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Études sur la flore du Sénégal

Chapter 11: 1. CLEMATIS L.
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About This Book

L'ouvrage propose une étude méthodique de la flore du Sénégal, commençant par un résumé des explorations botaniques et la liste des voyageurs et de leurs récoltes, puis un catalogue indiquant localités, exsiccata consultés et synonymie fondée sur spécimens régionaux. Il souligne les lacunes des collections, en particulier pour le cours supérieur du fleuve et les plateaux montagneux comme le Fouta‑Djallon, et fournit cartes, tables régionales et conseils pratiques destinés aux collecteurs. L'auteur envisage ces études comme une introduction destinée à accueillir de futures plantes rapportées au Muséum.

CARTE
DES EXPLORATIONS BOTANIQUES
au Sénégal


TABLEAU GÉOGRAPHIQUE
DES GRANDES RÉGIONS DE L’AFRIQUE TROPICALE
PARCOURUES PAR LES BOTANISTES

Bromfield.
Cailliaud.
Cienkowski.
Hartmann (Dr).
Kotschy.
Nubie (jusqu’à Khartoum) Lippi.
Lord.
Nectoux.
Rifaud.
Rüppell (Dr).
Schweinfurth.
Beccari.
Courbon.
Ehrenberg (Dr).
Féret.
Figari.
Galinier.
Hansal.
Hemprich (Dr).
Hildebrandt.
Abyssinie Lippi.
Nimmo (Dr).
Parkins.
Petit.
Plowden.
Quartin-Dillon.
Rochet d’Héricourt.
Haut Nil Roth.
Salt.
Schimper.
Stendner.
Hildebrandt.
Somali Playfair.
Révoil.
Binder.
Brocchi.
Cienkowski.
Colston.
De Heuglin.
Kirk (Dr).
Knoblecher.
Nil Blanc
(de Khartoum à Gondokoro)
Kotschy.
Lippi.
Murie.
Peney (Dr).
Petheric.
Rüppell (Dr).
Sabatier.
Schweinfurth.
Cameron.
Régions des grands lacs Grant.
Speke.

Adanson.
Bacle.
Beaufort.
Boivin.
Bocandé.
Bowdich.
Brunner.
Carrey.
Daniell (Dr).
Derrien.
Dollinger.
Durand.
Sénégal
(de Saint-Louis à la Sierra Leone).
Franqueville (de).
Geoffroy.
Heudelot.
Hussenot.
Ingram.
Jardin.
Leprieur.
Morel.
Morenas.
Perrottet.
Richard.
Roussillon.
Sieber.
Whitfield.
Afzelius.
Barter.
Daniell (Dr).
Don.
Kirk (Dr).
Sierra Leone Matthews.
Purdie.
Guinée supérieure. Smeathman.
Turner (Miss).
Vogel (Th.).
Whitfield.
Ansell.
Barter.
Bosman.
Brass.
Chaper.
Ménager.
Cote de Guinée
(de la Sierra Leone au Dahomey).
Middleton.
Palisot de Beauvois
Schœnlein.
Tedlie.
Thonning.
Vahl.
Vogel (Th.).
Barter.
Burton.
Don.
Irving.
Isert.
Golfe de Guinée
(du Dahomey au Gabon).
Jardin.
Mann.
Palisot de Beauvois
Robb.
Thomson.
Vogel (Th.).

Aubry le Comte.
Curror (Dr).
Gabon Duparquet (le P.).
Bellay (Griffon du).
Mann.
Jardin.
Congo Smith.
Guinée inférieure. Soyaux.
Welwitsch (Dr).
Monteiro.
Angola Peters (Dr).
Soyaux.
Welwitsch (Dr).
Benguela Wawra.
Welwitsch (Dr).

Sokoto Clapperton.
Oudney.
Clapperton.
Denham.
Soudan Bornou Oudney.
Rohlfs.
Tinné (Mmes).
Vogel (Ed.).
Darfour Kotschy.

Bocandé.
Bowdich.
Brunner.
Iles du Cap-Vert Geoffroy-Saint-Hilaire.
Heudelot.
Rich.
Schmidt (Dr).
Smith.

LISTE DES VOYAGEURS
MORTS DANS L’AFRIQUE TROPICALE,
VICTIMES DE LEUR DÉVOUEMENT POUR LA SCIENCE

Lippi a été assassiné en Abyssinie en 1704.

Smith (Christian), victime du climat, est mort sur le Congo en 1816.

Bowdich est mort d’une maladie causée par le climat, à Bathurst, en 1824.

Beaufort (Grout de), victime du climat, est mort à Bakel en 1825.

Hemprich est mort des fatigues de son voyage, à Massaouah, vers 1825.

Brocchi est mort des fatigues de son voyage, à Khartoum, en 1826.

Clapperton est mort de la dysenterie à Sackatou en 1826.

Heudelot, victime du climat, est mort au Sénégal en 1837.

Quartin-Dillon est mort des fièvres en Abyssinie en 1841.

Vogel (Th.) est mort des fièvres à Fernando-Po, en 1841.

Petit a été dévoré par un crocodile en traversant le Nil à la nage en Abyssinie, en 1843.

Vogel (Edw.) a été assassiné dans le Waday vers 1857.


ÉTUDES
SUR LA
FLORE DU SÉNÉGAL


I. RENONCULACÉES

(Ranunculaceæ Juss. p. 231).


1. CLEMATIS L.

(Benth. et Hook. f. Gen. pl. I, 3).

1. C. hirsuta Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 1. — C. thunbergii Oliv. Fl. trop. Afr. I, p. 6 (ex parte), (non Steud. ; non Harvey Fl. Cap.).

Fleurit de décembre à mars.

« Crescit rarissima in solo sicco prope Kounoun et Rufisk, promontorii Viridis (cap Vert) suburbia » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, Perrottet, Ingram » (Oliver).

Exsiccata[8]. — Village d’Essearr, pays de Kombo, à l’embouchure de la Gambie, Heudelot (no 94) !

Distrib. géogr. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée en dehors du Sénégal.

Observations. — M. Oliver (Fl. trop. Afr.) réunit à tort, selon nous, le C. hirsuta au C. thunbergii. Nous avons comparé les échantillons de la plante sénégalienne au C. thunbergii provenant du Cap, que renferme l’herbier du Muséum, et nous avons pu constater qu’il y a beaucoup moins de rapports entre ces deux espèces qu’entre le C. hirsuta et le C. grata de l’Inde.

Le C. thunbergii, d’après la description du Dr Harvey (Fl. Cap.), comme d’après les échantillons que nous avons examinés, a les boutons et les sépales acuminés et les feuilles presque toujours glabres.

Le C. hirsuta a les boutons et les sépales obtus et les feuilles toujours très pubescentes. Le C. hirsuta se rapprocherait plutôt du C. brachiata Thunb. ; mais il en diffère par ses feuilles très pubescentes, d’un vert noirâtre sur le sec, comme dans le C. grata, et à folioles moins grandes et plus larges, et par ses panicules à une ou deux fleurs, tandis qu’elles sont pluriflores dans le C. brachiata.

Mais c’est surtout du C. grata Wallich que le C. hirsuta paraît se rapprocher. Il s’en distingue par ses pédicelles 1-3-flores, au lieu d’être trichotomes ; par ses sépales velus sur les deux faces, au lieu d’être glabres à l’intérieur ; par ses feuilles plus allongées, surtout celles de la partie inférieure de la tige ; par les lobes de ses feuilles moins profondément dentés et par quelques autres caractères. Nous croyons, avec Perrottet, que la différence de patrie, jointe aux caractères indiqués, nous autorise à regarder le C. hirsuta comme une espèce distincte. Le C. grata habite l’Inde, et, s’il se retrouve en Abyssinie et dans l’Angola, c’est à l’état de variétés si différentes du type, que Richard et Klotzsch n’ont pas hésité à en faire des espèces.

2. ? C. brachiata Thunb. Fl. Cap. p. 441 ; DC. Prodr. I, p. 6. — C. massoniana DC. Prodr. I, p. 3.

Exsiccata. — Sénégal, Heudelot !

Distrib. géogr. — Cette espèce habite surtout le Cap.

Observations. — Il y a dans l’herbier du Muséum plusieurs échantillons que nous avons cru devoir rapporter à cette espèce ; mais, comme ils ne sont qu’en fruit, nous ne donnons cette détermination qu’avec doute. Ces échantillons me paraissent surtout se rapporter au C. massoniana, qui n’est qu’une forme du C. brachiata. Cette espèce ressemble au premier abord au C. glaucescens Fresen., mais elle a les feuilles complètement glabres.

3. C. grandiflora DC. Prodr. I, p. 6 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 7 ; Hook. f. Niger Fl. p. 203. — C. chlorantha Lindl. Bot. Reg. pl. 1234.

« Sierra Leone, Afzelius and others » (Oliver).

« Sierra Leone, Don » (Hooker).

« Sierra Leone, Afzelius » (DC.).

Distrib. géogr. — Cette espèce se retrouve dans l’Angola.


II. DILLÉNIACÉES

(Dilleniaceæ DC. Ann. Mus. 17, p. 400).


2. TETRACERA L.

(Benth. et Hook. f. Gen. pl. I, 12).

4. T. obtusata Planch. in herb. Kew ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 12. — T. alnifolia DC. Syst. veget. I, p. 401, et Prodr. I, p. 68 (non Willd.) ; Hook. f. Niger Fl. p. 204.

Fleurit en décembre.

« Senegambia, Sierra Leone, Don and others » (Oliver).

« Senegambia, Sierra Leone and Guinea, Smeathman, Afzelius, Don, etc. » (Hooker).

« In sylvis Guineæ (Willd.) et Sierræ Leonæ, Afzelius » (DC.).

Exsiccata. — Croît dans les lieux humides et fertiles du rio Nunez, Heudelot (no 643) !

Distrib. géogr. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de Guinée.

5. T. alnifolia Willd. Sp. plant. II, 1243 (non DC.) ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 12. — T. senegalensis DC. Syst. veget. I, p. 401 ; DC. Prodr. I, p. 68 ; Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 2 ; Hook. f. Niger Fl. p. 204. — T. obovata DC. Syst. veget. I, p. 401 ; DC. Prodr. I, p. 68.

Var. α. Feuilles glabres, lisses.

Fleurit de mars, avril en juin.

« Crescit in sylvis humidis prope Kounoun et N’ Batal in peninsula promontorii Viridis (cap Vert) ; circa Albredam ad Gambiam » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, Whitfield, Sierra Leone, Afzelius and others » (Oliver).

« Senegambia, Sierra Leone and the bight of Benin, Afzelius, Don, etc. » (Hooker).

« In Senegalia, Adanson, Roussillon » (DC.).

Exsiccata. — Cap Vert, Leprieur !

N’ Batal, Leprieur !

Albreda, près de la Gambie, Perrottet !

Casamance, Leprieur !

Dans les lieux élevés du pays de Kombo, à l’embouchure de la Gambie, Heudelot (no 63) !

Sénégal, Perrottet (no 2) ! Leprieur ! Roussillon (no 47) ! Adanson (no 225, A.) !

Distrib. géogr. — Cette espèce habite la côte de Guinée, le golfe de Guinée, le Gabon et l’Angola.

Observations. — D’après M. Oliver (Fl. trop. Afr.), le T. scabra Hook. f. (Niger Fl. p. 203) doit être réuni au T. senegalensis. N’ayant pas pu voir d’échantillon authentique de cette espèce, récoltée sur le Niger, je ne puis la citer avec certitude comme synonyme.

Var. β. Feuilles rugueuses ou pubescentes. — T. rugosa Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 3, pl. 1. — T. guillemini Steud. — T. alnifolia Willd. var. (Oliver).

Fleurit en mars, avril.

« Crescit in sylvis humidis prope Itou ad Casamanciam » (Guill. et Perr.).

Exsiccata. — Itou, près de la Casamance, Perrottet !

Distrib. géogr. — Cette variété a été retrouvée dans les environs des bouches du Niger.

Observations. — Guillemin et Perrottet avaient élevé cette variété au rang d’espèce ; ils avaient même été sur le point d’en faire un genre. Le principal caractère sur lequel ils se fondaient était la forme des étamines. Dans tous les Tetracera, le filet est dilaté au sommet et l’anthère est formée de deux loges divergentes à la partie inférieure, où elles sont séparées par le connectif dilaté. Pour le T. rugosa, Guillemin et Perrottet avaient constaté que les loges étaient adnées et le filet non dilaté, mais ils avaient donné beaucoup trop d’importance à ce caractère. M. Baillon (Adansonia, VI, p. 269 et 278, et Hist. des plantes I, p. 118, note) a fait remarquer que la forme des étamines des Tetracera est très variable. M. Oliver a cité le T. rugosa comme variété du T. senegalensis, mais sans justifier cette réunion. Nous avons étudié attentivement les deux espèces sur des échantillons authentiques nommés par Guillemin, et nous avons pu voir que le caractère dont nous avons parlé n’a pas la constance que lui assignaient Guillemin et Perrottet. Dans le T. senegalensis, les loges sont disposées tantôt sur les côtés, tantôt sur une face du filet dilaté : lorsqu’on rencontre cette dernière disposition, on peut voir, sur la face postérieure, le filet dilaté, tandis qu’il est caché sur la face antérieure par les loges adnées ; le connectif parait donc dilaté ou nul, selon que l’on examine la face postérieure ou la face antérieure de l’étamine. On trouve sur la même fleur des loges adnées et des loges séparées par le connectif. La même disposition se retrouve dans le T. rugosa. Nous avons bien trouvé sur cette variété quelques étamines à connectif non dilaté, comme l’indiquent Guillemin et Perrottet, mais c’est l’exception, et la plupart des anthères ont les loges très écartées ; le connectif est même souvent bifurqué, portant une anthère à l’extrémité de chaque branche. On voit donc qu’on ne peut pas fonder sur un caractère aussi variable une différence spécifique, à plus forte raison une différence générique. Quant aux autres caractères, ils me paraissent aussi trop peu constants. Guillemin a figuré le T. rugosa avec des feuilles sessiles ; elles sont pétiolées dans un échantillon nommé par lui. Quant à la rugosité et à la pubescence des feuilles, elles se retrouvent souvent plus ou moins apparentes dans le T. senegalensis.


III. ANONACÉES

(Anonaceæ Juss. p. 283).


3. ANONA L.

(Benth. et Hook. f. Gen. pl. I, 27).

Observations. — Guillemin et Perrottet (Fl. Sénég. p. 4) donnent, dans la description du genre Anona, le caractère suivant : « Antheræ... loculis oblongis filamento interposito discretis. » Ce caractère n’est pas exact, au moins pour les espèces africaines. Dans toutes celles que nous avons pu examiner, les loges ne sont pas séparées par le filet, mais les étamines sont extrorses et les loges placées côte à côte. L’A. squamosa, l’A. Cherimolia, l’A. muricata, l’A. palustris, l’A. senegalensis et l’A. glauca présentent tous la disposition que nous venons d’indiquer.

6. A. squamosa L. ; DC., Prodr. I, p. 85 ; Bot. Mag. pl. 3095 ; Hook. f. Niger Fl. p. 204 ; Brunner, Ergebn. no 21 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 16.

« Sierra Leone (cult.), Vogel » (Hooker).

Exsiccata. — Cultivé au Sénégal, Leprieur ! Richard !

Distrib. géogr. — Cette espèce est cultivée dans l’Afrique tropicale, aux îles du Cap-Vert, dans les Indes et l’Amérique tropicale.

Observations. — D’après la figure du Botanical Magazine, les étamines sont extrorses, les anthères placées côte à côte et le connectif es dilaté au-dessus des loges.

7. A. cherimolia Mill. ; DC. Prodr. I, p. 85 ; Hook. f. Niger Fl. p. 205 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 16.

« Cape Verde and West Africa (cult.) » (Hooker).

Distrib. géogr. — Plante originaire du Pérou, cultivée çà et là dans l’Afrique tropicale et aux îles du Cap-Vert.

Observations. — Etamines extrorses ; anthères à loges longues et étroites, placées côte à côte ; filet très court ; connectif non prolongé en arrière, épaissi à la partie supérieure en une masse plate, peu épaissie, au-dessus des loges.

8. A. muricata L. ; DC. Prodr. I, p. 84 ; Hook. f. Niger Fl. p. 204 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 16.

Fleurit en avril.

« Sierra Leone (cult.), Vogel » (Hooker).

Exsiccata. — Sénégal : Hortis, Leprieur !

Dans les jardins du bas Sénégal. Dakar, Rufisque, Gambie. J’en ai vu à l’état sauvage entre Médine et Bafoulabé, Derrien !

Distrib. géogr. — Plante cultivée, qui croît au Mexique, dans les Antilles, au Brésil, au Pérou, dans les Indes, à Java, sur la côte occidentale de l’Afrique et aux îles du Cap-Vert.

Observations. — Etamines extrorses ; anthères à loges très longues et étroites, placées côte à côte ; filet à peine égal au 1/5e de l’anthère ; connectif non prolongé en arrière, dilaté au sommet en une petite masse tronquée, surmontant et recouvrant les loges, à face supérieure polygonale, inclinée.

9. A. palustris L. ; DC. Prodr. I, p. 84 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 16 ; Bot. Mag. pl. 4226. — A. chrysocarpa Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 6.

Fleurit en avril, mai.

« Crescit in paludibus promontorii Viridis (cap Vert) et in provincia M’Boro, in regno Cayor » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, Leprieur » (Oliver).

Exsiccata. — Casamance, Leprieur !

Pays de M’Boro, royaume de Cayor. In paludibus torfosis, Leprieur ! Sénégal, Perrottet !

Distrib. géogr. — Cette espèce a été retrouvée sur la côte de Guinée et au Gabon. Elle est commune dans les Antilles, l’Amérique équatoriale et méridionale.

Observations. — Etamines extrorses, à loges longues et étroites, placées côte à côte ; connectif s’épaississant graduellement vers la partie supérieure et formant au sommet une petite masse recouvrant en partie les loges, tronquée, à face supérieure plane, inclinée, triangulaire.

10. A. senegalensis Pers. ; DC. Prodr. I, p. 86 ; Deless. Ic.-I, pl. 86 ; Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 5 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 16. — A. arenaria Sch. et Th. Guin. Pl. II, p. 31 ; Brunner, Ergebn. no 20.

Fleurit de février en mai.

« Frequens occurrit ad basin collium a provincia M’Boro usque ad Casamanciam » (Guill. et Perr.).

« Sierra Leone, Don, Barter » (Oliver).

« Senegambia, Sierra Leone, Perrottet, Afzelius, Don » (Hooker).

« In Senegalia, Roussillon » (DC.).

Exsiccata. — Terrains sablonneux du cap Vert, Leprieur !

Très commun dans les environs du rio Nunez, Heudelot (no 781) !

Prope Itou, Casamance. Existe-t-il aussi dans le royaume de Cayor ? Leprieur !

M’Boro, Perrottet !

Assez commun dans le haut Sénégal, entre Médine et Kita, Derrien !

Fangalla, Derrien !

Sénégal, Leprieur ! Roussillon (no 69) !

Distrib. géogr. — Cette espèce se retrouve sur les côtes de Guinée, dans la baie de Benin, sur les bords du Niger, du Congo, du Zambèse, dans le Benguela et l’Angola, aux îles du Cap-Vert, au milieu du Soudan dans le Bornou, dans le Sennaar, sur le haut Nil, etc.

Observations. — Les étamines de cette espèce sont semblables à celles de l’A. glauca. L’anthère a été mal représentée sur la planche de Delessert.

On rencontre quelquefois une forme à feuilles glabres. Cette forme se distingue de l’A. glauca par la disposition des nervures. Elle a des pétioles d’un centimètre et les nervures de la même couleur que les feuilles, tandis que l’A. glauca a des pétioles très courts et des nervures presque toujours noirâtres.

11. A. glauca Schum. et Th. Guin. pl. II, p. 33 ; Guill. et Perr. Fl. Sénég., p. 5 ; Hook. f. Niger Fl. p. 206 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 17. — A. senegalensis var. H. Bn, Adansonia, 8, p. 380.

Fleurit en juin.

« Crescit frequens in collibus arenosis regni Cayor » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, Brunner and others » (Oliver), (Hooker).

Exsiccata. — In siccis regni Cayor prope Tielimane, Gatitoye, Leprieur !

Sénégal, Perrottet ! Leprieur ! Boivin (no 421) ! Adanson !

Distrib. géogr. — Cette espèce se retrouve sur la côte de Guinée.

Observations. — Étamines extrorses, à loges longues et étroites, placées côte à côte ; filet très court, à peine égal au 1/5e de l’anthère ; connectif épaissi assez brusquement au sommet, ayant la forme d’une pyramide renversée, tronqué, à face supérieure horizontale, carrée, recouvrant entièrement les loges supérieures, un peu prolongé en corne vers le centre de la fleur.

M. H. Baillon (Adansonia, VIII, p. 380) regarde l’A. glauca comme une variété de l’A. senegalensis. Nous ne croyons pas qu’on puisse donner cette assimilation comme positive.

Dans l’A. senegalensis, la feuille est terminée brusquement à la base, les pétioles sont toujours très distincts, longs d’un centimètre environ. Les nervures et les ramifications sont pubescentes-soyeuses, de la même couleur que la feuille ; les nervures sont parallèles, régulières et nombreuses ; les inférieures forment un angle droit avec la nervure médiane dès leur naissance et sont parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est jaune.

Dans l’A. glauca, la feuille est un peu rétrécie en coin, le pétiole est presque nul et ne dépasse jamais 5 millimètres. Les nervures et les ramifications sont glabres, ordinairement noirâtres ; la feuille est entièrement glabre et glauque en dessous. Les nervures sont irrégulières, non parallèles, ordinairement moins nombreuses que dans l’A. senegalensis ; les inférieures suivent d’abord la direction de la nervure médiane ou sont obliques sur cette nervure ; elles ne sont généralement pas parallèles au bord inférieur de la feuille. Le fruit est vert, plus petit que celui de l’A. senegalensis.

Toutefois ces différences, bien visibles sur les plantes du Sénégal, paraissent moins tranchées sur les échantillons recueillis sur le Niger et dans l’Angola, qui pourraient bien être le passage entre les deux espèces, ainsi que la forme glabre qu’on rencontre quelquefois au Sénégal. Je n’ai pas encore pu examiner les échantillons de M. Welwitsch, qui auraient peut-être résolu la difficulté ; mais M. Oliver, qui les a eus entre les mains, a maintenu les deux espèces. Les étamines sont semblables dans les deux plantes.

4. UVARIA L.

(Benth. et Hook. f. Gen. pl. I, 23).

12. U. ovata A. DC. Mém. Anon. p. 29 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 21. — Unona ovata Vahl ined., DC. Syst. veget. I, p. 489 ; DC. Prodr. I, p. 89, β. afzeliana DC.

« In Sierra Leona » (DC.).

Distrib. géogr. — Cette espèce a été rapportée par Vahl de la côte de Guinée, mais elle n’a pas été retrouvée depuis.

13. U. gracilis Hook. f. Niger Fl. p. 210 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 22.

« Sierra Leone, Don » (Hook.).

Distrib. géogr. — Cette espèce n’a pas encore été retrouvée.

14. U. chamæ Pal. Beauv. Fl. Ow. et Ben. II, p. 42, pl. 83 ; DC. Prodr. I, p. 88 ; Guill. et Perr. Fl. Sénég. p. 7, pl. 3, fig. 2 ; Oliver, Fl. trop. Afr. I, p. 22. — Unona macrocarpa DC. Syst. veget. I, p. 489 ; DC. Prodr. I, p. 88. — Uvaria cylindrica Schum. et Th. Guin. pl. II, p. 30.

Fleurit en avril, mai.

α. parviflora. — Feuilles petites, ovales-obtuses (de 3 à 6 centimètres de long sur 2 à 3 de large), ordinairement parsemées en dessous de poils étoilés, à nervures et à pédoncules pubescents, obovées, obtuses. Jeunes rameaux pubescents. Boutons petits. Calice urcéolé, à dents très peu apparentes. Fleurs petites, plusieurs ensemble.

« Crescit in sylvis arenosis prope Maloum ad promontorium Rubrum Casamanciæ » (Guill. et Perr.).

« Senegambia, Leprieur » (Oliver).

« In Guinea » (DC.).

Exsiccata. — Habitat in sabulosis prope Maloum, cap Rouge. Pays des Feloupes, Leprieur !

β. media. — Feuilles assez grandes (de 6 à 12 centimètres de long sur 3 à 5 de large), ovales ou ovales-allongées, présentant souvent la plus grande largeur au-dessus du milieu, obtusément acuminées, glabres. Jeunes rameaux, nervures et pédoncules glabres ou finement pubescents. Boutons plus gros que dans la var. α. Calice urcéolé, à dents peu apparentes. Fleurs assez grandes, souvent solitaires.

« Senegambia, Heudelot » (Oliver).

Exsiccata. — Croît dans les lieux fertiles et humides de Karkandy, Heudelot (no 873) !

γ. grandiflora. — Feuilles très grandes (8 à 15 centimètres de long sur 5 à 8 de large), ovales ou ovales-oblongues, obtuses ou obtusément acuminées, à nervures et à pédoncules glabres. Jeunes rameaux ordinairement glabres. Boutons très gros. Calice trilobé, à lobes larges, obtus. Fleurs grandes, souvent solitaires.

Cette dernière variété, trouvée à Nupe, sur le Niger, par M. Barter, n’a pas encore été rencontrée au Sénégal.

Distrib. géogr. — Cette espèce a été retrouvée sur les bords du fleuve San-Iago sur la côte d’Or, à Nupe sur le Niger, et aux environs de Zanzibar sur la côte orientale de l’Afrique.

Observations. — Cette espèce est très variable. Elle est tantôt glabre et tantôt pubescente ; les feuilles varient beaucoup de forme et de dimension. Le calice est ordinairement urcéolé et se déchire souvent en trois parties lors de l’anthèse, mais j’ai vu des fleurs ouvertes dans lesquelles la déchirure n’avait pas eu lieu. D’autres fois le calice est tout à fait trilobé, à lobes arrondis, même dans le bouton. On pourrait être tenté d’établir plusieurs espèces sur ces caractères, mais un examen attentif montre qu’il n’y a là que des formes ou des variétés, car chaque caractère varie séparément, les autres restant semblables, de sorte qu’on peut trouver tous les passages entre les diverses variétés de l’espèce. La fleur, quoique variant en dimension, est toujours semblable, au moins pour ses caractères essentiels ; les étamines ont toujours la même forme dans toutes les variétés et présentent les caractères suivants :