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Histoire des légumes

Chapter 18: ARROCHE
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About This Book

The work surveys the origins, history and cultivation of garden vegetables in temperate Europe by assembling botanical, archaeological, literary and iconographic evidence to trace domestication, migration and varietal change. Plants are organized by the edible part and treated in concise monographs that combine etymology, historical citations, herbarium and fossil records, and horticultural practice. It examines how environment, natural selection and human cultivation shaped diversity, separates legend from documented fact, and offers practical and scientific observations aimed at readers interested in the development and classification of cultivated vegetables.

Herbages légumiers

ARROCHE

(Atriplex hortensis L.)

Nombreuses sont les plantes herbacées qui peuvent fournir un aliment rafraîchissant et hygiénique, employées tantôt dans les potages aux herbes, tantôt hachées et tamisées après ébullition, avec un assaisonnement convenable.

On a consommé jadis une foule de plantes sauvages dans les soupes aux légumes, ou préparées à la manière des Epinards : l’Ortie, la Morelle, les Amarantes, la Mercuriale, etc. Mais parlons seulement des plantes admises au potager.

Parmi celles-ci, l’Arroche est peut-être le plus anciennement cultivé de tous les légumes herbacés. Cette Chénopodée annuelle, originaire de l’Europe septentrionale et de la Sibérie, s’appelait chez les Grecs Atraphaxis et chez les Romains Atriplex, nom qui équivaut à « qui n’est pas nourrissant » et, en effet, tous les légumes de ce genre contiennent peu de matières alibiles.

La grande variété des noms de l’Arroche montre combien cette plante a été populaire autrefois.

Un glossaire du XIIe siècle donne à l’Arroche ou Atriplex plusieurs synonymes barbares : « grisolocanna, atrofaxos, viniscus, cato ; en langue romane : arepe »[108].

[108] Glossaire de Tours (Bibl. Ecole des Chartes, 1869, p. 334).

Les noms vulgaires du français moderne sont aussi très nombreux : arrode, arrouse, érode, belle-dame, bonne-dame, poule grasse, irible, follette, preudefemme, etc.

Cette plante était en honneur dans les potagers au moyen âge et à l’époque de la Renaissance. « Les Italiens, dit Ch. Estienne, dans sa Maison rustique (XVIe siècle), font une sorte de tartre (sic) des Arroches : ils hachent menu leurs feuilles, les pislent avec formage, beurre frais et jaune d’œufs, puis avec paste les incorporent et font cuire au four. »

Il est fait mention de la variété à feuilles rouges, sous le nom d’arose rouge, dans plusieurs comptes de dépenses concernant les jardins des ducs de Bourgogne au XIVe siècle[109]. L’Arroche rouge, qui peut servir de plante d’ornement, était connue de Turner en Angleterre en 1538.

[109] Arch. Côte-d’Or, série B. 5756.

L’Arroche a beaucoup perdu de son antique réputation, cependant elle est encore estimée par quelques personnes. On en trouve sur les marchés, en petite quantité.