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French Conversation and Composition

Chapter 91: 76. BARUCH
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About This Book

A practical instructional manual for classroom French that pairs short anecdotes adapted for oral practice with a systematic review of elementary grammar. Material is organized into lessons that present conversational prompts, targeted exercises, vocabulary lists, and questionnaires designed to stimulate spontaneous speech while reinforcing points of grammar. Core topics include articles, adjectives and agreement, pronouns, verb tenses and participles, passive and causative constructions, negatives, idioms, and prepositional use with infinitives. The author offers guidance for teachers on encouraging all‑French habits, using French dictionaries, and integrating the book as supplemental conversational practice rather than as a reader.

70. LA DECOUVÉRTE

On demandait à un monsieur, chez lequel des voleurs avaient pénétré pendant la nuit précédente, si sa femme avait regardé sous le lit, à la façon bien connue de son sexe. «Oui, répondit ce monsieur, et elle y a trouvé un homme.--Ah! vraiment! un des voleurs, sans doute? se hâta de demander son interlocuteur.--Non, lui dit le mari, vous vous trompez; c'était moi.»

71. LES FATS TROUVENT PARFOIS À QUI PARLER

Henri IV, roi de France, rencontra un jour dans les appartements du Louvre un homme qui lui était inconnu, et dont l'extérieur paraissait très commun. Il lui demanda à qui il appartenait. «J'appartiens à moi-même, lui répondit cet homme d'un ton fier et peu respectueux.--Mon ami, repartit le roi, vous avez un sot maître.»

Quelle rencontre le roi a-t-il faite?--Sa curiosité s'est-elle éveillée?--Comment a-t-il abordé l'inconnu?--Celui-ci a-t-il dû reconnaître le souverain?--Quelle réponse a-t-il faite à la demande du roi?--Le roi que lui a-t-il répondu à son tour?

Faites ce récit de mémoire.

72. LA LAIDEUR DU PRINCE DE CONDÉ

Un prince de la maison de Condé, branche collatérale de celle de Bourbon, était bossu et laid. Un jour, se promenant dans les rues de Paris, il rencontre un paysan, l'arrête par le bras, se jette à son cou, et l'embrasse de toutes ses forces. Celui-ci, ébahi, lui demande la raison de cette exubérance. «Oh! mon ami, dit le prince, c'est que vous êtes plus contrefait et plus laid que moi; je vous dois des remerciements.» Pour lui le proverbe se transformait: On a souvent besoin d'un plus laid que soi.

Où le prince de Condé se promenait-il un jour?--Qui a-t-il rencontré?--Comment l'a-t-il accosté?--L'autre s'en est-il étonne?--Quels titres le paysan avait-il aux remerciements du prince?

Écrivez en 100 mots cette histoire.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XIII

Disjunctive pronouns.

Examples

Avec moi; chez eux; par lui. With me; at their house; by him.
Moi, je pense comme eux. I think like they (do).
C'est lui qui l'a fait. It is he who did it.
Non, ce sont eux. No, it is they.
Qui est là? Moi. Who is there? I.
Lui-même me l'a dit. He himself told me so.
Eux seuls auraient pu le faire. They alone could have done it.
Lui et moi nous étions ensemble. He and I were together.

A. 1. I am named Jean and he is named Pierre. 2. You and I are going to be questioned by the emperor. 3. What a difference there is between[1] you and[2] her. 4. As[3] for[3] them, they have no brains.[4] 5. He amuses himself more easily than I. 6. I found some burglars at my house last night.[5] 7. When I came[6] home, my husband asked me if it was really[7] I. 8. It is they (feminine) who were mistaken. 9. I myself looked under the bed. 10. You answered him yourself. 11. I am homelier than you, but you are both[8] pretty[9] homely yourselves. 12. Put on six eggs, three for us, and three for yourself. 13. Is it[10] for me or for her? 14. He alone, of all the audience, did not weep. 15. I, your best friend, forget you? Impossible! 16. They, also, were at church. 17. He could go, but she couldn't, because she had people[11] at her house. 18. Are you bored? Same with me.

[Footnotes 1: de. 2: à. 3: omit. 4: esprit. 5: cette nuit. 6: rentrer. 7: bien. 8: tous deux. 9: assez. 10: ce. 11: du monde.]

B. 1. Word Study. Use the following words in the proper spaces in the exercise below:

(a) chanter, chant, chanteur, chanson, cantatrice, cantique.

Ce ---- bien. J'aime le ---- des oiseaux. La Malibran fut la première ---- de son temps. À l'église nous ---- des ----. En France, tout finit par des ----.

(b) bonheur, bonhomie, bonhomme, bonjour, bonne, bonté, bon.

Mon père est très ---- pour moi. Le ---- parfait n'existe pas. Quel est ce ----, Je ne le connais pas. Il montre une feinte ---- sous laquelle se cache sa finesse. Il venait me dire le ----. Sa ---- est intarissable. Nous avons besoin d'une ---- (à tout faire).

(c) habit, habitude, habitant, habiter, habituer, inhabité, habituel, habitué.

C'est un désert ----. Mon frère a l'---- de porter un ---- noir. Les ---- de cette ville se sont ---- au bruit. Nous ---- à Paris depuis plusieurs ans. L'inconduite ---- de ce garçon me déplaît. C'est un ---- de ce café, on l'y voit tous les soirs.

73. L'HOMME QUI FAIT MARCHER DROIT

Le célèbre satirique Pope était bossu et avait les jambes torses. Le roi d'Angleterre l'apercevant un jour dans une rue de Londres, dit à quelques-uns de ses courtisans: «Je voudrais bien savoir à quoi nous sert ce petit homme qui marche de travers.» Le propos étant rapporté sur-le-champ à Pope, il répondit: «À vous faire marcher droit.» En effet, ce poète a exercé sur son temps une réelle suprématie littéraire.

Quels défauts physiques le célèbre écrivain avait-il?--Qui l'a aperçu un jour?--La curiosité du roi s'est-elle éveillée?--Comment l'a-t-on renseigné?--Quelle a été l'influence de Pope?

Racontez cet incident en 100 mots.

74. LA PAYSANNE ET SA NOUVELLE PLACE

Une paysanne avait réussi à se louer à la ville; plus tard elle est revenue faire une visite chez les siens. «Eh bien! Jeannette, lui dit-on, vous habituez-vous à votre nouvelle place?--Je n'ai pas à me plaindre; mais je crois que Madame a le cerveau un peu fêlé. Elle me dit toujours de parler à la troisième personne, et nous ne sommes que deux!»

Quelle place la paysanne avait-elle trouvée?--Est-elle restée longtemps loin de son village?--Comment se plaisait-elle à la ville?--Est-ce qu'elle s'entendait assez bien avec sa maîtresse?--Quel avertissement la dame lui avait-elle donné--Est-ce que la paysanne est parvenue à s'expliquer cette manie de Madame?--À quai l'attribuait-elle?

Quels autres verbes se conjuguent comme plaindre?

75. SENSIBILITÉ DÉPLACÉE

Une femme qui se piquait d'avoir le cœur extrêmement tendre, disait un jour à son boucher: «Je ne comprends pas comment on peut choisir une si odieuse profession que la vôtre. Comment pouvez-vous avoir la cruauté de mettre à mort ces pauvres agneaux?--Madame, lui répondit le boucher étonné, est-ce que vous aimeriez mieux les manger vivants?»

Quel faible la bonne femme avait-elle?--Quel reproche a-t-elle fait a son boucher?--Comment lui a-t-il donné à penser?

Savez-vous une autre expression pour: mettre à mort, et aimer mieux?

76. BARUCH

On entend parfois prononcer cette phrase énigmatique: «Avez-vous lu Baruch?» En voici l'origine:

Un jour que Racine avait mené La Fontaine à l'office du soir, il lui mit dans les mains un volume de la Bible. La Fontaine tomba sur la belle prière des Juifs, dans le prophète Baruch. Plein d'admiration, il s'empressa de dire à Racine: «Quel était donc ce Baruch? C'était un beau génie!» Et les jours suivants, il disait à toutes les personnes qu'il rencontrait: «Avez-vous lu Baruch?» Depuis, cette interrogation s'emploie quand on a l'esprit rempli d'une chose que l'on considère comme une découverte soudaine, et dont on reste fortement frappé.

Où Racine se trouvait-il une fois avec La Fontaine?--Qu'est-ce qu'il lui mit dans les mains?--La Fontaine a-t-il feuilleté le livre?--Sur quelle partie s'est-il arrêté?--Quelle découverte a-t-il cru faire?--Est-ce que son esprit en est resté frappé?--Comment le nom du prophète est-il devenu proverbial?

Écrivez cette histoire en 100 mots.

77. L'AMI DU LACONISME

Un certain médecin était bien connu par son laconisme. Il détestait les longues consultations et les détails inutiles et filandreux. Une dame connaissant cette particularité se présente chez lui pour le consulter sur une grave blessure qu'un chien lui avait faite au bras. Elle entre sans rien dire, découvre la partie blessée, et la place sous les yeux du docteur. Celui-ci regarde un instant, puis il dit: «Égratignure?--Morsure.--Chat?--Chien.--Aujourd'hui?--Hier.-- Douloureux?--Non.» Le docteur fut si enthousiasmé de cette conversation qu'il aurait presque embrassé la dame.

Qu'est-ce qui ennuyait fort le médecin?--La dame connaissait-elle bien son homme?--De quai souffrait-elle?--Comment a-t-elle abordé le médecin?--Quelle impression lui a-t-elle faite?

78. IMPARTIALITÉ D'ALEXANDRE LE GRAND

Lorsqu'Alexandre le Grand rendait la justice, il avait coutume, pendant que l'accusateur parlait, de se boucher une oreille avec la main. Comme on lui en demandait la raison: «C'est, répondit-il, que je garde l'autre a l'accusé.»

Quelle habitude Alexandre le Grand avait-il?--Ce procédé a-t-il éveillé la curiosité de ses courtisans?--Comment le leur a-t-il expliqué?

Racontez une histoire de la vie d'Alexandre le Grand.

79. L'ESPAGNOL PARESSEUX

Un jeune Français, élève de l'Académie de peinture, étant allé en Italie pour se perfectionner, rencontre à Naples un Espagnol couvert de haillons et d'une malpropreté excessive: vice dont en général ce peuple est accusé. Le jeune peintre remarque que l'Espagnol a les mains fort bien faites, quoique fort sales. Il lui propose de les dessiner. L'Espagnol accepte, moyennant quelque argent qui lui est promis. Le Français le conduit chez lui, et lui dit de se laver les mains. «Soit.» Il passa au vestibule; puis revenant comme par réflexion: «Laquelle, monsieur, dit-il, voulez-vous dessiner?»

Où le jeune artiste avait-il fait ses premiers pas dans la carrière de peintre?--Où s'est-il rendu ensuite?--Qu'est-ce qu'il comptait y faire?--De qui a-t-il bientôt fait la connaissance?--Qu'est-ce qui l'a fortement intéressé à ce type?--Quel dessein a-t-il formé?--L'autre a-t-il agréé la proposition?--Quel petit détail fallait-il régler auparavant?--L'autre a-t-il fait le difficile?--Quelle précaution voulait-il prendre?

Racontez en 100 mots cette histoire.

80. FAUTES DE PRONONCIATION

Les fautes grossières contre les règles fondamentales de la prononciation portent les noms de Cuir, de Velours, et de Pataquès.

Cuir se dit, d'une façon générale, de toute faute de prononciation: «Il va-t-à la campagne» pour «Il va à la campagne.» Le cuir suivant: «entre quatre-z-yeux» a été sanctionné par l'Académie dans l'intérêt même de l'harmonie des sons.

Velours se dit d'un son doux remplaçant par erreur un son dur: «Elle était-z-à la campagne» pour «Elle était à,» etc. À l'origine, ce mot velours s'employait par opposition à cuir, parce que souvent le premier donnait l'idée d'une chose plus douce que le second.

Pataquès se dit spécialement de l'emploi erroné d'un «t» pour un «s.» Son origine est, dit-on, la suivante: Un étudiant, assis au théâtre près de deux dames, trouve un éventail sous sa main. Il dit à la première dame: «Est-il à vous, Madame?--Il n'est point-z-à moi, Monsieur.--Est-il à vous, Madame? reprend-il en s'adressant à la seconde.--Il n'est pas-t-à moi, dit-elle.--Puisqu'il n'est point-z-à vous et qu'il n'est pas-t-à cette dame que voici, je ne sais pas-t-à qu'est-ce!» dit l'étudiant en riant.

Expliquez les termes: cuir, velours, pataquès.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XIV

Review possessive pronouns.--Order in interrogative sentences.--Definite article used for possessive adjective.

Examples

Est-il arrivé? Has he arrived?
Votre père le sait-il? Does your father know it?
Jean a-t-il des plumes? Has John any pens?
Combien ces montres coûtent-elles? How much do these watches cost?
Comment votre mère a-t-elle su la chose? How did your mother learn of the affair?
Pourquoi cet homme est-il venu? Why has this man come?
Il leva la tête. He raised his head.
Je me suis brossé les dents. I brushed my teeth.

A. 1. Did Pope have crooked legs? 2. Was he a[1] hunchback? 3. Did the peasant girl succeed in[2] hiring out? 4. Where did she visit? 5. Wasn't the lady's brain a little "off" (cracked)? 6. Why has the servant come back? 7. I like my profession better than yours. 8. That[3] is because you are a little soft-hearted. 9. When did the doctor put this book into your hands? 10. He has his mind full of the thing, hasn't he?[4] 11. The dog made a severe wound in my arm. 12. Is this cat yours or theirs? 13. I have a dog of my own.[5] 14. Don't stop up your ears, will you?[4] 15. The Spaniard had dirty hands, dirtier even[6] than mine. 16. I am going to take you to my house. 17. You may wash your hands, if you wish. 18. The fan isn't mine, it is my mother's,

[Footnotes 1: omit. 2: à. 3: ce. 4: n'est-ce pas? 5: à moi. 6: même.]

B. Word Study. In the following anecdote, substitute equivalents for expressions in italics:

81. JUSTICE DE SOLIMAN

Comme Soliman, sultan des Turcs, allait à la conquête de Belgrade, l'an 1521, une femme s'approcha de lui et se plaignit vivement de ce que, pendant son sommeil, des soldats lui avaient volé des bestiaux qui faisaient route sa fortune.

«Il fallait que tu fusses plongée dans un sommeil bien profond, lui dit en riant le prince, puisque tu n'as pas entendu entrer les ravisseurs.--Oui, je dormais fort paisiblement, repartit la vieille, dans la certitude où j'étais que Votre Hautesse veillait pour la sécurité générale

Soliman ne s'irrita point de ce mot, tout hardi qu'il était, et il ordonna à son visir de compenser généreusement la perte que cette femme avait subie.

82. NAÏVETÉ D'UN AVARE

Un avare observant que son vin diminuait quoiqu'il fût[1] dans une cruche cachetée, cherchait en vain à en deviner la cause. Sa femme lui dit: «Peut-être qu'il y a une ouverture par-dessous.--Sotte que tu es, repartit le mari, tu n'y entends rien, ce n'est pas par-dessous qu'il en manque, c'est par-dessus!»

[Footnote 1: Why subjunctive?]

De quai l'avare s'est-il aperçu?--Pourquoi était-il difficile d'en comprendre la cause?--Quelle suggestion la femme a-t-elle offerte?--Le mari admettait-il cette solution de l'énigme?

Nommez les prépositions qui correspondent à dessous et dessus.

83. PEINE PERDUE

Dans un temps de sécheresse, un curé des environs de Choisy, près Paris, est invité par ses paroissiens à faire une neuvaine pour obtenir de la pluie, ainsi qu'avaient fait tous ses confrères circonvoisins.

«Mes amis, leur dit-il, restons tranquilles, je vous en prie. Puisque toutes les paroisses circonvoisines ont adressé au ciel leurs vœux, si nos voisins ont de la pluie, nous en aurons aussi, car nous sommes au centre; s'ils n'en ont pas, nous aurons épargné nos prières et nos peines.»

Quel temps faisait-il?--Quel mal pouvait en résulter?--Par quel moyen espérait-on se délivrer de ce fléau?--Est-ce que ce pays-là était le seul aux alentours à souffrir de la sorte?--Pourquoi le curé croyait-il inutile de recourir aux prières?--Son idée était-elle pratique?

Faites ce récit de mémoire.

84. LE MAUVAIS CHEVAL

Un fermier de Yorkshire ayant mené un cheval à la foire, le vendit à un officier de remonte. L'année suivante, l'officier retourne à la même foire et apercevant notre homme, il s'avance sur lui en colère: «Coquin, dit-il, vous m'avez vendu une rosse qui ne vaut rien pour l'armée!--Eh bien! répond le fermier sans s'émouvoir, faites-en cadeau à la marine.»

Comment le fermier s'est-il défait de sa rosse?--A-t-il revu l'acheteur?--Celui-ci en voulait-il au fermier?--Quel conseil le fermier a-t-il donné à l'officier?

85. UN BON AVERTI EN VAUT DEUX

Un homme avait l'habitude d'emprunter de l'argent à l'un de ses amis. Un jour la conversation suivante eut lieu entre eux au sujet d'un nouvel emprunt.

«Vous m'avez dit que vous me prêtiez cinquante francs, dit l'emprunteur, mais vous ne m'en donnez que quarante-neuf.--Je garde un franc pour payer le port des lettres que j'aurai à vous écrire pour me faire rembourser.--En ce cas, reprit le premier, je vous conseille d'en retenir cinq.»

Quelle fâcheuse coutume cet homme avait-il?--Avait-il également l'habitude de rendre promptement l'argent prêté?--Comment fallait-il toujours s'y prendre avec lui pour se faire rembourser?--Quel moyen l'ami a-t-il enfin inventé pour rentrer dans ses frais?--L'emprunteur a-t-il pris la chose en mauvaise part?

Expliquez les mots emprunt, emprunteur, emprunter.

86. ON NE PEUT PAS SIFFLER QUAND ON BÂILLE

Zaïre, tragédie de Voltaire, ne fut point goûtée du public à sa première représentation, et l'auteur en était fort mécontent. Comme il s'en allait tout pensif, il rencontra Piron, à qui il se plaignit du peu de goût et de l'injustice de ce même public; mais voulant cacher en quelque sorte tout le dépit qu'il en concevait, il ajouta: «Il est vrai que ma pièce n'a pas plu, mais au moins elle n'a pas été sifflée.--Comment veux-tu, mon ami, que l'on siffle[1] quand on bâille?» lui répliqua Piron.

[Footnote 1: Why subjunctive?]

Zaïre de Voltaire a-t-il joui d'un immense succès dès la première représentation?--Comment a-t-il été accueilli du public?--L'auteur a-t-il été sensible au peu de louanges que sa pièce lui rapportait?--À qui s'en est-it ouvert?--Par quelle réflexion a-t-il voulu dorer la pilule?--Piron a-t-il ménagé les sensibilités de l'infortuné poète?

Écrivez en 100 mots cette histoire.

Quels livres de Voltaire avez-vous lus?

Nommez ceux que vous connaissez.

87. L'IGNORANT BEL ESPRIT

Un ignorant bel esprit se présente à l'Université de... pour y passer son doctorat. Il y est reçu. Surpris de la facilité avec laquelle il avait acquis ce grade, et voulant faire le plaisant, il va de nouveau trouver le recteur, et lui dit: «Monsieur, pendant que je suis en cette ville, je voudrais profiter de l'occasion pour faire recevoir aussi mon cheval.--Monsieur, lui répondit le recteur, je suis fâché de ne pouvoir vous obliger davantage, mais nous ne recevons ici que les ânes. Il y va de notre prestige.»

Dans quel but l'ignorant s'est-il présenté à la faculté?--A-t-il été refusé?--S'en est-it étonné?--S'en est-il allé content?--Comment a-t-il voulu abuser de l'indulgence qu'on lui avait témoignée?--Quelle réponse lui a-t-on faite?

88. LE PORTRAIT DU CUIRASSIER

On conte sur Horace Vernet, qui fut un des meilleurs peintres militaires de la France, une amusante anecdote. Elle prouve que, chez ce grand artiste, la bonhomie naturelle était à la hauteur du talent.

Un matin, un cuirassier, qui avait fréquemment entendu prononcer le nom de Vernet, mais qui ne se rendait pas bien compte de la position du célèbre peintre, alla le trouver dans son atelier. Le brave garçon désirait avoir son portrait pour l'envoyer au pays. Il s'en ouvrit à l'artiste, mais il ajouta qu'il voulait avant tout être fixé sur le prix que cela lui coûterait.

«Combien veux-tu y mettre? demanda Horace.--J'irai bien jusqu'à trente sous, répondit le cuirassier.--Bon! cela me va.»

En quelques coups de crayon, Vernet eut bien vite terminé une charmante esquisse du guerrier, que celui-ci emporta triomphant. Le beau militaire ne put cependant s'empêcher de dire à un camarade qui l'attendait à la porte: «J'ai eu tort de ne pas marchander: j'aurais peut-être eu mon portrait pour vingt sous.»

La naïveté du cuirassier est d'autant plus amusante que le moindre dessin de Vernet se payait déjà fort cher quand ce peintre célèbre vivait. Aujourd'hui un tableau de lui vaut une petite fortune.--(CLAUDE AUGÉ.)

À quel titre Horace Vernet est-it célèbre?--Avait-il un caractère aimable?--Est-ce que le cuirassier de notre anecdote avait jamais entendu parler de lui?--Quel dessein le soldat a-t-il formé?--Qu'est-ce qu'il voulait savoir auparavant?--Le peintre a-t-il fixé le prix que cela lui coûterait?--Le soldat voulait-il payer cher son portrait?--Le peintre s'est-il montré complaisant?--Quel regret le cuirassier a-t-il éprouvé en sortant de chez Vernet?--Savait-il ce que valait son portrait fait par le célèbre artiste?

Quelles sont, dans cette anecdote, les expressions les plus usuelles? Les plus difficiles?

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XV

Pronominal use of en and y.--Order in the sentence.

Examples

Je suis content de mon sort. I am satisfied with my lot.
J'en suis content, j'en suis fier. I am satisfied with it, I am proud of it.
Je suis allé au théâtre; j'y ai vu Talma. Y êtes-vous allé? I went to the theatre; I saw Talma there. Did you go (there)?
J'ai des pommes.--Donne-m'en.--Je vous en donne.--Donnes-en en à ma sœur aussi.--Ne lui en donne pas. Etc. I have some apples.--Give me some.--I give you some.-- Give some to my sister, too.--Don't give her any. Etc.
Je vous y envoie.--Envoyez m'y.--Envoies-y Jean.--Ne m'y envoie pas. Etc. I send you there.--Send me there.--Send John there.--Don't send me there. Etc.

A. 1. There is good wine at Choisy, I am going there to get some. 2. There is some missing, and I can't guess the reason for it. 3. My friend is going to give a ball[1] and I am invited to it. 4. If you have any, give me a little.[2] 5. Give John some. Don't give him too much.[3] 6. If I had any horses, I would make a present of them to the army. 7. I didn't do anything of the sort.[4] 8. I had fifty francs and I kept five. 9. They [5] didn't like my tragedy, and I am very much displeased about it. 10. If you complain about it, they will go away. 11. I went to the University of X to get my doctor's degree. 12. I got it.[6] 13. You have such a fine chance, you ought to take advantage of it. 14. We can't receive you; I am very sorry about it. 15. They tell a funny story about him.[7] 16. Vernet was very famous, but the cavalryman didn't realize[8] it. 17. He didn't disclose[9] himself to the artist. 18. How much was he willing to put into it? 19. Give me some, I beg of you (to do so).[10] 20. Think of it![11] His life is at stake![12] 21. I can't make head nor tail of it.[13] 22. This wine is diminishing, although it is[14] in a sealed jug.

[Footnotes 1: bal (m.). 2: un peu. 3: trop. 4: je n'en ai rien fait. 5: On. 6: Y être reçu. 7: not en here. Why? 8: se rendre compte de. 9: s'ouvrir (à). 10: en. 11: penser (à). 12: il y va de. 13: je n'y entends rien. 14: subjunctive. Why?]

B. Word Study, based on «Le Portrait du Cuirassier.»

(a) Define, in French, the following words:

artiste, talent, entendre, se rendre compte, célèbre, atelier, portrait, cher, valoir, esquisse.

(b) Define, in French, at least one word cognate with each of the following:

conter, amuser, désirer, demander, répondre, marchander, vivre, peintre, nature, nom, compte, ouvrier, guerrier, dessin, grand, haut, brave, bon, triomphant, beau, fort.

Example: conter. Un conteur est un auteur de contes.

89. LE BOURGEOIS EN COLÈRE

Un bon bourgeois ayant appris que plusieurs de ses parents s'étaient trouvés à un repas de famille auquel il n'avait pas été invité s'écria en colère: «Eh bien! pour les faire enrager, je vais donner un grand dîner d'apparat où je serai tout seul.»

Quel sujet le bourgeois avait-il de prendre la mouche?--A-t-il voulu passer l'affaire sous silence?--Comment s'est-il proposé de se venger de ses parents?--Le dîner a-t-il dû être triste ou gai?

90. LE TORRENT ET LE RUISSEAU

Un torrent furieux, dans sa course rapide, insultait un ruisseau timide dont l'onde arrosait un verger. «Va, lui dit le ruisseau, sois fier de l'avantage d'offrir à chaque pas quelque nouveau danger. Je serais bien fâché d'avoir pour mon partage l'honneur cruel que tu poursuis: tu t'annonces par le ravage; moi, par les biens que je produis

Quels sont les personnages de cette fable?--Qu'est-ce que le ruisseau reprochait au torrent?--De quai le torrent se faisait-il fort?--Quelle vertu le ruisseau avait-il?--Lequel des deux frappe plus fortement l'imagination des hommes?--Lequel des deux leur est le plus utile?--Quelle est la moralité de ce récit?

Formez d'autres mots des mots soulignés.

91. LES POUCES DU SERPENT

«Après une lutte horrible, dit un voyageur, je parvins à dégager mes bras des replis dont le boa avait serré mon corps, et au moment où le monstre ouvrait sa gueule formidable à deux pouces de ma tête, je lui lâchai mon coup de fusil entre les deux mâchoires, et il tomba raide mort.--C'est magnifique, dit quelqu'un. Combien de pieds de long avait ce serpent?--Il avait quatre-vingt douze pouces, répondit l'autre; les serpents n'ont pas de pieds.»

Quelle scène le voyageur dépeignait-il?--Dans quelle situation périlleuse s'était-il trouvé?--Comment s'en est-il tiré--Son récit a-t-il produit l'effet désiré?--Quelle question un de ses auditeurs lui a-t-il posée?--Comment le voyageur lui a-t-il répondu?

92. LE PEINTRE DAVID ET LE COCHER

David, célèbre peintre français sous l'Empire, a excellé par la pureté classique de son dessin. On conte sur lui, pourtant, une anecdote qui porte à croire que les artistes mêmes sont faillibles.

Cet homme illustre avait exposé un de ses plus beaux tableaux et se trouvait par hasard confondu dans la foule qui l'admirait. Il remarqua un homme dont le costume annonçait un cocher de fiacre, et dont l'attitude indiquait le dédain. «Je vois que vous n'aimez point ce tableau, lui dit le peintre.--Ma foi, non!--C'est pourtant un de ceux devant lesquels tout le monde s'arrête.--Il n'y a pas de quoi. Voyez cet imbécile de peintre qui a fait un cheval dont la bouche est toute couverte d'écume et qui, pourtant, n'a pas de mors.» David se tut; mais dès que le salon fut fermé, il effaça l'écume.

À quelle époque le peintre David a-t-il vécu?--À quel titre est-il célèbre?--Son dessin a-t-il cependant toujours été parfait, à tous les points de vue?--Dans quelle foule se trouvait-il un jour par hasard?--Tout le monde trouvait-il bons ses tableaux?--Qui est-ce qui regardait avec dédain certain tableau de cet artiste?--Qu'y avait-il de faux dans ce tableau, à son avis?--Avait-il raison?--Parlait-il en connaissance de cause?--Comment David a-t-il réparé la faute?

Donnez des synonymes à dix mots de cette histoire.

93. L'HOMME DUPE DE SA CRÉDULITÉ

Un bourgeois de Lyon, fort riche, ayant fait tirer son horoscope, mangea, pendant le temps qu'il croyait avoir à vivre, tout ce qu'il avait. Mais ayant été plus loin que l'astrologue ne l'avait prédit, il n'avait plus de quoi se nourrir. Il se vit obligé de demander l'aumône, et il disait en tendant la main: «Assistez un homme qui a été dupe de sa crédulité.»

Est-ce qu'on croit encore de nos jours aux horoscopes?--Quelle destinée avait-on prédite au bourgeois?--Comment a-t-il voulu en tirer profit?--L'horoscope a-t-il dit vrai?--Qu'est-ce que le pauvre bourgeois a dû faire pour se nourrir?--Quelle est la moralité du récit?

94. GÉNÉREUX À BON MARCHÉ

Un jeune vaurien, qui espérait hériter un jour de son oncle, voulait le sonder un peu pour savoir les chances qu'il courait de réaliser son ambition. «J'ai fait un beau rêve cette nuit, mon cher oncle, lui dit-il un matin.--Vraiment! dit l'oncle, et qu'avez-vous rêvé?--Que vous me donniez cinq cents francs.--Eh bien! répond le vieux, qui voyait bien de quoi il retournait, pour ne pas vous désappointer je vous permets de les garder.»

Qu'est-ce qui travaillait l'esprit du jeune homme?--Comment s'y est-il pris pour soutirer de l'argent à son oncle?--Est-ce que cela a pris?

Faites ce récit de memoire.

95. LES GRANDS HOMMES NE SONT PAS TOUT-PUISSANTS

Les hommes célèbres reçoivent parfois des communications assez bizarres. M. Edison, le grand inventeur américain, a reçu un jour une lettre que lui écrivait une demoiselle et dans laquelle elle lui demandait s'il ne pourrait pas inventer une machine au moyen de laquelle elle pourrait voir son futur mari. Il aurait pu répondre, comme le Pape au cardinal peint en enfer: «Mon pouvoir ne s'étend pas si loin.»

Les grands personnages reçoivent-ils beaucoup de lettres?--À quel titre M. Edison est-il fameux?--De qui a-t-il reçu un jour une épître très curieuse?--Quel désir exprimait-on là-dedans?--M. Edison était-il à même de satisfaire la jeune personne?

96. UNE RÉPONSE AUDACIEUSE

Les hommes d'esprit aiment l'esprit partout où ils le rencontrent, et alors même que l'on s'en sert contre eux. Voici, à l'appui de cette opinion, une anecdote assez curieuse, qui se rattache au souvenir de la bataille de Kollin. On sait qu'elle fut gagnée en 1757 par le maréchal autrichien Daun sur Frédéric II, roi de Prusse.

Nous sommes à Berlin, après la conclusion de la paix définitive. Frederic aime à se promener dans sa capitale où il est acclamé par tous, mais où chacun tremble devant son regard sévère. Un jour, il rencontre un de ses vieux grenadiers de la Guerre de Sept Ans, dont le visage est tout sillonné d'énormes balafres. «Dans quelle auberge, lui demande le roi d'un ton moqueur, t'es-tu fait arranger de la sorte?--Sire, répond le grognard sans se déconcerter, dans une auberge où vous avez payé votre écot: à Kollin.» À ces mots, Frédéric fronça d'abord les sourcils; puis, s'il faut en croire la légende, il sourit et récompensa celui qui avait su répondre spirituellement à sa blessante question.--CLAUDE AUGÉ.

Les hommes d'esprit reconnaissent-ils l'esprit chez les autres?--De quelle bataille est-il question dans cette anecdote?--Où la scène se passe-t-elle?--Frédéric jouissait-il de beaucoup d'estime dans sa capitale?--Avait-on ordinairement peur de lui?--Quelle rencontre a-t-il faite une fois?--Qu'est-ce qui a attiré surtout l'attention du roi?--Qu'est-ce qu'il a demandé à l'inconnu?--Quelle réponse spirituelle a-t-il tirée du soldat?--Comment a-t-il pris la chose,--en bonne ou en mauvaise part?

Écrivez en 200 mots cette histoire.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XVI

Relative Pronouns.

Examples

L'homme (le cheval, la vache, etc.), qui est devant la maison. The man who (the horse, cow, which) is in front of the house.
La femme que je rencontre. La vache (le cheval) que je vends. The lady whom I meet. The cow (horse) which I am selling.
La fille de l'avocat qui est ici. The daughter of the lawyer who is here.
La fille de l'avocat, laquelle est ici, est malade. The lawyer's daughter, who is here, is ill.
L'homme avec qui je parle. The man with whom I speak.
Le livre dans lequel j'étudie. The book in which I study.
Le magasin auquel je vais, duquel je sors. The store to which I go, from which I come.
Je vous donnerai ce qui est ici, ce que j'ai trouvé. I'll give you what is here, what I found.
Le livre (l'homme) dont je parle. The book of which (the man of whom) I speak.
L'homme dont le fils est mort. The man whose son is dead.
L'homme dont je connais le fils. The man whose son I know.
La femme au fils de laquelle j'écrivais. The lady to whose son I was writing.
La ville dont je suis venu. The city whence I came.
Savez-vous de quoi s'agit? Do you know what it is about?
Donnez-moi de quoi écrire. Give me writing material.
Il n'a pas de quoi vivre. He has nothing to live on.
La ville où il se trouve. The city in which he is.
Le pays d'où il vient. The country from which he comes.
Etc. Etc.

A. 1. That man who is stopping before the picture, and whose attitude shows contempt, is a celebrated painter. 2. There is the picture that I like most.[1] 3. A horse that had no bit wouldn't have his[2] mouth covered with foam. 4. The coachman whose horse you saw didn't like the picture. 5. The man for whom he made the picture was in the crowd. 6. Here is a salon in which you can admire the pictures about which we were talking. 7. The bourgeois has eaten all[3] he has. 8. I haven't anything[4] to write with.[4] 9. She has enough[4] to live on.[5] 10. The uncle saw which[6] way the wind blew.[7] 11. The wife of the inventor, who (i.e. the wife) wrote me a letter, wishes to see me. 12. The machine that we made use of was invented by Edison. 13. There is the man with whose uncle I was walking. 14. He[8] is a man whose opinion I respect. 15. That person whose aspect[9] is so severe is the grenadier to whom the king spoke. 16. What made me mad, was[10] that they invited me to a dinner at which I found several of my relatives. 17. He fell dead at the moment when I freed my arms. 18. This painter whose uncle I am is a famous man. 19. There is nothing to be astonished about.[4] 20. The city from which he comes is Lyons.

[Footnotes 1: le mieux. 2: la. 3: supply "that which." 4: de quoi. 5: omit. 6-7: de quoi il retournait. 8: Ce. 9: l'aspect. 10: c'est.]

B. Word Study. Find opposites of the following words in the anecdotes included in this lesson: mauvais, recevoir, petit, sécurité, mal, avant, court, fermer, laid, admiration, pauvre, mourir, près, âgé, beaucoup, ignorer, demander, défendre de, commencement, tranquille, lent, hardi, vieux.

Use these words and their opposites in original sentences.

97. L'OCCASION FAIT LE LARRON

Le propriétaire d'une auberge de village servit un œuf au roi George II qui s'y était arrêté, et lui demanda en retour une guinée. Sa Majesté lui dit en souriant: «Il paraît que les œufs sont bien rares ici.--Oh! non, sire, répondit l'hôtelier, ce ne sont pas les œufs... ce sont les rois.»

Où le roi s'est-il arrêté?--Pourquoi s'y est-il arrêté?--Combien l'aubergiste voulait-il faire payer ses œufs?--Le roi a-t-il trouvé le prix raisonnable?--Pourquoi l'aubergiste avait-il tant demandé?

Faites ce récit de mémoire.

98. LE MARI BIEN APPRIVOISÉ.

«Charles, s'écria une femme, en poussant du coude son benêt de mari, juste au moment où il allait s'endormir, je suis sûre d'avoir entendu du bruit en bas; ce sont des voleurs. Lève-toi tout de suite, et vois ce que c'est. Mais à propos, mon ami, si ce sont des voleurs, que vas-tu faire?--Que vais-je faire? répéta le mari avec un grand calme, tout en se préparant à descendre; mais, naturellement, je ferai ce qu'ils voudront! Je n'ai jamais pu faire ce que je veux dans cette maison, et c'est un peu tard, il me semble, pour commencer à présent

Qu'est-ce que la femme a cru entendre?--Son mari entendait-il aussi quelque chose?--La femme qu'a-t-elle prié son mari de faire?--Charles s'est-il exécuté de bonne grâce?--Qu'est-ce qu'il se proposait de faire, une fois descendu?--Croyait-il au dicton: «Mieux vaut tard que jamais»?

Expliquez les irrégularités des mots soulignés.

99. IL EN COÛTE D'ÊTRE BAVARD

Un jeune homme d'un naturel bavard voulait s'instruire à l'école d'Isocrate, orateur athénien du IVe siècle av. J.-C. Le philosophe voulait bien le recevoir, mais comme il connaissait son faible, il le prévint qu'il devait payer le double de ce que les autres payaient: «Car, lui dit-il, je dois vous apprendre deux sciences, celle de parler, et celle de vous taire.» On reconnaît que de ces deux sciences, la dernière est parfois la plus difficile à apprendre.

100. LE CRÉANCIER DE NAPOLÉON

Une grande revue des troupes de Lyon eut lieu en 1815, immédiatement après le débarquement de Napoleon, à son retour de l'île d'Elbe. Un commandant, qui voulait abaisser l'empereur aux yeux de ses anciens soldats, leur faisaient remarquer qu'ils étaient bien vêtus et bien nourris; que leur paye était visible sur leurs personnes: «Oui, certainement, répliqua un grenadier auquel il s'adressait.--Eh bien! Continuait l'officier avec un air de confiance, ce n'était pas ainsi sous Napoléon. Votre paye était en arrière; il était souvent votre débiteur.--Qu'est-ce que cela fait, dit vivement le grenadier, si nous voulions lui faire crédit?»

Donnez, en français, des définitions des noms qui se trouvent dans cette anecdote.

101. FABLE

Un certain Parmenon imitait parfaitement le grognement du porc. Ses camarades, jaloux de la réputation qu'il s'était acquise par son talent, tâchaient de l'imiter, mais les spectateurs, prévenus, disaient toujours: «Cela est bien; mais qu'est-ce en comparaison du porc de Parmenon?»

Un de ses rivaux prit un jour sous sa robe un jeune porc qu'il fit grogner. Les spectateurs, après avoir entendu ce cri naturel, dirent encore: «Qu'est-ce que cela auprès du porc de Parmenon?»

Alors il lâcha son porc au milieu de l'assemblée, et les convainquit par là que c'était la prévention, et non la vérité, qui dictait leur jugement.

Donnez votre idée de la morale de cette histoire.

102. LES DEUX LAPINS

A travers les buissons, poursuivi par des chiens, je ne dirai pas courait, mais volait un lapin. De son terrier sortit un de ses camarades, qui lui dit: «Halte! ami, qu'y a-t-il?--Qu'y a-t-il? répondit l'autre, je n'en ai plus de souffle: deux brigands de lévriers sont là sur ma piste!--Oui, répliqua le premier, je les vois là-bas; mais ce ne sont pas des lévriers.--Qu'est-ce que c'est alors?--Des bassets.--Des bassets?--Mais oui.--Quelle plaisanterie! je te dis que ce sont des lévriers et très bien des lévriers; je les ai assez vus!--Ce sont des bassets, va; tu n'y entends rien.--Des lévriers, te dis-je.--Allons donc, des bassets!» Là-dessus arrivent les chiens, qui happent nos lapins pris au dépourvu. Que ceux qui, pour des détails peu importants, négligent l'affaire essentielle, se souviennent de cet exemple.--YRIARTE.

Écrivez, en 200 mots, l'histoire des deux lapins.

GRAMMAR REVIEW.-LESSON XVII

Demonstrative pronouns.

Examples

Voici mes livres et ceux de Jean. Here are my books and John's.
Voici mes plumes et celles que vous avez achetées. Here are my pens and those that you bought.
J'ai deux montres. Aimez-vous celle-ci ou celle-là? I have two watches. Do you like this one or that one?
Lamartine et Balzac. Celui-ci est un grand romancier; celui-là un grand poète. Lamartine and Balzac. The former is a great poet, the latter a great novelist.
C'est mon ami.--Ce sont eux.--C'est moi.--C'est un poète.--C'est difficile, etc. He (it) is my friend.--It is they.--It is I.--He is a poet.-It is difficult, etc.
Ceci est le mien, cela est le vôtre. This (indefinite) is mine, that is yours.

A. 1. Do you see my dogs? These are greyhounds, those are dachshunde. 2. They[1] are good dogs. 3. I hear a[2] noise; it[1] is burglars. 4. It was a burglar, but it[3] seemed to me a little late to go down. 5. I want to learn that one[4] of the sciences which is most difficult. 6. These soldiers are better fed than those of Napoleon. 7. That makes no difference.[5] 8. That's all right but look at this! 9. It[3] would be difficult to imitate the grunt of a pig. 10. No, on the contrary, it[1] would be easy. 11. That[1] is what he said. 12. Was[6] it you who neglected this affair? 13. It was[6] we who did it. 14. I saw an officer and a grenadier; the former was better dressed than the latter. 15. Those who wish to be educated in this school must pay double what those pay who are educated elsewhere. 16. The hardest thing[4] is[7] to learn to[8] keep still. 17. What I ought to do is[7] to learn all that[9] I can. 18. Let[4] my soldiers be[10] well dressed and well fed.

[Footnotes 1: what pronoun? 2: du. 3: il. 4: omit. 5: rien. 6: present tense. 7: c'est. 8: à. 9: ce que. 10: why subjunctive?]

B. Word Study. In the following anecdote substitute equivalents for expressions in italics:

103. SENTENCE CONTRE LES MOUCHES

Un employé de l'octroi d'une petite ville d'Allemagne vit un jour arriver un paysan français qui portait plusieurs pots de miel. Pour vexer notre compatriote, le fonctionnaire découvrit tous les pots l'un après l'autre, sous prétexte de voir s'ils ne contenaient aucun objet de contrebande. Le miel étant ainsi découvert attira une nuée de mouches qui le gâtèrent tellement qu'il fut impossible au paysan de le vendre. Il porta plainte devant le bourgmestre, et demanda qu'on lui rendît au moins ce qu'il avait payé pour le droit d'entrée. Le bourgmestre examina l'affaire, puis il déclara que l'employé ne méritait aucun reproche, et que les mouches, auteurs de tout le mal, devaient seules être punies: il permit donc au paysan de les tuer sans pitié partout où il les rencontrerait. Le rusé paysan pria le bourgmestre de lui donner sa décision par écrit, et dès qu'il eut l'écrit entre les mains, une mouche vint lui fournir l'occasion de faire repentir le juge de sa mauvaise plaisanterie. Elle s'était posée sur la joue du bourgmestre, et le paysan s'empressant aussitôt d'exécuter la sentence, appliqua sur la mouche, si bien placée à sa portée, un soufflet plus que suffisant pour l'écraser. Le bourgmestre chancela sous le coup et se mit en fureur contre le paysan; mais celui-ci se contenta de lui montrer le papier qu'il avait signé et se retira fort tranquillement.

104. L'IDÉE FIXE

Un vieux monsieur habitant la banlieue de Paris avait pris un billet de saison pour la ville, bon jusqu'à une certaine date. Étant tombé malade quelques jours après, il ne put faire usage de son passe qu'un jour ou deux avant l'expiration de la date. Il essaya, mais en vain, de le faire proroger. Pour se venger, il se mit à voyager continuellement de chez lui à la ville et de la ville chez lui, et finit par changer de train à chaque station.

Quelqu'un ayant remarqué ses étranges mouvements, lui demanda quelles affaires si importantes et si pressantes il pouvait bien avoir. «La Compagnie m'en donnera pour mon argent jusqu'au dernier sou, quand je devrais en mourir,» répondit le bonhomme.

Cette anecdote rappelle celle du bonhomme qui, pour se venger de la société des chemins de fer, prit un billet aller et retour, en se jurant tout bas de ne pas revenir, tout simplement pour faire enrager «ces fourbes-là.»

105. L'OFFICIER POLI

Un officier ayant eu, dans une bataille, l'occasion de saluer, un boulet de canon passa par-dessus sa tête et tua un soldat derrière lui. «On ne perd rien à être poli,» dit-il.

Racontez l'expérience de l'officier.--Pensez-vous qu'on ait souvent l'occasion de saluer pendant une bataille?--De quoi l'officier se félicitait-il ?

106. POLITESSE DE PIRON

Un plagiaire, qui admirait le génie de Piron, était sur le point de publier une tragédie. Mais il voulut avant la lire à Piron et en obtenir son jugement. Pilon n'a pas manqué de reconnaître les emprunts que le plagiaire lui avait faits, et à chaque vers pillé, il ôtait son chapeau et s'inclinait; il eut si souvent l'occasion de l'ôter, que l'auteur, surpris, lui demanda ce que cela voulait dire. «Oh! répliqua Pilon, c'est que j'ai coutume de saluer mes connaissances, quand je les rencontre.»

Faites ce récit de mémoire.

107. MOLIÈRE ET LES FEMMES

On sait jusqu'à quel point Molière se méfiait des femmes, et comment il s'est amusé de leurs ruses pour tromper leurs maris. Une de ses connaissances lui demandait une fois pourquoi, dans certains pays, le roi pouvait prendre les rênes du gouvernement à quatorze ans, tandis qu'il ne pouvait se marier qu'à dix-huit. «C'est, répondit-il, qu'une femme est plus difficile à gouverner qu'un royaume.»

Molière avait-il une haute opinion des femmes?--De quelle situation s'est-il souvent servi dans ses comédies?--Quel dilemme est-ce qu'on lui fit un jour?--Comment l'a-t-il résolu?

Quels livres de Moliere avez-vous lus? Nommez ceux que vous connaissez. Que savez-vous de la vie de Molière?

108. À DEMAIN LES AFFAIRES SÉRIEUSES

Archias, tyran de Thèbes, s'était fait exécrer en ordonnant la mort ou l'exil des principaux citoyens. En 378 av. J.-C. un complot se trama contre lui.

Au milieu du banquet où les conjurés devaient l'assassiner, il reçut une dépêche qu'on l'invitait à lire sans retard: «À demain les affaires sérieuses!» s'écria-t-il, en glissant le billet sous son coussin, sans cesser de manger. Or, le billet, c'était un avis détaillé du complot. Quelques instants plus tard, les conjurés, ayant à leur tête Pélopidas, pénétraient dans la salle du festin et le massacraient. C'est là l'origine de cette phrase si souvent citée en littérature: «À demain les affaires sérieuses,» et qui fait penser à cette autre: «Ne remets jamais à demain ce que tu peux faire aujourd'hui.»

Tâchez de trouver une histoire qui aura la même morale que celle-ci.

109. À QUELQUE CHOSE MALHEUR EST BON

Certaine autorité médicale défend de lire au lit; mais avec toute sa science ce docteur semble ignorer qu'il y a des livres admirablement écrits pour guérir de l'insomnie.

Pourquoi ne faut-il pas lire au lit?--Le médecin dont il s'agit paraît-il laisser de côté un certain aspect de la question?--Quel avantage y aurait-il à lire au lit de certains livres?--Avez-vous jamais entendu parler d'un «conte à dormir debout»?

110. UN BON COMMENCEMENT

C'était le premier étape d'un voyage de noces. On descendait à la gare. «Quand nous entrerons dans l'hôtel, dit l'épouse inquiète et rougissante, il faudra nous arranger pour ne pas avoir l'air de nouveaux mariés.--Sans doute, ma chère amie, dit son mari, ... et, tiens! tu peux commencer par porter ma canne et mon pardessus. Rien de plus naturel.»

Quel voyage faisait-on dans cette anecdote?--À quai fallait-il prendre garde?--Où est-ce que les nouveaux mariés sont descendus?--Quel moyen l'époux a-t-il inventé pour détourner les soupçons des curieux?--Quelle arrière-pensée avait-il?

111. BONTÉ DU ROI D'ARAGON

Alphonse V, roi d'Aragon, rencontra un jour un paysan qui était fort embarrassé, parce que son âne chargé de farine venait de s'enfoncer dans la boue. Le roi descendit aussitôt de cheval pour aller au secours du pauvre homme. Arrivé à l'endroit où était âne, il se mit avec le paysan à le tirer par a tête, afin de le faire sortir du bourbier. À peine eurent-ils réussi à retirer la bête, que les gens de la suite d'Alphonse arrivèrent, et voyant le roi tout couvert de boue, ils s'empressèrent de l'essuyer et de lui procurer d'autres vêtements. Le paysan, fort étonné de voir que c'était le roi qui lui était venu en aide, commença à lui faire des excuses et à lui demander pardon. Mais le roi le rassura avec bonté, et lui dit que les hommes étaient faits pour s'entr'aider.

Où était situé le royaume d'Aragon?--Qui le roi a-t-il rencontré?--Pourquoi le paysan était-il dans l'embarras?--Comment le roi a-t-il aidé le paysan?--À quoi le paysan a-t-il reconnu le roi?--S'est-il reproché d'avoir permis au roi de l'aider?--Qu'est-ce que le roi a dit pour rassurer le paysan?

Écrivez en 100 à 200 mots cette histoire.

112. L'OBÉISSANCE

Le marquis de Pontélima causait avec un des derniers rois de Portugal. La conversation roulait sur l'obéissance des sujets. Le marquis prétendait qu'elle devait avoir des bornes; le roi ne voulant en admettre aucune, lui dit avec emportement: «Si je vous ordonnais de vous jeter à la mer, vous devriez, sans hésiter, y sauter la tête la première.» Le marquis, au lieu de répliquer, se retourne brusquement et prend le chemin de la porte. «Où allez-vous? s'écrie roi.--Apprendre à nager, sire.»

Avec qui le marquis causait-il?--Sur quel sujet?--Quelle était l'opinion du marquis?--Quelle était celle du roi?--Que dit-il au marquis?--Que fit celui-ci?--Que lui demanda le roi?--Que répondit le marquis?

113. MARCEAU

La figure de Marceau brille parmi tous les soldats de la Révolution, et les traits intéressants abondent dans l'histoire de sa belle carrière. Il s'engagea à seize ans et conquit rapidement ses épaulettes d'officier. Envoyé à Verdun, qu'assiégeaient les Prussiens, il se fit remarquer parmi les officiers qui s'opposèrent le plus énergiquement à la capitulation de la place. Quand on dut enfin se rendre, Marceau reçut la pénible mission de porter au camp ennemi la ratification du traité. Arrivé sous la tente du roi de Prusse, la colère et sa douleur patriotique le firent éclater en sanglots. Le lendemain, comme la garnison évacuait la ville, il ne peut, dit-on, s'empêcher de crier aux vainqueurs: «Au revoir dans les plaines de la Champagne!» On sait qu'en effet il ne tarda pas à prendre sur eux une brillante revanche. Les effets de Marceau et tout son argent avaient été perdus pendant le siège; un représentant du peuple en mission lui demanda: «Que voulez-vous qu'on vous rende?» Marceau, jetant un coup d'œil sur son sabre ébréché, répondit: «Un sabre nouveau pour venger notre défaite.»

  --CLAUDE AUGE.

Soyez prêt à donner une définition des mots les plus difficiles de cette histoire.

114. DÉFI ENTRE DEUX PEINTRES

Deux peintres en concurrence de talents, disputèrent un jour à qui l'emporterait sur l'autre. L'un peignit un rideau sur le mur d'un appartement, et ceux qui venaient pour le soulever afin d'examiner le tableau qu'ils s'attendaient à voir dessous, étaient tout émerveillés de ne toucher que la muraille. L'autre peignit une treille où pendait des grappes si bien imitées que les oiseaux venaient les becqueter. Plusieurs connaisseurs, ayant été requis de porter leur jugement sur les deux tableaux, adjugèrent la palme au peintre de la treille. Leur conclusion était basée sur ce qu'il est plus facile de tromper les hommes que les oiseaux.

Racontez l'histoire des deux peintres.

GRAMMAR REVIEW.--LESSON XVIII

Use of prepositions with infinitives.

A. 1. I was on the point of greeting[1] him. 2. I have not had the opportunity to see his play. 3. He cannot fail to be surprised. 4. I asked him if he was in the habit of being so polite. 5. It was necessary to stop[2] reading in bed for the doctor had forbidden him to do it. 6. One loses nothing by being[3] polite. 7. He seems to be unaware that it is hard to learn to speak French. 8. French is easier to read than to speak. 9. It is easier to learn it in France than at home. 10. It is hard to govern kingdoms, but they are easier to govern than women. 11. They invited me to dine at their house, but I am too ill to go. 12. He started reading the paper,[4] without thinking[3] of[5] eating,[3] but he was not long[6] in getting[3] hungry, and he finally[7] breakfasted. 13. I expected to see him in Paris, but he had gone to see his father at Lyons. 14. I have just[8] given him his money. 15. He had come to avenge himself, and he wasn't long in doing it. 16. If he happens[9] to lose his saber, he will have to give himself up. 17. I can't keep[10] from telling you that I have succeeded in avenging[3] myself. 18. Are you hard to fool?[11] 19. She was astonished to see him. 20. How do you expect[12] me[13] to give you back[14] your money?

[Footnotes 1: saluer. 2: cesser. 3: infinitive. 4: le journal. 5: à. 6: tarder. 7: finir par. 8: venir de. 9: venir à. 10: m'empêcher de. 11: tromper. 12: voulez-vous. 13: que je. 14: rendre; why subjunctive?]

B. Word Study. Define, in French, one or more words of the same family as each of the following:

éclater, savoir, tarder, perdre, venger, marier, défendre, vainqueur, connaisseur, jugement, usage, bonhomme, chapeau, avis, ruse, pénible, patriotique, certain, malade, étrange, poli, médical.

115. MANQUÉ!

Un professeur de clinique interroge un malade atteint d'une maladie de poitrine. «Quel est votre métier?--Musicien, monsieur le docteur.» Alors le professeur se tournant vers ses élèves leur dit: «Voici, enfin, messieurs, la démonstration de ce que je vous ai dit si souvent, à savoir, que la fatigue causée à l'appareil respiratoire par l'action de souffler dans un instrument de musique peut causer de graves maladies.» Puis, s'adressant de nouveau au malade: «Et de quel instrument jouez-vous?--Du violon, docteur!» Tableau!

Où cet incident a-t-il eu lieu?--De quelle maladie s'agissait-il?--Quelle question le professeur a-t-il posée au malade?--Le professeur a-t-il voulu profiter de la réponse pour faire l'important?--Quel rapport croyait-il voir entre la maladie et le métier du malade?--S'y était-il trompé?--De quel instrument le monsieur jouait-il?

Quand emploie-t-on jouer à et jouer de?

116. NAÏVETÉ D'UN VILLAGEOIS

«Monsieur, disait à son maître un domestique nouvellement arrivé de son village, ma mère m'a recommandé de lui envoyer une lettre aussitôt que j'aurais été quelques jours chez vous. Ne pourriez-vous pas m'en donner une dont vous n'auriez que faire, et je la lui enverrais?»

Qu'est-ce que la mère avait recommandé à son fils?--Était-ce la première fois qu'il se séparait d'elle?--Quelle expérience avait-il des lettres?--Comment a-t-il voulu suivre la recommandation de sa mère?

117. CURIOSITÉ SATISFAITE

«Je n'ai jamais pu comprendre, disait un provincial visitant une exposition, comment ces tourniquets fonctionnent. Qu'est-ce qui les met en mouvement?--Une pièce d'un franc,» répondit tranquillement le préposé.

Où le provincial se trouvait-il?--Qu'est-ce qui lui tourmentait l'esprit?--Quelle question a-t-il posée au fonctionnaire?--Celui-ci a-t-il voulu se donner la peine de répondre aux questions?--Comment a-t-il coupé court à toute discussion?

118. DANS LE ROYAUME DES AVEUGLES LES BORGNES SONT ROIS

Deux maires de province se promenaient sur les boulevards de Paris.--«Quel est le sens de ces deux mots que je vois sur l'enseigne de ce café: "Soda Water"?--Mon cher ami, vous ne savez done pas lire? C'est anglais, sans doute, mais la traduction est au-dessous: voyez plutôt: «Billard au Premier.»

Comment le mot province s'emploie-t-il en français?--Où les deux fonctionnaires se promenaient-ils?--Quelle enseigne a attiré leurs regards?--L'un des provinciaux était-il plus au courant que l'autre?--Comment a-t-il tâché d'interpréter le terme anglais?

119. NUL BIEN SANS PEINES

Un charretier, qui passait devant un homme au pilori, demanda ce que disait l'écriteau attaché au-dessus de sa tête. «Il dit, lui répliqua quelqu'un, que ce criminel est un faussaire.--Et qu'est-ce que c'est qu'un faussaire?--C'est un homme qui contrefait la signature d'un autre.--Eh bien! mon pauvre diable, s'écria-t-il en s'approchant du coupable, voilà ce que c'est que d'avoir appris à écrire.»

Comment se servait-on autrefois du pilori?--Par où le charretier passait-il?--Qu'est-ce qu'il a vu au-dessus de la tête du coupable?--Savait-il lire?--S'est-il donné de la peine pour se renseigner sur la faute qu'avait commise cet homme?--Qu'est-ce qu'on lui a dit?--Connaissait-il le terme «faussaire»?--Quelle moralité a-t-il tirée de la circonstance?--De quai a-t-il dû se féliciter?

120. À QUOI SERT LA VACCINE?

Un homme très niais disait qu'il n'avait pas de confiance dans la vaccine. «À quoi sert-elle donc, dit-il: je connais un enfant beau comme le jour que ses parents avaient fait vacciner. Eh bien! il est mort deux jours après.--Comment! dit quelqu'un, deux jours après? De quoi donc?--Qui, il est tombé du haut d'un arbre et s'est tué raide. À quoi bon vacciner les enfants après cela?»

De quoi cet homme se méfiait-il?--Quelle circonstance citait-il pour prouver qu'il avait raison?

Faires ce récit de mémoire.

121. MOYEN DE DISSIMULER LA DESTINATION D'UNE LETTRE

Un valet reçoit de son maître l'ordre de prendre les lettres qu'il trouvera sur son bureau, et de les jeter à la poste. Il se trouva qu'il y en avait trois, dont une n'avait pas d'adresse. Le valet les jette toutes trois à la poste. Ensuite le maître s'aperçoit de la sottise. «Quoi! vous avez jeté à la poste une lettre qui n'avait pas d'adresse?--Mais, je croyais, monsieur, répond le valet, que vous ne vouliez pas qu'on sût[1] à qui vous l'adressiez.»

[Footnote 1: Why subjunctive?]

122. DEUX À DEUX

Un Français entra dans une salle de jeu où des Anglais jouaient à l'écarté. Comme il comprenait fort peu l'anglais, il dit en français à l'un des joueurs: «Comment va la partie?» Celui-ci répondit en anglais: "We are two to two." Le Français ne savait que penser d'une telle réponse. Allant ensuite à une autre table, où les joueurs avaient aussi deux points chacun, il répéta sa question, et on lui répondit: "We are two to two, too.--Toutoutou et toutoutoutou!» s'écria le Français qui crut qu'on se moquait de lui. Et il s'en alla furieux.

123. L'APPÉTIT VIENT EN MANGEANT

«À quoi sont destinés ces éléphants, ces armes, cet attirail de guerre et ces vaisseaux tout prêts à mettre à la voile?» demandait au roi Pyrrhus un sage confident, conseiller très prudent d'un monarque qui ne le fut guère. «Je pars, lui répondit le prince, pour Rome, où je suis appelé.--Qu'allez-vous y faire?--Assiéger la ville.--Le projet est admirable et digne seulement d'Alexandre ou de vous. Mais une fois Rome prise, seigneur, où irons-nous?--La conquête du reste des Latins est chose aisée.--Sans doute, on peut les vaincre. Et ensuite qui voulez-vous attaquer?--Les ports de la Sicile sont tout proches, et bientôt nos vaisseaux mouilleront devant Syracuse.--Et après?--Maîtres de cette ville, nous partons aussitôt pour Carthage, et nous nous en emparerons. La route est libre; qui est-ce qui peut nous arrêter?--Seigneur, je vous comprends: nous allons tout dompter. Nous allons traverser les déserts de Libye, asservir en passant l'Égypte et l'Arabie, passer le Gange, soumettre des pays inconnus, faire trembler les Scythes sur les bords du Tanaïs, et ranger sous nos lois toute une moitié du monde. Mais enfin, quand nous serons de retour, vous ne saurez plus que faire?--Oh! alors, mon cher Cinéas, victorieux et satisfaits, nous pourrons rire tout à notre aise et prendre du bon temps.--Eh! seigneur, dès aujourd'hui, sans sortir de votre royaume, qui nous empêche de rire du matin au soir?»

Racontez en quelques mots l'essentiel de cette conversation.--Quels mots vous a-t-il fallu chercher?--Donnez-en une définition en français.