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Histoire des légumes

Chapter 82: PIMPRENELLE
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About This Book

The work surveys the origins, history and cultivation of garden vegetables in temperate Europe by assembling botanical, archaeological, literary and iconographic evidence to trace domestication, migration and varietal change. Plants are organized by the edible part and treated in concise monographs that combine etymology, historical citations, herbarium and fossil records, and horticultural practice. It examines how environment, natural selection and human cultivation shaped diversity, separates legend from documented fact, and offers practical and scientific observations aimed at readers interested in the development and classification of cultivated vegetables.

PIMPRENELLE

(Poterium Sanguisorba L.)

Herbe condimentaire qui a été beaucoup usitée autrefois. On mêlait aux salades, principalement aux Laitues, ses jeunes et tendres feuilles au goût agréable de Concombre. Elle n’est plus à présent que rarement cultivée dans les jardins potagers.

La plante est indigène, vivace et commune dans les prairies sèches. C’est le Sanguisorba de Fuchs, le Pimpinella de Dalechamps (XVIe siècle). La Maison rustique de Ch. Estienne compte la Pimprenelle parmi les bonne fournitures. Un siècle plus tard, La Quintinie tenait cette herbe en haute estime au Potager de Versailles.

Le nom de la plante ne se trouve pas chez les écrivains grecs ou latins. Il paraît au moyen âge seulement. Le Glossaire de Tours (XIIe siècle) dit : « Pipinella, en langue romane, piprenelle ». On prononça ensuite pimpernelle, forme ancienne qu’ont gardée les langues anglaise et flamande, ainsi que les dialectes provinciaux français. L’anglais dit aussi Burnet, à cause de la couleur brune des fleurs de la plante.

Le nom de la Pimprenelle est assez souvent cité dans les vieilles poésies sous cette forme démodée :

« Herbes agréables à l’œil,
« Délicatesse bien sucrée
« De ciboulette et de cerfeüil,
« De pimpernelle et chicorée »[556].

[556] Dufour, Divertissements d’amour (1667), p. 263.

Par cette description poétique d’une salade, on voit que la forme moderne Pimprenelle n’existait pas encore à la fin du XVIIe siècle et qu’elle est due à une nouvelle métathèse, c’est-à-dire à une transposition de lettres.

Quant au nom lui-même, il peut s’expliquer par une corruption du latin bipinella, bipinnula (bipennis ou à deux ailes), ce qui s’accorde parfaitement avec la disposition des feuilles bipennées de la Pimprenelle.