Car les eschargaites le voient
Qui l'est eschargaiter dévoient;
et dans le Roman de Rou:
Aillors deust on hebergier
Et faire tous eschargaitier. A.
ÉCHAUMETRER; ÉCHAUMITRER: effaroucher à force de coups. A.
ÉCHELETTES, (s.f.): sorte de petites échelles à échelons saillants et pointus d'un bout, que l'on fixe momentanément au bât d'un cheval pour transporter des bottes de foin, ou des bourrées. L.
ÉCHERDANT, E: envieux, jaloux.
ÉCHÉRE: jalousie. Avoir échère sur quelqu'un: en être jaloux.
ÉCHERPILLER: mettre en pièces. De charpie.
ÉCHINEUX: sorte de couperet, pour dépecer la viande. «Il signifie aussi un homme qui a une longue échine.» MM. Du Méril.
ÉCHOIR ou ÉCHOUER: assommer.
ÉCHOITE: ce qui échoit par succession ou par acquisition. Eschoites dans les Établissement de Normandie, p. 9.
ÉCLAME, (s. m.): homme chétif et de mauvaise mine, grand et flandrin.
ÉCLICHE: esquille; éclat. Voyez ÉCLIPE.
ÉCLINCHER: écliper, éclabousser; faire jaillir.
ÉCLIPE (s. f.): petite seringue de sureau. Du verbe cliper. L.
ÉCLIPÈQUE; ÉCLIPET: tiroir latéral dans les vieux coffres. B.
ÉCLIQUETTE (s. f.): batte dont se servent les masques en carnaval. De cliquetis: bruit d'armes.
ÉCLOCU: culot, oiseau dernier éclos. Ce mot est employé aussi dans la Mayenne. En Roman, clocu, éclocu. Ce substantif semble avoir quelque rapport avec le mot du patois Vitréen, équerbiton: avorton.
ECMICHER: excommunier. S.-I.
ÉCOCHE (s. f.): grand couteau de bois pour détacher les menues chenevottes qui sont restées dans le chanvre que l'on vient de broyer.
ÉCOCHER (v. a.): détacher les débris de chenevottes avec l'écoche.
ÉCŒURANT: dégoûtant
ÉCŒURER: décourager, dégoûter. En Roman, acueurer. Dans le patois Troyen, écœur signifie dégoût. L.
ÉCOFFIR. Voyez ESCOFFIER.
ÉCOINCETER; ÉCOINTER: ébrécher, casser le coin d'un vase ou de tout autre meuble.
ÉCOMANT: affadissant.
ÉCOPIR: cracher, vomir. Voyez RÉCOPIT.
ÉCOQUETÉ, E: rouge comme la crête d'un coq. L.
ÉCORNIFLER (v. a): voler. D'écorner; le sens du français est bien plus restreint. MM. Du Méril.
ÉCOTUAU: oiseau qui a éclos le dernier de la couvée. Voyez ÉCLOCU. A.
ÉCOUDRER: sécher à demi. Voyez BÊNIR. L.
ÉCOUÊMELER: ébrécher, écorner. L.
ÉCOUER: couper la queue. Du vieux mot coue.
ÉCOUESSIN: fourrage composé de paille, d'herbes et de quelques épis de céréales. B.
ÉCOUFFE; ÉCOUFLE (s. f.): cerf-volant. L'écoufle est un gros oiseau avec lequel a de la ressemblance, pour le vol, ce cerf-volant L.
ÉCOUPÈLE (s. f.): cime d'arbre que l'on abat. De coupeau, tête.
ÉCOUPELER: couper la cime, le coupeau. En terme de jardinage, escoupeler: tailler les branches. L.
ÉCOURRE; ÉCOUTRE: secouer. Du latin succutere. En ancien français, escousser signifiait battre le blé; escoussoir, escoussour, fléau.
ÉCOUSSE (PAR): par intervalle.
ÉCOUSSIN: moitié de la botte de foin, laquelle se forme de deux écoussins.
ÉCOUTER: attendre.
ÉCRABOUILLER. Voyez ÉCARBOUILLER.
ÉCRASE (s. f.): abondance excessive. Il pleut à toute écrase. Voyez CRAC (A). L.
ÉCREUTÉ: à demi-cuit Voyez GROISELÉ. B.
ÉCRIÈRE; ÉCRELLE: petit crustacé des ruisseaux, plus petit que l'écrevisse.
ÉCRILLER: glisser en marchant.
ÉCRIVACHER; ÉCRIVASSER: écrire très-mal; écrire sans raison.
ÉCRIVAILLER: écrire à tort et à travers.
ÉCRIVIN: sorte de crabe. B.
ÉCUIRIE: écurie. Du latin equus, d'où est venu aussi le mot écuyer. A.
ÉCUISSETER: arracher la cuisse. Au figuré, ôter une branche.
ÉDUCHIR: adoucir, en parlant d'un outil qu'on affile.
ÉFANT: enfant. Roman, ainsi que le mot afant. Patois Forésien. Patois Walon. Patois d'Alais.
ÉFESTOUI: enjoué, gai. De fête, qu'autrefois on écrivait et prononçait feste. A.
EFFABI: pâle, déconcerté, effronté. Vire.
EFFORBIR: reprendre des forces.
ÉFLOQUETER (en parlant de la laine): l'étirer et la nettoyer. Du latin floccus, flocon, anciennement floc. Floket, en patois Walon, signifie nœud, enlacement de choses flexibles.
EFFONDRER: enfoncer. Effondrer une volaille, c'est la vider. Effondrer une maison, c'est en enfoncer les portes ou les fenêtres. Roman.
EFFOUCAS (s. m.): homme ou femme évaporés, dont l'air est propre à effoucher.
EFFOUCHER: effaroucher, effrayer. Syncope. L.
EFFOUDRER: foudroyer. Au figuré, écraser. S.-I.
EFFOUILLE (s. f.): bestiaux produits ou engraissés durant l'année, dans une ferme, et dont on fait la vente. Cette année, l'effouille n'a presque rien produit A.
EFFOUQUETER: effaroucher, battre. L.
EFFRAISER (en parlant du pain): émier. Du roman effrester; du latin effringere.
EFFRITER: effrayer. Du mot effroi. B.
EFFRITÉ: décomposé, tout blême, tout défait.
ÉGACHIR: écraser, faire en quelque sorte du gâchis. A.
ÉGAILLER: éparpiller. «Egaillez-vous, mes gars!» C'était une locution familière aux chouans, en présence d'un danger, et qui signifiait: «Dispersez-vous, mes garçons!» Aiguaïer s'employait autrefois dans le sens de tremper dans l'eau. D'aqua, eau; aigue, en vieux français, et encore aujourd'hui aiguière: vase à contenir de l'eau. Ainsi s'égailler doit signifier se répandre comme l'eau d'un vase renversé.
ÉGALIR: faire éprouver un engourdissement momentané par l'effet d'un coup. C'est ce que produit le toucher de la torpille, ainsi que la fracture d'une branche de certains bois, tels que l'érable.
ÉGALUER: éblouir. Valognes.
ÉGAMELER; ÉGAMELIR: écraser.
ÉGAUGER: jauger, échantillonner; vérifier un poids, une mesure. D'æqualis, égal.
ÉGLAVÉ: mort de faim. M.
ÉGLU: glu. L
ÉGOHINER: égorger, couper le cou; blesser gravement. Au figuré, maltraiter de propos. D'égohine, petite scie. A.
ÉGOULER (S'): s'égosiller. Voyez ÉGUEULER (S').
ÉGRAT: petit endroit dont on a gratté la neige, pour y attirer les oiseaux.
ÉGRILLAS: déversoir d'un moulin.
ÉGRIMER; ÉGRINFLER: égratigner. En patois du Jura: égraffiner. On dit aussi, en patois Normand, égrincher, égrinfer, griffer. Voyez GRIN.
ÉGRINFLURE: égratignure. M.
ÉGRIPILLONNER: débarrasser un arbre de son gripillon. Voyez ce mot. L.
ÉGROUGE (s. f.): instrument à un rang de dents, qui sert à séparer de sa tige la graine de lin. Du verbe gruger. A.
ÉGRUGETTE (s. f.): égrugeoir.
ÉGUENÉ: avare; qui est ou a l'apparence d'être pauvre. D'egenus.
ÉGUEULER (S'): s'égosiller. Voyez ÉGOULER (S'). S.-I.
ÉHERNER: éreinter. Couteau éherné: qui a perdu son ressort. De rein. A Bayeux, un homme éherné ou érené est un homme insolvable. C'est le mot pris au figuré.
ÉJAPPER: aboyer, japper. Onomatopée. (Coutances).
ÉLAVARE: petite digue pour élever le niveau de l'eau.
ÉLÉNU: homme mal bâti, décharné, déguenillé.
ÉLEXIR: élixir.
ÉLIANÇOURE; ÉLIENÇOURE (s. f.): tube de sureau pour lancer de l'eau. Voyez CLIFOIRE.
ÉLIGNER: élaguer. Du mot ligne.
ÉLIMER: user, en parlant du linge.
ÉLINDER: glisser sur la glace, sur le feu. Voyez RINGLER. A.
ÉLINGUE: fronde. De l'anglais sling. L.
ÉLINGUER: lancer, jeter au loin. Des vieux mots eslingueur, eslinguir.
ÉLOQUETER: mettre en pièces, en loques.
ÉLOSSER: ébranler, secouer. Voyez LOCHER. A.
ÉLUGEMENT: ennui causé par de sots propos.
ÉLUGER: ennuyer. Du latin lugere. En roman, élugir, être troublé.
ÉLUITE: élite, choix.
ÉLUITER: éliter, choisir.
ÉLUNÉ: privé de la vue.
ÉMAQUER: écraser. En patois du Jura, émacher.
ÉMAYER (S). Voyez ÉMOYER.
EMBABOUINÉ: mal tenu; dont les vêtements sont en désordre et de mauvais goût. De babouin. A.
EMBAQUETER: mettre une sorte de bâton ou de carcan aux animaux, pour les empêcher de passer à travers les clôtures. B.
EMBARLIFICOTER; EMBERLIFICOTER: embarrasser. Du verbe roman emberlucoquer ou embureliquoquer: couvrir la tête, et, au figuré, amuser de vaines paroles. C'est à peu près l'emberlicoquer ou emberlucoquer du patois Lorrain, verbe qui signifie coiffer de: par exemple, au figuré: coiffer d'une idée ridicule; au propre: embarrasser la tête d'affiquets.
EMBARNIR (S') (v. n): prendre de l'embonpoint.
EMBARRAS (FAIRE SON): se donner de l'importance. Patois Lorrain. On dit aussi: faire de ses embarras.
EMBATÉE: ce que l'on place sur un bât. L.
EMBÉRIONNÉ: embarrassé. A.
EMBERNOUSER: salir avec des excréments. En Roman, embresner. Voyez BERNOUSER. A.
EMBERON: embarras. A.-M. Du Méril écrit embront, et le traduit par essor.
EMBÊTANT: ennuyeux.
EMBÊTER: ennuyer.
EMBLAIER: emblaver. Semer du blé.
EMBLER: dérober, enlever.
EMBOBELINER: envelopper avec grand soin. Suivant Cotgrave, ce verbe, en Roman, signifie séduire par des mensonges. Dans ce cas, c'est une expression figurée.
EMBOFETER: emboîter; faire entrer dans une rainure ou une entaille.
EMBRÊLER ou EMBREULER: embricoler.
EMBRENINQUER: envelopper et embarrasser.
EMBROQUER: embrocher. S.-I.
EMBROUILLIAMINI; BROUILLIAMINI: confusion, embrouillement.
EMBRUNCHIR (S'): s'assombrir, devenir brun.
EMEILLÉ, adj. (Orne): inquiet, qui est en émoi; en vieux français émoie. MM. Du Méril.
EMENER: agiter. A.
ÉMERAS: joyeux, B.
ÉMET: tablier du pressoir, sur lequel on dresse la motte de marc B.
ÉMEULETER ou DÉMOULETER: déboîter une articulation, la luxer. V. et L.
ENCONTRE; A L'ENCONTRE: contre. Je ne vas pas à l'encontre: je ne dis pas le contraire. Dans la langue romane, la préposition alencontre signifie envers, à l'égard.
ENCOVIR: convoiter.
ENCRÉPI: invétéré. Mains encrépies: mains calleuses, comme si elles étaient enduites d'un crépi.
ENCRÉTINÉ (moulin encrétiné): qui ne peut fonctionner à cause de la crétine, grande crue des eaux. Voy. CRÉTINE. A.
ENCROUER: accrocher. Rester encroué: rester accroché. Roman.
ENCRUCHER: accrocher. Du Roman encrouer. A.
ENDAGNÉ: invétéré. A.
ENDAGNER: inviter. B.
ENDÉMENÉ: turbulent, désordonné, évaporé. Brantôme s'est servi de ce qualificatif pour désigner les femmes dont la conduite est reprochable. (Dam. Gal., t. II). Du latin demens. A.
ENDÊVER: endiabler. De l'italien diavolo; de l'anglais devil, mots qui signifient diable. On trouve desvé pour fâché dans les chansons de Thibaut, roi de Navarre; et le vers suivant dans la Farce de Pathelin, p. 63:
Il semble qu'il doye desver.
Dans la langue romane, endesver, c'est enrager, être égaré. Roquefort dérive ce verbe du latin deviare.
ENDEVERS: vers, devers.
ENDITER: indiquer, annoncer, faire connaître. Du Roman addicter, désigner; ou d'endicter, faire savoir. Enditier dans Joinville. L.
ENDORMOIR (s. m.): grande tasse de grès, qui tient le milieu entre la tasse ordinaire et l'écuelle. A.
ENDREIT; ENDREIT DE: envers, à l'égard de.
ENDREIT; ENDRET: endroit, lieu.
ENFALÉ se dit des volailles qui n'ont pu digérer les aliments contenus dans leur fale, leur jabot. L.
ENFANTOMER: ensorceler. B.
ENFLE (s. f.): tumeur, enflure. L.
ENFLUME: enflure. Du roman enfleume, que Borel tire du latin inflatio.
ENFONCER: tromper, faire dupe.
ENFONTUME. Voyez MORFONTURE.
ENFOUILLER: enfouir.
ENFOURSURE: enfonçure, fonçailles; fond de sangles d'un châlit.
ENFROIDURÉ: refroidi, frileux; qui grelotte. Roman. D'infrigescere, selon Monet. L.
ENFRONTER: affronter. S.-I.
ENGAGNER: irriter, mettre en colère. S.-I.
ENGALU: goulu. Du latin gula.
ENGASER (S'): s'embourber. De vase.
ENGAVER (S'): se bourrer d'aliments jusqu'au gavion. Voyez GAVION.
ENGELÉ: qui éprouve l'effet de la gelée. L.
ENGELEAU, et non pas ANGELOT: fromage engelé, c'est-à-dire dont le froid, la gelée, a empêché le sérum ou petit-lait de s'égoutter suffisamment.
ENGIGNIER: tromper, user d'engin.
ENGIN: moyen de ruse. Dans la vieille langue française, il signifiait industrie.
ENGOULER: saisir avec sa gueule, en parlant d'un animal. De gula. L.
ENGROULIR: engourdir de froid.
ENGRUGER: se passionner pour. Roman.
ENGUEUSER: duper.
ENHAIR: haïr, fuir, abandonner: en parlant d'oiseaux qui quittent leur nid, lorsqu'ils s'aperçoivent qu'on l'a visité. Dans le patois Roman, ce verbe signifie haïr fortement. L.
ENHANNER: ahanner. De la basse latinité, ahannare, anhelare.
ENHASÉ: affairé, pris en mauvaise part. Par extension, homme qui fait l'important; enflé d'orgueil. On trouve ce mot dans Henri Estienne. Nicot dit qu'il signifie affairé. De la particule en et du substantif hâte. Ainsi l'enhâsé serait un homme qui affecte de l'empressement pour faire croire qu'il a de grandes affaires. A.
ENHATER: hâter, presser. Du Roman enhâtir.
ENHARSÉ: enraciné, invétéré. B.
ENHEUDÉ: fixé par des heudes, liens pour empêtrer. Valognes.
ENHIEU; ENNIEU; ENGNEU: aujourd'hui. Voyez ENHUI. B.
ENHUI: aujourd'hui. Roman, ainsi qu'ennuia. Des mots latins in hoc die, hodie. Dans le Testament de Pathelin, ce mot est écrit ennuict (dans cette nuit), quoiqu'il y signifie simplement aujourd'hui:
Fauldray-je ennuict? Las! quel reproche!
ENLARGIR: élargir. En Roman, enlarger signifie étendre, augmenter. L.
ENLEUDER (S'): s'embarrasser, s'empêtrer. Voyez HEUDES. A.
ENLEUGIR: alléger. S.-I.
ENLISER: embourber. Voyez GLISE.
ENMITOUFLER (v. réfl.): s'envelopper la tête comme avec un amict; on dit aussi amitoufler. MM. Du Méril.
ENORDIR. Voyez ORDRE (Mettre en). L.
ENOSSER (S'): avaler un os qui embarrasse le gosier.
ÉNOTER: ôter les feuilles, les nœuds d'une branche.
ÉNOULER: moudre grossièrement.
ENQUÉRAUDER: ensorceler. Du Roman caraude, sortilége.
ENQUERCAUCHÉ; ENCARCAUCHI: empêtré. Vent encarcauché ou encarcauchi: vent qui souffle sourdement dans les arbres comme à l'approche d'un orage, et qui y semble arrêté, enchevêtré.
ENQUERVOISER: accrocher.
ENRAUDER (v. a.): ranger en raude les émondes que l'on a coupées. L.
ENROUSER: arroser. L.
ENRUBISQUEUX, SE: amoureux. De rut. A.
ENS: céans, dans, dedans. Alain Chartier dit (Œuv., p. 532):
Je pleure ens et me ry par dehors.
ENSANGMÊLER (Faire): irriter, mettre en colère. Voyez SANG-MÊLER. B.
ENSAQUER (v. a.): mettre dans un sac. L.
ENSASINEMENT: assassinat.
ENSASINER: assassiner.
ENSEMBLÉE: assemblée. L.
ENTEL: tel. MM. Du Méril.
ENTENTE: intelligence, faculté de bien entendre, de bien saisir; jugement. S.-I.
ENTEUNÉ: enfermé chez soi. Voyez TEUNE. A.
ENTEURI. Voyez ENTURI.
ENTICULÉ: articulé. S.-I.
ENTOMBIR. «Mot encore en usage en Normandie», dit Roquefort, qui assure que ce verbe signifie étonner, surprendre.
ENTORS: tortu. A.
ENTOUR: environ, à peu près. Roman.
ENTREBAT: la partie du bât qui est entre ses deux atelles.
ENTRE-CI-ET: entre ce moment-ci et tel autre; d'ici à.
ENTRETENANT (de bâtiments): bâtiments réunis qui s'entretiennent. L.
ENTRETRIPLER (S'): se battre à triple outrance. En Roman, atribler signifie accabler de coups. Dans le patois Walon, triplé, c'est «battre les terres afin qu'elles s'affaissent moins», dit l'abbé Cambresier dans son Dict. walon-français. A.
ENTROMPER: mettre le soc en terre; l'y enfoncer.
ENTROUBLIER (S'): perdre la mémoire; oublier. Dans les Chansons du roi de Navarre, entrobli signifie étourdi, troublé. En Roman, entroblier, entroblir: suspendre, troubler. On lit dans le Roman de Troye:
Ki set, et n'ensoigne et ne dit,
Ne peut estre ne s'entroblit:
Science, qui est bien oïe,
Germe, florist et fructifie.
ENTURI: gâté par un long séjour dans la saleté. M.
ENVELIMER: envenimer. Voyez VELIN. Roman. Un ancien proverbe disait:
Paroles rapportées
Sont envelimées.
ENVIER: envoyer. En patois Walon, invier.
ENVIRON: à. Il est environ son ouvrage: il est occupé à son ouvrage. Des Perriers (Nouvelle 129, intitulée: D'une jeune fille surnommée Peau-d'Ane) dit: «Comme elle était environ ces grains d'orge, ses père et mère fesoient soigneuse garde.»
ÉPAMI: absorbé, interloqué. S.-I.
ÉPANTABLE: épouvantable, monstrueux, très-gros. En patois Bourguignon, éponter; dans le patois Troyen, épanter signifie épouvanter. Molinet, dans ses poésies, semble avoir tiré de l'espagnol espantar le verbe français épanter, qu'il emploie pour épouvanter.
ÉPAPLOURDIR: étourdir, éblouir d'un coup inattendu.
ÉPARÉ: clair, serein. Le temps est éparé. L.
ÉPARTIR: répandre, éparpiller, repartir. Guil. Guiart dit:
Ribaces qui de l'ost se partent
Par les champs ça et là s'épartent. L.
ÉPASSE ou ESPACE (s. f.): pièce de la maison au rez-de-chaussée, et qui a une porte de communication avec le chauffe-pied. Voyez CHAUFFE-PIED.
ÉPATER: détacher un drageon du pied d'un arbre.
ÉPATTE: étoupe. Vire.
ÉPAVILLER: disperser, éparpiller. D'épave.
ÉPÉ; EPEC; EPEU: pivert. Du latin picus.
ÉPELLIR: démêler. En parlant de la laine.
ÉPERNE-MAILLE (s. f.): tire-lire. En patois Walon, spâgn'mâ. D'épargne et de maille, petite monnaie. A.
ÉPESTOUI: qui court çà et là; étourdi. Voyez PESTER.
ÉPÉTER: éclore, en parlant des éruptions cutanées. L.
ÉPEUFIR: ébouriffer. L.
ÉPICOCURE DES PRÉS: Cynosurus cristatus.
ÉPIETTER (S'): se meurtrir les pieds en marchant, au point de ne pouvoir s'en servir. B.
ÉPIFRA (s. m.) (Orne): éclat de bois. MM. Du Méril.
ÉPIGNOCHE; ÉPINOCHE (s. f.): faucet, brochette de bois. Voyez PIGNETTE, PIGNOCHE. B.
ÉPILER: extirper les broussailles, comme du poil (pilum).
ÉPINE (NOBLE): aubépine, épine-blanche. B.
ÉPINE-NOIRE: prunellier.
ÉPINETTE: guimbarde.
ÉRINFLURE: égratignure. L.
ÉRIVIÈRES: étrennes. S.-I.
ERJU (s. m.): ennui. L.
ERJUER: ennuyer, vexer,
ERLIGION: religion.
ERLISER; ERLUISER: briller, reluire.
ERMÉNA: almanach.
ÉRONCE: ronce. Id. en patois Troyen.
ÉRONCER: extirper les ronces.
ERQUEMANDER: recommander. S.-I.
ERRENÉ: éreinté. On lit dans la Satire Ménippée: «Le sort tomba sur un pauvre malotru, meneur d'âne, qui, pour hâter son misérable baudet, tout errené de coups et du fardeau, dit tout haut: Allons, Gros-Jean, aux États!»
ERREUR: différence.
ERRIÉE (s. f.): accès, abondance. Il a été pris d'une erriée de toux. B.
ERRIÈRE: arrière.
ERRUSÉE; ÉRUSÉE: essor, volée. Prendre son errusée. Du vieux substantif erre, course, venant d'errare: errer, divaguer. A.
ERSAI ou ERSEI: hier au soir. En Roman, erseir.
ERSE: facilité, espace. Avoir l'erse de.
ERSINCHER: fripier. S.-I.
ERSOURCE: source d'eau. Ressource.
ÉRU; ÊRU: lierre. De hedera. L.
ÉRUSSER: effeuiller une branche à pleine main, comme lorsque l'on cueille les feuilles de l'éru, lierre. A.
ÈS: aux, dans les. Roman.
ESBIGNER: tuer. S'esbigner: disparaître, fuir.
ESBROUF: embarras, affectation. Faire esbrouf, de l'esbrouf. Voyez EMBARRAS.
ESCACHETTE: casse-noisette. Voyez ÉCAUCHETTE. Manche.
ESCANDIE (Sucre D'): sucre candi. Voyez SCANDI.
ESCARGAITE ou ESCARGUETTE: sentinelle. Voyez ÉCHAUGUETTE.
ESCARBILLARD: étourdi, éventé. Cette fille est coiffée à l'escarbillard. En Roman, escarbillard signifie gai, plaisant, rusé. Dans le patois Toulousain, escarbilhat, dispos. En espagnol, escarapela se traduit par dispute et par nœud de ruban à la coiffure. On trouve escarbilhat dans la Nouvelle 52 de Des Perriers. En patois Lorrain, escarbouillette, étourderie.
ESCARBOUILLER. Voyez ÈCARBOUILLER.
ESCOFFIER (v. a.): égorger. De l'italien scuffia, coëffe. C'est une sorte de litote. Escoffier: décoiffer, pour ôter la tête.
ESCOFFION: nippes de femmes. De scuffia.
ESCORNIFLER: écornifler. Id. en patois Lorrain.
ESCOT: promenade; espace que parcourt une sentinelle.
ESCOUER: secouer. Du latin excutere. S.-I.
ESCOURRE. Voyez ÉCOURRE.
ESCOUSSE. Voyez ÉCOUSSE.
ÉSERAIS: esquille, éclat.
ÉSERGOTER: blesser le pied, les ergots; arracher les ergots. Esergoter un bœuf, c'est lui blesser le pied, au point de lui faire perdre un ou plusieurs ergots. Voyez ÉRIGOT. A.
ÉSIQUIÉ: chétif, exigu. Du latin exiguus.
ESPADRON: espadon.
ESPADRONNER: espadonner.
ESPAIGNER: épargner. Employé par Basselin.
ESPÊCHE: épingle. De l'islandais spick; du latin spiculum.
ESPÉCIAUTÉ: belle apparence. (Valognes.)
ESPÉRER: attendre. Patois du Midi. L.
ESPRANGNER: détruire, briser. De l'islandais sprangia.
ESPRITÉ: spirituel. L'Académie admet le verbe familier espriter pour donner de l'esprit. On lit, dans le Vogage de Chapelle et de Bachaumont, ce vers sur Mme d'Osneville:
Elle est jeune, riche, espritée.
ESQUAINTER: tuer; mettre en pièces.
ESQUÈLETTE (s. f.): squelette.
ESQUIPOT: enjeu. Dans l'Académie, l'esquipot est la tire-lire.
ESSAIMAGE: action d'essaimer en parlant des abeilles.
ESSART: terrain inculte. Voyez DÉSERTER.
ESSAVER: écorcher l'épiderme.
ESSEMER: essaimer.
ESSENILLER (v. a.): disperser, éparpiller. A.
ESSENTE: bardeau, petit ais mince dont on couvre les maisons.
ESSERBER; ESSERPER: élaguer au moyen de la serpe. (Vire.)
ESSIAUX ou ESSAUX: digue par laquelle le trop plein du bief prend son cours. Du vieux verbe issir, sortir; ou bien d'ais, planches, parce que la digue admet dans sa construction plusieurs madriers.
ESSOINE: excuse. MM. Du Méril.
ESSOUDRE ou ESSOURDRE: élever en l'air; s'élever. De surgere.
ESSUI ou ESSUYEUX: torchon.
ESTAMPER: fouler, écraser. De l'islandais stappa.
ESTOMAQUER: fâcher. Du verbe anglais to stomach, qui vient du latin stomachor, se dépiter. B.
ESTORER. Voyez ÉTORER.
ESTRAGAUCHINES: hypothèques. MM. Du Méril. O.
ET PIEUS: et puis, ensuite.
ÉTAMPIR: suffoquer.
ÉTAQUER: peler le gazon.
ÉTAU. Voyez ÉTOUBLE.
ÉTAUDIR: assommer. Voyez ATOUT.
ÉTAUPINER: rabattre la terre des taupinières.
ÉTEI: aussi. Du latin item. Voyez ITOU. S.-I.
ÉTÉLET: hirondelle de mer (Sterna hirundo).
ÉTERCELET: tiercelet.
ÉTERMINE; ÉTERMAIGNE (s. f.): état de dépérissement. Ce mot vient de ce que le malade, qui est ordinairement un enfant, reste indéterminé, c'est-à-dire ne croît pas, n'obtient pas de guérison, et de ce que sa maladie n'augmente pas.
ÉTERSE (s. f.): brosse. Du verbe latin extergere, nettoyer.
ÉTEURDRE: manier la pâte, la tordre. Tordre, en patois, teurdre.
ÉTIBOQUER: agacer comme avec un étibot. Voyez ASTICOTER.
ÉTIBOT: petit éclat de bois. Arbre rabougri.
ÉTIPE: somme ou pièce de monnaie restant au-delà d'un paiement effectué, ou d'une somme ronde. Un liard d'étipe. Voyez SUBRÉCOT.
ÉTIQUENARD: sorte de canard sauvage (Anas acuta). B.
ÉTIQUER: éplucher. Voyez EFFLOQUETER.
ÉTOCURE (s. f.): grosse pierre ou maçonnerie employée pour étoquer une construction. Voyez ÉTOQUER.
ÉTOMIE (s. f.): squelette. D'anatomie. Dans le patois Walon, atomeie.
ÉTOQUER (v. a.): soutenir une construction par une forte pierre, ou par de la maçonnerie.
ÉTOQUER: attacher. S.-I.
ÉTORER (en parlant des noix, des châtaignes: leur enlever leur brou, leur hérisson). Voyez ÉCALER.
ÉTORER: pourvoir. Dans l'ancien français, estorement signifiait provisions, meubles. De l'anglais stord.
ÉTOT: racine du chaume.
ÉTOU: aussi. Voyez ITOU.
ÉTOUBLE; ÉTEULE; ÉTAU: chaume laissé debout et dans lequel il se trouve des herbes réservées aux bestiaux. Dans le patois de Grenoble, on dit eitoublo, chaume. Du latin stipula. Etouble appartient au patois Lorrain; en patois Walon, steûle. A.
ÉTOUPAS: bouchoir de four. Ce mot vient, par corruption, d'étouffer le four, ou de ce que le bouchoir le ferme comme ferait un bouchon d'étoupes sur toute autre ouverture. En patois Walon, ristopé signifie boucher, fermer.
ÉTOUPER: mettre l'étoupas. Ce verbe signifie aussi essarter, couper les broussailles.
ÉTRAIN: paille. Du latin stramen.
ÉTRALLER: étaler.
ÉTRAMILLER: éparpiller, disperser.
ÉTRAQUER: suivre l'étrat, la trace.
ÉTRASE: ombre qui ne laisse pas de trace; objet chétif.
ÉTRAT: sentier tracé et frayé dans la neige. Du latin stratum.
ÊTRE (s. m.): bâtiment. Autrefois on écrivait aitres, ce qui se rapprochait davantage de l'étymologie, puisque ce substantif vient du latin atrium, maison, logis.
ÉTREULER: entasser confusément, écraser.
ÉTRILLER (v. a.): arracher en déchirant.
ÉTRIPER: éventrer.
ÉTRIVARD: hargneux. L.
ÉTRIVER: débattre. Faire étriver: taquiner, faire endiabler. Cretin l'emploie dans le sens de disputer (p. 47):
A quoi tient-il qu'aujourd'hui n'estrivez
Contre la Mort?
Du vieux mot français étrif, débat. Martin Franc, auteur du Champion des Dames, a composé un traité, en vers et en prose, intitulé: L'étrif ou le débat de Fortune et de Vertu.
ÉTROGNER: émonder. Voyez ÉPROGNE.
EU: heure. Jusqu'à ç't'eu: jusqu'à cette heure. L.
ÉU (pour eu): participe du verbe avoir. ÉUT; ÉUSSENT, etc. En Roman éhu. En parlant des Géants renversés par Jupiter, Jean Regnier, poète du XVe siècle, dit:
Se ne fust Jupiter, à la foudre bruyant,
Qui tous les desrocha, ja n'eussent garant.
EUCRIRE: écrire. S.-I.
EUNE: une. En général on dit, en patois: auqueune pour aucune; preune, pour prune; pleume pour plume; feumer, il feume, pour fumer, il fume, etc. Id. Patois lorrain. L.
EURE (rivière): il devrait se prononcer Ure, comme dans gageure, nous eûmes; c'est ce que nous avons dit dans nos Archives normandes de 1824, p. 247 et 248.
EURIBLE. Voyez AORIBLE.
ÉVACHÉ: déformé, habillé négligemment. Du verbe s'avachir.
ÉVALINGUER (v. a.) (arr. de Valognes): jeter, lancer, élinguer. De af, en islandais. MM. Du Méril.
ÉVAR: mouvement d'impatience. B.
ÉVARER: épouvanter, rendre effaré.
ÉVELISÉ: à demi-usé, râpé en parlant d'une étoffe. Voyez ÉLIMÉ.
ÉVESTOUI, même sens qu'ÉPESTOUI.
ÉVIPILLON. Voyez VIPILLON.
ÉVRASQUER: arracher en déchirant (Valognes).
EXEMPLE (PAR): vraiment (employé souvent dans le sens d'une opposition ou d'une réclamation ironiques).
EXPERTISER: procéder à une expertise.
EXPOSITION: péril, accident fâcheux auquel on est exposé.
EXPOSOIR: reposoir.
EXPRÈS (PAR): exprès.
F.
FABIN: espion, rapporteur. Du latin fari, fabula.
FACE: boucle de cheveux tortillée sur les tempes et que les hommes fixaient avec de longues épingles noires. Cette mode de la coiffure a cessé, en 1792, d'être en usage, ainsi que la pommade et la poudre.
FACHON: façon. S.-I.
FACILISER: faciliter.
FAFELU: bouffi, dodu. Employé en ce sens par Des Periers, dans sa 29e. Nouvelle.
FAFIGNER: hésiter, tergiverser. S.-I.
FAGUELIN: faible de complexion. A.
FAGULTÉ: faculté. Le g pour le c, comme dans ganif pour canif.
FAIGNIANT, TE: fainéant, te. Du vieux mot nyent; niente, en italien: néant, rien. Dans les actes rapportés par Lobineau (Hist. de Bretagne, t. II, p. 769), on trouve souvent nyent pour néant. L'auteur du Testament de Pathelin, p. 121, dit:
Fut present Mathelin le sourt,
Attourné de Gaultier faict nyent.
FAILLERA (IL); IL FAILLERAIT; IL FAILLIRA; IL FAILLIRAIT: il faudra; il faudrait. L.
FAILLETTE: feinte.
FAILLIR. Voyez FIAILLIR.
FAIMVALIER: qui a la faimvalle. L.
FAIMVALLE: fringalle, appétit désordonné. Dans le français actuel, la faimvalle est une maladie des chevaux.
FAIS (s. f.): fois.
FAIT: avoir, affaire, effets. Du latin factum.
FAIT: faîte.
FAITELAIT: lait caillé.
FAITIER: faîtière, tuile creuse pour couvrir le haut du toit.
FAITURIER: syndic d'une confrérie.
FALE (s. f.): jabot des oiseaux. L.
FALLIPOUX: homme décharné et de mauvaise apparence.
FALMÊCHE (s. f.): flammèche, étincelle.
FALU: oiseau qui a un gros jabot. Au figuré, orgueilleux qui se rengorge. L.
FALUE (s. f.): sorte de gâteau plat, cuit rapidement à l'entrée du four, pendant qu'on le chauffe. De fale, parce que cette galette gonfle l'estomac (la fale, au figuré). C'est ce qu'on appelle ailleurs galette à la fouée. B.
FALUMÈCHE. Voyez FALMÊCHE.
FAMEUSEMENT: beaucoup.
FAMINOT: pain de sarrasin, pain grossier qu'on n'emploie qu'en temps de famine. O.
FAMULER: devenir familier. O.
FANFLUE: berlue.
FANGUE: boue, fange. Du Roman fanc.
FANIL: fenil, grenier à foin.
FAQUIN: celui qui affecte de s'habiller avec élégance. L.
FARACHE ou FARAGE (s. m.): communauté d'une chose entre deux personnes qui en usent comme frères. Farage est la corruption de frérage. A.
FARAUD, E: celui ou celle qui affecte avec recherche une mise élégante et prétentieuse. En patois du Jura, farot.
FARAUDER: faire le faraud.
FARBALAS: falbalas.
FARCER: se moquer de. Employé dans la Dance aux Aveugles.
FARETTE: moisissure sur le cidre ou le vin dans un fût en baissière. B. Ailleurs, on dit fleurette, mot dont farette est la corruption.
FARS (s. m.): farce pour les préparations culinaires. On trouve ce mot dans le poème de Pibrac, intitulé Les plaisirs de la vie rustique:
Et d'un fars bien menu lui fait un autre ventre,
dit-il, en parlant d'une oie préparée pour la table. Du verbe farcir. En celtique, fars signifiait pâte de farine, soit de blé, soit d'autres céréales. En latin, far. A.
FATIQUE: fatigue. L.
FATIQUER: fatiguer.
FATRAIN: chanvre chétif. Du français fretin.
FAU; FOUTEAU; FOUTIAU: hêtre. En celtique-breton, fao.
FAUCHARD; FAUCHET: sorte de serpe pourvue d'un crochet pour enfoncer les affiches dans les haies sèches. En français, le fauchet est un râteau. L.
FAUCILLON, synonyme de fauchard. L.
FAUQUET; FAUCHET: sorte de serpe. Du latin, falx.
FAUQUET: croc en jambe qui fait porter à faux le pied de l'adversaire et le fait tomber comme d'un coup de fauchet.
FAUTER: manquer, faire une faute.
FAUTIBLE: coupable d'une faute. L.
FAUTOISET: émouchet, oiseau de proie.
FAVAT: tige sèche des fèves. De faba.
FEILLURE: feuillure.
FEIN: foin. De fenum. Ancien français.
FEINDRE: fléchir, s'affaisser.
FEL, E: faible, rude, méchant. A Bayeux, ce qualificatif signifie courageux. De fallene; de félon. Dans les Chansons du roi de Navarre, fel est synonyme d'aigre et de dur.
FÉLER: palpiter dans un membre malade. L.
FÉNAISON: fanaison.
FÉNER: faner. Id. patois Walon.--Ce verbe, en parlant du chat, signifie faire ses ordures. De fienter.
FÉNEUX: faneur.
FERLAMPIER, FRELAMPIER: vaurien, fainéant. B.
FERLANDE: mauvaise pièce de monnaie. A.
FERLUCHES: copeau léger qu'enlève la varlope. Objet de peu de valeur, d'où on a formé le mot fanfreluches.
FERLUQUET: freluquet. Id. dans le patois Walon.
FERMAIGNE (s. f.): meuble propre à renfermer quelques effets. Par extension, des meubles. A.
FERMINE, synonyme de fermaigne.
FÉROUESSES; FÉROUSSES: jambes; terme de mépris comme croches, flûtes, triques. A.
FERRER (v. a.): carder, en parlant du chanvre et du lin.
FERRET: sorte de tonneau.
FERREUX: cardeur de chanvre et de lin.
FERRIER: grande tonne à cidre.
FERSIR (v. n.): trembloter, transir, frémir. A.
FERTILLON; FEURTILLON: frétillon. Du verbe frétiller. A.
FÉRU: fort et fier. Du celtique-breton.
FERZAIE: fresaie. Belon a dit:
Le hideux cri de la fresaie effraie.
FESTAMPER: battre, fesser. O.
FESSE-LARRON: houx fragon (Ruscus aculeatus). B.
FÊTRE: espèce de panaris. B.
FEUGÈRE: fougère (Polypodium filix). L.
FEUILLON: frêlon. B.
FEUILLOT: feuillet. L.
FEUILLOTER: feuilleter.
FEUPERIE: friperie. Voyez PEUFE.
FEUPES: guenilles, propres au fripier.
FEURRER: empailler. Feurrer une chaise, c'est la rempailler. De feurre.
FEUVE: fève.
FÈVE (petite): haricot (Phaseolus). On désigne, en Normandie, la véritable fève (Vicia faba) sous les noms de grosse fève, et de gourgane. Voyez POIS. Dans le patois Walon, fève signifie haricot.
FIAH: fi!
FIAILLIR (v. n.): se faner, se flétrir. En patois Walon, flawi: faillir, tomber en défaillance. Dans le patois Rennais, faillir signifie maigrir, se faner. A.
FIAMBÉE; FLAMBÉE: feu brillant et de peu de durée.
FIAMME: flamme. Patois Walon. B.
FIANCE: confiance. L.
FIANCHAILLES: fiançailles. S.-I.
FIANT: mouillé.
FIARACHE; FIARAGE: communauté; frérage. A.
FIAT: confiance, foi. B.
FIAU: fléau à battre le grain. Voyez FLOIS.
FIAUTÉ: foi, confiance.
FICET (diminutif de fils): fils chéri. Manche.
FICHANT: désolant, ou du moins très-contrariant.
FICHER et FICHIER: donner, placer. Dans l'ancien Argot, ficher signifie donner.--Ficher le camp: décamper.
FICHER (SE) de: se moquer de.
FICHTRE! juron. Patois du Jura.
FICHU: détruit, perdu. Fichu pour: fait pour, capable de. M.
FIDÈLE: sensible. A.
FIDÉLION (Faire un): faire un cadeau.
FIÉE: multitude, abondance. Fiée de monde: affluence de monde. B.
FIÉGE: roseau pour empailler les sièges. Voyez LAICHE.
FIELLU: fort, puissant, courageux. C'est le synonyme de fêle. B.
FIENT (s. m.): fumier. De fiente, qui vient du latin fimus. Patois Troyen.
FIÉRISER: irriter. S.-I.
FIEUR: fleur. A.
FIEUX: fils. Patois Picard. S.-I.
FIFOLLET. Voyez FOLLOT, et FOURLORE.
FIFOTTE (s. f.): frai de poissons agglutiné, que la mer laisse parfois sur la grève. B.
FIGNOLER (v. n.): s'habiller avec recherche; affecter des airs gracieux. Voyez FION.
FIGNOLEUR: recherché dans sa parure.
FIL (Avoir le): avoir de la ruse, de la finesse. C'est être comme un outil bien affilé. Voyez TRUC.
FIL-EN-TROIS: eau-de-vie. L.
FILANDRE: filament.
FILEBERT, ou plutôt PHILBERT: noisette, aveline. Peut-être du nom de quelque anachorète, qui faisait de ce fruit sa nourriture; d'où probablement vient, par ironie, la dénomination de pâté d'ermite.
FILETTE (du jour): point du jour.
FILEUX: épervier (Falco nisus).
FILOIRE: fileuse, ouvrière que l'on emploie à filer le chanvre. A.
FILOTIER: tisserand, fabricant de toile. Du mot fil. A.
FILTER: tiercer ou repiler pour la troisième fois un marc de pommes.
FIN dans A LA FIN DES FINS: enfin.
FINARÉ: astucieux, fin.
FINASSIER: finasseur, qui finasse, rusé, dissimulé.
FINER: trouver. De l'islandais finna.
FINGUE: foi. Par ma fingue: par ma foi. On dit aussi: par ma finguette.
FINOT: fin-or, sorte de poire d'été, jaune comme de l'or fin.
FIOLER (v. n.): boire au point de s'enivrer. Fioula, en patois de Grenoble. De fiole.
FIOLER. Voyez FÉLER.
FION: tournure, bonne façon. Id. en patois Lorrain.
FIQUER: mettre. De ficher. Fiqu'ous là: mettez-vous là. Fiquer un clou: l'enfoncer.
FIRLIT: petit poisson, fretin de mer, dont on se sert pour appât. B.
FIROU (Noblesse à Martin): va te coucher, tu souperas demain: noblesse indigente, pauvres hobereaux.
FISSET; FISSIA; FISSIAU: petite barre qui sert à fixer (Manche).
FISTEAU: barre de treillage. Fuseau. C.
FISTON (diminutif de fils): petit enfant chéri.
FLAFLA: entretien, fréquentation. S.-I. Dans d'autres départements, on dit: faire du flafla, pour faire des embarras.
FLAGEOLET: sorte de haricot. Corruption du vieux français faseols. De faseolus.
FLAINDRE. Voyez FEINDRE.
FLAIS; FLAIT; FLET: fléau pour battre les céréales. Patois Troyen.
FLAMBE: flamme. Roman.
FLAMBÉE; FLAMBINE: feu brillant de courte durée. L.
FLAMMICHE: pain ou miche mal cuit, comme à une simple flamme. O.
FLANCHET; FLANCHIN (de mouton): pièce de cet animal, coupée entre l'épaule et le flanc. L.
FLANER: perdre un temps considérable en causeries, en bavardages.
FLANIER: avare.
FLANIER, ÈRE: qui va flaner.
FLANNER (v. a.): flatter bassement. A.
FLANNEUR: bas flatteur. A.
FLANQUER: donner, appliquer.
FLAQUET: petite flaque d'eau. S.-I.
FLAQUET: digitale dont les fleurs claquent, pressées d'une certaine façon. FLAQUET se dit, dans la Manche, pour CLAQUET. Voy. ce mot.
FLAQUIN: maigre. D'efflanqué. A.
FLARIES: réjouissances prolongées. De frairie. A.
FLAS. Voyez FLAIS.
FLÉLER (v. n.): faire du bruit, en parlant d'une porte ou d'un auvent qui bat avec force. «Dans l'arrondissement de Rouen, disent MM. Duméril, ce verbe est aussi actif; fléler des fruits y signifie les agiter avec violence, et par suite les abattre.»
FLET. Voy. FLAIS.
FLEU: farine; pour fleur de farine. Fleu de pois, fleu de blé. En anglais, flour.
FLEUMES. Voyez FLUMES. B.
FLEURER: flairer.
FLEURETTE: première crême qui s'élève sur le lait; fleur de crême. L.
FLEURETTE: moisissure sur la baissière d'un tonneau. De fleur, efflorescence. Voyez FARETTE. L.
FLEURIE: confrairie. S.-I.
FLEUTRIR: flétrir.
FLIAIS: fléau à battre le blé. (Manche.)
FLIE; FLION: petit coquillage univalve; la patelle commune.
FLIGER: figer. L.
FLIPE (s. m.): cidre doux, chauffé avec un mélange d'eau-de-vie et de sucre, et dans lequel on met des tartines ou rôties. De l'anglais flip, boisson cordiale. Une note sur le Redgauntlet de Walter Scott, ch. XIII, trad. de M. de Montemont, définit ainsi le flip: «Boisson composée de bière, d'eau-de-vie et de sucre, en usage parmi les gens de mer.»
FLIPSAUCER: manger avec voracité.
FLO; FLIO: multitude (Manche). B. L.
FLON: diarrhée épidémique. Vire.
FLONDRE: poisson de la Basse-Seine, et que, dans la mer Baltique, on appelle flunder et flundra. C'est le flez (Flessus). S.-I.
FLONER (SE): se pâmer de colère ou de surprise. Du Roman enfelonnir: s'irriter. L.
FLONER (v. n.): flaner. A.
FLONEUR: flaneur. De l'islandais flanni: désordonné, débauché.
FLONISE (s. f.): pamoison par l'effet d'une grande colère ou d'une surprise excessive. L.
FLOPER, ou plutôt FLAUPER: frapper, battre. Fipla: battre. En Roman, flauber. A.
FLOQUER (v. n.): vaciller, chanceler, en parlant d'une chose mal fixée. Onomatopée. B.
FLOQUET: incertain, vacillant, indécis. De flot. S.-I.
FLOUEUR: trompeur, escroc, fripon. De l'ancien Argot, afluer: tromper; et de l'Argot nouveau, flouer: voler.
FLOUER: voler. Du verbe latin fraudare.
FLOUETTE: girouette. Du latin fluctuare.
FLUBER: agiter les épaules pour les frotter. Voyez FRIPER.
FLUMES: flegmes; glaires; pituite. L'apothicaire Aliborum s'exprime ainsi dans le Testament de Pathelin, p. 133: