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Fables de La Fontaine

Chapter 21: L’ENFANT ET LE MAITRE D’ÉCOLE.
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About This Book

The collection gathers short narrative poems that retell traditional animal fables and moral anecdotes in lively, often ironic verse. Each piece stages animals or everyday figures to satirize human follies, expose moral lessons, and reflect on prudence, vanity, justice, and power. Verses balance lightness and instruction, using brevity, wit, and vivid imagery to make ethical points accessible. Some prefatory remarks frame the tales as suitable instruction for young rulers and emphasize the mix of entertainment and civic education. Together the fables vary in tone from playful to pointed, moving between gentle admonition and sharp social critique.

XIX

L’ENFANT ET LE MAITRE D’ÉCOLE.

Dans ce récit je prétends faire voir
D’un certain sot la remontrance vaine.
Un jeune enfant dans l’eau se laissa choir,
En badinant sur les bords de la Seine.
Le Ciel permit qu’un saule se trouva,
Dont le branchage, après Dieu, le sauva.
S’étant pris, dis-je, aux branches de ce saule,
Par cet endroit passe un maître d’école;
L’enfant lui crie: Au secours! je péris.
Le magister, se tournant à ses cris,
D’un ton fort grave à contre-temps s’avise
De le tancer: Ah! le petit babouin!
Voyez, dit-il, où l’a mis sa sottise!
Et puis prenez de tels fripons le soin!
Que les parents sont malheureux qu’il faille
Toujours veiller à semblable canaille!
Qu’ils ont de maux! et que je plains leur sort!
Ayant tout dit, il mit l’enfant à bord.
Je blâme ici plus de gens qu’on ne pense.
Tout babillard, tout censeur, tout pédant,
Se peut connoître au discours que j’avance.
Chacun des trois fait un peuple fort grand:
Le Créateur en a béni l’engeance.
En toute affaire, ils ne font que songer
Au moyen d’exercer leur langue.
Eh! mon ami, tire-moi de danger;
Tu feras après ta harangue.