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Glossaire du patois normand

Chapter 21: B.
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About This Book

This glossary assembles regional Norman vocabulary with local citations and abbreviations indicating where terms were collected, accompanied by an editor's preface describing the project's enlargement and editorial choices. It catalogs patois words with meanings, pronunciation variants, and local usages, and incorporates supplements drawn from manuscripts and other collectors. The preface reflects on the dialect's locality and variability, the methodological difficulty of creating a complete list, and the urgency of recording vernacular speech before it is leveled by wider linguistic change. The work aims to preserve lexical diversity across Normandy and to provide a foundation for further regional lexicographic study.

Il y avoit dedans

Pour aspergès une rose fennée.

ASSAISONNER; ENSAISONNER: mettre à la saison qui convient, en parlant des terres labourables. En parlant d'une vache, c'est la faire saillir en saison convenable. Dans la première de ces acceptions, ce mot appartient aussi au patois du Berri.

ASSASIN: assassin, et assassinat.

ASSAUTER: attaquer. D'assalire. Ancien verbe du substantif assaut, qui est resté dans notre langue.

ASSAVER; FAIRE ASSAVER: faire savoir; informer.

ASSÉGRIR: se tranquilliser. Du latin securus.

ASSEÏ: ce soir. M.

ASSEMBLEMENT: réunion. Roman.

ASSENS; ASSENT: raison, bon sens. B.

ASSICHER; ASSIÉCHER: asseoir. S.-I.

ASSIESSER (S'): s'asseoir. Je m'assiesserais; s'assiessant; assisez-vous; qu'ils s'assisent. Assiessous, pour assiessez-vous.

ASSOIRANT: approche du soir. L.

ASSOLEILLER: exposer au soleil. Antoine Baïf a dit:

Orangers soleillés fleurissans y fruitissent.

A.

ASSOT; ASSOTEMENT: ennui propre à rendre sot. En roman, asotie et asotement signifient folie, sottise et même débauche. L.

ASSOTER: ennuyer profondément. L.

ASSOTIR: même sens; et, dans le sens neutre: devenir sot. L.

ASSOUIR: assommer; étourdir. On dit assabouir dans les patois du Berri et du Nivernais. B.

ASTHEURE: maintenant. Par contraction, pour à cette heure.

ASTICHER; ASTIQUER: taquiner.

ASTICOTER: tracasser, tourmenter, piquer sans relâche. D'astic, os creux rempli de suif, dans lequel les cordonniers enfoncent fréquemment leur alène. A.

ATACHER: donner un travail à la tâche.

ATELLE: bûche. Du celtique breton, astell; en roman, attelle, estelle. Il signifie aussi bâton; d'où le proverbe: maigre comme une âtelle.

ATIGNOLE: boulette de viande hachée que vendent les charcutiers.

ATORI: taché, moisi. B.

ATOUCHER: toucher. L'auteur du Testament de Pathelin fait dire à cet avocat:

Jamais à telz gens n'attouche. L.

ATOUT: avec.

ATOUT: coup, blessure.

ATRA: à travers. Roman. Roquefort écrit atras, qu'il définit derriàre, et dérive de retro. C'est une simple apocope.

ATTÉDIER: affliger. De tædere, et non pas de tepescere, comme le dit Roquefort. Employé par Basselin, vaudev. 39e. Nous avons, à ce sujet, dit dans la note 224 de notre édition de 1821: «Ce verbe, dans Nicot, est défini ennuyer ou fâcher..... Bourgueville de Bras l'emploie pour signifier fâcher (part. I, p. 113).»

ATTENDIS (EN): en attendant. On disait en roman: entandis ou entendis, pour cependant, pendant ce temps-là. L.

ATTENTIONNÉ: attentif. A.

ATTICHER: agacer, exciter. On trouve en ce sens atticier dans le Roman de la rose. Voyez ASTICOTER.

ATTICOCHER: corruption d'asticoter. B.

ATTINCHER: agacer. S.-I.

ATTITONNER: caresser, dorloter. A.

AU: avec. Voyez O.

AUBET: aubier. Voyez AUBEUR.

AUBETTE: le point du jour, le commencement de l'aube. Du latin albus: blanc.

AUBEUR: aubier. D'albus, parce que l'aubier est plus blanc que le cœur de l'arbre.

AUBOUFEIN: bluet, aubifoin. De la couleur blanchâtre de son feuillage: album fenum.

AUCHE. Voyez OCHE.

AUDIVI: autorité. Se trouve aussi dans le patois de la Corrèze.

AUGERON, NE: habitant du pays d'Auge.

AULIÈRE ou OLIÈRE: oreille. L.

AULUE: promesse qu'on ne réalise pas, retard.

AULUER ou OLUER: tromper, faire attendre, différer.

AUMAILLES: animaux, bestiaux. D'animalia. En roman almèle et amaille.

AUMIA pour AUMEAU: jeune bœuf. M.

AUNE (Sainte-): Sainte-Anne.

AUQUEMENTER: augmenter.

AUTE: autre.

AUVARE: avarie.

AUVEC: avec. On trouve awech dans la langue romane; témoin ce vers du Chevalier du Cisne:

Awech li ert un des enfans remés. L.

AVALASSE: inondation; grande averse. Du substantif français lavasse. En patois walon, walai signifie ondée, grosse pluie. Dans le patois des Vosges, laivasse et laivesse ont aussi cette signification.

AVALER; DEVALER: descendre. On lit dans les Essais de Montaigne: «Jusqu'à ce qu'un homme de cheval l'alla saisir au corps et l'avalla par terre», liv. III, chap. 6; et dans la 1re scène de l'Iphigénie de Rotrou:

Quelle prompte frayeur dans le sein me devale!

AVANGER (v. n.): fournir avantageusement. Les légumes avangeront, produiront beaucoup. En roman, avenger et avangier signifient avancer, arriver.

AVAS: le long de. Avas le chemin. L. A Bayeux, on dit avau. En roman, avault, avaux signifient parmi, dans. En français, aval. Nous avons cité, a la fin de notre édition de Basselin, p. 233, une ancienne chanson normande dans laquelle on dit:

Passementée avaud les gambes

D'un biau nerfil.

AVEINDRE: atteindre.

AVENAT: balle d'avoine; paille d'avoine.

AVER: avoir, fortune, bien. Avé, en roman. Avei, en patois de Grenoble. L.

AVER ou AVET: porc. Du latin aper. A.

AVÉRAS: volailles de basse-cour. D'avis: oiseau. En roman, avers s'entend des bestiaux et des instruments aratoires. Du substantif de la basse latinité averium, averia.

AVERLAND: grossier, brutal. En roman, averland signifie maquignon. De l'allemand, haverling.

AVERNANT: agréable à voir. D'avenant.

AVERNON: surnom, sobriquet.

AVERON ou HAVRON: avoine stérile.

AVERSAT: fou, dont la cervelle est renversée. Du roman, avertie: épilepsie, folie.

AVETTE: abeille. Ancien français. Du latin apis.

AVEUC: avec. Roman. S.-I.

AVEUR: précoce. Voyez AORIBLE. On dit proverbialement: «L'aveur ne doit rien au tardif.--L'aorible n'a rien à demander au tardif«. Aveur vient d'avant heure, avance.

AVIAS; AVIAUX: oiseaux. D'avis. B.

AVISION: invention, bonne idée.

AVISOURE: invention, etc. Du roman avisoire. On lit dans les Heures perdues d'un Cavalier françois: «Pardy, je m'avisis hier au soir d'une bonne avisoire!» L.

AVOLÉ: aventurier. Qui a pris sa volée d'un pays vers un autre. Froissard dit (t. I, ch. 39): «Et ceux qui estoient ainsi bannis se tenoient à Saint-Omer le plus, et les appeloit-on Avolez». B.

AVOLER: faire effort pour lancer loin ce qu'on envoie. S'AVOLER: prendre son élan. M.

AVOMES (NOUS): nous avons. Roman. A.

AVONDER ou AVONDIR: gorger d'aliments en abondance, engraisser.

AVORIBLE: précoce. Voyez AORIBLE, et AVEUR.

AVOU: où. D'AVOU: d'où.

AVOUER: épuiser. A force de bouillir, cette eau s'est avouée.

AVOUS: Avez-vous? Dans la Farce de Pathelin, p. 88:

Avous mal aux dents, maistre Pierre?

AVRILLER (v. n.), IL AVRILLE: il tombe une pluie fine et tiède comme en avril.

AVRONER: apostropher insolemment.

B.

BABINOUX. Voyez BOBINOUX.

BABOTIER: babillard.

BABOUIN. Ce mot se prend en mauvaise part, comme qui dirait: mine de singe. De babine: lèvre.

BABOUIN: sorte de statue en neige, que les enfants pétrissent dans les rues.

BACHEROLLE: vaisseau de bois pour porter de l'eau. Du roman bachoue, bachole, tine ou vase de bois propre à transporter la vendange.

BACHEAU ou BACHOT: petite bâche pour pêcher les écrevisses. En roman, bagau.--Dans les marais du Cotentin, un bachot est une petite barque.

BACON: porc salé. De la basse latinité baco, cochon.

BACOUETTE: hoche-queue; lavandière. De bat, et de coue, dont le diminutif est couette. C'est la même signification, en termes équivalents, que hoche-queue.

BACUL: traverse de bois pour attacher par derrière les chevaux attelés. Ce mot, dans l'arrondissement de St.-Lo, employé pour désigner une personne qui a les cuisses et les jambes courtes, doit s'écrire bas-cul, et n'est pas l'exact homonyme de bacul (bat-cul).

BACULOT; BAGULOT: petit bâton qui sert à jouer. Du latin baculus.

BADER (SE): mouiller ses vêtements par le bas; se crotter. Badé, e, crotté et mouillé. De bad (bois, eau), expression celtique, de laquelle sont venus les noms des villes de Baden en Allemagne, et de Bath en Angleterre, qui, toutes deux, ont des bains célèbres; et même le mot badaud appliqué aux Parisiens, parce que leur ville, naturellement humide, était fréquemment enveloppée dans les brouillards de la Seine et des marais. En islandais, bada, se baigner.

