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Fables de La Fontaine

Chapter 186: LE CIERGE.
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About This Book

The collection gathers short narrative poems that retell traditional animal fables and moral anecdotes in lively, often ironic verse. Each piece stages animals or everyday figures to satirize human follies, expose moral lessons, and reflect on prudence, vanity, justice, and power. Verses balance lightness and instruction, using brevity, wit, and vivid imagery to make ethical points accessible. Some prefatory remarks frame the tales as suitable instruction for young rulers and emphasize the mix of entertainment and civic education. Together the fables vary in tone from playful to pointed, moving between gentle admonition and sharp social critique.

XII

LE CIERGE.

C’est du séjour des dieux que les abeilles viennent.
Les premières, dit-on, s’en allèrent loger
Au mont Hymette[64], et se gorger
Des trésors qu’en ce lieu les zéphyrs entretiennent.
Quand on eut des palais de ces filles du ciel
Enlevé l’ambrosie en leurs chambres enclose,
Ou, pour dire en françois la chose,
Après que les ruches sans miel
N’eurent plus que la cire, on fit mainte bougie,
Maint cierge aussi fut façonné.
Un d’eux voyant la terre en brique au feu durcie
Vaincre l’effort des ans, il eut la même envie;
Et, nouvel Empédocle[65] aux flammes condamné
Par sa propre et pure folie,
Il se lança dedans. Ce fut mal raisonné:
Ce cierge ne savoit grain de philosophie.
Tout en tout est divers: ôtez-vous de l’esprit
Qu’aucun être ait été composé sur le vôtre.
L’Empédocle de cire au brasier se fondit:
Il n’étoit pas plus fou que l’autre.