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Dictionnaire du patois du pays de Bray

Chapter 21: K
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About This Book

The work collects and explains the regional patois of a small rural area in Normandy, offering a glossary of local words and expressions with definitions, variant spellings, etymological notes, and examples of usage. An extended introduction surveys the linguistic history of the area, tracing influences from ancient inhabitants through Latin and Germanic elements and situating the dialect within local geography. The compiler emphasizes firsthand attestations and delineates the survey boundaries, supplies philological observations and cross-references to related dialects, and records rural vocabulary, idioms, and customary terms that illuminate everyday speech and traditional life.

Monsieur Turgot étant en charge,

Et trouvant ce quai trop peu large,

Y fit ajouter cette marge!

Passant qui passez tout de got,

Rendez grâce à monsieur Turgot.


(Journal de Rouen, 4 mai 1852.)

GOTON. Voy. Margoton.

GOUAlLLER, railler, plaisanter. B.-N. P.

GOUAILLEUX, qui gouaille.

GOUGES (avoir les mains), engourdies par le froid, ineptes au travail. Voy. Gourdes.

GOUINNE, femme de mauvaise vie.

GOULIAFRE. Voy. Galafre. P.

GOULIAS. Voy. Galafre. P.

GOULON, goulot.

GOURDES (avoir les mains). Voy. Gouges. Vient du latin gurdus, stupide; aussi dit-on quelquefois dans le même sens: J'ai les mains sottes. H.-N.

GOURER, tromper. B.-N. P.

GOURGANNES, fèves de marais. H.-N.

GOUTTE, petit verre d'eau-de-vie. On dit prendre, payer la goutte ou une goutte.

GOUTTE (n'y voir), être privé de lumière; ne point trouver de solution à une affaire. H.-N.

GOUTTE MILITAIRE, verre à cidre à demi-plein d'eau-de-vie.

GRABUGE, désordre dans l'administration d'une maison. H.-N. P.

GRAFIGNER, gratter légèrement et sans cesse. P.

GRAFOUILLER. Voy. Grafigner.

GRAGEOIR, espèce de mortier en bois dans lequel on écrase le sel, au moyen d'un pilon aussi en bois.

GRAGEUX. Voy. Grageoir.

GRANAISON, grain provenant des céréales; rendement des gerbes.

GRANMENT, grandement, beaucoup, B.-N. P.

GRANCHE, grange. On trouve le mot granche dans un titre de 1400.

GRAND, étendue. Ex.: Il y a grand dans ce champ. P.

GRAND (tenir sa maison dans le), à la manière des grands.

GRAND'CHEMISE, blouse.

GRANDIER, fier, hautain. P.

GRAND'MÈRE, vieille femme. P.

GRAND'PÈRE, vieillard. P.

GRAS-BOUDIN, grande consoude.

GRASSETS (les), repas qu'on donne pendant les dernières semaines qui précèdent le carême.

GRASSIER, grasseyer.

GRAVÉ (homme), marqué de petite vérole. P. B.-N.

GRAVOIS, gravier.

GREC, sévère.

GRÊLÉ. Voy. Gravé. On dit aussi de celui qui a perdu beaucoup au jeu: Il a été grêlé.

GRÉMIR (faire), faire frissonner d'appréhension.

GRÉNADES. Voy. Gardes.

GRÉNADIER. Voy. Gardier.

GRÉNAISON, rendement en grains des céréales.

GRÉSILLÉ, brûlé au soleil.

GRÉVACHONS, prunes sauvages.

GRIBLETTE, riblette, morceau mince de viande qu'on fait cuire sur le gril. Nous citerons à ce sujet un extrait du Trésor des Chartes, relatif à un dîner que les religieux de la Sainte-Trinité de Caen donnaient chaque année, avant 1450, aux habitants de Vaulx: «Ilz lavent leurs mains en une cuve plaine d'eaue, et apres se assient à terre et ont chascun ung pain de vingt-une à vingt-deux onces, une toille estendue devant eulx, sur laquelle ils ont une pièce de lart peleis barbouilly de la grandeur de demy pié en quarré; apres ont chascun une ribelette de lart routy sur le greil, chascun une esculée de mortreux fait de pain et de leit, et boire tant qu'ilz veullent, cidre ou cervoïse, et sont assis trois on quatre heures (Cité par M. L. Delisle, Etudes, etc., page 90).

GRIBOUILLER, griffonner.

GRIBOUILLONNER. Voyez Gribouiller.

GRIER, glisser.

GRIGNARD, enfant qui pleure sans cesse.

GRIGNER, faire mauvaise mine, pleurnicher.

GRIGNON (enfant), chagrin et de mauvaise humeur.

GRILLETTE A GRILLETTE, petit à petit.

GRIMPLET, grimpereau.

GRINGALET, homme petit et maigre. P.

GRIPPER, voler.

GROLLES, mauvais chevaux.

GRONÉE, ce qu'un tablier peut contenir de fruits, de grains, etc. Ce mot vient du picard gron, qui signifie tablier. B.-N. P.

GROS (tirer du), tirer du gros cidre.

GROSELLES, groseilles.

GROSSIER, qui a de l'embonpoint. P.

GROSSIER, botte de paille très-allongée dans laquelle on met le halot pour les chevaux.

GROUÉE, pommes qui tombent, pendant la nuit, avant la saison de les locher, et qu'on ramasse le matin.

GROUIN, groin.

GROULER, crouler, bouder. P. H.-N.

GROUMOULER (se), grommeler.

GRUMELOTS, grumeaux.

GUÉDÉ, gonflé; qui a trop mangé. B.-N.

GUÉNON, terme de mépris.

GUERBE, gerbe. P.

GUERBÉE, gerbée. P.

GUERBIÈRE, espèce de niche pratiquée dans les tas, où se place une personne pour recevoir les gerbes.

GUERGEOLER. En parlant du ramage des oiseaux, on dit: ils guergeolent; on le dit aussi des enfants qui commencent à parler.

GUÉRITE, guérie. P.

GUERNIER, grenier. P.

GUERNOUILLES, grenouilles. P.

GUERNU, grenu. P.

GUÈTES, guêtres.

GUÈTES (harengs), guais.

GUEULARD, qui crie fort en parlant; se dit aussi du crieur public dans les ventes aux enchères. B.-N.

GUEULE (être de la), être gourmand.

GUEUX, fripon.

GUIAME, Guillaume.

GUIAMET, petit Guillaume.

GUIFFE, bouche. P.

GUIGNER, regarder de travers, regarder indiscrètement. P.

GUILEBAUDE (grande), femme haute et maigre, aux manières communes.

GUILEBAUDES, très-longues jambes.

GUILLE, diarrhée.

GUISIER, gésier.

G'VEU, cheveu.

H

HABILE! vite! P. Ce mot semble avoir beaucoup de rapport avec le verbe abire, qui fait, à l'impératif, abi! va! pars!

HABITS (claper dans ses), s'y trouver trop au large, par suite de dépérissement ou de maladie.

HABIT-VESTE, vêtement à courtes basques, qui tient le milieu entre l'habit et la veste.

HABLEUX, hâbleur; de l'espagnol hablar.

HAGER, hacher, couper menu.

HAGUE, gros bâton de bois à brûler.

HAGUER, hacher. On emploie aussi ce mot au figuré. Ex.: Il l'a hagué de sottises.

HAGUETTES, petites hagues mises en corde.

HAGUIGNETTES. V. Aguignettes.

HAGUIGNOLER, couper malproprement. H.-N.

HAGUIGNONNER, couper maladroitement ou avec un mauvais couteau.

HAHAHA! interjection plus ou moins répétée qui indique le rire. Un astrologue italien a prétendu connaître le tempérament et les passions de l'homme, à la manière dont il rit. Voici ce qu'il affirmait en 1662: Quand un homme rit, s'il fait ha, ha, ha, il est flegmatique; s'il fait he, he, he, il est colérique; s'il fait hi, hi, hi, il est dissimulé; s'il fait ho, ho, ho, il est sanguin. L'abbé Damascène ne nous dit point ce qu'il pense de l'homme qui rit en hu, hu, hu.

HAIS? que dites-vous? On se sert aussi de cette interjection pour appeler une personne éloignée.

HALITRE, hâle.

HALOT, grains de blé encore couverts de leur paille, qu'on amasse dans le van, en halotant.

HALOTER, agiter le blé ou autres grains horizontalement dans le van pour réunir le halot.

HAMES, mancherons de charrue. Mot qui est peut-être une corruption de hampes.

HANNE, mauvais cheval.

HANSE, hampe à laquelle la faux est ajustée.

HANTÉ (lieu), lieu où les bestiaux de la ferme viennent souvent.

HANTER, fréquenter; se dit surtout d'un jeune homme qui visite souvent une jeune personne, en vue de mariage.

HANTIMENT, compagnie; se prend ordinairement en mauvaise part.

HARDE, œuf sans coquille, seulement recouvert d'une pellicule.

HARDES, nom employé pour désigner les divers vêtements d'une personne.

HARÈQUE DU DOS, épine dorsale.

HARÈQUES, arètes de poisson.

HARICOTER, se servir de mauvais chevaux, de haridelles et ne point avancer dans son travail.

HARICOTIER, qui haricote.

HARLAND, qui harlande.

HARLANDER, réussir mal dans son travail. On dit d'un cultivateur qu'il harlande, quand il n'a pas assez de chevaux pour faire ses travaux en bonne saison.

HARNAS, pieds et intestins de mouton réunis et cuits dans l'eau.

HARRACHES, civières dont on se sert pour porter les morts.

HASTIQUER, travailler longtemps à une chose, sans pouvoir réussir.

HATELET, carré de côtelettes de lard qu'on met ordinairement à la broche. H.-N. B.-N.

HATIGNOLE, boulette de viande hachée que vendent les charcutiers. Dans son numéro du 11 mai dernier, l'Abeille cauchoise servait le canard suivant à ses lecteurs: An 701, passage du Juif-Errant à Yvetot; il s'arrête à l'auberge de la Truie-qui-File; il fait la dépense: 1º d'un pain mollet, 10c,; 2º d'un pot de cidre, 10c; 3º d'un atignol, 5c. Dans le pays de Bray, nous faisons de Hattignole un substantif féminin.

HATILLE, rate de porc, à laquelle sont unies d'autres parties des entrailles. H.-N.

HAUCHER, hausser.

HAUT-MAL, épilepsie. Ex.: Il tombe du haut-mal. P. B.-N.

HAUVELER, mettre en hauviau.

HAUVIAU, javelle d'orge, d'avoine, etc., qu'on réunit par petites portions, en hauviaux, à l'aide d'un rateau, avant de les mettre en gerbes.

HAVET, petit crochet. On dit aussi en parlant des dents des chiens: Quels havets! H.-N.

HAVIR, exposer à un feu trop vif. Ex.: Ce gigot va être havi.

HAYEUR, ouvrier qui fait et répare les haies. On disait autrefois hayer, pour signifier le droit de prendre dans un bois les branches nécessaires pour clore les haies.

HAYON. Voyez Abrias.

HAYURE, haie. P.

HÉPÉE, dernier effort pour atteindre un but. Ex.: Courage! il n'y a plus qu'une hépée pour arriver.

HÈQUE, petite barrière qu'on place à l'entrée des maisons pour empêcher les volailles et autres animaux d'entrer quand la porte reste ouverte.

HÈQUE! exclamation qui exprime le dégoût. P.

HÉQUET, hoquet.

HERBIERS, mauvaises herbes qui poussent dans les lieux incultes. H.-N.

HERCAILLES, mauvaises brebis.

HERCHE, herse.

HERCHE-CUL (à), sur le derrière. Ex.: Il l'a traîné à herche-cul.

HERCHELLE, branche de bois torse qui sert à lier les bourrées. P.

HERCHER, herser.

HÉRER, jouer des oies, des dindons, des morceaux de pore, etc., avec un jeu de piquet. Ce jeu a beaucoup de rapport avec l'as-courante.

HÉRICHON, hérisson. P.

HERNU, tonnerre. Ex.; Il y aura du hernu, c'est-à-dire il tonnera. On dit aussi, en parlant d'époux qui disputent souvent, qu'il y a du hernu dans leur ménage.

HERPER, mordre, saisir. Ex.: Fais-le herper par ton chien. P. B.-N.

HÉSET. Voyez Abrias.

HÊTREAU, petit hêtre.

HEURE (d'), de bonne heure.

HEURE (pas d'), tard. Ex.: Il n'est pas d'heure.

HEURÉ (bien), régulier dans les heures du repas. P.

HEURIBLE, précoce; qui mûrit de bonne heure. On dit aussi qu'un homme a été heurible, quand il arrive de grand matin. H.-N.

HIE! exclamation pour faire avancer ou chasser un animal.

HIER-MATIN, hier au matin.

HIER-SOIR, hier au soir.

HISTOIRE DE, pour.: Ex.: Jouons, histoire de passer le temps. H.-N.

HIVE, ruche. C'est absolument le mot anglais prononcé à la manière française.

HIVERNACHÉ, vesce d'hiver.

HOC (rester), perdre le fil de son discours; rester sans trouver de réponse.

HOCSONNER, ébranler une porte pour l'ouvrir. H.-N.

HOMME, mari, Ex.: demandez à mon homme. H.-N.

HONESTÉ, honnêteté, procédé gracieux. Un commissionnaire dira: Donnez-moi selon votre honesté, c'est-à-dire ce que vous voudrez, selon votre générosité. H.-N.

HOQUER, accrocher, suspendre. P.

HORS, malpropre.

HORS-MONTEUX (pied), pied droit du cheval; du côté que l'on ne monte point.

HORZAIN, du dehors; homme étranger à la commune. P. B.-N.

HOS! pour faire arrêter les chevaux.

HOTONNER, ébranler en secouant. Voy. Haloter. P.

HOTONS, Voy. Grossier.

HOTTELÉE, ce que contient une hotte ou un hottiau.

HOTTIAU, banneau.

HOU! HOU! expression dont on se sert pour chasser ou faire avancer les porcs. P.

HOUBILLER, en parlant du vent, quand il souffle fort et soulève la poussière en tournoyant.

HOUBILLONNER. V. Houbiller.

HOUCHE! Voy. Hou.

HOUPER, appeler de loin en hèlant dans ses mains.

HOURDER, prendre, saisir. Ex.: Hourdez-le au collet.

HOUSÉ (mal), mal habillé.

HOUSES, grandes guêtres dont on se sert pour monter à cheval.

HOUSIAUX, grandes bottes qui montaient au-dessus du genou. Les housiaux ne sont plus en usage depuis une trentaine d'années.

HOUSSER, mordre. Ce mot est surtout employé en parlant d'un chien enragé qui en a mordu un autre.

HOUSSINE, petite branche.

HU! cri pour faire marcher les chevaux. On s'en sert aussi pour les faire aller à droite.

HUCHE, espèce de grand hottiau qui sert à transporter les fumiers. Ce mot sert aussi pour indiquer un chariot dont les bers ont été remplacés par des planches réunies, pour le transport des pommes.

HUCHER, placer au haut. B.-N.

HUHO! hurhaut. Mot au moyen duquel on fait aller les chevaux à droite.

HULER. Voy. Houper.

HUMMER, humer.

HUPPE (sale comme une), très-sale. Cette expression vient de ce que la huppe ou coq-merdeux enduit d'excréments humains le creux d'arbre où elle place son nid.

HUQUER. Voy. Houper.

HUREUX, heureux. H.-N. P. Ce mot s'écrivait quelquefois ainsi à la fin du XVIIe siècle; nous en trouvons la preuve dans un ouvrage imprimé en 1698, où il est question de la mort du bien-hureux Guillaume, premier abbé dé Fécamp (Le grand Calendrier du diocèse de Rouen, p. 1re).

HURLUPÉ, qui a les cheveux raides et mal peignés.

HURU. Voy. Hurlupé. B.-N.

HUYO! Voy. Huho!

I

I, s'emploie dans différentes interrogations. Ex.: Sont-i partis? Ch'est-i vous? pour: Sont-ils partis? Est-ce vous?

I, il, ils; devant une consonne. P.

IARD, liard. P.

IAU, eau. P.

ICHITE, ici; du latin hic. Sur les pierres tumulaires du XIIIe siècle, on trouve ichi.

IDÉE (une, une petite), extrêmement peu. H.-N.

ILA, ici, là; du latin illàc.

ILO, là. P.

IMPOSER (en), employé pour imposer, commander le respect. En imposer, signifie tromper.

IMPOSSIBLE (en avoir l'), avoir en grande quantité. H.-N.

IMPUNANTER, remplir. Ex.: Ce champ est impunanté d'ivraie.

INCAMO, intelligence.

INDUQUER, élever; instruire. P.

INNE, une.

INFIQUER, ficher en terre. P.

INNOCENT, jeune enfant; idiot. P. H.-N.

INN' TOUT, non plus; pas davantage. H.-N.

INSTANT (de), à l'instant. H.-N.

INTERLOQUE, stupéfait, surpris. P.

INTIAU, linteau de cheminée.

INTRER, entrer. P.

INVECTIVER UNE PERSONNE, invectiver contre.

IOU? où?

IRRASATIABLE, insatiable.

ISQUE, prononciation de la lettre X. H.-N.

ITOU, aussi. Suivant une remarque de M. l'abbé Corblet, ce mot, qui semble venir du latin ita, etiam, dériverait du vieux français et tout, qui signifiait avec. P.

J

J', nous. Ex.: J'avons dîné, j'allons partir.

JACQ, Jacques. H.-N.

JAQUET, Jacques; en parlant d'un enfant.

JAMBETTE, Voy. Gambettes.

JAPE, babil, caquet. B.-N. P.

JAPER, babiller sans réflexion; aboyer. P. B.-N.

JAQUETTE, jupe de petit enfant. P.

JAUNET, pièce de 20 francs. P.

JAUNET, un peu jaune. Ce nom est aussi employé substantivement pour désigner diverses espèces de renoncules.

JEAN-CLAIR, poire à manger; tardive.

JEAN-FOUTRE, mauvais drôle, homme peu stable.

JEANNETON, Jeanne.

JEANNETTE, Jeanne; en partent d'une jeune fille.

JEANNOT, Jean.

JEAN-QUIN, café auquel on ajoute un peu d'eau-de-vie et de sucre. Vers 1825, le nommé Jean-Quin, de Neslette, garde de M. de Richemont, passant par Bettencourt, près de Blangy, entra au café du père Desmoulins, surnommé la Queue-Blanche; il se fit servir pour un sou de café, un sou d'eau-de-vie et un peu de sucre; il mêla le tout ensemble, et, comme on lui demandait le nom de ce mélange, il répondit: Appelez-le comme moi, Jean-Quin. A partir de là, le Jean-Quin devint en renom, et aujourd'hui il en est fait une grande consommation. Les cafetiers assurent qu'il y a peu de profit pour eux à préparer cette liqueur, le Jean-Quin ne se vendant que dix centimes; mais nous pensons qu'ils se dédommagent sur les libations qui viennent à la suite, sous le nom de goutte, petit-verre, rincette, rinçurette, coup-d'adieu, coup-de-bout, coup-de-cachoir, coup-d'à-cheval, coup-d'étrier, etc.

JEUNESSE (une), une jeune fille. P.

JIFE, JIFFLE, soufflet.

JIFFLER, donner des jiffles.

JIGUER, ruer; en parlant des chevaux et des vaches. S'emploie aussi dans le sens de jougler.

JIONS, joncs.

JOLI (bois), lauréole.

JOLIMENT, beaucoup, très. Ex.: Il est joliment laid. P.

JOMARINS, ajoncs marins.

JOUGLER, se dit d'un cheval reposé qui gambade et folâtre.

JOUIR DE, être maître. Ex.: Je ne puis jouir de cet enfant. On dit aussi, en parlant des personnes maladives: Jouir d'une mauvaise santé. H.-N.

JOUJOU, se dit d'une personne qui se joue comme un enfant. Ex.: Vous n'êtes qu'un joujou.

JOUJOUTE (faire), se jouer.

JOUQUER, jucher.

JOUR-FAILLI (à), au soir.

JOURNAL, mesure agraire contenant à peu près ce qu'un charretier peut labourer en un jour; environ une demi-acre.

JOURNALIER, variable d'un jour a l'autre. Ex.: Il est journalier pour son adresse au travail. H.-N.

JUDAS (bran de), taches furfuracées qui paraissent, surtout au printemps, sur le visage de certaines personnes.

JUSSE, juste. Ex.: C'est jusse. On dit aussi comme de jusse, c'est-à-dire comme il est juste. P.

JUTER, rendre du jus. B.-N. P. On se sert aussi de ce verbe comme synonyme de pleurer.

J'VA, cheval; au pluriel j'vas ou j'vaux.

K

KAFIGNONS, corne qui se trouve à l'extrémité du pied des animaux qui l'ont fourchu, tels que la vache, le porc, le mouton, etc.

KAINE, chaîne.

KALIPÈTE, sorte de bonnet qui couvre les oreilles et une partie des joues, dont les femmes se coiffent pour la nuit et qu'elles conservent le matin. M. A. de Poilly fait venir ce mot du verbe klùptô, qui désigne un ajustement de ce genre.

KARAS, berger.

KARUE, charrue.

KERDER, carder.

KERMINNE, charogne. P.

KÉROIX, croix.

KEVRON, chevron. P.

KIEF, pièce de bois à laquelle on assujettit le soc de la charrue. Au moyen-âge, on disait cep.

KIEN, chien. P.

KIGNE-EN-COIN (de), d'un coin à l'autre.

K'MINAYE, cheminée.

K'MINSE, chemise.

K'VA, cheval.

K'VILLE, cheville. Cette expression nous paraît offrir une de ces bizarreries qu'on rencontre dans la prononciation de certains mots de la langue française. Pourquoi mouille-t-on ll dans cheville, tandis qu'on ne le fait pas dans ville? C'est par suite de cette irrégularité qu'un enfant, qui récitait naguère une leçon de grammaire latine, disait: Hostis urbem diripuit, l'ennemi PILA (pilla) la ville.

L

L', le.

LACHET, lacet.

LACHERON, laiteron. P.

LAI, le. Ex.: Écoutez-lai.

LAID (faire), faire la grimace à quelqu'un. H.-N.

LAIQUER, lécher.

LAIRER, laisser. On ne l'emploie qu'au futur et au conditionnel. Ex.: Tu me lairas bien parler à mon tour.

LAISANDER, faire le laisant.

LAISANT, paresseux; qui se promène le long des chemins sans travailler. B.-N.

LAISI, loisir.

LAIT BATTU, lait de beurre.

LAITRON, poulain qui tette encore. B.-N.

LAMBIN, lent, nonchalant.

LAMBINER, marcher ou travailler lentement.

LANDIER, chenet.

LANDON, paroles ennnyeuses. B.-N.

LANDONNER, ennuyer par des propos inutiles.

LANGREUX, chétif, valétudinaire. P.

LANGUES DU MONDE, babils populaires.

LANGUE (taire sa), garder le silence. H.-N.

LANNER. Voy. Landonner. H.-N.

LANTURLU (avoir), avoir cinq cartes de même espèce au jeu de pamphile.

LA OU, là que. Ex.: C'est là où je vais déjeuner.

LAPIDER, tourmenter. Ex.: Cet enfant me lapide du matin au soir.

LAPIER, rucher. Ce mot devrait s'écrire apier, du latin apiarium, lieu où l'on conserve les ruches. Il est probable que d'abord on disait l'apier; et l'apostrophe aura fini par disparaitre.

LAQUEULLE, laquelle.

LARDER, donner une grande chaleur; en parlant du feu ou du soleil; du latin ardere.

LARMER, pleurer. H.-N.

LARRIS, landes; terrein de mauvaise qualité abandonné pour le pâturage des moutons. P.

LAVE-MAINS, vase dans lequel les domestiques lavent leurs mains.

LAVERIE, lieu où on lave la vaisselle.

LAVETTE, linge qui sert à laver la vaisselle.

LÉQUEULS, LÉQUEULLES, lesquels, lesquelles.

LÉS, les; devant une consonne.

LESSIVE (couler, caudier la), faire la lessive.

LESSIVE (battre la), frapper sur le linge avec un battoir pour faire pénétrer le savon.

LESSIVEUSE, lavandière. P.

LEU, leur.

LEU, loup. P.

LEU (paure), pauvre diable. On dit aussi paure lève, en parlant d'une femme.

LEUS, leurs; se.

LEUT', leur.

LÈVE, louve.

LEVÉ (mal), de mauvaise humeur.

LÉZAND, paresseux; qui prend du laisi.

LI, lui. Ex.: Donne-li cha. Li est peut-être pour illi. P.

LIACHE. Voy. Comble.

LIAN, lien. Cette expression se trouve dans les actes du moyen-âge.,

LIAGE, action de lier la récolte. Ex.: Il n'y aura pas de liage aujourd'hui.

LIÈGE (feuilles de), feuilles de lierre.

LIETTE, cordon. Ex.: J'ai cassé la liette de mon tablier.

LIGNEU, ligneul.

LIMONNIER, cheval qu'on met dans les limons. H.-N.

LIMONS, brancards d'une voiture.

LIMOUSINE, manteau limousin, de grosse laine grise à raies brunes, dont se servent les charretiers. P.

LINGARD (cheval), efflanqué. Se dit aussi des personnes grandes et maigres. H.-N.

LINGUE, langue. P.

LIORNES, lianes.

LIPPE, lèvre.

LIPPU, qui a de grosses lèvres. P.

LIQUEUREUX, liquoreux.

LIRLAS, lilas.

LIROTES! LIROTES! LIROTES! cri par lequel on appelle les jeunes canards.

LISA. Voy. Elisa.

LISET, petit ruban de soie.

LIT (haut de), ciel de lit, baldaquin.

LIU, lieu. P.

LO, là. P.

LOCHER, secouer un arbre pour faire tomber les fruits. H.-N.

LOLO, veau; expression enfantine. On dit aussi, d'un grand garçon qui a des manières enfantines: C'est un grand lolo.

LONGIN, lambin. P.

LONGUE, longe.

LOPIN, petite quantité. P.

LOQUENCE (avoir une bonne), avoir la voix forte.

LOQUETS, petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des moutons.

LORIOT (compère), orgelet, gros bouton en forme de grain d'orge, qui vient sur les paupières. B.-N.

LORS DE, au moment de: Lors de mon passage.

LOUCHE, cuiller à potage. C'est encore un de ces mots d'un usage général qui, comme le fait observer M. Corblet, manque à la langue officielle de l'Académie. P.

LOUDIER, grosse couverture de laine piquée. P.

LOUISOT, Louis.

LOURE, espèce de flûte.

LOURER, jouer de la loure.

L'QUEUL, lequel, laquelle.

L'S', les; devant une voyelle.

LUBIN, lupin.

LUGAN, boudeur, sournois.

LUGANNER. Se dit des premières gouttes de pluie qui précèdent le mauvais temps. Ce mot viendrait-il de lugere, verser des larmes?

LUMÉRO, numéro.

LUMINAIRE. Voy. Cierge dormant.

LUQUER, loucher.

LURON, homme gai et sans peur.

L'Z, les. Ex.: Ils sont arrivés l'z uns après l'z autres. P.

M

M', ma; devant une consonne. Ex.: Le tiroir de m'table. P.

M', me.

MA, mal.

MACHACRE, maladroit, mauvais ouvrier.

MACHACRER, massacrer.

MACHIN, MACHINE, mot par lequel on désigne une personne ou un objet dont on ne se rappelle pas le nom. B.-N. P.

MACHON, maçon.

MACHOQUER, bossuer; signifie mal choquer. P.

MACRIAU, maquereau. En picard, c'est macrieu. Autrefois, quand il y avait des maquereaux à la poissonnerie d'Amiens, on criait au coin des rues: «On vous foet assavoir qui vient d'arriver eine grande déballation d'macrieux; i gn'o des macrieux à mosieu, des macrieux à procureux, des macrieux à povers geins» (Glossaire du patois picard, page 523).

MADAME, dame. P.

MADELEINE, poire à manger; précoce.

MADLON, Madeleine.

MAGUE, bosse, ventre.

MAGÜE (bouteille), qui a un gros ventre. B.-N.

MAGUETTE, quatrième cavité de l'estomac des veaux, dont on extrait la présure qui sert à faire cailler le lait avant de le transformer en fromage. H.-N.

MAHON, coquelicot. P.

MAI, moi.

MAIGRIER, maigre.

MAILLARD, nom donné au canard mâle. P. Voy. Bourre.

MAIN DE (être à), être en mesure de. H.-N.

MAIN (être en à), outil d'un usage facile. Ex.: Cette faucille est bien en à main.

MAINOTTE, petite main. P.

MAINTIENT, manche du fléau à battre le blé; la main le tient. B.-N.

MAISON. Ce mot est généralement employé pour désigner une cuisine. Ex.: S'il n'est point dans la maison, il est dans la chambre.

MAIS QUE, quand; avec le présent du subjonctif. Ex.: Je vous donnerai quelque chose, mais que j'aille à la ville. H.-N.

MAITE, maître.

MAITRE, titre qu'on donne aux cultivateurs en le faisant précéder de leur nom de baptême. Ex.: Maître Jean, maître Pierre, etc. M. Auguste. Le Prevost regarde cette locution comme devant avoir une origine fort ancienne (Voy. notre Essai sur Londinières, p. 103).

MAITRE-PIERRE, pomme à couteau, très-tardive, et se conservant fort longtemps; nous en avons vu qui étaient récoltées depuis près de deux ans.

MALADIE (faire une), éprouver une maladie.

MALAISE (à), à plus forte raison.

MALANDRE, coup, blessure, ulcère. Comme on le voit, ce mot a beaucoup de rapport avec maladrerie, lieu où l'on retenait les lépreux (Voir notre Essai sur Neufchâtel, pag. 62 et suiv.).

MALE, marne. Une charte de 1318 fait mention de terres mallées de blanc malle pris et champ meismes, x toises en parfont (Etudes, etc., par M. L. Delisle, page 267).

MALER, marner. On disait autrefois mailler.

MAL-EN-TRAIN, souffrant. P. B.-N.

MALFAVEUR (coup de), mauvais coup, coup de maladresse.

MALGRÉ QUE, quoique.

MALHU, malheur.

MALHUREUX, malheureux. P.

MALIÈRE, trou d'où l'on tire le mâle.

MAL INCOMMODE, fort incommode.

MALINE (fièvre), fièvre maligne; on l'appelle aujourd'hui fièvre ataxique.

MALON, morceau de marne.

MAL-SAINT N.... (être tenu du), expression dont se servent les bonnes femmes pour désigner diverses maladies, en conseillant d'aller en pélerinage au saint dont le malade est tint, afin qu'il soit guéri.

MAN, mon; devant une consonne.

MANANT, misérable, homme sans délicatesse.

MANCHONS, MANCHERONS. Voy. Hames; de manica, manche. H.-N.

MANGE-TOUT (des), espèces de petites fèves dont on mange les cosses au moment de la formation du grain.

MANIQUET, selle de femme, couverte d'une peau de mouton. Les meuniers se servent aussi de maniquets pour leurs chevaux, mais ils sont recouverts de peaux de veau et n'ont point de dossier.

MANJURE, démangeaison. Ex.: J'ai manjure à la tête.

MANS, larves du hanneton. B.-N.

MAQUE-ÉPAIS, gourmand.

MAQUER, manger; en parlant des animaux.

MAQUER, manger; nourriture des animaux.

MARCHER, parcourir. Ex.: Avez-vous marché les terres de la ferme? H.-N.

MARCOU, chat mâle. B.-N.

MARETTE, petite mare. P.

MARGANNER. V. Déganer.

MARGAU, fille d'une conduite équivoque.

MARGOTON, Marguerite.

MARGOUILLER, mâcher, manger malproprement.

MARGOULETTE, bouche d'enfant. B.-N.

MARGUITE, Marguerite.

MARICAUDER, noircir le visage ou les habits; de l'espagnol mascarar ou de l'italien mascharare.

MARICHA, maréchal ferrant.

MARJOLLES, chair rouge qui pend sous le bec des dindons et des coqs. Se dit aussi des hommes très-gras, en parlant de leur double ou triple menton. B.-N.

MARMOUZETS, statues.

MARONNER, MARMONNER, murmurer en secret. P.

MAROTE, Marie. H.-N.

MARQUE. Le bois de charpente se mesure à la marque. On en distingue de deux sortes: 1o la grande marque, qui contient 300 chevilles, et la petite marque, qui n'en renferme que 96. La grande marque égale 0,71 décistères, et la petite marque, 0,23.

MARS (faire les), se livrer aux travaux agricoles du printemps.

MARS EN CARÊME (arriver comme), arriver à propos; c'est une corruption de marée en carême.

MARTIAU, marteau. P.

MASIÈRE, bord d'un bois, d'un fossé, etc. P.

MASURE. On désigne ainsi tout herbage attenant à une habitation. Cette expression est commune dans les actes des XIIe et XIIIe siècles.

MASTOQUE, lourdaud. P.

MATÉRAUX, matériaux. H.-N.

MATIFAS, mortier fait de chaux, de sable et de bourre.

MATIN, juron; mauvais drôle.

MATINES, livre d'heures à l'usage des laïques.

MATINEUX, matinal, qui se lève matin.

MATTE, martre.

MATTES, lait coagulé par suite de la chaleur de l'été. B.-N.

MATTES (fond de). Ce qu'on désigne ainsi est en réalité le dessus des mattes, auxquelles se trouve mêlé un peu de fleurette.

MATTONNÉ (temps), couvert de petits nuages arrondis. H.-N.

MAU, mou. P.

MAUCŒURANT, qui fait mal au cœur. P.

MAUGRAI, malgré, P. C'est le vieux mot français maugré.

MAUVAISETÉ, méchanceté. P.

MAUVIAR, espèce de merle.

MÉCANIQUE, appareil adapté aux voitures et destiné à ralentir leur marche, dans les descentes, au moyen d'une vis.

MÉCHANT, pauvre. Ex.: C'est un méchant porte-balle. B.-N.

MÉCREDI, mercredi. On le prononçait ainsi au XVIIe siècle. P.

MÉDECHIN, médecin.

MEIGLE, petit lait.

MÊLE, merle.

MÊLES, nèfles. B.-N. Cette dénomination est ancienne.

MÊLIER, néflier. B.-N.

MELLE, merle. B.-N.

MÊLI-MÊLO, mic-mac. B.-N.

MÊME CHOSE (la), de même, pareillement. Ex.: J'irai la même chose dimanche.

MÉMÉRE, grand'mère, femme qui a de l'embonpoint. P.

MÉNAGER, petit cultivateur. P. Meuble en bois où l'on dispose les plats et les assiettes.

MENDRE, faible. Ex.: Cet enfant est bien mendre. Peu important. Ex.: On punit pour la mendre faute. Vient de moindre, minor.

MENON, chat.

MENTIRIE, mensonge. P.

MENTÊCHE (c')? comment est-ce? B.-N.

MÈRE-MAQUETTE (baptême de la), Angelus de midi, dont le son annonce l'heure du dîner.

MÉRIENNE, méridienne.

MÉROTTE (petite), femme petite et replète.

MERQUER, marquer, tacher.

MÉS, mes; devant une consonne.

MESANGLE et MÉSANGUE, mésange.

MÊT, espèce d'auge en planches dans laquelle on pétrit le pain et où on le serre, quand il est cuit. B.-N. P.

MESURE (à), de temps en temps. P.

MÉTIER DE (avoir), avoir besoin de. Ex.: J'aurais métier de partir demain.

MEULE, amas de gerbes qu'on garnit d'une couverture, en attendant que les bâtiments de la ferme soient libres pour recevoir les gerbes ainsi amassées.

MEURDRIR, meurtrir, H.-N. P. En 1408, on paya quatre sous deux deniers au geôlier des prisons du Pont-de-l'Arche pour avoir nourri en prison, pendant vingt-quatre jours, un porc qui avait muldri et tué un petit entant, et qui, en expiation de ce crime, fut pendu à un des poteaux de la Justice du Vaudreuil (Etudes, etc., par M. L. Delisle, p. 107).

MEURISON, maturité. P.

MI, moi. P.

MI-AOUT, quinze août. La manière dont on prononce généralement ce mot rappelle cette réflexion de M. de Bellièvre: «Il me semble entendre miauler des chats, disait-il, lorsqu'on prononce autour de moi la MI-A-OU pour la MI-OU

MIDI (sur les), vers midi.

MIE, point. Ex.: On ne peut mie siffler et bâiller en même temps. P.

MIETTE (une), un peu. P.

MIEUX (au), très-bien.

MIGOT, provision.

MIGOT (pommes de), pommes de dessert qu'on conserve pour l'hiver et le printemps.

MIGOTER (faire), faire bouillir un mets doucement; placer des fruits dans la paille pour les faire mûrir, après qu'ils sont cueillis.

MIGNARD, enfant gâté.

MIGNARD (faire le). Se dit d'un enfant qui demande à être caressé.

MILICE (être), être la dupe.

MIN, mon. P.

MINABLE, misérable, qui inspire la pitié. B.-N.

MINETTE, lupuline. P. Chatte.

MINNE (grande), mesure de pommes contenant huit boisseaux. La petite minne n'en contient que six.

MINNUIT, minuit. H.-N.

MINON, chat.

MINUTE! dans un moment.

MIOCHE, petit garçon. B.-N.

MIONNER, manger avidement un morceau de pain.

MIOT (un), un peu. B.-N.

MIOTS, miettes. B.-N.

MIOUT (la). La fête de l'Assomption de la sainte Vierge, la mi-août.

MIREUX, miroir. H.-N.

MISTIGRI, nom donné an valet de trèfle.

MITAN, moitié, milieu. Les auteurs assignent diverses origines à ce mot. M. André de Poilly le fait venir de deux mots grecs: ÊMI pour ÊMISU et TAMUÔ, diviser par moitié. M. l'abbé Corblet croit qu'il vient du tudesque MITTAN, milieu. M. Auguste Le Prevost le tire de MEDIETAS, le milieu. Quoi qu'il en soit, Monet nous apprend que cette expression était généralement admise en 1636.

MITON, poire à manger, précoce.

MITONNÉE (soupe), soupe dans laquelle le pain a bouilli. H.-N.

MITONNER (faire), faire bouillir lentement. H.-N.

MITOUCHE (singe), hypocrite. On a fait venir ce mot de saint-n'y-touche. H.-N.

MIYEU, meilleur.

M'N, mon; devant une voyelle. P. «Nos paysans, dit M, Alfred Darcel, dans ses notes sur la Chanson de Roland, poème du XIe siècle, disent me n'épée pour ma n'épée avec l'n euphonique. Les lettrés disent et écrivent mon épée pour mo n'épée avec cette lettre euphonique. Or, lequel a raison? du paysan qui, sans changer le genre de l'adjectif, arrive á l'euphonie en intercalant une lettre dont il indique la raison d'être, ou du lettré qui en change le genre, sans garder par l'écriture aucune trace de l'origine de ce changement. M'est avis que c'est le paysan (Revue de Rouen, année 1851, page 448).»

MO, mon.

MODEUSE, modiste. H.-N.

MOIDOUX, moisson.

MOIDOUX (être dans le), être entré dans le temps de la moisson; dans le mois d'août.

MOIDOUX (faire), travailler à la moisson.

MOIE. Voy. Meule. P.

MOGNON, moignon.

MOIGNAU, moineau.

MOISILLON. On désigne sous le nom de moisillons les filles de la ville qui portent robes et rubans, cherchant à prendre des airs de grandes dames auprès des villageoises.

MOISON, maison, de mansis. P.

MOISSE, portion de lait que la vache donne en une seule fois.

MOISSON, moineau.

MOLACHE, faible, flexible.

MOLLE, botte de cercles dont le nombre diminue en proportion que les cercles sont plus grands. Cette expression était en usage dans le moyen-âge.

MOLLET (un petit), un peu.

MOLLIR, baisser de prix. Ex.: Le blé a molli à la halle. B.-N.

MOLTON, étoffe de laine.

MOMENT (du), en ce moment. H.-N.

MONCORNE, mélange de pois, de vesce, d'orge et d'avoine qu'on sème au printemps. L'usage de ce mélange de semences est ancien; il en est question dans une charte de 1199, duas acras de mancorn'; il est aussi question, dans le cartulaire de la Trinité de Caen, de 80 acres de mancor. A défaut de renseignements, M. L. Delisle avait pensé qu'il fallait peut-être entendre par mancor le blé-méteil (Etudes, etc., page 320).

MON DIEU (être hors des), ni beau, ni laid.

MONGNAN, chaudronnier ambulant. Ce mot vient peut-être, par quelque chemin détourné, de l'italien magnano, serrurier.

MONGNE, soufflet. Ex.: Donnez-lui une mongne, s'il pleure.

MONGNER, donner des mongnes.

MONNÉE, blé qu'on porte au moulin, ou farine qu'on en rapporte. B.-N.

MONNIER, meunier.

MONSIEU, monsieur.

MONT, tas, monceau. P.

MONTARDE, moutarde. Un professeur du collége des jésuites, à Dijon, mit un jour l'énigme suivante au tableau: Multùm tardat Divio rixam. L'inscription parut séditieuse, mais chaque mot expliqué calma les jugements prématurés: multùm, moult (vieux mot français qui signifie beaucoup), tardat, tarde, Divio, Dijon, rixam, noise; ce qui donne: Moutarde dijonnoise (Glossaire des Noels bourguignons, de Bernard de la Monnoye, au mot Moutarde.)

MONTEUX (pied), pied gauche du cheval, du côté qu'on monte.

MONTON, mouton.

MONTRER, enseigner. Ex.: Je lui montrerai l'algèbre.

MORCET, morceau.

MORCIAU, morceau.

MORDIENNE (à la bonne), simplement, sans façon.

MORFILE (avoir du), se dit d'un couteau dont le taillant n'a pas été adouci par la pierre, après avoir été aiguisé sur la meule.

MORICAUD, noir.

MORNIFLE, soufflet.

MORZIEU! espèce de juron.

MOUCHES A MIEL, abeilles. Lorsqu'il meurt une personne dans la maison de celui qui possède des ruches, on a l'habitude de placer à chaque ruche un morceau de tissu noir, afin de faire faire le deuil aux abeilles, sans quoi, dit-on, elles mourraient. Nous ignorons ce qui a pu donner lieu à cette crédulité; mais nous pouvons assurer que nous avons eu la preuve qu'elle ne reposait sur aucun fondement.

MOUCHET, amas, monceau. B.-N.

MOUCHEUX, mouchoir.

MOUCHEUX-DE-COS, cravate.

MOUCHIAU, monceau.

MOUFFLES, gros gants de peau dont on se sert pour se préserver les mains en coupant les épines et en réparant les haies. B.-N.

MOUFLU. Se dit d'un pain ou d'un gâteau bien levé. P.

MOUILLES, moules.

MOULÉ. Imprimé. H.-N.

MOULÉE, sciure de bois.

MOUQUE, mouche.

MOUQUE-A-MIET, mouche à miel, abeille.

MOUQUER, moucher. Ex.: Mouquez la chandelle.

MOUQUERON, moucheron.

MOURMAUD, morose.

MOURON, salamandre terrestre. B.-N.

MOUSIEU, monsieur.

MOUSIEU (poire de), bonne à manger; précoce.

MOUSSE (rose), rose moussue.

MOUTARD, petit garçon.

MOUTE, chatte. H.-N.

MOUTON, poire à manger; assez précoce.

MOUTURE, orge ou avoine moulus grossièrement pour donner dans l'étable aux porcs ou autres bestiaux. D'après M. L. Delisle, on entendait, au moyen-âge, par mouture, le blé de qualité moyenne (Etudes, etc., p. 520.)

MOUVETTE, cuiller de bois qui sert à remuer les sauces. B.-N.

MOUYEU, noyau de noix, de cerise, etc.

MOYEN (être), être faible, malade.

M' S', mes; devant une voyelle.

MUCHER, cacher. P. Du vieux verbe musser.

MUCHE-TAN-POT (à), en cachette. D'après M. Hécart, ce mot vient de ce que certains marchands vendaient de la bière à meilleur marché que leurs confrères; mais comme ils ne payaient pas de droit, il fallait l'emporter en cachette, mucher san pot. P.

MUCRE, humide. B.-N.

MUID, tonneau contenant quarante-deux veltes.

MULE. Voy. Meule.

MULETTE, estomac intérieur.

MULON. Voy. Meule.

MULOT, pomme à cidre; précoce.

MURES, fruits de la ronce. Nous croyons voir là un fait à l'appui de l'opinion de M. L. Delisle qui, en donnant le détail des arbres et arbustes de la Normandie, au moyen-âge, se demande si la ronce ne se serait pas appelée mûrier (Etudes, etc., page 358).

MURISON, maturité. P.

MUSETTE, musaraigne; petit mammifère qu'on regarde à tort comme dangereux.

MUSOTTER, s'occuper à peu de chose.

MUYEU, meilleur.

N

NA! parbleu, certainement. B.-N. P.

NABOT, de petite taille. P.

NACHE (morceau de), morceau de fesse de bœuf ou de vache. Ce mot vient du latin nates, et se trouve dans un acte de 1342, relatif à un seigneur d'Auvilliers qui maltraita un clerc, «le despéçant avec ses espérons par les naches et par les gambes et par tout le corps» (Revue de Rouen, 1840, 2me semestre, p. 91).

NACTIEUX. Voy. Futeux. P.

NANAN, chose excellente à boire ou à manger. P.

NANETTE, Anne.

NANÉS ou NANINS. Ce mot est souvent employé pour répondre à une personne qui adresse une question indiscrète. Ex.: Que portes-tu, mon ami, dans ton panier?—Des nanins pour souffler au c... des demandeux. Cette réponse est pour ainsi dire stéréotypée, et s'adresse indistinctement à toute demande faite sans discrétion. Cette expression aurait-elle quelque rapport avec le mot espagnol nenes, petits enfants; ou plutôt, n'est-elle pas la traduction du latin neniæ, bagatelles, contes dont on amuse les enfants?

NANON, Anne.

NASIAUX, narines du cheval, de la vache, etc.; de nasus, nez.

NAU, feuille de plomb ou de zinc qui se place à l'angle rentrant d'une couverture en ardoises, pour servir de gouttière.

NE, ni. Ex.: C'est un impie qui ne craint ne Dieu, ne vierge Marie. P. Ce mot est ancien.

NÊLE, nielle. P.

NENTILLE. Voy. Judas.

NENTILLES, lentilles. P.

NEU, neuf. P.

NEYER (se), se noyer. P.

NIANT, homme simple; néant, en fait d'intelligence.

NICHEUX, œuf qu'on laisse dans le nid des poules pour les engager à venir pondre. Parfois on taille un morceau de marne, en forme d'œuf, pour servir de nicheux. Les Picards disent un nichouère.

NIÈVRE, mutin.

NIFE, clair. Ex.: Ce cidre est bien nife.

NIQUEDOIULLE, niais. B.-N.

NITÉ (de), de naissance; à nativitate. Ex.: Il est sourd de nité.

NIVELOTER, s'amuser à des riens. B.-N.

NIXE! non pas! P.

NO, notre, nous, nos, et quelquefois ma. Ex.: No femme est malade.

NOCER, faire bombance. P.

NOCEUR, qui fait bombance. P.

NOEUD-GABRIET, cartilage thyroïde; nœud de la gorge. On dit d'un homme qui a trop mangé: Il en a jusqu'au nœud-gabriet. H.-N.

NOIRET, tirant sur le noir.

NOIROT. Voy. Noiret.

NOIRQUIN (homme), dont le teint est un peu noir.

NOM-DES-OS! juron. P.

NON-FAIT, non, pas du tout. B.-N. Négation absolue.

NONOSTANT, nonobstant.

NOQUE, brèche à un taillant; légère entaille à un bâton comme font les boulangers pour tenir note des pains qu'ils fournissent.

NOROLLE, brioche, gâteau. Ce mot est assez ancien.

NOS, nous; devant une voyelle. P.

NOSTRUM (perdre le), ne plus savoir où l'on en est de ce qu'on fait.

NOT, notre. Dans ses notes sur Vaugelas, Corneille fait remarquer que l'r ne se fait presque point sentir dans notre et votre.

NOUÉ (enfant), qui se devient mal. P.

NOURTIER, veau qu'on achète pour l'engraisser.

NOURTIER (bon), qui nourrit bien ses bestiaux. P.

NOURTURE, nourriture.

NOUVIAU, nouveau. P.

NUNNE-PART, nulle part. P.

NUNUS, riens, bagatelles, H.-N. P. De neniæ.

NUROLE. Voy. Norole.