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Documents Inédits sur Alfred de Musset

Chapter 7: NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE
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About This Book

The volume assembles unpublished documents, correspondence, bibliographic notes and portrait reproductions related to Alfred de Musset, cataloguing existing likenesses, discussing their provenance, variants and reproducibility, and supplying facsimiles, descriptive captions and publisher information. It examines several pictorial types established during the subject's lifetime, compares engraved and painted versions, and notes rarities such as caricatures, childhood images and unique or refused plates. Practical publication details and edition variants accompany editorial commentary and transcriptions, offering a compact resource on the visual and documentary traces of the subject and his printed reception.

FRANÇOIS Ier

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
S'il est vrai que souvent ma raison égarée,
Aux pompes de Satan, jadis se soit livrée,
N'ai-je rien fait aussi qui puisse retenir
Le bras de Jésus-Christ levé pour me punir?
Fils aîné de l'Église, ardent à sa querelle,
J'ai défendu sa gloire et combattu pour elle.
Que me reproche-t-on? N'ai-je pas résisté
A ce torrent du schisme et de l'impiété?
N'ai-je pas su, malgré des efforts sacrilèges,
Remettre le Saint-Père en tous ses privilèges?
Et savez-vous un roi qui fut meilleur soutien
Du Saint Nom de Jésus et du monde chrétien?.......

Cela se poursuit dans la réplique de Féron, et, quelques vers plus loin, la ressemblance est encore plus grande:

FRANÇOIS Ier

........ Ah! ce n'est pas la mort qui m'épouvante!
L'Espagnol me connaît, de reste, et je me vante
Que dans toute l'Europe il n'est pas chevalier
Plus âpre à la besogne et plus franc de collier.
Pourquoi, dans les combats, n'ai-je perdu la vie?
Je serais si bien mort aux plaines de Pavie,
Au bruit des instruments de guerre et des clairons,
Entouré de mes preux chevaliers et barons!
Mon armure eût servi de linceul militaire
Et mes soldats pleurant m'auraient mis dans la terre
Humide encor du sang que ma main eût versé,
Comme ils ont fait Bayard, quand il a trépassé.

Et dans Alfred de Musset:

LE ROI

Dieu du saint Évangile! O Dieu, j'ai fait pourtant
Brûler par Bonneval tout un bourg protestant!
Dans un pourpoint de fer, certes, je fus à l'aise;
Maintenant, je suis mort, ma cuirasse me pèse!
O mon cousin Bayard! Il mourut tout poudreux,
Les reins tout fracassés!..... Il était bien heureux!
(Délirant) Oh! parmi les tournois, les écharpes dorées,
Les vieux barons de fer, les femmes adorées!
O soleil d'Italie! O mon beau Milanais!
Où trouver pour mourir, tes champs, si je renais?
Mourir la dague au poing, mourir le casque en tête,
Des éclairs que l'acier croise dans la tempête!
En bas d'un palefroi saillir contre un sol dur,
Et tomber sur le dos, sous un beau ciel d'azur!
Hardi, mes preux sans peur, ma vaillante noblesse!
Hardi, mes lansquenets, dans la mêlée épaisse!
Hardi!—C'est d'Alençon sur la colline assis!
C'est Chabanne et ses gens, de poussière noircis!
Bien combattu, Dunois! Comme il court, comme il vole!
Je te fais duc et pair, Dunois, sur ma parole!
Trivulce! A Marignan et tant d'autres endroits,
Mes féaux serviteurs, on vous a vus tous trois!
Marignan laissa-t-il entre vos cicatrices
De quoi, sur votre cœur, écrire vos services?
Quelle bataille, amis! Elle dura deux jours!
Un soir vint..... puis un autre..... on se battait toujours;
Et de faim ni de soif, nul ne sentait l'envie.
Deux jours!..... nul ne songea qu'à sa mort ou sa vie;
Et les bataillons noirs se heurtaient dans la nuit,
Et fatigués du bruit, n'entendaient plus de bruit.
On se battait!—Quand vint un matin le silence,
Comme, tout étonné, je restais sur ma lance,
La Tremouille arriva, qui me dit: «Ils sont morts!».
Et je vis, en effet, que l'on comptait les corps.

Dans les Derniers moments de François Ier, Féron faisant le compte des maris outragés, qui ont voulu tirer vengeance du roi François, sans y réussir comme lui, émet des idées qu'on retrouve dans les scènes 3, 4 et 5 du 1er acte de La Mort de François Ier.

Malgré ces ressemblances, ces deux drames n'ont pas été copiés l'un sur l'autre, et celui de Musset a une priorité d'au moins une année sur celui d'Arvers.

Il existe deux autres drames célèbres sur les amours de François Ier, qui ont été plus d'une fois comparés avec les deux pièces dont je viens de parler:

Le Roi s'amuse, drame en cinq actes, en vers, par Victor Hugo, représenté pour la 1re fois au Théâtre Français le 22 novembre 1832 et pour la seconde fois le 22 mars 1882.

Et Ango, drame en cinq actes et six tableaux, avec épilogue, en prose, par Auguste Luchet et Félix Pyat, représenté pour la première fois sur le théâtre de l'Ambigu le 29 juin 1835.

Enfin, M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul nous apprend dans ses Lundis d'un chercheur (C. Lévy, 1894. 1 vol. in-12, p. 8-9), que Théophile Gautier avait songé à composer un drame sur le même sujet.

Les Derniers moments de François Ier ont été réimprimés avec plus ou moins d'exactitude dans le Keepsake Français de 1832, le Keepsake Français de 1833, le Monde Dramatique du 16 juillet 1835, et, sous le titre d'Ango, dans l'Artiste du 15 juillet 1850. D'autres revues en ont publié des fragments.

VI

PERDICAN

Perdican est un fragment de drame lyrique, composé peu de temps avant On ne badine pas avec l'amour. Une seule scène est écrite.

Perdican, fils d'Evrard, pleure la mort de son père, tué dans un récent combat; un chevalier vient essayer d'enlever à son inaction le fils de son ancien compagnon d'armes. Perdican résiste; d'autres chevaliers surviennent:

Crois-tu que nous soyons comme le vent d'automne,
Qui vient sécher tes pleurs jusque sur ce tombeau
Et pour qui ta douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Les hommes, mon enfant, ne consolent personne;
L'herbe que nous voulons arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté! Ta douleur est à Dieu!
Laisse là s'élargir cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du cœur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur!
Montre la tienne au monde, et prends-la pour armure...

Mais malgré tous leurs discours, Perdican reste indécis.

Plusieurs vers de Perdican se retrouvent dans la Nuit de Mai.

VII

CONFESSION D'UN ENFANT DE L'AUTRE SIÈCLE

Cette Confession d'un Enfant de l'autre Siècle, composée en mai 1842, n'a, malgré son titre, aucun rapport avec la Confession d'un Enfant du Siècle. C'est une sorte de préface, dans laquelle Alfred de Musset s'excuse presque de faire encore des vers, et demande l'indulgence de ses amis:

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Mil huit cent vingt! Nous éclosions
Dans les mélanges poétiques
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
Puis dix ans nous nous reposions
Au sein des drames romantiques.
Venaient après?... je ne sais plus,
Sinon que c'était du plus tendre,
Du cœur brisé, des sens émus,
Et beaucoup de vœux superflus.
Dix nouveaux ans encor de fièvre!
Arthur[80] paraît, le malheureux,
Déplorablement vertueux,
Triste réveil d'un charmant rêve!
Est-ce la fin? Hélas! Hélas!
Voilà que viennent des Lilas![81]
C'est l'amitié qui les fait naître,
Le temps d'éclore et de paraître,
De parfumer une fenêtre,
Et tout est dit de cette fois!

Mais comme ils sont négligés, ces vers, mal présentés,

Avec des trous à leur chemise;

grande est leur sottise de paraître en pareil accoutrement devant leurs amis et maîtres; cependant, on leur pardonnera en faveur de leur bonne intention et du grand âge de leur auteur.

Ce petit poème est adressé à Monsieur ou à Madame Alfred Tattet. Peut-être est-ce la lettre qui accompagnait l'envoi d'un volume de poésie.

VIII

LES FRÈRES VAN BUCH

Les Frères Van Buch, légende allemande, tel est le titre d'une nouvelle en prose publiée dans le Constitutionnel du 27 juillet 1844 et précédée d'une Lettre au Directeur.

Dans une petite ville des bords du Rhin, habite le vieil orfèvre Hermann; sa fille Wilhelmine revient ce jour même du couvent, et, dès leur première rencontre avec deux jeunes graveurs, voisins et hôtes assidus de son père, Henri et Tristan Van Buch, inspire un violent amour aux deux frères. Les jeunes hommes se cachent leur mutuelle passion, mais leurs rêves les trahissent, et dans l'impossibilité où ils sont d'épouser la même jeune fille, ils décident de s'en rapporter à son choix: «Ma fille, leur répond l'orfèvre, vous a vus tous deux; elle chérira Tristan comme un époux et Henri comme un frère.» Henri s'efface devant l'heureux élu, mais bientôt il se sent incapable de tenir son serment. Un jour qu'ils chassent, il s'en ouvre à son frère et le supplie d'attendre qu'il soit mort pour épouser Wilhelmine; devant un si grand désespoir, Tristan offre à Henri de lui céder ses droits: «Que je l'épouse! s'écria l'autre. Me transmettrez-vous son amour en me transmettant vos droits? Il faut cependant que l'un de nous en meure! ajouta-t-il d'une voix sombre. Sa main tremblait et battait contre son couteau de chasse.—Oui, répondit Tristan.» Et la lutte s'engage. Bientôt tous deux sont mortellement frappés; Tristan tombe à terre, mais Henri reste debout, vacillant et immobile: «Du fond de la vallée, dans le crépuscule, une forme vague sembla tout à coup se détacher et s'avancer vers eux. Elle montait lentement la colline et, à mesure qu'elle approchait, les fils reconnaissaient leur mère. Au moment où le spectre parut, entièrement visible et reconnaissable, celui qui était debout, par un suprême effort, quitta la place où il était cloué, et alla se jeter dans les bras de celui qui gisait à terre. Ainsi tous deux, couverts de larmes et de sang, expirèrent dans un dernier embrassement.»

Les Frères Van Buch ont été réimprimés dans le supplément du Figaro du 29 août 1875. En 1878, un admirateur d'Alfred de Musset a fait composer et tirer cette nouvelle à huit exemplaires, pour lui et ses amis, 19 pages in-4o sur papier vergé.

Lous dus frays bessous, per Jasmin, balado dediato a moussu De Salvandy (Agen, Imprimerie Noubel, 1847. In-8o de 32 pages) semblent imités de cette nouvelle d'Alfred de Musset.

IX

EN LISANT LE JOURNAL

Le mariage de la reine Isabelle d'Espagne avec son cousin Don François d'Assises et celui de sa sœur Doña Fernanda avec le duc de Montpensier, célébrés ensemble le 10 octobre 1846, et conclus contre le gré de l'Angleterre, avaient amené des représentations très vives de la part du cabinet anglais. Au mois de novembre de la même année, l'annexion de Cracovie, ville libre, aux États Autrichiens, par suite d'entente entre les trois puissances qui s'étaient partagé la Pologne—la Russie, la Prusse et l'Autriche—donnèrent lieu à des remontrances de la France pour cette violation des traités de 1815, remontrances qui ne furent pas écoutées. Des bruits de guerre coururent; aussi, à l'ouverture de la session parlementaire de 1847, une discussion très vive eut lieu à la Chambre entre M. Guizot et M. Thiers. Les journaux de l'opposition accusèrent le ministère de reculer et de ne pas oser soutenir l'honneur du drapeau français. C'est la lecture d'un de ces articles qui inspira ces stances à Alfred de Musset, l'une de ses rares pièces politiques, qui débutent ainsi:

J'aurais voulu, même en tremblant,
Même étourdi par ton tonnerre,
J'aurais voulu suivre sur terre,
César, ton éperon sanglant.

Un ami d'Alfred de Musset m'a communiqué le manuscrit d'une autre pièce du même genre, intitulée La Lanterne magique, écrite vers 1830, dans laquelle il passe en revue la double face des choses de ce monde.

X

SUR MES PORTRAITS

Je ne crois pas commettre une indiscrétion en donnant en entier cette poésie satirique, dont l'Intermédiaire des Chercheurs et Curieux du 15 juillet 1891 a publié les sept premiers vers:

Nadar, dans un profil croqué,
M'a manqué,
Landelle m'a fait endormi,
A demi;
Biard m'a produit éveillé,
A moitié;
Le seul Giraud, d'un trait rapide,
Intrépide,
Par amour de la vérité,
M'a fait stupide.
Que pourra pondre dans ce nid
Gavarni?

La lithographie de Gavarni fut exécutée en 1854, ce qui nous donne la date du morceau. Tous ces portraits ont été gravés à l'exception de deux: celui de Giraud, charge à l'aquarelle que l'on a pu voir en 1888 à l'Exposition des Maîtres français de la Caricature, et celui de Biard, que, malgré le bon vouloir de la fille du peintre, la spirituelle Étincelle, il m'a été impossible de retrouver.

XI

NAPOLÉON

«Napoléon, ton nom est un cri dans l'histoire....

Ce sonnet est encore une pièce politique, écrite en 1856 et qui semble avoir été inspirée au poète par la vue d'une peinture ou d'une sculpture représentant un soldat blessé, étendu aux pieds d'une Victoire.

Un autre fragment de huit vers, sans date, adressé également à Napoléon, subsiste aussi, qui commence par ces mots: «Oh! d'ennemis sans foi....»

*
*   *

Je noterai encore quelques brouillons se rattachant à des pièces publiées et qui présentent des variantes avec le texte imprimé, pour Les Marrons du Feu (deux fragments), Le Saule (deux), La Coupe et les Lèvres (quatre, dont l'un porte le titre de Brandel, et qui ne sont pas les mêmes que les deux fragments indiqués ci-dessus); Rolla (un); quelques phrases inédites de la Confession d'un Enfant du Siècle, dont un passage est publié dans le supplément du Figaro du 14 mai 1887; cinq plans ou divisions de scènes différents pour Lorenzaccio[82]; deux projets d'un nouveau dénoûment du Chandelier, faits en 1850, lors de l'interdiction de la pièce; un commencement d'étude en prose Sur Léopardi, qui est publié en vers et terminé sous le titre de Après une lecture; un sonnet Au Rhin; un fragment de poème dramatique en trois chants, L'Oubli des Injures, dont plusieurs passages se retrouvent dans La Coupe et les Lèvres; un autre fragment en vers, qui est un dialogue entre Rolla et le Grand-prêtre, sans titre; une première version du Sonnet au Lecteur de 1850; d'autres fragments inédits des stances Sur la Paresse, de la chanson Les Filles de Cadix, de Louison, de Carmosine, de Faustine et du Songe d'Auguste.

Il ne subsiste après cela, parmi les manuscrits d'Alfred de Musset, que des ébauches (les Deux Magnétismes; deux Lettres à Buloz, inachevées, l'une sur les réformes théâtrales, l'autre sur les «voleurs de noms»; cette seconde lettre est le dernier morceau en prose sorti de la plume d'Alfred de Musset. Un Thé; une Comédie sous le règne de Louis XV, sans titre; A Mme ***, sur le suicide; Adolphe, etc...); des essais de tournures de phrases, des fragments de poésies où le sens finit au milieu d'un vers inachevé, où les vers s'arrêtent avant le sens (Sur Grévedon, A Mme Ristori, Conte en vers se passant en Limagne, A Willa, A un jeune peintre, etc...); des lignes de prose qui n'ont ni commencement ni fin (Sur la Guerre d'Orient, Sur la Visite de la Reine d'Angleterre, etc...), débris qui ne peuvent figurer dans les œuvres de l'écrivain.

*
*   *

Il ne me reste plus à parler maintenant que de certaines œuvres que l'on attribue à Alfred de Musset, sans donner la preuve certaine qu'il en est l'auteur: «Alfred de Musset n'a jamais employé de secrétaire, dit Paul de Musset. Toute publication posthume dont on ne pourra pas produire l'autographe, sera évidemment apocryphe et mensongère.» (Biographie, p. 371). Il faut s'entendre sur ce mot autographe: Paul de Musset désigne non seulement ceux écrits en entier par Alfred, mais aussi ceux écrits sous sa dictée, après 1842, par Mlle Colin, alors qu'il était malade et dans l'impossibilité de tenir une plume, lesquels sont revus par lui et corrigés de sa main; le plus important de ces «seconds autographes» est celui de Carmosine.

Tel est le cas des pièces qui suivent: où est l'autographe?

1o Chanson de Sténio, intercalée dans la première édition de Lélia par George Sand. (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8o. Tome II, p. 208.)

2o Quatrain à H. de Latouche, composé en 1833, à propos des polémiques sur George Sand. La Revue des Familles, 1er mars 1892.

3o Deux Sonnets à Alfred de Vigny, l'un par George Sand, l'autre par Alfred de Musset, envoyés à l'auteur de Chatterton au lendemain de la représentation de cette pièce. Revue Moderne, juin 1865.

Avant de les publier dans la Revue, M. Louis Ratisbonne avait soumis ces deux sonnets à l'appréciation de Paul de Musset, qui lui fit cette réponse:

«Monsieur et cher confrère,

«En pensant aux deux sonnets que vous avez eu l'obligeance de me communiquer, j'ai conçu des doutes sérieux sur leur authenticité. A moins de preuves du contraire, je ne puis croire qu'ils soient de mon frère. Le mot race bovine, que contient l'un des deux, et plusieurs autres expressions de colère ou de mépris appliquées aux critiques du drame de Chatterton, me semblent un peu trop forts en crudité. On n'a pas tant de ressentiment pour des critiques adressées à un autre. Je croirais volontiers que M. de Vigny a pu faire ces deux sonnets dans un moment d'irritation, et s'amuser ensuite à supposer qu'il les avait reçus de personnes qui, sans doute, lui avaient fait des compliments sur la pièce qu'on représentait alors avec succès à la Comédie Française. Je vous engage donc à ne pas publier sous le nom de mon frère celui que M. de Vigny lui a attribué, à moins que vous n'en retrouviez l'autographe, car cet autographe doit exister si le sonnet a été envoyé. Quant à l'autre sonnet, attribué à une personne qui n'a jamais fait de vers, son caractère évidemment pseudonyme est une preuve à l'appui de mon opinion que tous deux sont de l'auteur de Chatterton. Je ne vois que la découverte des autographes qui puisse me faire revenir de cette opinion. Si vous les retrouvez, soyez assez bon pour m'en donner avis; mais s'il n'existe dans les papiers de M. de Vigny que la copie écrite de sa main, dont vous m'avez donné lecture, il sera prudent de ne les considérer que comme des documents incertains.

«Agréez, Monsieur et cher confrère, l'assurance de mes sentiments distingués.

«9 mai 1865.

«P. de Musset.»

Malgré cette lettre, la publication fut faite et M. L. Rastibonne eut raison, car M. Georges Jubin, dans la Revue bleue du 3 avril 1897, a publié des documents, dont une lettre d'Alfred de Musset à Buloz, qui ne laissent plus aucun doute sur l'authenticité de ces deux sonnets, dont Alfred de Musset est l'auteur.

4o Sur les Auteurs de mon temps, strophes burlesques dont voici la dernière:

Lassailly
A failli
Vendre un livre.
Il n'eût tenu qu'à Renduel
Que cet homme immortel,
Eût enfin de quoi vivre.[83]

L'autographe que je possède est écrit par Roger de Beauvoir, qui est pourtraicturé dans la troisième strophe:

De Beauvoir
Bel à voir
Nous amuse
Lorsqu'il a bien dîné
Il nous prie à déjeuné
On y va, l'on s'abuse.

Les autres écrivains dépeints sont Henri Blaze, d'Anglemont, Sainte-Beuve, Capo de Feuillide, Paul de Musset et Paul Foucher.

Ce genre de plaisanterie était très en vogue parmi les habitués du salon de George Sand. M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul, dans sa Véritable Histoire d'Elle et Lui (C. Lévy, 1897. 1 vol. in-12, p. 8), publie une Complainte sur le Duel de Gustave Planche et de Capo de Feuillide, que l'on attribua à la collaboration d'Alfred de Vigny et de Brizeux, mais dont l'héroïne connaissait le véritable auteur (ce n'est pas à nous de soulever le voile). Lui écrivit à cette époque une Revue Romantique; Elle, le 23 novembre 1834, une Complainte sur la mort de François Luneau. Nous indiquons d'autre part les charges faites à l'atelier d'Achille Devéria par Alfred de Musset, qui écrivit aussi une parodie des Mémoires d'Outre-Tombe de Chateaubriand; et peut-être a-t-il aidé Mme Augustine Brohan à confectionner son «beau couplet de la vierge en patache».

5o Rêves d'Hiver. Janvier 1838. Tel est le titre d'un manuscrit passé en vente chez Laverdet le 10 avril 1855. J'ignore ce qu'il est et qui le possède aujourd'hui.

6o Quatrain Italien, inscrit sur l'album de M. le comte Dousse d'Armanon. L'Artiste, 29 septembre 1844:

La rosa e un vago fiore
Come la giornata,
Presto che nasce e muore
E non ritorna piu

Cette petite pièce est citée dans un article de M. Guénot-Lecointe sur la manie des albums; il l'accompagne de cette réflexion: «Au lieu de ces quatre lignes italiennes qui ne sont même pas des vers, pourquoi M. Alfred de Musset n'a-t-il pas écrit une strophe des Contes d'Espagne?»

La même revue, dans sa livraison du 21 novembre 1844, donne encore une Prière inscrite sur l'album des moines du Carmel.

7o Stances à Henri Cantel. Revue de France, 1er mars 1881.

8o Un ami inconnu, qui me permettra de le remercier ici, me faisait parvenir, naguère, ce sonnet, dont il attribue la paternité à l'auteur de la Ballade à la Lune:

Luna

Ce soir, la Lune est ronde, et sa tête fantasque
Comme un domino, passe entre les peupliers.
—Peste! la folle nuit! et vous avez, beau masque,
Choisi là, sur ma foi, d'étranges cavaliers.

Quoi, jusqu'au noir clocher, qui, coiffé de son casque,
Semble prêt à vous suivre! Et, parmi les halliers,
L'âpre Éole intrigué, qui suspend sa bourrasque
Pour ne pas déranger vos projets singuliers!

Partez donc, o Luna! Le ciel clair et sans voiles
A pour vous rallumé ses claustrales étoiles...
Et moi, qu'a su charnier votre air leste et fringant,

Voyant vos doigts si blancs rayer la toile verte
De mes rideaux, je dis: «Sur ma fenêtre ouverte,
«Ma mie, n'auriez-vous pas laissé choir votre gant?»

9o Quatrain à une dame, en lui envoyant des bonbons lors de sa grossesse. L'Événement, 25 décembre 1876.

10o Quatrain à une vieille coquette. L'Estafette, 24 juin 1892.

11o A une Espagnole, stances improvisées sur un rythme de Victor Hugo. Le Voleur, 2 mai 1873.

12o Stances à Buffon, écrites sur un panneau de son cabinet de travail, à Montbard. Le Centenaire de Buffon, Troyes, Montgolfier. 1889. Br. in-8o, page 68.

13o Déclamation.—A miss Anna X***, deux poésies, dans la Grande Revue de Paris et Saint-Pétersbourg, 25 juillet 1890.

14o Pour les vers inscrits Sur l'Album du château de Clisson, pendant un voyage qu'Alfred de Musset fit dans la Loire-Inférieure, il se récuse lui-même dans une lettre qu'il adressa d'Angers à Mme Alfred Tattet:

«...Quant aux vers du livre de Clisson, on m'en a parlé plusieurs fois et je les tiens pour admirables, mais je n'ai pas l'honneur d'en être le père; il paraît qu'en mettant mon nom au bas, on a voulu du moins m'en faire le parrain. Je n'ai jamais été par là, et quand cet enfant-là m'est né, j'étais probablement bien loin. Ma Muse aura accouché pendant mon absence, c'est pour le moins un cas rédhibitoire. J'ai déjà assez mis au monde de mauvais garnements pour ne pas vouloir d'intrus dans la famille....»[84]

Est-ce que certaine conférencière célèbre, qui jadis incarna Lucretia del Fede, ne connaît pas le véritable auteur? Je suis allé souvent à Clisson et je me suis procuré le fameux livre; mais les pages où se trouvaient les soi-disant vers d'Alfred de Musset ont été arrachées par quelque visiteur peu délicat. On voit encore des vers ou des lignes de prose, signés Victor Hugo, Lamartine, George Sand, mais malheureusement pour l'authenticité de ces autographes, aucun de ceux dont je connais l'écriture de leur pseudo-auteur, n'a été écrit par son signataire.

*
*   *

Avant de mettre fin à cette longue énumération que le lecteur doit trouver bien ardue, il me faut encore indiquer quelques pièces données comme inédites, et qui ne sont en réalité que des réimpressions d'œuvres publiées:

1o L'Épigraphe placée en tête du tome II de Lélia par George Sand (Dupuy et Tenré, 1833. 2 vol. in-8o).—Le Fragment donné page 190 de Les Deux Sœurs, par Mme Aglaé de Corday (Louviers, Achaintre, 1838. 1 vol. in-8o), ne sont que deux strophes de Namouna.

2o La Nouvelle en prose que publie la Gazette de la Noblesse du 16 octobre 1856, est un extrait du Voyage où il vous plaira, par Hetzel.

3o La couverture de la 87e livraison des Français peints par eux-mêmes (Curmer, 1840, in-4o), donne comme inédits 18 vers, que reproduit Le National de Bruxelles du 26 mars 1880, lesquels sont les 18 premiers vers des Secrètes pensées de Rafaël.

4o Le Diogène du 19 octobre 1856 annonce des Stances à Mme Dorval, mais rectifie son erreur dans le numéro du 9 novembre; ce sont les stances A la Malibran.

5o Le journal Le Plaisir a Paris du 26 juin 1889 publie «Le Navire», fragment du Retour, et l'«Ennui», fragment des Stances: «Je méditais courbé».

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*   *

Il reste une question que j'aurais voulu aborder, celle de la Correspondance d'Alfred de Musset, mais cela m'entraînerait en des détails bibliographiques bien longs[85]. Les trente-cinq lettres mises à la fin du volume des Œuvres Posthumes, ne donnent qu'un bien faible aperçu de ce qu'elle est.

Par les publications faites en 1896 à propos d'Elle et Lui, on connaît des fragments des lettres qu'Alfred de Musset écrivait à George Sand; d'autres, adressées à Buloz, Alfred Tattet, Pierre Pagello, Alfred Arago, Boucoiran, Mme de Belgiojoso, Mme Augustine Brohan, David d'Angers, Maxime Du Camp, Alexandre Dumas, Sainte-Beuve, Mme Olympe Chodzko, Albéric Second, Alfred de Vigny, Mme de Girardin, Arsène Houssaye, Eugène Renduel, Mme Levrault, Frantz Liszt, Émile Péhant, etc..., ont été publiées dans des journaux, des revues ou des livres; nous en avons découvert cent dix, imprimées en entier ou peu s'en faut, dans ces conditions, sans compter les lettres ou fragments de lettres d'Alfred de Musset à George Sand, ainsi que celles dont tout ou partie est, pour la première fois, publié dans le présent volume; et l'on peut tenir pour certain qu'il en existe un plus grand nombre. Mais combien curieuses sont celles qui demeurent encore inconnues parmi les noms cités plus haut et celles qu'il envoya à son frère Paul, à ses éditeurs, aux interprètes de ses comédies, à divers membres de sa famille, aux directeurs des revues où il a écrit, à Émile Augier, Ulric Guttinguer, Théophile Gautier, au comte d'Alton, à Désiré Nisard, Ambroise Thomas, Auguste Barre, Mlle Rachel, même à sa gouvernante, Mlle Colin (dont la Revue de Paris et Saint-Pétersbourg et les Annales Littéraires ont publié les mémoires)[86], et à beaucoup d'autres, dont je ne puis dire les noms.

J'omets avec intention la correspondance.... amoureuse, trop intime pour être publiée, et qui ne sera jamais connue; car, avec un tact que je ne puis qu'approuver, lors de la mort du poète, toutes les lettres de femmes qui furent trouvées dans ses tiroirs, furent restituées sans échange à celles qui les avaient écrites. Toutefois, le mystérieux paquet déposé à la Bibliothèque Nationale, pour être ouvert et publié en 1910, renferme, si je ne me trompe, l'une de ces correspondances; ce n'est pas celle de George Sand, comme on l'a prétendu; celle-ci, pensons-nous, est adressée A une belle inconnue:

Si vous croyez que je vais dire
Qui j'ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.

Les lettres à sa Marraine sont aussi peu connues que les autres, car les textes que Mme Jaubert a intercalés dans ses Souvenirs (Hetzel, 1881, 1 vol. in-12) et ceux donnés par Paul de Musset, sont, sauf quelques rares exceptions, absolument altérés et défigurés. J'ai pu en vérifier la majeure partie sur les autographes originaux et j'ai constaté qu'ici une lettre avait servi à en faire deux; que là, deux ou trois lettres étaient fondues en une seule; ailleurs, les phrases sont interposées, et très souvent les dates supprimées ou changées. N'eût-il pas mieux valu rien plutôt que cela! Que de jolies choses cependant elles renferment, et que de récits j'y ai lus, semblables à Un souper chez Mlle Rachel, qui n'est que l'une d'elles, dont on a supprimé le commencement et la fin![87].

Comment conclure, si ce n'est en exprimant le désir de voir un jour joindre aux œuvres du poète, toutes ces pages inédites, toutes ces lettres surtout, qui révèleront un Musset inconnu?

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Les Annales Politiques et Littéraires du 19 septembre 1897 commencent la publication de Denise, cette nouvelle dont je parle au début de cet article, en laissant planer, par un Avertissement, un doute sur le véritable auteur. Il suffit, pour éviter toute équivoque, de se reporter à la Revue de Paris du 2 mai 1841; on y trouvera, page 5, Denise, avec la signature de Paul, son seul et véritable auteur. Cela a été révélé par M. le vicomte de Spoelberch de Lovenjoul dans une lettre publiée par le Journal des Débats du 1er juillet 1897. Le même journal donnait le lendemain une autre note rectificative (qui émanait de moi) dans laquelle je disais que le fait d'attribuer à Alfred ce qui venait de Paul, n'était pas unique, et je faisais allusion à une lettre envoyée par Alfred de Musset à un de ses éditeurs pour se plaindre de cela. Voici cette lettre:

«Monsieur Charpentier, 19, rue de Lille.

«Lundi, 30 septembre [1850].

«Mon cher ami,

«Je vous envoye le catalogue de l'Assemblée, où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère, annoncés sous mon nom. Vous m'avez dit que vous vous chargeriez de demander la rectification. J'aimerais mieux en effet que vous me rendissiez ce service, attendu qu'il est délicat pour moi de parler de mon frère.

«D'ailleurs, votre position, étant mon éditeur, vous donne, il me semble, toute espèce de droit. Car c'est, au bout du compte, une sotte tromperie qui est toujours préjudiciable: le public peut nous croire complices.

«Si vous voulez bien vous en charger, tenez-moi au courant, parce que, si on ne rectifie pas l'erreur, il faudra écrire dans d'autres journaux.

«Tout à vous. «Alfred de Musset.»

Ce catalogue est annoncé dans le numéro de l'Assemblée Nationale du 26 juillet 1850, et paraît pour la première fois dans le numéro du 28 juillet; il est fréquemment reproduit, notamment dans le numéro du 21 septembre. En ce qui concerne les deux frères, l'annonce est ainsi faite:

«Le Bracelet, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8o.

Samuel, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8o.

Tête et Cœur, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8o.

Les Amours de Planoche et de Mme de Laguette, par Paul de Musset. 2 vol. in-8o.

Lauzun, par Alfred de Musset. 1 vol. in-8o

Dans ce numéro, qui est probablement celui qui accompagnait la lettre, le catalogue occupe toute la troisième page et la moitié de la quatrième. Toutefois, si M. Charpentier a demandé une rectification, il ne fut pas tenu compte de sa demande, car le catalogue continue à paraître avec ses inexactitudes; je l'ai retrouvé tel jusque dans le numéro du 7 décembre 1850.

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET

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NOTICE BIBLIOGRAPHIQUE

SUR LA

CORRESPONDANCE

DE

ALFRED DE MUSSET


La correspondance d'Alfred de Musset, à côté des détails biographiques qu'elle renferme et de sa valeur littéraire, offre ceci de particulier, que le poète se laisse voir tel qu'il était dans la vie intime: obéissant à l'impression du moment, il écrit sans affectation, sans pose, mettant son cœur et son esprit à nu. Le jour où ses lettres seront connues, bien des jugements portés sur lui devront être réformés.

Malheureusement, ce n'est pas dans le recueil de ses œuvres complètes qu'il faut aller chercher cette correspondance. Les trente-cinq lettres publiées par les soins de son frère Paul, en 1866, à la fin du tome X de l'édition dite de souscription (Œuvres posthumes), ne donnent qu'une bien faible idée de ce que sont les autres et n'en représentent qu'une partie bien minime.

Cependant, beaucoup d'autres lettres de notre poète existent éparses dans des journaux, des revues ou des livres. Voici, avec l'indication du recueil dans lequel je les ai trouvées imprimées pour la première fois, celles qui sont parvenues à ma connaissance.

Arago (Alfred).

1.—Sans date: «J'ai connu un jeune peintre, qui avait une demoiselle de compagnie». Le Monde Illustré, 27 septembre 1862. Fragment.

Augier (Émile).

2.—Lundi, 1848: «Vous allez me trouver, mon cher Augier, une bien ridicule créature». Le Gaulois, 7 août 1893. Je n'ai pu vérifier si, comme on me l'a dit, c'est cette lettre qui est donnée en fac-similé d'autographe dans l'Album de l'Exposition d'art dramatique à Vienne, en 1892. Paris, 1894. In-folio.

Belgiojoso (Mme la princesse Christine Trivulce de).

3.—S. D. (1836): «Je ne crois pas, princesse, toute fausse modestie à part». Inventaire des Autographes de M. Fillon. Séries V à VIII. Étienne Charavay, 1878. In-8o, page 148, fragment.

Belmont (Marquis Alfred de).

4.—Madame la vicomtesse de Janzé nous apprend dans ses Études et Récits (Plon, 1891, in-12, p. 217) que M. de Belmont «essaya à plusieurs reprises d'enrôler son ami Alfred de Musset dans la poursuite du surnaturel, mais il ne put le persuader. Ils avaient eu entre eux une correspondance suivie que M. de Belmont brûla peu de temps avant sa mort», survenue en 1857.

Blanc (Edmond).

5.—4 novembre 1838. «Monsieur le Secrétaire-Général, lorsque vous m'avez fait l'honneur de me recevoir». La Nouvelle Revue, 15 janvier 1899.

Bonnaire (Félix), éditeur.

6.—S. D. (1837 ou 1838). «Mon cher ami, voilà mes épreuves». Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8o, p. XII.

Boucoiran (Jules).

7.—7 mars 1835. «Monsieur, je sors de chez madame Sand et on m'apprend qu'elle est à Nohant». La Revue de Paris, 15 août 1896.

Brohan (Mme Augustine).

8.—15 mars 1849. Des Haricots. «O ma chère Brohan, je suis dans les fers». Le Parlement, 6 avril 1883. Annuaire des Amis des Livres, 11e année. 1890. In-8o, p. 94.

9.—S. D. «Il ne m'est pas possible, ma chère Brohan, de dîner chez vous». Catalogue de la bibliothèque de feu M. Yver, 2e partie. Paris, E. Paul et L. Huart, 1893. In-8o, no 740. Ne manque que le post-scriptum.

10.—S. D. «Ma chère Brohan, vous avez été deux fois aimable». Catalogue d'autographes, vente hôtel Drouot le 13 juin 1890. Paris, Gabriel Charavay. In-8o, No 94, fragment.

11.—S. D. «Ma chère Brohan, je vous écris à tout hasard». Alfred de Musset par Eugène de Mirecourt. Havard, 1854. In-32. Fragment en fac-similé d'autographe. Le Gaulois, 18 août 1896.

Buloz (François), directeur de la Revue des Deux-Mondes.

12.—Lundi, 18 (août 1834). «Mon ami, ma mère me donne de quoi aller aux Pyrenées». La Revue de Paris, 15 août 1896.

13.—(Février ou mars) 1835. «Mon cher Buloz, ayez la bonté de prier Mme Dudevant, lorsque vous la verrez». Revue Bleue, 3 avril 1897.

14.—S. D. «Mon cher Buloz, si vous voulez me rendre le service de faire donner 200 francs». Catalogue de la Collection Dentu. Autographes, tome II, 3e fascicule. 1888. In-8o, p. 223.

15.—S. D. «Mercredi. O mon ami, réfléchissez avant de répondre à cette simple parole». Catalogue d'autographes, vente le 8 décembre 1891, hôtel Drouot. Paris, Étienne Charavay. In-8o. No 117. Fragment.

16.—S. D. «Lundi, 28. Voilà, mon cher monsieur, la pièce dont je vous ai parlé. Les uns voudraient que je la fisse siffler». Bulletin de la maison Étienne Charavay, no 286. Avril-mai 1898. In-8, no 42096. Fragment.

Cantel (Henri).

17.—23 novembre 1848. «Monsieur, par le plus singulier des hasards, il m'a été donné d'apprécier votre charmant talent». La Revue de France, 1er mars 1881. A tenir pour douteuse jusqu'à production de l'original.

Carjat (Étienne).

18.—Simple billet répondant à une demande d'autorisation de publier un portrait-charge dans le Diogène: «Monsieur, la gaieté des gens d'esprit ne m'a jamais fait peur; faites de moi ce qu'il vous plaira.—Alfred de Musset». Polichinelle à Paris, 22 janvier 1857.

Charpentier (Gervais), éditeur.

19.—30 septembre 1850. «Mon cher ami, je vous envoyé le catalogue de l'«Assemblée» où vous trouverez quatre ou cinq romans de mon frère». Les Héritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour M Charpentier. Paris, 1867, In-8o, p. 17.—Revue d'Histoire littéraire de la France, 15 janvier 1898.

20.—27 juin 1851. «Mon cher ami, Hetzel a fait proposer hier par Berrurier de vous remettre». Les Héritiers d'Alfred de Musset contre M. Charpentier. Mémoire pour M. Charpentier. Paris, 1867. In-8o, p. 16.

21.—19 février 1857. «Mon cher Charpentier, j'ai réfléchi depuis que je vous ai vu...» Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12, page 98.

Clésinger, statuaire.

22.—16 avril 1851. «Mon cher Clésinger, je suis allé pour vous voir ce matin à Madrid». Catalogue des Autographes de M. A. Bovet, vente 19-21 juin 1884. Paris, Étienne Charavay. In-4o, no 910, en fac-similé.

Colin (Adèle), devenue Mme Martellet, gouvernante d'Alfred de Musset.

23.—16 août 1847. «Je n'aurais pas cru que vous puissiez vous éloigner ainsi de moi...» Dix ans chez Alfred de Musset, par Mme Martellet. Paris, Chamuel, 1899. 1 vol. in-12, page 16 et en fac-similé.

24.—S. D. «Je n'ai pas fermé l'œil; j'ai les premières attaques de mes délires».—Revue de Paris et Saint-Pétersbourg, décembre 1887, p. 43.

Mme Martellet prépare en ce moment une deuxième édition de ses souvenirs, où se trouveront certainement d'autres lettres.

David d'Angers, statuaire.

25.—Samedi soir, 1831. «Monsieur, je suis de service demain pour presque toute la journée». Revue de l'Art Français, 1893, p. 204.

26.—1832? «Mon cher David, je suis allé chez Micheli pour avoir de vos médailles». David d'Angers et ses relations littéraires par Henri Jouin, Plon, 1890. In-8o, p. 67.

Directeur de l'Académie Française.

27.—Août 1848. Lettre relative au prix De Maillé Latour-Landry, décerné à Alfred de Musset dans la séance du 17 août. Le Moniteur Universel, 25 août 1848.

Directeur du Constitutionnel.

28.—Juillet 1844. «Monsieur, on a beaucoup parlé de chroniques, de légendes et de ballades». Sert de préface à la nouvelle «Les frères Van-Buch». Le Constitutionnel, 27 juillet 1844.

Directeurs de l'Europe Littéraire.

29.—23 novembre 1832. «Messieurs, je serai très heureux de pouvoir entrer pour quelque chose dans la rédaction de votre nouveau journal». Supplément au Prospectus de l'Europe Littéraire, 1832. In-8o, p. 7.—Revue d'Histoire littéraire de la France, 15 janvier 1898.

Directeur du National.

30.—Janvier 1849. «Monsieur, j'apprends que le journal «l'Événement» à propos des élections de l'Académie». Le National, 13 janvier 1849.

Directeur de la Patrie.

31.—Juin 1848. «Je lis dans votre journal qu'on avait annoncé par erreur que j'étais destitué de la place de Bibliothécaire». La Patrie, 20 juin 1848.—La Presse, 20 juin 1848. Souvent réimprimée.

Duc d'Orléans.

32.—1838. «Monseigneur, les journaux annoncent que M. Vatout, bibliothécaire de Sa Majesté, est chargé». Catalogue des autographes de M. Charles Keissner, 12 mars 1889. Gabriel Charavay. In-8o, no 126, fragment.—La Nouvelle Revue, 15 janvier 1899, fragment.

Du Camp (Maxime).

33.—1840. «Monsieur, je suis bien en retard envers vous.» Souvenirs littéraires par Maxime Du Camp. Hachette, 1882. In-8o. Tome I, p. 153.

Dumas père (Alexandre).

34.—16 juin 1848. «Mon cher Dumas, je viens de lire «La France Nouvelle» et j'irai vous serrer la main». La France Nouvelle, 21 juin 1848.

Fortoul (Hippolyte), ministre de l'Instruction publique.

35.—27 août 1856. «Monsieur le ministre, je ne puis assez remercier Votre Excellence des paroles de bonté». Bibliographie des Œuvres d'Alfred de Musset, par M. Clouard. Rouquette, 1883. In-8o, p. XVI.

Foucher (Paul).

36.—Le Mans, 19 octobre 1827. «Je reviens, mon cher ami, jeudi prochain». L'Amateur d'Autographes, 1er janvier 1867.

Girardin (Mme Émile de), née Delphine Gay.

37.—7 janvier 1835. Fragment d'une lettre dans le Catalogue d'Autographes, vente le 24 février 1892, hôtel Drouot. Paris, Gabriel Charavay. In-8o, no 140.

38.—Jeudi, 8 (juin 1848). «Il est vrai, madame, que je ne suis pas conservé en qualité de conservateur». Études et Récits sur Alfred de Musset, par Mme de Janzé. Plon, 1891. In-12, p. 93.

Grenier (Édouard).

39.—Lettre envoyée par Alfred de Musset au printemps de 1843 et détruite accidentellement pendant la Commune en 1871. Voir à ce sujet la Revue Bleue des 3 septembre et 15 octobre 1892, p. 301 et 492.

Guttinguer (Ulric).

40.—1832. Honfleur, fragment d'une lettre: «Je n'ai jamais tenté de faire une hymne à mon Dieu». L'Événement, 12 juin 1885.

Houssaye (Arsène).

Quatre lettres publiées dans: Les Confessions, par Arsène Houssaye. Dentu, 1885-1897. 6 vol. in-8o.

41.—1842. Billet en réponse à une invitation: «Vous me faites, mon cher maître, honneur et plaisir». Tome I, planche de fac-similé XVII.

42.—1851. «Je ne prétends pas être joué quatre fois par semaine». Tome I, planche de fac-similé XVII.

43.—1851. «Mon cher ami, j'ai reçu les deux billets». Tome III, p. 253, et précédemment dans le Figaro, 2 novembre 1882.

44.—1853? «Mon cher ami, je vous avais parlé de Mme Brohan». Tome V, planche de fac-similé III.

Janin (Jules).

45.—(Décembre 1838). «Monsieur, je vous ai cherché hier soir au Théâtre Français». L'Événement, 28 janvier 1886. Souvent réimprimée, traduite en allemand dans Frankfurter Zeitung, 17 janvier 1890.

Jaubert (Mme Caroline), la «Marraine».

J'ai pu vérifier sur les originaux le texte de moitié environ des lettres adressées à «la Marraine» et publiées soit dans les Souvenirs de Mme Jaubert, Hetzel, 1881. 1 vol. in-12, soit dans les Œuvres posthumes d'Alfred de Musset. Charpentier, 1867. 1 vol. in-12[88]. Dans cette moitié vérifiée, j'ai constaté qu'à côté de quelques lettres imprimées sans changement, le plus grand nombre offre des retouches ou des suppressions considérables. J'en conclus que celles non vérifiées sont dans les mêmes conditions: aussi vais-je donner mes indications pour tout ce qui est publié[89].

46.—1er avril 1836. «Belle Madame, style Musset, je suis enfermé de nouveau». Le Clairon, 27 novembre 1881. Textuel.

A.—(Mai ou juin 1836). «Vous avez eu grand tort, Madame, de n'être pas venue ce soir au Théâtre Français». Œuvres posthumes, p. 203. Dix lignes et un dessin supprimés à la fin. (Mlle Plessy dans le Barbier de Séville).

B.—27 février 1837. «Madame, voici le fait: La Princesse m'écrit qu'elle ne peut me bâtir un sujet». Œuvres posthumes, p. 204. Post-scriptum de cinq lignes supprimé.

47*.—28 juin 1837. «Madame, comme votre départ m'avait un peu vexé». Souvenirs, p. 165.

48.—17 octobre 1837. «Le bruit court que madame Jaubert revient à Paris». Souvenirs, p. 139. Textuel.

49.—(1837). «Marraine, le fieux est déconfit». Souvenirs, p. 191. Deux mots changés sans importance.—Le Temps, 12 janvier 1881.

50.—27 octobre 1837. «Madame, vous avez trouvé le vrai nom du sentiment qui nous unit». Souvenirs, p. 160. Textuel, sauf le mot «Marraine» mis plusieurs fois à la place de «Amie».

C.—(15 décembre 1838). «Madame, mon arrangement de loge a manqué ce soir». Œuvres posthumes, p. 205. Une phrase changée.

D.—17 décembre 1838. «Vous vous trompez, ma chère marraine, en croyant que c'était sur vous que je comptais». Œuvres posthumes, p. 206. Plusieurs phrases supprimées ou changées.

E.—(27 mars 1839). Lettre publiée dans la première édition des Œuvres posthumes (Charpentier, 1860. In-12,

p. 101), sous le titre de: Un souper chez Mlle Rachel, et dont le texte est complètement remanié par Paul de Musset. Comme terme de comparaison, en voici le début, auquel ressemble toute la suite:

Manuscrit
 
«J'avais perdu l'adresse
exacte d'Angerville; je viens
de la retrouver trop tard.
Merci d'abord de la lettre de
Paolita. Elle est bien gentille,
mais moins que vous, qui ne
manquez jamais une occasion
d'envoyer un moment de joie
à ceux qui vous aiment? Vous
êtes la seule créature humaine,
mâle ou femelle, que
je connaisse faite ainsi. Un
bienfait n'est jamais perdu:
en réponse à votre lettre de
Desdémone, je veux vous
servir un souper chez mademoiselle
Rachel, qui vous
amusera peut-être, si nous
sommes toujours du même
avis. Ma petite scène sera
pour vous seule, d'abord
parce que la noble enfant
déteste les indiscrétions et
ensuite parce que, depuis
que je vais quelquefois chez
elle, on a fait tant de can-cans,
de bavardages et de
niaiseries, que j'ai pris le
parti de ne pas seulement
dire que je l'avais vue au
Français. On avait joué
Tancrède, etc...»
 
      Texte imprimé
 
«Merci d'abord, madame
et chère marraine, pour la
lettre que vous me communiquez
de l'aimable Paolita.
Cette lettre est bien remarquable
et bien gentille; mais
que dirais-je de vous qui ne
manquez jamais une occasion
d'envoyer un peu de joie à
ceux qui vous aiment? Vous
êtes la seule créature humaine
que je connaisse faite
ainsi. Un bienfait n'est jamais
perdu. En réponse à votre
lettre de Desdémone, je veux
vous servir un souper chez
Mlle Rachel, qui vous amusera,
si nous sommes toujours
du même avis, et si
vous partagez encore mon
admiration pour cette sublime
fille. Ma petite scène
sera pour vous seule, d'abord
parce que la noble enfant
déteste les indiscrétions et
ensuite parce qu'on a fait,
depuis que je vais quelquefois
chez elle, tant de sots
propos et de bavardages,
que j'ai pris le parti de ne
pas même dire que je l'ai vue
au Théâtre Français. On avait
joué Tancrède, etc...»