attention de ne pas faire de ragoût, le quart nous a au chasse (Argot des voleurs).
RAGOUT DE POITRINE: Femme ragoûtante qui a sur la poitrine des tétons volumineux (Argot du peuple). V. Capitonnée.
RAIDIR: Mourir (Argot des voleurs).
RAILLE: Cette expression est ancienne, elle se trouve dans les Mystères de Paris (Argot des voleurs). V. Arnaque.
RAIGUISÉ: Avoir tout perdu.
Mot à mot: il est réguisé, il va mourir (Argot du peuple).
RAISINÉ: Sang.
—J’ai lingré le gonce, il a répandu son raisiné sur le trimard (Argot des voleurs).
RAMASSER: Se faire ramasser, c’est se faire arrêter.
Quand un individu tient un langage imprudent ou qu’il dit des bêtises, il se fait ramasser (rappeler à l’ordre).
Dans le peuple, on dit:
—Nous l’avons relevé du péché de paresse.
On dit également à une femme qui vous embête:
—Allons, ramasse tes cliques et tes claques et fous le camp (Argot du peuple). N.
RAMASSEUR DE MÉGOTS: Ramasseur de bouts de cigares et de débris de cigarettes.
Ces mégots sont séchés, triés, hachés, puis vendus par paquets aux ouvriers.
La bourse aux mégots se tient place Maubert, au pied de la statue d’Étienne Dolet (Argot du peuple).
RAMASSER UNE PELLE: Être certain de réussir une affaire et la rater.
Faire la cour six mois à une femme au bout desquels elle vous envoie promener.
Ramasser une pelle, se dit de tout ce qui manque (Argot du peuple). N.
RAMASTIQUEUR: Désigne le genre de vol qui consiste à ramasser à terre un bijou faux qu’un compère a préalablement laissé tomber (Argot des voleurs). V. Trouveurs.
RAMENEUR: Homme qui n’a que quelques cheveux et les ramène en avant sur son front pour faire croire à une chevelure abondante (Argot du peuple).
RAMENEUSE: Fille publique qui ramène les hommes qu’elle raccroche à son garni.
—J’ai une chouette gosse, hier elle a ramené dix fois (Argot des souteneurs).
RAMOLLOT: Homme ramolli, sans consistance, qui rabâche vingt fois la même chose.
Le capitaine Ramollot a fait rire tout Paris.
L’expression est récente (Argot du peuple). N.
RANCARD ou RANCART. Mettre quelque chose ou quelqu’un dont on ne veut plus au rancart de côté.
Un coup de rancart est aussi une chose imprévue, comme le fait par exemple de raccrocher une femme dans un lieu public (Argot des souteneurs).
RANCARD: Renseignements.
—J’ai besoin d’un rancard sur un tel.
—Le rancard du probloque est tout ce qu’il y a de plus mouche.
Le rancard est un terme convenu pour la correspondance des tenanciers de claquedents avec les placiers qui les alimentent de camelottes (Argot des souteneurs).
RAPAPILLOTER: Un ménage désuni se rapapillotte.
Mot à mot: se raccommode.
La chanson populaire dit: