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Fables de La Fontaine

Chapter 70: L’HOMME ET L’IDOLE DE BOIS.
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About This Book

The collection gathers short narrative poems that retell traditional animal fables and moral anecdotes in lively, often ironic verse. Each piece stages animals or everyday figures to satirize human follies, expose moral lessons, and reflect on prudence, vanity, justice, and power. Verses balance lightness and instruction, using brevity, wit, and vivid imagery to make ethical points accessible. Some prefatory remarks frame the tales as suitable instruction for young rulers and emphasize the mix of entertainment and civic education. Together the fables vary in tone from playful to pointed, moving between gentle admonition and sharp social critique.

VIII

L’HOMME ET L’IDOLE DE BOIS.

Certain païen chez lui gardoit un dieu de bois,
De ces dieux qui sont sourds, bien qu’ayant des oreilles;
Le païen cependant s’en promettoit merveilles.
Il lui coûtoit autant que trois:
Ce n’étoit que vœux et qu’offrandes,
Sacrifices de bœufs couronnés de guirlandes.
Jamais idole, quel qu’il fût,
N’avoit eu cuisine si grasse;
Sans que, pour tout ce culte, à son hôte il échût
Succession, trésor, gain au jeu, nulle grâce.
Bien plus, si pour un sou d’orage en quelque endroit
S’amassoit d’une ou d’autre sorte,
L’homme en avoit sa part; et sa bourse en souffroit:
La pitance du dieu n’en étoit pas moins forte.
A la fin, se fâchant de n’en obtenir rien,
Il vous prend un levier, met en pièces l’idole,
Le trouve rempli d’or. Quand je t’ai fait du bien,
M’as-tu valu, dit-il, seulement une obole?
Va, sors de mon logis, cherche d’autres autels.
Tu ressembles aux naturels
Malheureux, grossiers et stupides:
On n’en peut rien tirer qu’avecque le bâton.
Plus je te remplissois, plus mes mains étoient vides:
J’ai bien fait de changer de ton.