BADINOUX: petit rouet dont le travail très-facile n'est qu'une sorte de badinage. B.

BADOCHET (s. m.): entremetteur ou entremetteuse de mariages. On l'appelle aussi rouche-croûte, parce que ce sont ordinairement de vieilles femmes (pouvant à peine ronger leurs croûtes) qui se chargent de ce ministère officieux et lucratif. A.

BAFFE: tape, soufflet. Roman. Du mot paf.

BAFRE et BAFRÉE (s. f.): régal ignoble de gourmands Bafrée se dit également en patois Lorrain.

BAFRER: faire une bafre. Se trouve aussi dans le patois Troyen.

BAFREUR: qui aime la bafre; goinfre.

BAGLE: bague.

BAGNE (SUER A): suer abondamment, comme dans un bain chaud.

BAGOU ou BAGOUL: fécondité de paroles stériles. Ce mot existe aussi dans le patois du Berri. De gula, gueule, goule.

BAGOULARD: bavard.

BAGOULER: bavarder.

BAGUER (v. n.): se dit d'une couture qui fronce désagréablement.

BAHUYER: bahutier.

BAICHIN, NE: nigaud. De Baissin, parce que les Baissins sont regardés comme moins civilisés que les habitants de la Haute-Normandie. Voyez BAISSIN.

BAILLE-LA-GOULE: bavard, sujet à manquer de parole. C'est ce que la Farce de Pathelin, p. 110, appelle

Des bailleurs

De paroles en payement

A rendre au jour du jugement. L.

BAILLOUX: fainéant et maladroit, qui semble bâiller toujours et ne donner aucune attention à son ouvrage. B.

BAINE (s. f.): mauvais cabaret, où l'on ne peut se procurer que de mauvaise boisson. A.

BAISEUL: partie de la croûte d'un pain qui, dans le four, a touché un pain voisin (l'a baisé). Dans plusieurs cantons de la Manche, on dit du baisé dans le même sens.

BAISSE-MINE: sournois; décontenancé.

BAISSIN: habitant du pays de Bas, du Bas pays. Ce sont des manœuvres qui viennent du Bas-Maine et des arrondissements normands contigus, pour travailler dans la Haute-Normandie. Ce mot baissin n'a nul rapport avec le Bessain ou Bessin (le territoire de Bayeux): il a la même origine que baissière, liqueur qui reste au bas d'une futaille.

BAITE: ivre. A.

BAITER (SE): s'enivrer. A.

BALÈQUE: bavarde. De bat et de langue.

BALIATTE; BALIETTE: petit balai.

BALIER: balayer. Se dit aussi dans le patois Lorrain.

BALIURES: balayures.

BALLANNER: rôder, ne rien faire.

BALLANT, TE: pendant, les bras ballants. Au figuré, fainéant. B.

BALLAS (s. f.): commère, fainéante.

BALLER: être pendant. Du roman baller, danser. En italien, ballare.

BALLIÈRE: sorte de paillasse remplie de balle d'avoine. Se trouve aussi dans le patois Lorrain. Voyez PAILLOT.

BALVAUDER: rester les bras ballants. Ce verbe signifie aussi faire mal un ouvrage; galvauder.

BAMBOCHER: faire des bamboches, de mauvaises farces; se livrer à la débauche.

BAMBOLER ou BANVOLER: gesticuler et se balancer d'une manière désordonnée, comme les cloches que l'on sonne à toute volée.

BANCELLE (s. f.): petit banc.

BANLOCHER: balancer, branler.

BANNE (s. f.): grand banneau. Du celtique benna. En français, la banne est une sorte de panier.

BANNEAU: tombereau; petite banne.

BANNELÉE: ce que contient un banneau.

BANNELER: charrier en banneau.

BANNIE: enchère publique. De ban.

BANNIR: publier solennellement, louer en bannie.

BANON: cuvier pour recevoir le cidre dans le pressoir. On l'appelle aussi bêleron.

BANON (DE): en liberté de paître après la récolte. Se dit des bestiaux qui ont cette faculté après le ban, ou simplement après l'époque déterminée par l'autorité. Ce terme de l'ancienne Coutume de Normandie s'emploie en parlant des bestiaux qui paissent sans être attachés, à l'abandon.

BANON: enfant pleureur.

BANONNER: pleurer comme un enfant.

BANQUE: élévation de terre en forme de banc; crète de fossé.

BANQUÉ, E: celui ou celle dont les bans de mariage sont publiés.

BANVOLE: sorte de girouette, d'étendard, de petit moulin à vent, pour jouet d'enfants.

BAQUER: céder, plier.

BAR ou BARD: forte pièce de bois sur laquelle on assujettit un arbre, pour le scier en madriers ou en planches.

BAR: civière. B.

BARAI; BARAIS: baillerai, baillerais. S.-I.

BARATTÉ: babeurre, liquide qui reste au fond de la baratte, quand le beurre en est extrait. A.

BARATTON: sorte de pilon, avec lequel on fait le beurre dans certaines barattes. L.

BARBACROC: moustaches qui font le crochet; homme qui les porte.

BARBAUDIER: bavard.

BARBELÉE (GELÉE): frimas qui couvrent les plantes d'une sorte de barbe.

BARBISTRAL: barbier.

BARBOT: bourbier. Barboter en vient.

BARBOTTEAU: caparaçon.

BARBOUILLER: bredouiller. Babouï, dans le patois Walon.

BARÈTE: baratte. L.

BARETÉE: mesure de cinq décalitres, demi-hectolitre. Ce mot vient de ce que le demi-hectolitre offre à peu près la contenance de la baratte commune, que le peuple appelle barète.

BARETER: baratter; agiter dans une baratte la crème que l'on veut convertir en beurre.

BARGE (s. f.): foin ou paille empilée en forme de cône.

BARGOUILLARD: babillard importun.

BARILLER: barbotter. Valognes.

BARILLIER: fabricant de barils; tonnelier. Ce mot se trouve dans la nomenclature des métiers du commencement du XIVe siècle.

BARRACAN: bourracan, étoffe de poil de chèvre. Expression de l'ancien français, prise de la basse latinité barracanus.

BARRETEL. Voyez BARATTON. A.

BARRETOUX: querelleur, tapageur. De la basse latinité barra, bâton.

BARRIQUE (AVOIR LA): être ivre. L.

BASSE: servante. De bachelette, jeune fille. B.

BASSÉE: basque d'habit. C.

BASSETILLE: basque d'habit. Valognes.

BASSICOTER; BACIQUOTER; BACHICOTER: marchander d'une manière mesquine. De bassicot, cage en charpente, au moyen de laquelle on élève les ardoises du fond de leur carrière. Au propre, bassicoter signifie tirer à soi; au figuré, c'est attirer un objet en l'agitant, en le tiraillant. C'est ainsi que tribulation, peine morale, souffrance de l'âme, vient du latin tribulum, machine à battre le blé. Suivant Borel, baciquoter signifie tromper.

BASSICOTIER, ÈRE: celui ou celle qui bassicote.

BASSIN: renoncule des prés (Ranunculus pratensis), parce que la couleur de cette fleur ressemble au poëlon de cuivre jaune qu'on appelle bassin.

BATACLAN: attirail, meubles, ustensiles, bruit confus. Pataclan dans le patois Troyen. Sorte d'onomatopée.

BATIAUX: vieux meubles; vieilles pièces de mauvais bois.

BATIÈRE: bât. De Βασταζω, porter.

BATTAISON: pente ou inclinaison donnée à une construction pour la rendre plus solide. Roman. Val.

BATTELESSIVE: hoche-queue; lavandière.

BATTERIE: lieu où l'on bat les céréales.

BATTONER: manger avidement.

BATTU (lait): caillé égoutté, puis écrasé avec du lait frais et de la crême. C'est cette préparation que, dans d'autres parties de la Normandie, on appelle de la piquette. A.

BAUBE: bègue. Du latin balbus; du verbe grec Βαμβαινω, balbutier.

BAUBER: bégayer.

BAUCHIER: ouvrier en bauge ou pisé. On lit, dans les Chansons Normandes que nous avons recueillies à la suite de notre édition des Vaux-de-Vire de Basselin, p. 182:

A la compaignye d'un bouchier

Venus sommes du Vau de Vire.

BAUDE: engourdi par le froid. Il a les mains baudes, comme on dit à Lisieux: il a les mains pottes. C'est le B pour le P, et le P pour le B.

BAUDOUR: joie; réjouissance. Roman.

BAUME: menthe coq (Tanacetum balsamita). Par extension, toute plante aromatique.

BAVE (s. f.): bavardage. Villon dit, dans ses Repues franches:

Qui sçavez si bien les manières,

En disant mainte bone bave,

D'avoir du meilleur de la cave.

BAVE DE COUCOU: cercops ècumeuse, insecte. B.

BAVER: bavarder. Le juge dit au drapier, dans la Farce de Pathelin:

Paix, par le Dyable! vous bavez.

BAVERESSE: bavarde.

BAVERETTE: bavette au-dessus du tablier.

BAVETTE: petite bavarde.

BAVOL (adv.): filer bavol, filer négligemment, inégalement. Voyez BAVOQUER.

BAVOLETTE: bavolet; femme qui porte cette élégante et riche coiffure du village.

BAVOQUER: filer un fil inégal. C'est à peu près le verbe bavocher, qui signifie imprimer grossièrement.

BAVOT: partie du fil où il est grossier et inégal.

BAVREULE; BAVROLE: bluet.

BAYON; BÉION: cuvier du pressoir, dans lequel on recueille le cidre que la pression du marc fait couler. Cette cuve s'appelle aussi béron et bélon. Du celtique-breton béol, cuve.

BÉ: bien. De bene. Les Basques disent bey.

BEAUBELLE (s. f.): hypocrisie. Faire la beaubelle, agir en tartufe. De beau, belle, qui affecte d'être beau de caractère.

BEAU-PERDU (ŒIL): œil qui n'y voit pas, mais qui a une belle apparence.

BÉBÉE; BÉBÊTE (s. f.): bête malfaisante. Mot enfantin.

BEC DE CORBIN: renoncule des champs (Ranunculus arvensis). B.

BÉCAILLER: bavarder. De bec. Voyez BEQUERELLE.

BÉCANCIÈRE: bavarde revêche qui, comme on dit, a bec et ongles.

BÉCANETTE: sorte de chantepleure de bois, ordinairement en sureau; petite cruche, vase à boire. De bec.

BÉCARD: jeune mouton d'un an, dans le patois Bayeusain; de deux ans, dans le patois de l'Orne.

BÉCASSON: oiseau le dernier éclos de la couvée. Voyez ÉCLOCU.

BÊCHEVÊCHE: en sens contraire. Voyez BÉJUEL et TÊTE-BÊCHE.

BÊCHEVÉCHER; BÊCHEVÉLER: mettre en sens inverse, en sens opposé. A.

BÉCLÉ, en parlant du lait: caillé. Clé pour clair. Voyez TRUTER. A.

BÉCO (DE): de plus ou de moins d'un nombre déterminé ou proposé. Un gant de béco: un gant dépareillé. Voyez ÉTIPE. Dans le celtique-breton, besk signifie la privation d'un membre.

BÉCOT: baiser sur la bouche, de bec. L.

BÉCOTER: donner des bécots. L.

BÊCU: maladroit, malavisé. De besk, écourté.

BÉDANGOUX: bègue. M.

BÉDANGUER: bégayer.

BEDÉE (DE): tout à coup; étourdiment.

BEDEIN: jeune veau. Peut-être du latin bis et dens, qui a deux dents. A.

BÉDIÈRE (s. f.): lit, couche. De l'islandais beder, de l'anglais bed. Pont-l'Évêque.

BEDONDON (s. m.); BÉDONDAINE (s. f.): bedaine. L.

BÉDOT ou BÉDROT: le dernier né. B.

BÉDOU: rouge-gorge.

BÉGAS: sot, qui ne sait que dire. De bègue, sans doute parce que celui qui bégaie a l'air d'un niais, par l'effet de la difficulté qu'il éprouve pour s'exprimer.--On appelle begas, dans la Manche, cette pièce de bois portative, où l'on suspend la lampe pour les repas du soir ou pour les veillées; et grand begas, métaphoriquement, un grand garçon, immobile par bêtise ou par maladresse.

BÉGAUD: nigaud. Roman.

BÉGAUDER: dire des niaiseries; balbutier.

BÉGAUT: chandelier de bois avec une bobèche de fer-blanc, à ressort. A.

BEGUË; TRUITE BEGUË: truite saumonnée.

BEGUER: bégayer.

BEIGE, en parlant des laines: de couleur mélangée de noir et de blanc.

BEILLÉE ou BAYÉE: ventrée à pleins boyaux. De boille, gros ventre; panse. Beil, ventre, dans le patois Vendéen.

BÉJUEL ou BÉJUET: en sens inverse. Être couché béjuet se dit des personnes qui, dans le même lit, sont couchées en sens opposé l'une de l'autre, comme il arrive chez les paysans pauvres, dans certains cantons, où l'on établit dans une même couche les garçons et les filles de la maison. Béchouet, en patois du Jura. Voyez BÊCHEVÊCHE et TÊTE-BÊCHE. A.

BÊLE: berle, ou ache d'eau. Du celtique-breton beler, cresson d'eau, parce que la berle a un peu l'apparence de cette crucifère (Sium latifolium).

BÉLIANE: canard tadorne. B.

BELIN: bélier.

BELLEMENT: grandement. L.

BELOSSE ou BLOCE: fruit du prunellier. A.

BÉLUETTE: bluette; étincelle.

BELZAMINE: balsamine. Id. dans le patois Lorrain.

BEN: bien. De bene. C'est une simple crâse qui supprime l'i de l'adverbe bien, comme ren est celle de rien dans plusieurs patois. A.

BÉNAMEN: assurément. C'est approuver, en disant: bien! amen!

BÈNE: ruche ou panier. De benne ou banne, hotte de vendangeur. Avranches.

BÉNÊQUE: oie sauvage. De bernache, oie du Nord.

BÊNI: escargot. Avranches.

BÊNIR, en parlant du linge: sécher un peu; cesser d'être complètement mouillé.

BENOM: surnom, sobriquet. De bis nomen. B.

BÉQUERELLE: bavarde acariâtre et querelleuse. Du roman becquerelle, mauvais propos.

BÉQUET: petit clou que l'on met sous la semelle des souliers.

BER. Voyez BERS.

BÈRAT: bec d'un vase, par où l'on verse le bère.

BÉRANGUIER: marchand de fromages et de fruits. A.

BERBIS: brebis. Du latin vervex.

BERCA: brebis.

BERDAILLER ou BREDAILLER: bredouiller; faire un bruit importun, en parlant d'un rouet.

BERDALE: femme de mauvaise conduite. V.

BERDANCIER: inconstant.

BERDANSER (SE): se balancer. De danse. A.

BÈRE: boire. Je bérai, tu béras, etc. De même pour les autres modes de ce verbe. Je bés, ils bèvent. Bès ou beu, à l'impératif. Appartient également au patois du Jura.

BÈRE: cidre ou poiré. Corruption de boire. C'est une sorte d'euphémisme. Maûre bère, gros bère: cidre pur et fort.

BEREAU: tuyau de bois ou de métal, dont on se sert pour dépoter le cidre et le tirer du tonneau;--broc. On lit ce vers dans Basselin:

Les pipes, les bereaux pleins de liqueurs vermeilles.

BÉRÉE (s. f.): frigilla, sorte d'oiseau. Au figuré, petite bérée, jolie petite fille, bonne et gracieuse. L.

BERELLE: dispute entre buveurs.

BERGE: estomac des oiseaux. B.

BERGEAS: moutons, brebis. A.

BERLAN: brelan. Id. patois Lorrain.

BERLANDE: cuillère de bois.

BERLICOQUET: jeune coq; cochet.

BERLINGUETTE: petite sonnette. Onomatopée.

BERLOQUES: breloques. Id. patois Lorrain.

BERLOT: coq-d'Inde. Onomatopée tirée de son cri, lorsqu'il fait la roue.

BERLUETTE: bluette, étincelle.

BERNE: berme de chemin.

BERNICLES: besicles.

BERNOUSER ou BRENOUSER: salir par des excréments. Du celtique brenn, son, la partie du grain qui enveloppe la farine. A.

BERNOUX: brenneux.

BEROUASSE; BROUASSE: bruine, pluie fine qui brouille le temps.

BEROUÉE: brouée; brouillard pluvieux. Dans le patois du Jura, brouée signifie une ondée. Du latin pruina; du celtique-breton brumen, brume, brouillard épais.

BÉROUETTE: brouette. En patois Walon, berwette.

BERQUE (s. f.): vieille brebis. Voyez GERCE.

BERQUER: berger. S.

BERQUERIE: bergerie. S.

BERQUIGNOT: homme mal bâti.

BERRICHON: femme dont la toilette est en grand désordre.

BERRUCHON; BERRICHON: roitelet.

BERS: berceau. On lit dans Cretin:

Car soubz l'enfant gisant au bers.

Wace avait dit dans le Roman de Brut, v. 13, 895:

Enfans em bers esboeler.

BERTELLES; BERDELLES: bretelles.

BERZOLE: femme étourdie, qui ne songe qu'à se divertir. Du celtique-breton berza, défendre, chômer une fête. Voir le Dict. de Le Gonidec.

BESCOCER: se troubler. Ce verbe est employé dans le même sens par Froissard (Poésies, p. 338).

BESEAU: l'oiseau dernier éclos d'une nichée. Voyez ÉCLOCU.

BESER, en parlant des vaches en rut: courir çà et là.

BESIN: demi-ivre. B.

BESOT (porter): porter malheur. Parce que le besot, le double-as, est le plus faible point que puissent amener les dés.

BESTIAL: bétail. On a conservé en français le pluriel bestiaux.

BESTOURNER: déranger, renverser. De la basse latinité bistornare.

BÊTAS: même sens que bêta: bête; sot; imbécille.

BÊTASSE (s. f.): grosse bête, imbécille. De l'italien bestiaccia.

BÉTELER (v. n.): cailler sur le feu, en parlant du lait. Voyez CALEBOTTER, et TRUTER.

BÊTISER (v. n.): dire des niaiseries, des bêtises.

BÊTON: petit sot, petite bête.

BEUCHONNIER: ivrogne qui fréquente les mauvais cabarets, les bouchons. B.

BEUCLÉ. Voyez BÉCLÉ. A.

BEUGUER: roter. M.

BEURGUER; BURGUER: pousser. B.

BEURRÉE (soupe à la beurrée): panade. L.

BEZOT: le dernier né d'une couvée. S.-I.

BIANC: blanc. C'est l'i pour l'l, comme en italien après A, B, P, V.

BIANCHET: blanchet, sorte de corset. A.

BIARD ou BLARD: sorte de civière pour transporter les morts. De Bière.

BIAU (DE): Mettre ses chaussures de biau. C'est les mettre au pied, auquel elles ne sont pas destinées.

BIAUCOUP: beaucoup.

BIBE: bube, petite tumeur survenue à la peau. Du grec βουβων, tumeur.

BIBERONNER (v. n.): faire biberonner un enfant, lui faire boire du lait avec un biberon.

BIBELLE: petite bube à la figure.

BIBET: moucheron. L'auteur d'une des Chansons Normandes, que j'ai recueillies à la fin de mon édition de Basselin, dit, p. 210:

L'araigne, qui tous les ans

Fesoit son nid au dedans,

Avec mouches et bibets

Qu'elle prenoit dans ses rets.

Voyez GUIBET.

BIBETTE: petite bube. Diminutif de bibe. B.

BIBI: bobo; mal léger.

BIBRETEUX: rouge. A.

BICACOIN: en zig-zag; de côté et d'autre. A.

BICLE; BICLESSE; BIGLE; BIGLESSE: louche. Le poète normand, Elis de Bons, dit à Camus, évêque de Séez:

Que son renom sera universel

Malgré l'effort de la biglesse envie.

L'Académie a conservé bigle et bigler.

BICLER: regarder du coin de l'œil.

BICOIN: de côté et d'autre; en zig-zag. Voyez BICACOIN.

BICOQUET: sorte de coiffure de femme, favorable à la coquetterie.

BIDAILLON: mauvais bidet; petit cheval de peu de valeur. L.

BIDOCHE (s. f.): cheval de bois ou de carton, pour les amusements populaires. Nous en avons parlé dans nos Archives Normandes (année 1826, p. 374), à l'art. Cérémonies des Mariages dans la partie occidentale du département de l'Orne.

BIDOQUE (s. f.): vieux cheval, mauvais bidet. V.

BIE: cruche; par extension, toute sorte de vase. De buie ou buire, espèce de broc pour les liqueurs de table. Ces mots, ainsi que burette (contraction de buverette), busse, botte, que Du Cange dérive du grec, viennent du primitif celtique bauc et baot, qui signifie antre et généralement tout ce qui est creux. Bocal, boucaut, et (suivant Bullet) bouteille, ont la même origine, de même que bouche et poche, le dernier mot ayant changé le b en p; ce qui est fréquent dans ces sortes de dérivés et de composés. A.

BIEF: biez, canal qui conduit l'eau au moulin.

BIENVENUE. Voyez VENANTISES.

BIÈRE: fantôme échappé de sa bière. Val.

BIEU: biez; ruisseau.

BIEU: bleu. L'i pour l'l, comme on a vu ci-dessus dans bianc, etc.

BIGARNOISE (A LA): coiffé à la bigarnoise; d'une manière effrontée.

BIGNE: tumeur; enflure produite par un coup. Dans le patois Lorrain on dit beugne, et geugne. En roman bugne, buigne.

BIGNET: beignet. Patois Lorrain.

BIGNOCHE. Voyez BIGORGNE.

BIGORGNE (s. f.): partie d'un arbre, ou morceau de bois biscornu, raboteux. En français, la bigorne est une sorte d'enclume qui a deux pointes ou cornes (de bis et de cornu). Au figuré, on dit des lettres bigorgnes, pour des lettres mal conformées.

BIGRE: bougre, juron grossier. Du latin apiger (qui regit apes) on a fait biger, bigrus, garde forestier, chargé du soin des ruches. Plusieurs chartes du moyen-âge offrent ces biger, bigrus et bigre. Un aveu, rendu en 1479 par le seigneur de Bémécourt au comte de Breteuil, s'exprime ainsi: «Ai droict..., quand on met des mouches en la dite forest de Breteuil, d'envoyer mon bigre avec les bigres du roi, lequel doit être juré devant le chastelain de Breteuil de bien et fidellement querre les abeilles et le miel pour en faire mon besoing.» On trouve aussi ce qui suit dans un aveu de la seigneurie de Neaufle, rendu également au comte de Breteuil en 1465: «Et du dict fief d'Auvergni despend un hostel, appellé l'Hostel de la Bigrerie ou Hostel aux Mousches.»

BIGUENETTE: dévote acariâtre. De bigotte. A.

BIHAN: rouet. A.

BIHORAGE (s. m.): plantation en désordre; terrain mal cultivé. A.

BIHOT. Voyez BUHOT.

BIHUTTE: mauvaise cabane. De hutte. L.

BIJAUDER: faire le plaisant. Orne.

BIJUDE. Voyez BIHUTTE.

BILANDER: être bilent. V. ce mot. A.

BILANGE (s. f.): bande étroite d'étoffe. De lange ou linge.

BILENT: lent, très-lent, fainéant. De bis et de lentus. En Roman bilant.

BILLOT: «C'est comme la noblesse du Billot; va te coucher, tu souperas demain!» parce que les gentilshommes de cette petite contrée de l'arrondissement de Lisieux étaient en général fort pauvres, par comparaison avec la noblesse normande.

BINDER: s'impatienter. S.-I.

BINEL: guignon. Jouer de binel. Orne.

BINET. Voyez BIGNET.

BINGOT: stalle de lavoir. Val.

BINGOT: panier en paille nattée.

BINOT: monceau; tas. B.

BIOCHE (s. f.): petite bie; petite cruche. A.

BIONNER: travailler avec redoublement d'efforts. De bis. En vieux argot, bier signifie aller. A.

BIQUETTE: petite chèvre; jeune bique, qu'en patois de Courtisols on appelle bica.

BIRETTE (s. f.): verge d'enfant. Du latin veretrum. A.

BIRINGUE: rosse; mauvais cheval. A.

BIROQUE: rosse. B.

BIROU; BIRUCHET: roitelet. A.

BIS (s. m.): recoupe de blé.

BISCANTINE ou PISCANTINE: boisson mauvaise et plate. Voyez CLACUSSE. L.

BISET. Voyez BISEUL. A.

BISETÉ (caillou): Voyez BISEUL. A.

BISETTE (s. f.): pain bis.

BISETTE: macreuse (Anas nigra).

BISEUL: gros caillou; bloc de silex brut. Suivant Bochart, biset, pour bisec, vient du grec βιζαπιον qui signifie une petite pierre. Meursius le prouve au mot βιζαπιον. Les Chaldéens disaient biseca. A.

BISIEUTRE (s. m.): calamité, malheur. Orne.

BISQUE (s. f.): poiré fait avec des poires jetées simplement avec de l'eau dans une futaille; par extension, mauvaise boisson. A.

BISQUE (s. f.): haridelle, mauvais cheval. A.

BISQUE ET DE COIN (DE): de travers. Voyez BICACOIN.

BISQUER: éprouver du dépit. Comme celui qui boit de la bisque ou bien est monté sur une bisque.

BISSAQUET (Bourgeois): paysan décrassé qui fait le fier, et semble oublier qu'il a porté le bissac.

BITER A: toucher à. L.

BITOT: bientôt. L.

BLAGUE (s. f.): bavardage de fanfaron. Parce que la blague, proprement dite, paraît une bourse bien garnie, et ne renferme qu'un peu de tabac.

BLAGUER (v. n.): bavarder pour se vanter, hâbler.

BLAGUEUR, SE: celui ou celle qui blague.

BLAIS (St.): St.-Blaise. A Alençon, le peuple dit le faubourg St.-Blais.

BLANC: on ne dit plus que six blancs. Le blan ou blanc valait cinq deniers. Nos six blancs représentent donc 2 sous 6 deniers, ou 12 centimes et demi.

BLANC-MUGUET: aphtes qui surviennent à la bouche des petits enfants, et ressemblent à la fleur du muguet dont ils ont la couleur.

BLAUDE (s. f.): espèce de blouse. Se trouve aussi dans le patois du Jura. On disait dans notre ancienne langue bliaud, de la basse latinité blialdus, bliaudus, blisaudus, et même blidalis dans Du Cange. Les Lyonnais en ont fait blauda, les Picards bleude, les Normands blaude et plaude, les Troyens biaude.

BLEC; BLÈQUE; BLÈCHE: mou, molle, en parlant de fruits. En patois Rennais, blet. Ce qualificatif est dérivé du grec βλαξ, qui signifie mou. Blèque en roman.

BLÉCHIR (v. n.): mollir, en parlant de fruits, tels que la poire, la nèfle, la corme. Les Lorrains disent blessir et blettir.

BLÉRIE ou BLAIRIE (s. f.): champ couvert du blé qu'on y a semé.

BLESSE (s. f.): blessure produite par l'effet d'une chûte, d'un coup violent ou d'un effort.

BLET (s. m.): image. Avranches.

BLÊTE ou BLÊTRE (s. f.): motte de gazon. Bleite en roman signifie toupet, touffe de cheveux, comme notre blête est une touffe de gazon de graminées. Dans la langue romane, dit Roquefort, on désigne par blotte et bloutre «une petite motte de terre renversée par le soc en labourant.»

BLETTER (v. n.): rester immobile comme une blête. Val.

BLEU-BLEU: barbeau, bluet. B.

BLEUS (s. m. plur.): linges de couleurs qu'à la lessive on établit sur le cuvier pour les laver les premiers, parce qu'ils n'ont pas besoin d'y séjourner aussi long-temps que le reste du linge. C'est ce qu'à Alençon on appelle la tournée. L.

BLOCHE ou BELOSSE. Voyez BLOSSE.

BLOQUE (s. f.): pièce de 2 sous (10 centimes). Bloquer signifie vendre dans l'argot récent. A.

BLOQUET: souche, pièce de bois, billot. Manger au bloquet, manger sur le billot.

BLOQUET: fuseau de dentellière. C.

BLOSSE: prune sauvage, fruit du prunellier des haies. Du roman baloce, belloche.

BLOSSES: yeux.

BLOUQUE: boucle. C'est une métathèse qui n'est pas particulière à la Normandie.

BOBAN: luxe, bombance. De pompa.

BOBILLON, NE: minutieux, méticuleux. En patois Rennais, bobillon signifie bavard. A.

BOBINETTE: loquet, cheville qui ferme la porte. Employé par Perrault, dans le conte du Petit Chaperon Rouge.

BOBINOUX: dévidoir qui sert pour les bobines.

BOBON: bonbon. L.

BOCAIN: paysan du Bocage.

BOCHE: bouche. Puer la bôche, avoir l'haleine fétide. Valognes.

BOCHER (v. n.): paraître volumineux, comme s'élève une bosse. Voyez BOSSER.

BOCHET ou BOCHETTE: élévation ou bosse que fait le fil sur le fuseau. En roman, bochette. L.

BOCHU: bossu. Dans le XIIIe siècle, on disait bochu pour boçu ou bochu:

On m'appelle bochu, mais je ne le suis mie.

dit Adam de La Halle, poète d'Arras, qui, vers 1250, donna la première comédie française et la première pastorale (Le jeu de la Feuillée, et Le jeu de Marion et Robin). Voir M. Paulin, Paris, Cabinet de lecture du 24 janvier 1836.

BŒ: boue. Roman. Gautier de Coinsi dit: