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Glossaire du patois normand

Chapter 32: M.
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About This Book

This glossary assembles regional Norman vocabulary with local citations and abbreviations indicating where terms were collected, accompanied by an editor's preface describing the project's enlargement and editorial choices. It catalogs patois words with meanings, pronunciation variants, and local usages, and incorporates supplements drawn from manuscripts and other collectors. The preface reflects on the dialect's locality and variability, the methodological difficulty of creating a complete list, and the urgency of recording vernacular speech before it is leveled by wider linguistic change. The work aims to preserve lexical diversity across Normandy and to provide a foundation for further regional lexicographic study.

Si mes forces, Daphnis, égaloient mon courage,

A tes discours flatteurs je me lairrois tenter. A.

Lairroient est employé par Descartes dans le Discours de la méthode. Il est vrai que les éditeurs modernes corrigent Descartes. C'est une fantaisie qu'ils se passent et qu'on a tort de leur passer.

LAIS: témoignages de mécontentement. Faire des lais: grogner; agir de mauvaise grâce; bougonner.

LAISANDER: faire le laisant. V. LAISANT.

LAISANT: oisif, paresseux. Voyez LAISI. R.

LAISE (s. f.): lé d'une étoffe. P.

LAISI: loisir. S.-I.

LAISSE-TOUT-FAIRE (s. f.): fille de mauvaise conduite. A.

LAIT BATTU: lait de beurre.

LAIT DE BEU (lait de bœuf): mystification. Donner du lait de beu: mystifier; faire des promesses mensongères; dire des absurdités.

LAIT DE BEURRE: babeurre.

LAIT (GROS): lait caillé. Voyez CAILLES; CAILLE-BOTTES. L.

LAIT DE PIE (Euphorbia sylvestris). B.

LAITICHE (s. f.): belette à poil blanc. On dit à Alençon laitice, sorte de revenant qui apparaît sous la forme d'un petit animal blanc comme du lait. De lait, et non pas de lætitia, joie. B.

LAITON; LAITERON: veau ou poulain qui tète. De lait.

LA-LOIN: ici près. A Bayeux, on dit là-lain. On lit dès le XVe siècle, dans les Cent nouvelles antiques: «Ma foi, dit-elle, velà sa place là-loing montrant le bord du lit.» A.

LAMPÉE (s. f.): boisson prise à grandes gorgées et en grande quantité. Du verbe laper. L.

LAMPER: prendre des lampées. L.

LANCEMENT: élancement dans une partie du corps.

LANÇON ou ÉQUILLE: petit poisson de mer (Ammodyta Tobianus).

LANCRET: gamin, vaurien. B.

LANDES (f. pl.): jomarin. Voyez JION et JUGAIN.

LANDON: cordon. B.

LANDON: rabâchage, bavardage. L.

LANDONNIER: bavard, rabâcheur. L.

LANDONNER: agir lentement;--rabâcher, bavarder. Les Bretons disent randonner, randonneur. L.

LANDORE: endormi, fainéant, lambin.

LANDORER: lambiner, s'endormir sur le travail. B.

LANER: écorcher, arracher le poil, comme le lanneur tire la laine du drap. S.-I.

LANEUX: ouvrier qui fait ressortir la laine du drap. S.-I.

LANFAIS; LANFOIE: filasse fine. Boivin et de Brieux dérivent ce mot de lanificium, expression qui désigne toute matière propre à être filée. Il s'emploie métaphoriquement pour langage entortillé, difficile à saisir, ou abondant et stérile. M.

LANFRONAGE: linge lavé ou savonné à la hâte. A.

LANFRONER: laver sans nécessité et sans soin. A.

LANGET: lange d'enfant au berceau. L.

LANGREUX: chétif, valétudinaire.

LANGUE DE BREBIS (Ranunculus flammula): petite douve. B.

LANGUE D'ÉPEC ou DE PEC (Pivert) (Carex glauca). B.

LANGUET: landier.

LANGUETER: bavarder. De langue. A.

LANGUETEUR, SE: bavard, e. A.

LANIER: lambin, paresseux. De lent.

LANRAIT. Voyez LENDRET.

LANTIPOUNER: marchander. S.-I.

LAPIER: rucher. Incorporation de l'article au mot apier, du latin apiarium, rucher.

LAQUE: tique, sorte de pou des animaux.

LAQUER; LAQUIER: lâcher.

LAQUEULLE: laquelle. B.

LARCI (FAIRE) ou plutôt FAIRE LA RESSIE. Voyez RESSIE.

LARD: chair de porc. Le lard n'en est que la partie grasse. L.

LARDÉ (s. m.): sorte de pâté gras, de forme semi-circulaire.

LARMER: répandre des larmes, larmoyer.

LARMETTE (s. f.): petite quantité de liqueur, goutte. De larme. L.

LAS-D'ALLER: fainéant, nonchalant. Un des personnages de Gargantua s'appelle Las-d'aller (liv. I, ch. 38). Nachor dit au valet Maucourant, dans la Passion à personnages, p. 139:

Ça, hau! saoul-d'aller.

Ce saoul-d'aller est le synonyme de las-d'aller.

LASSON: lacs, filet pour prendre les oiseaux. De laqueus. En bas-breton, lacz; en italien, laccio; en espagnol, lazo.

LATINEUX: latiniste. S.-I.

LATINIER: écolier qui étudie la langue latine. Dans l'ancien français, latinier signifiait interprète. Wace (Roman de Rou) dit que l'archevêque de Rouen

A Rou et à sa gent par latinier parla. L.

LATON: laiton.

LATUSÉE: être fantastique, dont on menaçait les enfants pour arrêter leurs cris ou leurs pleurs.

LAUDÉE (s. f.): volée de coups. A.

LAUDER (v. a.): frapper, battre. A.

LAUFFRÉE: repas copieux d'un animal. Du vieux mot luffre, vorace. Rabelais appelle lifrelofres les gourmands.

LAUMER: regarder de travers.

LAUNER: avoir l'esprit paresseux; fainéanter; dire toujours la même chose; radoter.

LAURETTE (s. f.): Daphné Lauréole (Daphne Laureola). B.

LAUSANGIER: donneur de louanges, flatteur.

LA-VA (adv.): là, aux environs. Il se promène là-va. On dit aussi là-ava.

LAVECHINER: laver mal, ou peu, ou des objets de peu de valeur.

LAVERIE: pièce près de la cuisine, où on lave la vaisselle.

LAVETTE: gros linge emmanché pour laver la vaisselle.

LAVIER: évier, égoût de cuisine.

LAVOUX: lavoir.

LAVURER: laver mal. Voyez LANFRONER. A.

LÉ: elle. De l'italien lei.

LÉ: les.

LÉCHARD. Voyez LÉCHEUR.

LÈCHE (s. f.): petite quantité. Une lèche de pain. En patois de Grenoble, leichi signifie «un morceau de pain long et mince.» Patois Rouchi.

LÈCHERIE: friandise. Du verbe lécher. A.

LÉCHETTE (s. f.): friande.

LÉCHEUR, SE: friand, e. Dans la Nef des fols du monde, les gourmands sont appelés lichards. Du vieux mot roman lechéor. A.

LÉCHOUX; LICHOUX. Voyez LÉCHEUR.

LEICAN: nigaud.

LÉGUME: importance. C'est de la grand'légume: c'est une personne d'importance.

LÉMAGES (s. m.): fourrage de plantes légumineuses, telles que vesces, pois. B.

LEMAN; LEMAU: vaurien, bandit.

LENDEDÉMAIN: lendemain. L.

LENDRET; LENRET: ici. C'est l'altération de la locution romane là endroit, là endret: là directement, précisément là. L.

LÉNIER: doux, patelin, intrigant. De lenis.

LENVERS: envers. Le lenvers: l'envers. Du latin inversus.

LEREBOURS (A): à rebours, au rebours.

LERME: larme. Il se prend dans le même sens que goutte. No n'y vait lerme: on n'y voit goutte.

LERMER. Voyez LARMER.

LERRU; LIERRU: lierre.

LÉS: les. Très-fermé, dans certaines contrées, devant une consonne.

LESANT (arr. de Mortagne): pesant, tardif. MM. Duméril.

LESSIVEUSE: femme qui conduit une lessive et celle qui la lave.

LESSIVIÈRE. Voyez LESSIVEUSE. L.

LET: lit. De lectum.

LETICE: âme d'un enfant mort sans baptême, qui paraît la nuit sous la forme d'un animal d'une blancheur éclatante; en islandais, læda signifie fantôme. MM. Duméril. Voyez LAITICHE.

LÉTISSE (Orne): enfant espiègle, amusant. Du latin lætus. Ib.

LEU: lu, participe passé de lire.

LEUC: lieu. D'où ileuc, le lieu où vous êtes.

LEUMIER: flandrin, efflanqué.

LEUX: leur, à eux. S.-I.

LI: lui.

LIAGE: couverture de chaume liée avec des harts.

LIAINIER; LIÊNIER: mendiant qui affecte un ton plaintif en demandant l'aumône.

LIAIS: fléau. Voyez FLAIS.

LIAN: gland. Par aphérèse.

LIANNE: glane.

LIARD D'UN SOU: pièce d'un sou (5 centimes). A.

LIAU; LIOT: liseron (Convolvulus albus). L.

LIBODEUX; LIBODOUX; LIBOUDEUX: gluant. B.

LIBOREUX; LIBOUREUX: gluant, visqueux. De lie. L. Voyez LIVARDEUX.

LICHER: faire festin; manger avec sensualité. Voyez LÈCHERIE.

LICHOINER: embrasser amoureusement. De lécher. O.

LICHOIRE (s. f.): bouche, langue; facilité d'élocution.

LICHON: leçon. S.-I.

LICO: licol, licou.

LIDER: glisser. De l'islandais lida. Vire.

LIÉ: elle. Ce pronom ne s'emploie que comme complément: par exemple, Chest por lié: c'est pour elle.

LIÉNARD; LIÉNOR: Léonard; Léonor.

LIÉPARDE: animal imaginaire qui hante les carrefours pendant la nuit. Peut-être est-ce une corruption de léopard.

LIERD: liard. Un rouge lierd: un misérable liard. L.

LIERRUT: lierre. B.

LIET: lit.

LIETTE: layette; petit coffret, tiroir. On trouve ce mot dans la 48e. Nouvelle de Des Perriers. En patois Walon, lietta.

LIETTE: petit lien, ou cordon qui serre la ceinture d'une culotte, une chevelure de femme, etc. L.

LIEURE: liure, câble de charrette, etc.

LIEU DE (EN): au lieu de. L.

LIEUTRIN: lutrin. L.

LIEUX: leur, à eux. L.

LIÈVRE DE MER. Voyez DIABLE. B.

LIGER; LIGIER: léger. L.

LIGOCHE (s. f.): limace. A.

LIMAGES. Voyez LÉMAGES.

LIMAS: limaçon. A.

LIME: fossé plein d'eau qui borne souvent les herbages de bas-pays et leur sert de limite. Du latin limes.

LIMER: pleurer à demi; crier sans répandre de larmes, comme font les enfants contrariés. A.

LIMONIÈRE: ornière. De limus: limon, boue. O.

LIMOUSINE: manteau de roulier, en poil et en grosse laine.

LIN: rut de la brebis.

LINCHARD: élancé, grand, mince, effilé.

LINETTE: graine de lin.

LINGARD: efflanqué. Voyez ÉLINGUER.

LINGUE: langue.

LINGUER: parler; jaser. S.-I.

LINOTIER: ouvrier qui peigne et prépare le lin ou le chanvre.

LIONE: chèvre-feuille; parce qu'il se lie aux arbres. Voyez VIONE.

LIOPE (s. f.): bande de toile pour assujettir les enfants dans le maillot. Du verbe lier. A.

LIOPER (v. a.): employer les liopes pour assujettir les petits enfants dans le maillot. B.

LIOT: enveloppe de gluis dont on abrite les ruches.

LIOTROPE: héliotrope (Heliotropium Peruvianum). Aphérèse. L.

LIPE (s. f.): grosse lèvre. Faire la lipe: faire la moue. L.

LIPU, E: qui a de grosses lèvres. L.

LIQUE-PLAT: lèche-plat, parasite.

LIQUER; LIQUIER (v. a.): lécher. L.

LIQUERET: friand. De liquer. B.

LIQUETTE: loquette; petite loque, lambeau.

LIQUEUREUX: liquoreux.

LIQUIFOIRÉ: Lucifer.

LIRE (s. f.): cane. Lire! lire! est le cri dont on se sert pour appeler les canards. L.

LIRETTE (s. f.): petit caneton. L.

LIRLAS: lilas.

LIROT (s. m.): caneton. De là ce cri pour appeler les jeunes canards: lirotes! lirotes! lirotes! L.

LIROT: mauvais couteau.

LIROTTER: couper péniblement avec un mauvais lirot. O.

LIS; LISET: lisière d'étoffe.

LISA: Élisa.

LISE: portion de grève, de marais, etc., où le sol déliquescent n'offre aucune résistance.

LISETTE (s. f.): ruban de fil. Du substantif lisière, parce que ce ruban sert souvent à border. Voyez BORD. A.

LISETTE: couteau d'enfant. A.

LISSEAU de fil: peloton de fil. L.

LISOUX: liseur.

LITÉ (PAIN): pain dont la pâte a mal levé. (Valognes.)

LITOINE: nonchalant, paresseux. C.

LITRANTAN: niaiseries, balivernes. De l'article li ou le et de trantran. (Vire.)

LIU: glu, glui.--LIU: lieu.

LIURE (s. f.): branche ou gaule, souvent fendue en deux et qui, dans les clôtures sèches, sert, au moyen de harts, à contenir les affiches et à consolider la haie. Voyez AFFICHES.

LIVARDEUX, SE: gluant, visqueux. A.

LIVERNAGE: pour l'hivernage. Voyez HIVERNAGE.

LIZAIS: liserés. S.-I.

LO: là.

LOBER: sommeiller. A.

LOBET. Voyez GOBET. De lopin.

LOCATIS (s. m.): cheval de louage; homme de peine.

LOCHER (v. n.): vaciller, menacer de tomber.

LOCHER (v. n.): secouer, en parlant d'un arbre dont on veut faire tomber les fruits. Du Roman eslocer; eslochier: agiter, remuer. D'elocare.

LOCLASSER: peiner, souffrir en travaillant. Voyez HOCLASSER.

LODÉ: mouillé. Du latin lotus.

LODER: marcher. De la basse latinité lobia ou lodia: promenoir, galerie.

LODER: marcher; se mouvoir; se traîner avec peine.

LODORIE (s. f.): supériorité. Avoir lodorie sur quelqu'un: lui être supérieur en force. A.

LOGANE (s. f.): chaumière. De loge. B.

LOISER: être permis. Ce verbe neutre a pour adjectif loisible, qui est resté dans notre langue.

LOJAIS: léger. S.-I.

LOLO: lait.--LOLO: veau, et, par extension, grand garçon qui a des manières enfantines.

LONER: rabâcher. Voyez LAUNER. B.

LONGIN; LONGIS: lambin.

LONGUE: longe.

LOQUE: là. S.-I.

LOQUETS: petites portions de laine qui tombent à terre, à la tonte des moutons. M. Decorde.

LOQUETONNER: agiter le loquet dans la serrure; clancher coup sur coup sans succès.

LORINER; LORCINER: diriger. La Muse normande dit:

Devant çu quai je lorine mes pas.

LORIOT: bouton qui s'élève sur les paupières; sorte d'orgelet.

LORIQUE; LORIQUETTE: loque, petit lopin. O.

LOSENGIER: adulateur. Du vieux mot los: louange. Du latin laus. Voyez ALOSER.

LOSSER: jaser. Du grec γλωσσα: langue. Par aphérèse. A.

LOSTRE (arr. de Mortagne): sale, malpropre. MM. Duméril.

LOT A FRÈRE, en parlant de l'ancien partage des successions normandes. Elle a lot à frère: elle a égalité de lot avec son frère.

LOUCE ou LOUSSE (s. f.): mensonge, tromperie. Peut-être du vieux mot lobe, qui a la même signification dans le glossaire qui est à la fin de l'Histoire de Bretagne de Dom Morice. Wace, dans le Roman de Rou, emploie leusse.--LOUSSER se dit pour mentir.

LOUCHE (s. f.): cuiller à pot ou à potage.

LOUCHET: sorte de bêche, en forme de louche, ou cuiller à pot. C.

LOUDIER; LODIER: courte-pointe de lit.

LOUÊPE (s. f.): chiffon usé; mauvais lambeau d'étoffe. L.

LOUÊPIAUX; LOUIPIAUX: oreillons; sorte de maladie des oreilles. Pour oripeaux. Voyez ce mot.

LOUIS DE SIX FRANCS: pièce ou écu de six livres tournois; parce que, comme le louis d'or, cette pièce de monnaie portait l'effigie du roi Louis. A.

LOUISOT: Louis.

LOULOU: loup. Mot enfantin.

LOURD: grossier, brutal. De balourd. A.

LOURDER (v. n.): être balourd: dire des balourdises.

LOURE (s. f.): cornemuse, musette.

LOURER: pleurer lâchement. (Vire.)--Chanter. S.-I.

LOUSSE. Voyez. LOUCE.

LOUSSE: vesse. Du celtique-breton lou.

LOUSSER: vesser.

LOUSSET: soufflet.

LOUSTER (v. n.): s'insinuer frauduleusement.

LOUSTRE; LOSTRE: sale personnage. O.

LOUVETTE: tique, ainsi nommée parce que cet insecte attaque souvent les loups.

L'QUEUL: lequel.

L'S: les, devant une voyelle ou une H muette.

L'SIVIÈRE. Voyez LESSIVIÈRE. L.

LUBIN: lupin.

LUBINS: sorte de loups-garoux. De lupus.

LUBRE: difficile à manier, à travailler; compacte. Voyez RUFLE.

LUE: lieue.

LUEURE: lire.

LUGAN: homme bizarre, boudeur, sournois. Luganner se dit des premières gouttes de pluie qui annoncent le mauvais temps.

LUIRE: lire. S.-I.

LUMELLE: allumelle, par aphérèse.

LUNER; LEUNER: lorgner; regarder de travers.

LUNETIER: homme qui porte des lunettes dont il n'a pas besoin.

LUQUE: luth. S.-I.

LUQUE: lampe. (Manche.) De lux, lumière.

LUQUER (v. a.): reluquer, regarder. Du latin lux. Souvent lûquer emporte l'idée qu'on regarde de côté, en évitant que l'on s'en aperçoive. De là sans doute le sens de loucher, qu'il a dans M. Decorde.

LUQUERNE: lucarne.

LURASSER. Voyez LURER.

LURE (s. f.): vers ou refrain d'une chanson, répété jusqu'à satiété. De loure: musette. On l'emploie, au figuré, pour signifier des promesses que l'on réitère souvent et qu'on ne tient jamais. La lure alors est une leurre.

LURER: fredonner; répéter la même chose; rabâcher; grommeler. L.

LURETTES: fredons, répétitions de chansonnettes sans suite.

LUREUX, SE: qui grommèle, qui rabâche. L.

LURIER: homme qui dit des sornettes. B.

LUROTIER. Voyez LUREUX. A.

L'Z: les. Courir l'z uns après l'z autres.

M.

M': ma; me. L'a, l'e disparaissent parfois devant une consonne.

MA; MAS: mal; maux.--MA (s. m.): sas, tamis.

MACABRE: inepte. De la fameuse Danse macabre, dont les personnages ne savent que répondre à la Mort qui les entraîne.

MACAILLE: nourriture, ce qu'on mâche.

MACELET; MACHELET: groupe de fruits tenant au même pédoncule. Un macelet de noisettes.

MACHACRE: massacre. M.--Viande. S.-I.

MACHACRE: ouvrier maladroit.

MACHET (s. m.): mâchoire.

MACHICOTER: mâcher en tournant et retournant ce qu'on a dans la bouche, sans l'avaler.

MACHIN; MACHINOT: machine; chose; objet dont on cherche le nom. Patois Lorrain.

MACHIS (s. m.): aliment mâché.

MACHON: maçon. Au figuré, ouvrier inhabile.

MACHOQUER: bossuer.

MACHOTER: mâcher lentement et avec une sorte de répugnance.

MACHU (adj.): en forme de massue. M.

MACHUE: massue. On disait macue, dans le XIIIe siècle: ce mot est employé par le roi de Navarre dans ses Chansons. Tête de machue: entêté, opiniâtre. L.

MACHURER: noircir, décrier.

MACOT: cachette; l'argent qu'elle contient. A.

MACRIAU: maquereau. En patois Picard, macrieu.

MADELEINE (POIRE DE): poire de Cuisse-Madame; parce qu'elle mûrit vers la fête de sainte Madeleine (22 juillet).

MAFONGUE. Même sens que Par ma fingue. Voyez FINGUE.

MAGNAN; MAGNEN; MAIGNEN: chaudronnier ambulant, dont on faisait peur aux enfants comme du prétendu Croquemitaine. Du vieux mot maignen: chaudronnier, et de l'italien magnano. Nicot et Monet écrivent maignen, comme dans le moyen-âge. En patois Bourguignon, maignié. Magnin en patois Walon. On prononce aussi maïan.

MAGOSSE (s. f.): amas d'argent; petit trésor. Voyez MACOT. A.

MAGOT. Voyez MACOT. L.

MAGOUANER: mâcher lentement et désagréablement. A.

MAGOUSSE (s. f.). Voyez MACOT.

MAGROLLE (s. f.): somme d'argent. A.

MAGUE (s. f.): estomac de veau, dans lequel on prépare la présure pour faire le fromage. L.

MAGUE: gros ventre; bosse. S.-I.

MAHON: coquelicot.

MAHON: qui parle avec difficulté; bègue. O.

MAHONNER: parler avec difficulté; balbutier; bégayer. Voyez BAUBE.

MAI: moi.

MAIGNETS ou MÉGNETS: petits enfants. Du celtique man: homme. Maignets est le diminutif de man, d'où viennent aussi manant et manoir, etc. Le vieux mot meignie, ou plutôt maignie, signifiait maisonnée, toutes les personnes d'une maison. Dans le patois Gascon, on dit maynat pour un petit garçon. A.

MAIGRASSIER: grand, mince et approchant de la maigreur.

MAIGRIER: maigre.

MAILLOCHE (s. f.): petit maillet.

MAILLOT: maillet.

MAINDRE: moindre. S.-I.

MAININE: petite main.

MAINS; MEINS: moins. S.-I.

MAIN-TACHE: à peu près, au hasard, sans que l'on compte. Prendre, donner à main-tâche.

MAINTAIN; MAINTIÉ: manche de fléau. O. et M.

MAIRERIE: mairie. Voyez MARIE. A.

MAIS: plus; jamais. Mei, en patois de Grenoble. De l'adverbe latin magis. Je n'en peux mais: je n'en peux plus.

MAIS DE CE TEMPS: désormais. L.

MAISI PLUS: désormais.

MAISON: la cuisine d'un paysan. C'est en effet la pièce importante, la pièce par excellence de son habitation.

MAIS QUE: lorsque; après que; pourvu que. Employé par le roi de Navarre, dans ses Chansons, et par L'Estoille, dans son Journal.

MAIS QUE (POUR): lorsque. L.

MAITE: maître.

MAITIA; MAINTIEN: pain composé de blé et d'orge, par moitié; cidre pressuré avec de l'eau, par moitié. Voyez MITOYEN.

MAITRE-CIDRE: cidre pur.

MAITRE-PIERRE: pomme à couteau, qui se conserve très-long-temps.

MAITRIAL, E: impérieux; qui agit en maître arrogant. L.

MAL DE L'AN: coliques et convulsions des petits enfants. Voyez CATERRE. A.

MAL (HAUT): épilepsie; mal caduc.

MAL (PRENDRE): mourir. Pris de mal: atteint de maladie. Il lui a pris mal: il est tombé malade. L.

MAL (TOMBER DE): être attaqué d'épilepsie.

MALAISE (A): à plus forte raison. H.-N.

MALAISÉE (DANSER LA): recevoir une volée. Voyez DANSE. L.

MALANDRE: pustule, ulcère; coup, blessure.

MALANDRIN: malade ayant des malandres.

MALARD: canard, mâle de la cane. L.

MALAUCŒUREUX; MALAUCURIEUX: dégoûtant; dégoûté. L.

MALE: marne.

MALE; MALAIS: fumier consommé, et plus particulièrement celui des bêtes à cornes.

MALEMENT: mal, méchamment, avec malice, à tort. M.

MALENDURANT: difficile à vivre. Du verbe endurer. L.

MALENDURER: souffrir impatiemment.

MAL-EN-HIE ou HIS: mal portant, souffrant; mal en gaîté, de mauvaise humeur.

MALENTENTE (s. f.): mal-entendu.

MALER: engraisser avec de la marne.

MALER: fatiguer, exténuer. De malum: mal.

MALGRÉ QUE: quoique. Patois Lorrain.

MALIÈRE (s. f.): fosse dans laquelle on dépose les mâles ou fumiers pour qu'ils s'y consomment. C.

MALIN: petit poisson de rivière. B.

MALINE: maligne.

MALON; MALUN: escarre, croûte qui se forme sur la peau lorsqu'une plaie se guérit; cicatrice. De malum.

MALHERBE; MALLE-HERBE: mauvaise herbe, qui donne le vertige et empêche de retrouver son chemin.

MALHEURÉ: malheureux; homme à qui il arrive un malheur.

MALHEURETÉ: malheur, accident. On dit aussi malhuré; malhureté.

MALHUR: malheur.

MAL INCOMMODE: fort incommode. H.-N.

MALONNER: se former en malon.

MALPIÉTÉ: qui a de mauvais pieds; inhabile aux longues marches.

MAL St.-MEIN: croûtes laiteuses des enfants. L.

MALUSER: mésuser.

MAN: larve du hanneton (Mélolontha).

MAN: mon. Man kien: mon chien.

MANCHÉE: nid de lapins; leur terrier où sont déposés leurs petits. De manere: demeurer.

MANCHERON; MANCHON; MANÇON; MANQUETIN: manche de charrue.

MANDALE (s. f.): soufflet sur la joue, sur la mâchoire, les mandibules.

MANDRE: moindre. S.-I.

MANDRILLE: espèce de manteau vieux et en mauvais état.

MANET: manoir; habitation distinguée, inférieure toutefois au château; gentilhommière. L.

MANETTE: Marie-Anette; diminutif de Marie-Anne. A.

MANGEARD: dépensier, prodigue qui gaspille. L.

MANGER L'ORDRE: oublier. Patois Lorrain.

MANGÉRIAU, au pluriel MANGÉRIAS: gens du fisc, sangsues du peuple. S.-I.

MANGERIES: vexations fiscales.

MANGE-TOUT (DES): petites fèves qui se mangent en entier, lorsque le grain commence à se former.

MANGEUX DE FOIN SUR LE BAT: parasite.

MANGNER; MANGNIER: manger. Mangniez donc! vous ne mangniez pas; gnia que me qu'mangne: mangez donc! vous ne mangez pas; il n'y a que moi qui mange. L.

MANGNIETS. Voyez MAIGNETS.

MANGUER: manger.

MANIERS ou MANIETS. Voyez MAIGNETS.

MANIFACTURE: manufacture.

MANIFIQUE: magnifique. Patois Lorrain.

MANIQUET: selle de femme, couverte d'une peau de mouton. H.-N.

MANJURE: démangeaison. J'ai manjure à la tête. H.-N.

MANJURIAU. Voyez MANGÉRIAU. L.

MANJUSSER; MANJUCER: manger. B.

MANNETTE: petite manne. L.

MANSAIRE; MANSÈRE: misérable; déguenillé; mal vêtu.

MANSEL: manoir, habitation. Du latin mansio.

MANTAIN: manche de fléau.

MANUYENGE: possession, jouissance.

MAQUAILLE (s. f.): aliments mal préparés. Du verbe mâcher.

MAQUE-ÉPAIS: goinfre, gourmand. H.-N.

MAQUER; MAQUIER: mâcher désagréablement.--Manger. S.-I.

MARAILLER: se salir dans l'eau bourbeuse. De la basse latinité mara: mare. A.

MARAS ou MARAT: maraud, mauvais sujet. Du grec μιαρος: scélérat, qui a produit marrans, vieille expression qui signifiait juif. En patois Walon, maraïe signifie canaille. L.

MARCACHA: gamin; petit homme mal bâti. On disait autrefois margajat:

Que nous ririons tretous

De voir un margajat fagotté comme vous.

dit Boursault en parlant d'Esope. Parler margajat. Voyez CHARABIAH.

MARCAPIÉ: raisiné. (Manche.)

MARCAU; MARCOU: matou, gros chat mâle. O. En patois Walon, markou; en patois Troyen, marcoux.

MARCELOTTE bout d'un bâton. Corruption de masselotte: petite massue. Voyez RABOTTE. A.

MARCHÊQUE; MARCHESSE (s. f.): fête de la Notre-Dame de Mars (l'Annonciation). Marcesche, dans une charte de 1407. On dit proverbialement, en parlant des veillées pour le travail:

La bonne veilleresse

Commence à la septembresse

Et finit à la marchesse.

Voyez SEPTEMBRESSE. L.

MARCHER: parcourir. Marcher une propriété.

MARCIÈRE (s. f.): dépôt de marc dans une fosse. (Manche.)

MARCOU. Voyez MARCAU.

MARÉCHAL: oiseau de l'ordre des passereaux. B.

MARÉE (s. f.): flaque d'eau. De mare. L.

MARÉE (s. f.): denrée. Porter la marée au marché. L.

MARETTE: petite mare.

MARGANE (s. f.): sèche. Du celtique-breton morgaden.

MARGANNER. Voyez DÉGANNER.

MARGAS, ou MARGASSE (s. f.): petite flaque d'eau bourbeuse. Du substantif mare et du verbe gâter. Au figuré, embarras. Le substantif margane (excréments humains) du département d'Ille-et-Vilaine pourrait bien avoir la même origine. Dans le patois du Jura, gouillat et gouille signifient boue et le lieu où elle séjourne. De là, margouillis. Voyez ce mot. A.

MARGASSER (SE): se salir dans un margas. A.

MARGAU: fille de mauvaise vie.

MARGOT (s. f.): pie. On dit Margot pour une pie, comme Richard pour un geai, Martin pour un âne, etc. La Fontaine dit (Fables, XII, 11):

L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie.

MARGOT (s. f.): fourche. Du latin merga.

MARGOT-PINTON: femme ivrogne. On dit proverbialement:

Margot Pinton,

Qui aime mieux sa pinte que son demion.

Voyez DEMION.

MARGOTTE: marcotte.

MARGOTTER: marcotter. C'est le G pour le C, comme ganif pour canif.

MARGOUAIS: fond de carrière, de marnière. Du celtique marga (marne), que le naturaliste Pline (liv. XVII, ch. 4) cite comme un excellent engrais.

MARGOUILLER: bredouiller; manger malproprement; salir.

MARGOUILLIS. Voyez MARGAS.

MARGOULETTE: mâchoire (terme de mignardise); petite bouche. En Roman, gargate. Dans le patois Walon, gargolette: gosier, gorge.

MARGOULINE: bonnet de femme. Voyez GOULINE.

MARGRÉ: malgré. S.-I.

MARGUITE: Marguerite.

MARIANNE: Marie-Anne. Voyez MANETTE.

MARICAUDER: noircir le visage, les habits. H.-N.

MARICHAL; MARICHA: maréchal. L.

MARIE: mairie. La rue de la Marie. A.

MARIE-SOUILLON (s. f.): femme malpropre. On dit aussi Marie-Salope; Marie-Torchon.

MARIE-SURELLE: femme acariâtre. De surelle, oseille.

MARINGOTE (s. f.): sorte de charrette que l'on commença à employer peu après notre célèbre victoire de Marengo, en 1800.

MARINGOUIN: cousin, sorte d'insecte.

MARIN-ONFROY. Nom d'une espèce de pommes dont l'introduction, d'après Pluquet, est due à Marin-Onfroy, seigneur de Veret et de St.-Laurent-sur-Mer, qui apporta des greffes dans le Bessin, au commencement du XVIIe siècle. Cette espèce s'est propagée dans le département de la Manche, et on la prise beaucoup aux environs de St.-Lo, où l'on comptait encore, il y a peu d'années, plusieurs familles des noms de Marin et d'Onfroy. La tisane de Marin-Onfroy est le cidre gracieux qu'on obtient de l'espèce de pommes dont on vient de parler. Le fruit est généralement petit, dur; il mûrit très-tard. Son aspect est loin d'être séduisant comme le goût du cidre qu'il produit. M. Lepingard.

MARION: Marie. C'est de là qu'est venu le mot Marionette, diminutif de Marie. L.

MARJOLET: élégant. De joli. L.

MARJOLLES: caroncules qui pendent sous le bec des coqs et des poules; et, par métaphore, le double ou le triple menton des personnes très-grasses.

MARMIONNER; MARMONNER: murmurer sourdement; mal prononcer.

MARNÉ. On appelle à Vimoutiers pain marné celui qui n'est pas complètement blanc. De marne, terre de couleur blanc-grisâtre.

MARNET: le grand guillemot, oiseau de mer. B.

MARONNER: grommeler.

MAROTTE: Marie. Le nom de la marotte de la folie vient de ce diminutif. L.

MAROUAU: matou. Voyez MARCOU.

MAROUILLAGE (s. m.): eau bourbeuse. De mare. A.

MAROUILLER: agiter de l'eau bourbeuse; se salir dans le marouillage. Voyez VAROUILLER. A.

MARPAS: sale, bas.

MARQUE-A-LA-VIELLE: iris, arc-en-ciel. (Coutances.)

MARRINE: marraine. L.

MARRUBLER: meurtrir fortement. Peut-être de marrube (Marrubium vulgare), plante médicinale que l'on écrase. L.

MARTAFLU. Voyez MASTAFLU.

MARTE; MATTE: petite boulette de terre cuite, pour jouer, comme avec la canette et les osselets. L.

MARTINET: grimpereau. L.

MASCAPIÉ: raisiné de poires ou de pommes. B.

MASS: masure. De la basse latinité.

MASSACRANTE (HUMEUR): mauvaise humeur; humeur très-bourrue. Patois Lorrain.

MASSAIS (s. m.); MASSÉE (s. f.): argile pétrie avec du foin, pour faire les planchers. B.

MASTAFLU, E: gros et mal bâti. De l'ancien qualificatif maflu. La Fontaine a dit (Fable III, 17), en parlant d'une belette:

Grasse, maflue et rebondie.

MASTAPIN: gros, bouffi.

MASTAS: homme très-replet. De masse. Voyez TARIBONDIN.

MASURÉ, E. Terre masurée: terre pourvue de bâtiments d'exploitation et d'habitation. De masure.

MAT: flèche. S.-I.

MATE (ENFANT DE LA): escroc, filou. Du nom d'une place de Paris fréquentée par les voleurs, suivant Moisant de Brieux, p. 15 de ses Origines de coutumes anciennes.

MATE: lait caillé. S.-I.

MATE; MATRE (s. f.): extrémité de l'os du tarse du mouton, de la brebis. Le jeu de mâtes se compose de ces petits os qu'on jette sur une table. Les mâtes qui sont tombées sur le côté, doivent être redressées par le joueur dans l'intervalle de temps qu'une balle ou tout autre objet, qu'il a lancé en l'air et qu'il doit recevoir, met à retomber dans sa main. M. Lepingard.

MATEREAUX: matériaux. De matière. Patois Lorrain. L.

MATES (s. f. pl.): lait caillé. En patois Lorrain, maton. S.-I.

MATHIEU-SALÉ: Mathusalem. Vieux comme Mathieu-salé.

MATIÈRE (s. f.): pus. Patois Walon.

MATIFAS: mortier de chaux, de sable et de bourre, pour enduire.

MATRASSER: assommer. De matras, sorte de trait qui ne perçait pas, mais meurtrissait cruellement. Du latin mactare. B.

MAUFAIT: mal fait, contrefait.

MAUGONNER: mâcher, mordre, ronger vilainement. Au figuré, grommeler. A.

MAUGRÉ: malgré.

MAUGREBLEU. Juron. De l'arabe maghrabi. Dans le midi de la France, d'où maugrebleu nous est venu, et qui fut quelque temps au pouvoir des Sarrasins, on dit magrabiou, qui est plus rapproché de son origine. Peut-être maugrebleu vient-il de malgré Dieu.

MAUGRENÉ: maudit. Quelle maugrenée affaire!

MAUMINÉ: blême, qui a mauvaise mine. A.

MAUPAS: mauvais passage, lieu dangereux, soit par la difficulté du passage, soit par le danger des rencontres. Ce nom a été donné à des lieux, à des gués de rivière, etc., qui n'offrent présentement aucun danger.

MAUPITEUX: souffrant, malheureux. De mal et de pitié. S.-I.

MAUTALENT: ignorance; mauvais vouloir; disposition à mal faire. Ce mot est dans Montaigne.

MAUTE (s. f.): fresaie.

MAUTÉ: méchanceté. L.

MAUTURE (adj.): méchant, malin, espiègle, vaurien, d'une probité suspecte.

MAUTURE (subst.): blessure grave; plaie considérable, tenant en général au vice du sang.

MAUVAISETÉ: méchanceté. Dans Nicot, mauvaistié.

MAUVE: mouette, oiseau. B.

MAUVI; MAUVIARD (s. m.): mauviette. En patois Walon, mâvi signifie un merle.

MAXI; MAXIS: méchant. B.

MÉ: moi.--MÉ: maintenant.

MÉCANIQUE: souffrant, faible, d'une santé délabrée; d'une chétive constitution;--insuffisant.

MÉCHANT: pauvre, digne de pitié. Ce méchant enfant; cette méchante petite bête. Une paysanne dit: J'ai eu tant à faire, que je n'ai pas eu le temps de peigner ma méchante tête.

MÉCHANT: difficile. Terre méchante: terre difficile à travailler.

MÈCHE: moitié. De mèche: de moitié. Argot.

MÈCHE: moyen, possibilité. Il y a mèche, ou: il n'y a pas mèche: on peut, ou: on ne peut pas.

MÉCHER: pocher. (Vire.)

MÉCREDI: mercredi. Patois Lorrain. L.

MÉDIN: mauvaise couche. O.

MÉGAUGIER (v. a.): désappointer. D'égayer; mégayer: mal égayer.

MÈGUE (s. m.): serum, petit-lait. De mesga, dans la basse latinité. On appelle aussi mègue l'agglutination qui se forme au fond d'un vase par les dépôts du cidre, du vinaigre, et autres liquides.

MÉJAMBIÉ; MÉJAMBIER: qui a les jambes en mauvais état, couvertes d'ulcères en suppuration.

MEILLE; MÊLE: nèfle. On lit, dans Cretin, p. 205:

Raisins, pruneaux, pommes, poires et mesles.

MEILLER: néflier. En latin, mespilus.

MÉLAN: merlan.

MÈLE: «flocons mucilagineux au fond des bouteilles de cidre», suivant Pluquet. On dit ailleurs: mère. V. MÈGUE.

MÊLE: merle.

MÊLEAU; MÊLO: paquet de fil, de laine, de soie, mêlé.

MELER (v. n.): s'altérer. Se décomposer, en parlant des pommes. De malus: pommier, et de malus: mauvais. La pomme melée est celle dont la chair trop mûre a pris à sa surface une teinte brun-clair et une consistance molle. En patois Walon, melaie signifie un pommier.

MÊLIER; MESLIER: néflier. En anglais, medlar-tree.

MÉLIEU: milieu.

MÉLIMÉLOT: mercuriale (Mercurialis annua). B.

MÊLI-MÊLOT: objets confus, mêlés, en désordre.

MELLE (s. f.): anneau d'une chaîne. De maille. L.

MELLETON: prunelle, mauvais petit fruit. De malum.

MÊLURE: petites herbes qu'on mêle à la salade pour l'assaisonner.

MÉMARCHURE: entorse. De marcher mal. L.

MEMBRÉ: membru. Patois lorrain.

MENACHE; MENACHER: menace, menacer.

MÉNAGÈRE: femme de campagne. De ménage. En patois Walon, menadzira. Voyez CRÉATURE.

MENDRE: moindre.

MÉNESTRIEUX: ménétrier. S.-I.

MÉNOM: sobriquet; surnom. De : mauvais, et de nom.

MÉNOMMER (SE): prendre un nom qui n'appartient pas.

MENOUX: menin, conducteur, cicerone.

MENT: comme, comment. Ment hla: comment cela? ment tout: comme tout. De comment, par aphérèse. Voyez C'MENT. L.--A Pont-l'Évêque, mentêche pour comment est-ce?

MENUISE (s. f.): petit plomb pour tuer les oiseaux. De minutus.

MÊNUIT: minuit. L.

MÉQUIÉ: moitié. L.

MÉQUIER: métier.

MERC; MERQUE (s. m.): marque sur la peau; lentille ou petite verrue; borne en pierre qui marque les limites dans les champs. B.

MÈRE: dépôt glaireux dans le vieux cidre; substance que l'on croit propre à faire naître le vinaire (à en devenir la mère).

MERELLE: cidre dans lequel on a mis beaucoup d'eau. B.

MÉRIAISE: merise.

MÉRIENNE: méridienne. Par syncope. Sieste, sommeil de midi. Faire mérienne: faire la sieste.

MERLUS (s. m.): sorte de petite morue sèche; merluche.

MERNUCHON. Plante; la stella media des oiseaux.

MEROLLE: brebis. O.

MÉROTTE: petite-mère. L.

MERQUE: marque. MERQUIER: marquer, tracer, etc.

MESANGLE; MESETTE: mésange.

MÉSAISE: gêne, au propre et au figuré.

MÉSAISÉ: qui est dans le mésaise. Ne se dit qu'au figuré: mésaisé dans son commerce.

MÉSHUI: aujourd'hui, tantôt, désormais, dorénavant. Dans le Testament de Pathelin, p. 131:

Ne viendra meshuy Guillemette?

MESEAU; MEZEL: lépreux.

MESCHIEF: malheur.

MESCHEOIR: échouer, ne pas réussir.

MESCHEU (part. passé de mescheoir). Il en est mescheu: il en est arrivé malheur.

MESÉ: atteint d'une lèpre appelée méselerie. Métaphoriquement, insensible.

MESHAGNÉ; MESHAIGNÉ (l'S ne se prononce pas): estropié, mutilé.

MESHAING: mutilation, malheur, accident, mécompte.

MESIGUE: mésange.

MESIRAGNE; MESIRAIGNE: musaraigne.

MESIRE: merise.

MESIRETTE: petite musaraigne.

MESIRIER: merisier.

MESM'ORAINS: même naguère. H.-N.

MESNIE: maison, maisonnée, famille.

MESNIL: maison dans la campagne et champ y attenant.

MESSINE; MÊCINE: espèce de coussin en foin ou en paille, dont les paysans garnissent la partie supérieure de l'entrée des sabots, pour qu'ils ne blessent pas le coude-pied.

MESSIONAL: qui a lieu pendant les vacations, fixées anciennement au temps de la moisson. De messis.

MESURE: convenance, sagesse. C'est la mesure: c'est ce qui convient. Dans le XIIIe siècle, mesure signifiait sagesse, bonté. C'est le quid deceat, quid non, d'Horace; et l'emploi qui en est fait dans les Chansons du roi de Navarre et le Glossaire de La Ravallière. En Roman on disait amesuré, pour sage; en Provençal, amesurat. L.

MESURETTE (s. f.): huitième partie de l'aune. L.

MET (s. f.): huche, pétrin, maie. On trouve met dans les vieux fabliaux. Du verbe mettre. Met était encore en usage dans le XVIe siècle. En effet, Du Bartas dit, dans le second jour de sa Semaine, v. 1129: