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Glossaire du patois normand

Chapter 20: A.
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About This Book

This glossary assembles regional Norman vocabulary with local citations and abbreviations indicating where terms were collected, accompanied by an editor's preface describing the project's enlargement and editorial choices. It catalogs patois words with meanings, pronunciation variants, and local usages, and incorporates supplements drawn from manuscripts and other collectors. The preface reflects on the dialect's locality and variability, the methodological difficulty of creating a complete list, and the urgency of recording vernacular speech before it is leveled by wider linguistic change. The work aims to preserve lexical diversity across Normandy and to provide a foundation for further regional lexicographic study.

Cantique maçonnique, improvisé pour le banquet du 18 frimaire, an XIII, et chanté dans la Loge de la Fidélité, à l'Orient d'Alençon. Alençon, in-8º.

Les Frères, vaudeville maçonnique, chanté au banquet de la St.-Jean d'été, dans la Loge de la Fidélité, a l'Orient d'Alençon, le 2 messidor an XIII. Alençon, in-8º.

Contes en vers. Paris, 1805, in-8º.

Les triomphes de nos frères d'armes, cantique maçonnique, chanté le 8 nivôse an XIV (29 décembre 1805). Alençon, 1805, in-8º.

Dissertation sur les échecs. 1803, in-8º. Réimprimé, avec des additions, dans le Magasin encyclopédique de Millin; 1806.

Mabile d'Alençon, romance. 1805, in-32. Réimprimée dans le Journal de l'Orne et dans les Archives normandes.

Réponse de Lucius Dubitator à Laigneau-Duronceray, auteur des Tablettes littéraires, à l'occasion d'un article inséré dans le Journal de Paris, du 21 frimaire an XVI. 1805, in-8º.

Hommages à Duronceray (poésies critiques). Caen, 1805, in-8º.

Les Visiteurs, vaudeville maçonnique. Alençon, 1807, in-8º.

Cupidon corrigé ou l'Amour devenu franc-maçon;--pot-pourri, 1806, in-8º.

Les Loges, vaudeville maçonnique. Alençon, 1808.

Des melons, de leurs variétés et de leur culture. In-12, Paris, 1810.

Célébration solennelle de la fête de la Fenderie. Chantier de la forêt d'Écouves, 26 juin 1808. Alençon, 1808, in-8º.

La Fidélité, hommage maçonnique à la loge de la Fidélité (Orient d Alençon). Alençon, 1808, in-8º.

Notice biographique et littéraire sur Odolant-Desnos. Alençon, 1810, in-8º.

Les Mystères, vaudeville maçonnique. Alençon, 1810, in-8º.

Geneviève et Siffrid, roman. Paris, 1810, in-12, 2 vol.

Notice sur M. le baron de Maupetit. Alençon, 1811, in-8º.

Le barde neustrien, hommage poétique à Napoléon visitant la Normandie. 1811, in-8º.

L'avenue des Châtelets, élégie. Alençon, 1812, in-8º.

Dissertation sur les bains de Bagnoles (Orne). 1813, in-8º.

Dissertation sur le camp du Châtelier, près de Séez, considéré comme n'étant pas un monument romain. 1813, in-8º.

Des moyens de diminuer la consommation des subsistances par l'emploi économique des substances alimentaires. Châtillon-sur-Seine, 1817, in-12.

Réponse à M. Lemoinne, avocat à Lisieux. Caen, 1820, in-8º.

Dissertation sur les chansons, le vaudeville et Olivier Basselin, auteur des Vaux-de-Vire. Caen, 1820, in-8º.

Notice sur M. Losier, ancien curé de Moyaux (Calvados), décédé le 15 avril 1820. Paris, in-8·.

Arrivée et séjour à Lisieux de MM. Dupont (de l'Eure) et Bignon, membres de la Chambre des députés, depuis le 17 septembre 1820 jusqu'au 24 du même mois, Paris, 1820, in-8º.

Notice sur Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon, condamnée à mort pour empoisonnement, à Caen, le 2 décembre 1820. Paris, 24 décembre 1820, in-8º.

Recours en grâce pour Monique Sacquet, veuve de P.-L. Othon, condamnée à mort, à Caen, le 2 décembre 1820, et dont le pourvoi en cassation a été rejeté le 28 du même mois. Paris, 29 déc. 1820, in-8º.

Mémoire sur la nécessité de donner à la route de Rouen et Bernay à Falaise la direction par la ville de Vimoutiers de préférence aux bourgs voisins. Alençon, 1820, in-8º.

Mémoire sur la nécessité de l'établissement d'un tribunal de commerce à Vimoutiers, département de l'Orne. Alençon, 1820, in-8º.

Addition au mémoire publié, le 12 mai 1820, sur la nécessité de l'établissement d'un tribunal de commerce dans la ville de Vimoutiers. Paris, 1821, in-8º.

Adhésion des marchands et négociants des villes de Lisieux et Bernay aux mémoires de la ville de Vimoutiers pour l'obtention d'un tribunal de commerce. Lisieux, 1821, in-8º.

Pratique simplifiée du jardinage. Paris, 1821, in-12; 2e éd. 1822; 3e éd. 1824; 4e éd. 1825; 5e éd. 1828; 6e éd. 1846, in-18, revisée et augmentée considérablement, fig.

Étrennes d'Économie rurale et domestique. Paris, 1822, in-16.

Étrennes libérales. Paris, 1822, in-18, avec le portrait de Dupont (de l'Eure).

Histoire civile, religieuse et littéraire de l'abbaye de la Trappe. Paris, 1824, in-8º, fig. et portrait de Rancé.

Archives de la Normandie, historiques, littéraires et statistiques, Caen, in-8º, 2 vol.: 1re année, 1824; 2e année, 1826.

Résumé philosophique de l'histoire de Normandie. Paris, 1825, in-18.

Cours complet et simplifié d'agriculture et d'économie rurale et domestique. Paris, 1825, in-12, 6 vol, fig.; 4e éd., 1830-32, in-12, 8 vol., fig.--Supplément ou tome IX, 1843.

Histoire de Normandie par Orderic Vital, traduite en français avec des notes et des corrections inédites (dans la collection des Mémoires sur l'histoire de France de M. Guizot). Tirée à part. Paris et Caen, 1826 et 1827, in-8º, 4 vol.

Itinéraire descriptif, historique et monumental des cinq départements qui composent la Normandie; précédé du Précis historique et de la Géographie tant ancienne que moderne de cette province; et suivi 1º. du Dictionnaire de toutes les communes normandes; 2º. de la Biographie alphabétique de tous les auteurs et artistes normands. Caen, 1828, in-80186, 2 vol., cartes et fig.

L'amateur des fruits, ou l'art de les choisir, de les conserver et de les employer. Paris, 1829, in-12.

Aux mânes de Mme. Caroline Focet, née Le Bertre; improvisation élégiaque. Bernay, 1831, in-8º.

La roche aux Fées, galerie druidique. Vitrà, 1837, in-8º.

Madame de Sévigné et sa correspondance relative à Vitré et aux Rochers. Recherches nouvelles sur les lieux, les faits et les personnages dont elle a parlé; suivies de sept lettres qui ne se trouvent pas dans les recueils de ses œuvres. Paris, 1838, in-8º.

Charlotte de Corday; essai historique offrant enfin des détails authentiques sur la personne et l'attentat de cette héroïne. Paris, 1838, in-8º.

Essai sur la ville de Vitré et ses seigneurs jusqu'à l'époque de la révolution de 1789. Vitré, 1839, in-8º.--Supplément, 1845.

Notice sur la ville de La Guerche. Vitré, 1839, in-8º.

L'enfance et la mort de ma fille, élégies. Rambouillet, 1842, in-18.

Recherches historiques et physiologiques sur la guillotine, et détails sur Samson. Paris, 1843, in-8º, fig.

Réponse aux articles de M. Buchon intitulés: Détails inconnus sur l'affaire du duc d'Enghien, extraits d'une conversation du roi Joseph-Napoléon, lesquels ont été insérés dans les feuilletons du journal La Presse des 9 et 10 septembre et 1er octobre 1843. Paris, 1843, in-8º.

Recherches archéologiques, historiques, biographiques et littéraires sur la Normandie. Paris, 1843, in-8º.

De Mlle Le Normand et de ses deux biographies récemment publiées. Paris, 1843, in-18.

Histoire de Lisieux et de son territoire. Lisieux, 1845 et 46, in-8º. 2 vol., fig.

Économie rurale de Columelle, traduite du latin (dans la collection de Panckoucke, 2e série). Paris, 1846, in-8º, 3 vol.

De la conduite de l'évêque Jean Le Hennuyer, évêque de Lisieux, en 1572. Lisieux, 1846, in-8º, 7e éd.

Notice sur la Marseillaise de Rouget de Lisle. Lisieux, 1848, in-8º.

Ballades normandes. 1853, in-12.

Notice sur le chevalier de Clieu et bibliographie du café. Caen, 1855, in-8º.

Guide du voyageur sur le chemin de fer de Paris à Caen, par Mantes, Évreux, Bernay et Lisieux; avec une notice sur chaque station. Lisieux, 1855, in-8º.


Outre ces ouvrages, Louis Du Bois a donné au public, dans les recueils périodiques et dans diverses collections, une foule d'opuscules soit en prose, soit en vers; il a fourni, comme collaborateur, beaucoup d'articles à diverses grandes publications, telles que:

Le Cours complet d'agriculture, en 1809.
La Biographie universelle de Michaud, et son Supplément.
Le Dictionnaire des anonymes et des pseudonymes de Barbier. 2e éd.
L'Encyclopédie moderne de Courtin.
Le Dictionnaire de la conversation.


Membre correspondant de beaucoup d'Académies et de Sociétés savantes de la France et de l'Etranger, il a revu, avec soin, et publié, avec des observations et des notes:Membre correspondant de beaucoup d'Académies et de Sociétés savantes de la France et de l'Etranger, il a revu, avec soin, et publié, avec des observations et des notes:

Les Fables de La Fontaine, nouvelle édition plus complète que les précédentes. Paris, 1801, 2 vol. in-12, fig. de Godard.

Les Noëls bourguignons de La Monnoye, seule édition complète et correcte, tirée à très-peu d'exemplaires, pour servir de spécimen d'une 14e. édition de ces poésies, dont il s'occupait. 1817, Châtillon-sur-Seine, in-12.

Les Vaux-de-Vire d'Olivier Basselin, suivis d'Anciennes chansons normandes soit inédites, soit très-rares, avec des dissertations et des notes. Caen, 1821, in-8º.

Le duc d'Alençon ou les Frères ennemis, tragédie inédite de Voltaire, avec un discours préliminaire. Paris, 1821, in-8º.

L'École du jardin potager, par De Combles, mise en ordre et enrichie d'une notice et d'annotations. Paris, 1822, 6e éd., in-12, 3 vol.

Culture du pêcher, par De Combles; avec notice et annotations. Paris, 1822, in-12.

Lettres sur l'Italie, par Du Paty; avec notice, notes, corrections et appendice. Paris, 1824, in-18, 2 vol., 32 cartes et fig.

L'art de la guerre, poème de Frédéric-le-Grand; avec préface, arguments, notes et variantes; suivi de poèmes sur le même sujet. Paris, 1830, in-24, 1 vol.

Projet, rédigé par Robespierre, du rapport fait à la Convention nationale par Saint-Just, contre Fabre d'Églantine, Danton, etc.; manuscrit inédit, publié sur les autographes: avec des notes, des rapprochements et un fac-simile; suivi d'une lettre de Mlle de Robespierre. Paris, 1841, in-8º.


Louis Du Bois avait recueilli beaucoup de pièces inédites des meilleurs auteurs français. Aussi en a-t-il fourni à Verdière pour ses Œuvres de Thomas; à Brissot-Thivars pour son Mirabeau; à Guillaume pour son Chénier; à Renouard, à Mme Perronneau et surtout à Delangle pour leurs éditions de Voltaire; à Jules Taschereau pour sa Revue rétrospective; au Mercure de France, etc.

D'après une note qu'il nous avait communiquée, il avait en portefeuille plusieurs ouvrages, soit terminés, soit fort avancés dans leur composition, soit enfin à l'état de simple ébauche, savoir:

Origines et histoire des religions chrétiennes.--Encyclopédie des amateurs du café.--Traité du châtaignier, de son bois et de ses fruits.--Traité du sarrasin et de sa culture.--Considérations sur la révolution de 1789, ses causes et ses effets.--Voyage en Italie (en vers et en prose), dont il a paru des fragments dans le Mercure et dans le Moniteur.--Lydie, poème en six chants (en vers de dix syllabes).--Plusieurs petits Poèmes historiques.--Quatre livres d'Élégies.--Les quatre âges de la femme, poème en quatre chants.--Le bonheur, poème.--Inès et Pédre, tragédie en trois actes.--Traduction en vers de petits poèmes attribués à Virgile et à Sévérus.--Manuel du bibliothécaire et de l'amateur de livres.--Un grand nombre de Fugitives.

Nous sera-t-il permis, à présent, de porter un jugement général sur tant d'œuvres qu'il nous est impossible d'apprécier en particulier, sans dépasser les bornes que nous nous sommes imposées? Louis Du Bois a trop écrit et sur trop de matières pour n'être pas sur quelques-unes léger et superficiel. Ses préjugés ont aussi parfois offusqué son intelligence, et ses ouvrages historiques sont parfois gâtés par l'expression de ses principes, qui se ressentent du milieu révolutionnaire dans lequel il a passé ses premières années. Les religions qu'il avait étudiées avec les préventions de Voltaire, son maître, son poète et son philosophe de prédilection, en avaient fait un déiste consciencieux et tolérant dans ses relations privées, mais trop désireux de faire partager ses convictions et prêt à combattre celles d'autrui, la plume à la main. Son style se ressent aussi de la rapidité de ses compositions. En vers, il manque souvent de verve et de coloris, et sa prose n'a pas toujours la correction et l'élégance des écrivains supérieurs. Toujours est-il qu'il se fait lire avec intérêt et profit, car il a souvent du trait; il est instruit, clair et méthodique, et il porte la lumière sur tous les sujets qui l'occupent. Nous ne croyons pas trop dire en avançant qu'il a fait honneur, non-seulement à Lisieux, sa ville natale, mais à la Normandie, sur laquelle il a tant écrit, et à la France qui a demandé aux libraires jusqu'à six éditions de plusieurs de ses traités.

Julien TRAVERS.

Langrune, août 1856.





GLOSSAIRE.




A.

A: ce, cette. A matin: ce matin. L.

A: elle. Vient-a? Lit-a? Vient-elle? Lit-elle?

A QUANT ET: Avec.

A SEULE FIN; A CELLE FIN QUE: Afin que. On ne trouve A celle fin que dans nos vieux auteurs.

ABAISSE: table abaissée; tablette d'un buffet. Du qualificatif ou adjectif bas. Ce mot n'a pas de rapport avec l'abaisse de la pâtisserie qui est la base des substances culinaires qui composent un pâté.

ABAT: désordre qui met les choses à bas. B.

ABATER: embaucher; raccrocher. A.

ABATTRE DE L'OUVRAGE: faire beaucoup d'ouvrage. Par allusion au travail des bûcherons qui abattent beaucoup de bois.

ABAUBER (corruption d'ébaubi: étonné, surpris). Voyez BAUBE. Abauber, c'est, à proprement parler, étonner quelqu'un, au point de lui rendre la parole difficile, comme il arrive aux bègues. (Baubes, en patois.)

ABAUMIR: affadir. De l'effet que produisent certaines substances odorantes, comme le baume. C.

ABELLIR. MM. Du Méril assurent que ce verbe est usité dans le département de l'Orne. Je ne l'y ai jamais entendu. Suivant eux, ce mot signifierait: «trouver beau, plaire». C'est le sens que Roquefort lui donne dans son Glossaire de la langue romane. En italien abbellire signifie embellir.

ABET: appât, amorce. Suivant MM. Du Méril, abet est tiré de l'islandais beita, nourriture. Il est plus vraisemblable que c'est par métaplasme qu'on a dit abet pour appet, du verbe français appéter, désirer vivement.

ABÊTER: amorcer; par extension, tromper.

ABIBOTER un enfant: lui faire boire du lait, au lieu de l'alaiter.

ABIÉNER: mettre en bon état une culture, une récolte, une préparation. En roman, abienneur: «l'homme préposé à un bien; qui mettait à bien un héritage», dit Roquefort dans le Supplément de son Glossaire. L.

ABIMER: gâter. Ce verbe appartient aussi au patois Walon et au patois Rennais. Au surplus, c'est dans ce sens figuré que Boileau a dit:

Abîme tout plutôt: c'est l'esprit de l'Église.

ABITER A: toucher à. On écrivait autrefois habiter: témoin ce passage, cité par l'abbé Carlier dans son Histoire du duché de Valois: «Le prêtre disait aux lépreux: Je te défends que tu ne habites à aultre femme que à la tienne.»

ABLET: piége. Roquefort dit que l'ableret, mot roman, est un «filet pour la pêche des petits poissons», tels que les ables ou ablettes.

ABLETTER (verbe réfléchi): se laisser aller, céder. C'est, à proprement parler, tomber dans le piége. V.

ABLOT: petite pièce de bois, chantier que le charpentier place sous l'arbre abattu qu'il équarrit, pour l'élever au-dessus du sol.

ABOFFRER: déprécier, mésoffrir. C'est l'opposé de surfaire. B.

ABOLIR: humilier; anéantir. L.

ABOMINER: détester, on le trouve dans Nicot et dans les Psaumes de Marot. Du verbe latin abominari.

ABOT: sorte de cadenas que l'on attache au paturon d'un cheval pour l'empêcher de s'éloigner.

ABOTER: attacher un abot. Par métaplasme, du grec πούς, pied; en changeant le p en b.

ABORDER: toucher, heurter. L.

ABOULER: apporter, envoyer. De boule, par allusion à la boule du jeu de quilles qu'on renvoie en la faisant rouler rapidement.

ABRIER: abriter, mettre à l'abri. Roman.

ABRE: arbre. Par syncope, le roman a dit abre pour arbre. On lit dans le roman de Blanchandin:

La pucele descent sos l'abre;

Si le trova froit come mabre.

Un proverbe du moyen-âge, reproduit par M. Le Roux de Lincy, disait:

Pour l'amour du buisson va la brebis à l'abre.

ABREAU ou ABROT: petit arbre enduit de glu pour prendre des oiseaux.

ABROUTOUT: qui brise tout, qui brouille tout, mauvais ouvrier.

ABSOLUTEMENT: absolument. Ce mot est roman.

ACA; ACARD; D'ACARD: très-abondamment. La pluie tombe d'aca. De l'islandais kat, averse, inondation. On trouve aca en composition dans acabasser, ci-après, et dans les verbes accabler et accravanter, mot roman. Voyez CRAC. A.

AÇA: faites attention a cela. En roman, aga, que Roquefort tire du grec άγάω.

ACABASSER: accabler. Le drapier dit dans la Farce de Pathelin, p. 75:

Mesmement les bergers des champs

Me cabassent; ores le mien

A qui j'ay tousjours faict du bien.

L'auteur de cette Farce emploie plus loin, p. 82, le verbe cabasser dans les vers suivants:

L'aignelet! maint aigneau de laict

Tu as cabassé à ton maistre.

ACAGNARDIR (S'): devenir paresseux. L'Académie écrit s'acagnarder. En patois Lorrain on dit, comme en Normandie, s'acagnardir.

ACANCHIER: avoir du succès, de la chance. Usité dans la Manche, comme le verbe suivant.

ACATER: acheter.

ACAUCHIER: causer avec quelqu'un; l'appeler. A.

ACCESSEUR: assesseur. L.

ACCIPER: escroquer, prendre, dérober. Roman. Du latin accipere, d'où on a tiré aussi, par aphérèse, le verbe chiper qui a la même signification.

ACCLAMPER: attacher, fixer. De l'islandais klampi: agraffe, cheville. Voyez CLAMPIN. A.

ACCLASSER: s'assoupir, clore les yeux. Dans le patois Provençal, aclusar a le même sens.

ACCOINTER: fréquenter. Roman.

ACCORGER: accoupler, réunir deux objets. A.

ACCOTE-POT: petit meuble en fonte de fer que l'on place derrière un pot pour le soutenir, l'accoter. Roquefort s'est évidemment trompé en donnant à acote-pot la signification d'accoudoir. L.

ACCOUER: attacher à la queue (en vieux français coue de cauda), en parlant des bêtes de somme que l'on attache à la queue les unes des autres. Voyez COUÉE. A.

ACCOUFLER (S'): s'accroupir. A.

ACCOUPLÉE: linge, bas, ou autres effets assujettis par couple ou même en plus grande quantité, pour être blanchis. L.

ACCOUPLER: mettre en accouplée.

ACCOURSER: achalander. Accoursé, celui qui est en cours de bonne vente. A. Du roman accoursier, accoursin: chaland.

ACCOUT: appui sur lequel on s'accoude. Voyez COUTE.

ACCOUTER (S'): s'accouder. L.

ACCOUVER (S'): s'accroupir comme l'oiseau qui couve. On dit en patois Troyen s'écouver.

ACCRAVANTER: écraser, accabler. Roman.

ACCRUCHE (Madame Sainte-): femme qui a l'habitude de dérober, d'attirer les choses à elle. L.

ACCRUCHER: attraper subtilement quelque chose. D'accrocher. Voyez AGRIPPER. L.

ACERTAINER: affirmer, certifier. L.

ACHÉE: ver de terre. A. On dit ache, à Blois.

ACHOCRE: difficile à vivre; hargneux; obstiné. Usité dans le patois Rennais. Dans la Manche, il a le sens de maladroit.

ACHOPPER: heurter. Voyez CHOPPER.

ACHUQUETÉ: obstiné; entêté. B.

ACCLABOT: acclamation. De clabauder. B.

ACCLAS: clas; barrière. Du latin claudere: clore. O.

ACCOMICHER: faire en commun. B. Voyez SOUATER.

ACLUFER: accroupir.

ACMODER: accommoder. C'est une syncope, comme racmoder pour raccommoder. L.

ACO: encore. On dit aico dans le patois des Vosges. Voyez CO.

ACONDIRE. Ce verbe qui, suivant Oberlin, veut dire dans le patois Messin «mettre obstacle aux publications», signifie, à Alençon, éconduire. C'est un simple métaplasme.

ACOQUETÉ: rouge comme la crête d'un coq. Voyez ÉCOQUETÉ. B.

ACQUITTOIRE; ACQUITTOURE: travail dont on s'acquitte à la hâte et sans soin. L.

ACRACO: adverbe. D'occasion; de hasard; de raccroc. B.

ACTONNER. Voyez HAQUETONNER.

ACUCER: mettre à quia.

ACULER: éculer, en parlant des souliers.

ADELAISI: fainéant, qui prolonge trop son loisir. A. Se trouve aussi dans le patois Rennais.

ADENS: sur les dents, en parlant d'un vase mis sur son ouverture, sur ses dents. On dit aussi d'une personne: elle est tombée adens. C'est le mot roman adanz, adens, adent.

ADENTER un vase: le placer sur son ouverture. En roman, endenter.

ADET: entièrement. A.

ADORÉMUS (faire des): faire des révérences multipliées.

ADOULER: rendre plus douloureux; être souffrant.

ADOUS: parures; ornements. Roman. On lit ce vers dans la Chevalerie Ogier de Dannemarche:

Tos lor adous furent à or battus.

Du verbe islandais at dubba: décorer, disposer, apprêter.

ADRECHIR: adresser. B.

ADRET, adverbe: vis-à-vis. Du substantif endroit. Voyez LENDRET.

ADREUGER: arranger mal.

ADROGER: ce verbe a la même signification que le précédent. Du roman aréger, arroier: arranger, disposer. A.

AFFAIRE: quantité. J'ai eu une bonne affaire de grain, de fruits, etc., etc. On retrouve ce mot avec le même sens dans le patois Lorrain.

AFFAUTURER: priver. De faillir, faire faute. V.

AFFECTER: s'appliquer; se forcer. B.

AFFETTEMENT: assaisonnement d'un mets. L.

AFFETTER: assaisonner. Dans quelques cantons ce verbe signifie embellir, nourrir, etc. On trouve ce verbe employé par Wace, dans le Roman de Rou:

Haubers et helmes afaitier.

AFFICHE; AFFIQUE: branches de clôture sèche que l'on fiche en terre et que l'on assujettit au moyen de certaines gaules appelées liures, serrées par des harts.

AFFICOT: petit instrument de buis tourné et troué, dans lequel on appuie ou fixe une des aiguilles à tricoter. L.

AFFISTOLER. Voyez RAFFISTOLER.

AFFLATRER: renverser, terrasser. Du roman flatir, dérivé du latin flectere. M.

AFFLUBER: affubler, envelopper. Du latin infulare, dans la basse latinité, affibulare. On lit dans le Roman de Rou:

La fist d'un mantel afluber.

AFFOLER: devenir fou. Roman. On lit dans le Roman de la Rose:

Il m'a faict, pour mieux m'affoler,

La tierce flesche au corps voler.

Rabelais emploie souvent ce verbe dans le sens de rendre fou. A.

AFFONGRER: briser, défoncer. Altération du verbe effondrer: enfoncer. O.

AFFOUER: enflammer, exciter. Du roman affoer: faire du feu. M.

AFFOURCHER: enfourcher. Ce verbe, en roman, signifiait: «se mettre à cheval sur un bâton pour aller au sabbat», dit Roquefort.

AFFOURRÉE: fourrage. De feurre, fodrum, dans la basse latinité.

AFFOURRER: donner l'affourrée aux bestiaux.

AFFRAI: effroi. Du français affres.

AFFRANCHIR: châtrer. Affranchir, affranchissement, affranchisseur sont des mots romans.

AFFRANCHISSEUR: celui qui exerce la profession de châtreur.

AFFRIBOURDIR: engourdir de froid. A.

AFFROC (s. m.): fréquentation. Voyez HANT. Ces substantifs masculins se prennent en mauvaise part.

AFFRONTER une fille: lui faire l'affront de la séduire.

AFFROQUER (S'): se mettre en affroc avec quelqu'un.

AFFURER: voler, dérober. Du verbe latin furari; en roman, furt signifie vol, comme furtum en latin.

AFFUTER; RAFFUTER: ajuster, disposer. L.

AFRION: parcelle de pâte qui reste aux doigts en pétrissant. O.

AGA, interjection, comme: bon! da!

AGALI, sorte d'interjection ou d'exclamation pour se moquer de quelqu'un. Ordinairement on prononce ce mot, en se frottant avec l'index droit le creux de la main gauche. En roman, agali signifie dur. Dans certains cantons de la Manche, agali signifie regarde-le.

AGENOILLONS (A): à genoux. Roman.

AGER; AGIER: suppléer l'âge; émanciper.

AGET: petite coulisse dans une porte que l'on ouvre pour faire le guet. Ce mot s'emploie, à Vire, dans le sens d'habitude, de manière d'agir.

AGETER: acheter. L. Se trouve dans le patois Lorrain.

AGIOS (s. m. pluriel): répétitions ennuyeuses, comme dans les litanies grecques où le mot αγιος, saint, est toujours répété, ainsi que le mot latin sancte l'est dans les litanies de l'Église romaine. Les agios signifient aussi dans le patois normand, des façons d'agir cérémonieuses et affectées.

AGOBILLES: menus meubles et ustensiles de peu de valeur et d'utilité. Le rouchi emploie ce mot dans le même sens.

AGOGONNER: amadouer. Voyez GOGON. A.

AGOHÉE; GOHÉE: accueil joyeux et bruyant. Du latin gaudium, joie. Du verbe grec Αγω, conduire.

AGONIR DE; AGONISER DE: accabler, en parlant d'injures, de mauvais propos. De la basse latinité acanizare, injurier; acaner, roman.

AGOSER: se repaître outre mesure. De gosier. On dit dans le Calvados s'en mettre jusqu'au nœud Gabriel.

AGOUCER: exciter contre quelqu'un. Du verbe latin acuere. Corruption d'agacer. Agoucé signifie aussi refrogné.

AGOUT: assaisonnement propre à aiguiser l'appétit, à relever le goût. Du latin gustus.

AGOUTER: donner de l'agoût, l'opposé de dégoût.

AGRACOT (d'). Voyez ACRACO (d').

AGRAT; AGRAP. Voyez ÉGRAT.

AGRATIER: se rendre agréable. Du latin gratus.

AGRIOCHES: mines pour se rendre agréable.

AGRIOTTE: griotte, sorte de cerise.

AGRIOTTES: caresses. B.

AGRIPPER; AGUCER; ACUCHER: aiguiser l'appétit. On dit plus souvent ragucer. Voyez ce mot. D'acuere.

AGUIANNEU; AGUILANNEU: étrennes. Des mots; au gui l'an neuf, au gui de l'an nouveau. D'origine gauloise. L'expression aguianneu, avec plusieurs variantes, appartient à la langue romane. Dans une lettre de 1473, citée par D. Carpentier, on lit: «Trouva des varlets qui alloient querant aguillenneu le dernier jour de décembre.» Suivant une lettre de Grentemesnil, rapportée par Moisant de Brieux dans ses Origines de quelques coutumes anciennes, on disait à Rouen hoguignettes pour haguignettes, termes qui sont une altération d'au gui l'an neuf. Voyez HAGUIGNETTES. On a donné une étymologie bretonne, très-vraisemblable, d'AGUIANNEU.

AGUILAN. C'est, par apocope, au gui l'an neuf. M.

AHAN: effort qui essouffle.

AH-ÇA! interjection. «Ah-ça! voulez-vous venir.» Assa en roman. L.

AHEURT: heurt.

AHONNIR: honnir. Ces A sont là par épenthèse.

AHOQUER: accrocher, heurter. La Fontaine emploie le mot hoquet pour heurt, pierre d'achoppement, dans la fable intitulée: Le Pot de fer et le Pot de terre:

L'un contre l'autre jetés,

Au moindre hoquet qu'ils treuvent.

AHOURDI DE FROID: engourdi de froid. M.

AHUBIR; HUBIR: honnir, huer. Crier sur quelqu'un hu! hu!

AIGRAS: verjus. D'aigre, employé pour vinaigre.

AIGREDON; AIGLADON: édredon.

AIGRE: vinaigre.

AIGUILLE A EMPAINTER: aiguille d'emballeur.

AILETTE: partie du rouet à filer, appelée ailleurs volier. Les deux ailettes de la tête du rouet sont comme deux petites ailes tournantes qui portent le fil sur le fuseau. Roquefort a considéré le mot ailette comme roman.

AIMER (S'): se plaire. On trouve cette façon de parler dans Molière (Mélicerte; acte Ier, scène Ire). Éroxène dit à Tirène:

Je m'aime où tu n'es pas.

AINCHI; AINCHIN: ainsi.

AINDE: aide; AINDER: aider.

AINGUE: s. m. hameçon. Voyez HAIM.

AIRAGE: air, ressemblance.

AIRAI, AIREZ, AIRIEZ: aurai, aurez, auriez.

AIRE: planche de jardinage. C'est aussi la place vide, soit des appartements de la maison, soit de la grange. D'area.

AIRER: aérer.

AIRETTE: petite planche de terre dans un jardin, diminutif d'aire.

AIRGALÊTE ou ERGALÊTE: raboteux. A Vimoutier, on dit un chemin airgalête. Du radical celtique arg. Voyez ERGALÊTU.

AIRIE. Voyez AIRE. C.

AIRIÉE: quantité. Airiée de toux, accès de toux.

AIRIÈRE ou ERRIÈRE: arrière. Airier, en patois messin a la même signification. Consultez l'Histoire de l'Académie des Inscriptions, t. I et V.

AIRSES. Voyez ERRUSÉE et ERSE. MM. Duméril se sont évidemment trompés sur l'orthographe et l'étymologie de ce mot, qui ne vient ni de l'azers des troubadours, ni du latin erigere.

AIRURE: façon donnée au labour. Du latin arare. C.

AJAMBÉE: enjambée. L.

AJAMBER: enjamber. L.

AJEU: enjeu. A.

ALEINIER: mauvais sujet.

ALÉMONE: anémone.

ALERME: alarme. Ces six expressions sont de simples métaplasmes.

ALIPAN: soufflet. D'alapa. Voyez JAFE.

ALISE; ALISÉE: bourbier, ornière fangeuse. V.

ALLÉLUIA: oxalide (oxalis acetosella). Ainsi appelée parce qu'elle fleurit à l'époque où l'Église chante alleluia. D'autres plantes tirent aussi leur nom de l'époque de leur floraison, comme la Pâquerette, la Pentecôte. Voyez ces mots.

ALEU: Voyez ALOU.

ALLUCHER: nourrir, élever. D'alere. En roman, ce verbe signifiait planter, semer. On lit dans le Testament de J. de Meung:

Nul ne doit aluchier mal arbre ne male herbe.

ALLURE: nom donné à une marche particulière du cheval, dans laquelle il fait entendre quatre battues, et qui diffère du trot et de l'amble. Ce genre de locomotion, fort usité au moyen-âge pour les chevaux de route, s'est conservé plus long-temps en Normandie qu'ailleurs, et paraît même être spécial à cette contrée. (Note communiquée par M. Éphrem Houël, inspecteur des haras.)

ALUMELLE: lame de couteau. Du latin lamella. En roman alemelle et alemiele:

Et l'alemele d'un poitevin acier.

dans la Chevalerie Ogier de Danemarche.

AŒUVRÉ: actif. D'œuvre, ouvrage. A.

ALOGNE; ALOIGNE: retard. Du verbe éloigner.

ALOGNER: alonger. Dans le roman, alogner, différer, prolonger.

ALOSEMENT: louange. Du latin laus; en vieux français los. L.

ALOSER: louer. On lit dans le roman de toute Chevalerie (Biblioth. imp., ms. 7,190):

Jerosme le dict et Solin l'alosée.

On dit aussi éloser, loser.

ALOU: travail du journalier, donné à l'entreprise.

ALOUER: donner ce travail à l'entreprise, à forfait.

ALOURDIR: ennuyer, étourdir. A.

ALOUVI: affamé comme un loup. En patois vendéen aloubri. L.

ALOVIR (S'): s'endormir. De l'allemand. A.

AMADOUE; s. f.: amadou.

AMAIN. Être placé à son amain, être commodément placé pour l'exercice de la main.

AMALADIR; EMMALADIR: devenir malade. Du roman. En patois du Berry, amalader, emmalader.

AMBRON: essor. Des verbes latins ambire, ambulare. D'AMBRON: sans réflexion, tout à coup, de dépit.

AMBRONCHER: prendre son ambron.

AMÊCHES; AMÈGUES: cerises acides. On comprend sous le nom générique cerises ce fruit et les griottes, les guignes ainsi que les bigarreaux.

AMELETTE: omelette. L.

AMENIVÉ A: empressé à.

AMEUILLANTE; AMOUILLANTE (vache): vache avancée vers son terme de gestation et dont la mamelle se développe.

AMEUILLER; AMOUILLER (v. n.): faire de la mamelle, développer sa mamelle.

AMICE: ami.

AMIDONER: disposer dans l'amidon, empeser.

AMIGNONER: caresser. C'est à peu près l'amignarder, l'amignoter de la langue romane. De mignon. L.

AMIGRANER: bouillir à petits bouillons.

AMIN: ami. M'NAMIN: mon ami. M.

AMOMI DE: fou de, épris de. De Momus, dieu de la folie. Voyez MOMON. A.

AMONTER: gravir un coteau, un mont; arriver à un endroit élevé. Admont, en langue romane: plus haut. ROQUEFORT.

AMOROCS, camomille romaine. Voyez AMOURETTE DES CHAMPS. L.

AMORPHOSÉ: absorbé dans ses pensées, au point d'être immobile, comme ces personnages des contes de Fées qu'elles métamorphosent en statues.

AMOURETTE DES CHAMPS: camomille commune. (Anthemis arvensis).

AMOURETTE DES PRÉS (Briza media).

AMPRÈS; ENPRÈS: près, auprès. Cette préposition signifie aussi en comparaison de.

AMUSER; muser. L.

ANCHIAS: enfant de mauvaise mine, qui n'acquiert pas de forces. A.

ANCIAN: ancien.

ANCINES (Guignes d'): merises noires, propres à faire des ratafias. Ce nom vient d'Ancines, commune du département de la Sarthe, voisine de la ville d'Alençon, où l'on transporte la plus grande partie de ces fruits. A.

ANDAIN: intervalle entre deux pas. Du verbe italien andare, aller, marcher. Dans la basse latinité, andena signifie l'espace que contiennent entre elles les deux jambes écartées. Consultez Nicot, Monet, Ménage et Furetière. A.

ANDAIN: foin mis en rayons sur le pré où il passe la nuit. Voyez ONDIN. L'Académie définit l'andain «l'étendue de pré qu'un faucheur peut faucher à chaque pas qu'il avance.» Cette définition semble peu exacte.

ANDOUILLE: fusée de terre et de foin que l'on dépose et assemble pour former un plancher.

ANEMI: ennemi. Alexandre de Bernai a dit, dans le XIIe siècle:

Des anemis grever...

ANEMI QUE: à moins que.

ANERTER: défricher, essarter. D'iners: oisif. C'est, en effet, rendre à la culture et à la production un terrain oisif. A.

ANGARIER (v. réfl.): s'égarer. C.

ANGE: papillon de nuit, du genre pyrale. B.

ANGE-CHRIST: Antechrist. R.

ANGELOT: sorte de fromage. Dans le moyen-âge, on appela angelon, puis angelot, un fromage fabriqué dans le Pays-d'Auge. C'est angelon pour augelon et même augeron. On lit dans le roman de la Rose:

Ou de tartres ou de flaons,

Ou de fromages angelons

Qu'aussi est se moult bel jouel.

ANGLAGE: côtes et rades d'Angleterre. B.

ANGOISSER: faire éprouver des angoisses et en éprouver. Montaigne l'emploie dans le premier sens, et la Chronique de saint Denis dans le second. M.

ANGOLA; CHAT ANGOLA; LAPIN ANGOLA. Corruption d'angora: en effet, ces animaux à poils longs et soyeux viennent d'Angora (l'ancienne Ancyre), ville d'Asie, et non pas d'Angola, en Afrique.

ANH: ah! L.

ANHUI; ANI; ANIEUT. En roman anuit. Voyez ENHUI.

ANILLE: béquille. Du latin anus: vieille femme. Anille se trouve dans le roman.

ANNELER: attacher un fil de fer dans le groin d'un porc pour l'empêcher de fouir.

ANOUILLÈRE (vache): vache que l'on n'a pas fait saillir, ou qui n'a pas conçu et qui continue de donner du lait.

ANSERÉE, s. f.: plantin, plantago lanceolata.

ANTENAIS: poulain d'au moins un an, natus ante annum.

ANTIVEILLE: surveille. Anti pour ante.

AORÉ; BLÉ AORÉ: blé dont l'épi se dore et mûrit.

AORIBLE; AVORIBLE: précoce. L.

APIÉ ou APIER: ruche. D'apis: abeille.

APIÉGER (S'): prendre pied, s'établir.

APIPER: attirer subtilement, par ruse. Piper, tromper. L.

ARGÉLATRE (s. f.): argile. A.

ARGENTÉ, ARGENTU: pourvu d'argent, riche.

ARGOUÊME: repu, rassasié. B.

ARGUILLE et ERGUILLE: argile.

ARGUILLON: ardillon. L.

ARISMÉTIQUE: arithmétique.

ARJETOURE: reginglette, repenelle. D'arc qui jette l'oiseau dans la boucle de la ficelle où il se trouve pris par les pattes.

ARMELLE: alumelle.

ARMENA: almanach. Ce mot se retrouve dans le patois Troyen.

ARODIVER: ennuyer. En islandais, at reida signifie irriter, fâcher. V.

ARQUELIER. Voyez HAIREQUELIER. A.

ARREGARDER: regarder. Brantome s'exprime ainsi dans ses Dames galantes: «Parmi les grands, on n'arregarde pas à ces règles et scrupules.» A la fin du XIVe siècle, on disait agarder pour regarder.

ARRÊT: durée. Les jours d'hiver n'ont pas d'arrêt, ne s'arrêtent pas dans leur marche, n'ont pas de durée sensible.

ARRIAS: embarras, tracas, obstacle. Dans le Roman de Rou, Wace dit:

Pur li grant arias kil reciet.

Arrayé, dans l'ancien français, signifiait occupé. D'arrie. Arrias se trouve aussi dans le patois Lorrain.

ARRIE: crête de fossé, talus de fossé. D'orée, vieux mot qui a la signification de bord, rebord, comme le substantif latin ora. Arrius, que nous dérivons d'arrie, signifie obstacle, empêchement, qui s'oppose au passage. Suivant Du Cange, l'aria de la basse latinité est un lieu qui n'est ni labouré, ni cultivé. Roquefort dérive arrie du mot latin restare: s'arrêter, résister. On retrouve le radical celtique arr dans le nom de la ville basque de Biarritz (double roche).

ARROCHER. Voyez RUCHER. A.

ARROLE: arroche. A.

ARROQUER: accrocher. Corruption d'accroquer.

ARROSSIR, en parlant d'un cheval ou de toute autre bête de travail: en faire une rosse, en l'excédant de fatigue. A.

ARROUSER, ENROUSER: arroser. L.

ARROUSSE (s. f): vesce. Voyez JAROSSE.

ARROUTÉE: quantité de chanvre mise au routoir.

ARROUTER: mettre en train de marcher, de faire route. Dans le patois Walon, roter signifie marcher. Froissard emploie arrouter dans le sens d'acheminer.

ARROUTER: mettre au routoir.

ARROUTOIR: routoir.

ARROUCHER. Voyez RUCHER. A.

ARRUNER: mettre en ordre; arranger. Ce verbe se trouve encore dans Nicot.

ARSEI pour ARSOIR: hier au soir. Arser en provençal.

ARSELET: vairon, espèce d'able. Voyez DARSELET. V.

ARSOUILLE: femme très-malpropre. Par aphérèse, de garse et de souiller. Ce mot est rouchi. En patois du Berri, garsouiller signifie gâter.

ARUSMÉTIQUE: arithmétique. L.

ASPERGÈS: goupillon; arrosoir. Du verbe latin aspergere. Clément Marot dit: