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Hier et demain

Chapter 52: CHAPITRE II Les futures menaces de la politique.
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About This Book

A collection of concise aphorisms and short essays reflecting on the moral and intellectual aftermath of a great modern war, arguing that long-held social doctrines and certainties have been shaken. The author examines collective psychology, shifting beliefs, and the tangled economic and social interests that will shape postwar problems, asserting that no single ideology proved adequate. Condensed historical, political and psychological observations are offered as distilled propositions intended to prompt reflection rather than to provide exhaustive proof, emphasizing the need to reconsider institutions, ideas, and the psychological forces that guide nations as they move toward reconstruction and peace.

CHAPITRE II
Les futures menaces de la politique.

De nouvelles croyances politiques se créeront nécessairement après la guerre chez les hommes nouveaux, mais, se heurtant à des conceptions trop anciennes pour être déracinées facilement, il en résultera de violents conflits.


Les problèmes créés par la paix se trouveront aussi chargés d’imprévu que ceux soulevés par la guerre. Il serait désespérant que les politiciens seuls soient appelés à les résoudre.


Il faut dès à présent songer qu’au lendemain de la guerre la France pourra se trouver sans matières premières, sans industries, sans fret, sans charbon, avec des impôts triplés et beaucoup de villes à rebâtir. Confier à des théoriciens politiques et non à des industriels, des agriculteurs et des commerçants la direction du pays, serait engendrer la ruine et l’anarchie.


L’esprit critique et l’esprit dogmatique resteront toujours trop incompatibles pour n’être pas perpétuellement en lutte. Le premier appartient à la sphère du rationnel, le second à celle du mystique et de l’affectif.


L’esprit dogmatique croit et ne raisonne pas. Il ne règne pas seulement dans les religions, mais aussi dans les institutions sociales et militaires.


Le jacobinisme, le protectionnisme et le socialisme mis au service de l’étatisme pourront constituer après la guerre des fléaux aussi funestes que l’invasion germanique. Contraintes, inquisitions, réquisitions, taxations deviendraient alors les principaux moyens de gouvernement.


Dans un pays où les partis politiques sont intolérants la centralisation administrative restera longtemps nécessaire. La décentralisation industrielle et financière semble seule possible.


La plus grande difficulté des futurs gouvernements sera d’équilibrer les intérêts souvent contraires des divers groupements sociaux de façon qu’ils ne se nuisent pas réciproquement et respectent l’intérêt général.