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Histoire des Musulmans d'Espagne, t. 4/4 / jusqu'à la conquête de l'Andalouisie par les Almoravides (711-1100) cover

Histoire des Musulmans d'Espagne, t. 4/4 / jusqu'à la conquête de l'Andalouisie par les Almoravides (711-1100)

Chapter 18: NOTES
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About This Book

The volume recounts the disintegration of centralized Muslim authority in Iberia and the rise of numerous small, often competing, regional states and military leaders. It traces how prominent cities reorganized into independent republican or princely governments and how local administrators and commanders shaped civic order and commerce. Chapters detail diplomatic maneuvering, coastal raiding and maritime ventures, cultural patronage of scholars and poets, and frequent shifting alliances among petty rulers. The work combines narrative history with documentary support, offering notes, a chronological list of rulers, and indexes to guide further research.

Emule de la pluie bienfaisante, seigneur de la générosité, protecteur des hommes! la plus grande faveur que vous pourriez m’accorder, ce serait de me permettre de contempler un instant ton noble visage, qui, gai et brillant, pourrait nous tenir lieu, la nuit de flambeaux, le jour du soleil.

Motamid lui répondit par ceux-ci:

A Aghmât il mena dans la prison une existence triste et douloureuse. Le gouvernement s’occupait de lui pour ordonner, tantôt qu’on lui mît des chaînes, tantôt qu’on les lui ôtât, mais au reste il ne prenait pas même soin de sa subsistance. Aussi vivait-il avec sa famille dans la dernière détresse. Pour subvenir à leurs besoins, son épouse et ses filles furent obligées de filer. C’est dans la poésie qu’il cherchait sa consolation. Ainsi, quand il eut aperçu de l’étroite fenêtre de son cachot une volée de ces oiseaux rapides auxquels les Arabes donnent le nom de catâ et qui sont une espèce de perdrix:

Puis c’étaient des vers sur sa grandeur passée, sur les magnifiques palais qui naguère avaient été témoins de son bonheur, sur ses fils qui avaient été massacrés, et à l’occasion de la fête de la rupture du jeûne, il composa ceux-ci:

Autrefois les fêtes te rendaient joyeux, mais la fête qui te trouve captif à Aghmât te rend triste. Tu vois tes filles couvertes de haillons et mourant de faim; elles filent pour ceux qui les paient, car elles ne possèdent plus rien au monde. Elles viennent vers toi pour t’embrasser, fatiguées, brisées par le travail et les yeux baissés. Elles marchent nu-pieds dans la boue des rues, comme si elles n’eussent pas marché jadis sur du musc et du camphre[277]! Leurs joues creuses attestent la misère et les larmes les ont sillonnées.... De même qu’à l’occasion de cette triste fête (Dieu veuille qu’elle ne revienne pas pour toi!) tu as rompu le jeûne, de même ton cœur a rompu le sien: ta douleur, longtemps contenue, a éclaté enfin. Jadis, quand tu commandais, tout le monde t’obéissait: à présent tu en es réduit à recevoir toi-même des ordres. Les rois qui se réjouissent de leur puissance se laissent abuser par un rêve[278]!

La malheureuse Romaiquia n’était pas faite pour une vie si dure: elle tomba dangereusement malade. Motamid en fut fort attristé, d’autant plus qu’il n’y avait à Aghmât personne à qui il osât confier le soin de la guérir. Heureusement le célèbre Abou-’l-Alâ Avenzoar[279], qui, dans les dernières années de son règne, avait été le médecin de sa cour, et auquel il avait rendu les biens de son grand-père que Motadhid avait confisqués[280], se trouvait alors à Maroc. Il lui écrivit pour le prier de vouloir bien se charger du traitement de la maladie de Romaiquia. Avenzoar lui promit de venir; mais comme dans sa lettre il avait souhaité à Motamid une longue vie, celui-ci lui envoya ces vers en le remerciant:

Tu me souhaites une longue vie; mais comment un prisonnier pourrait-il la désirer? La mort n’est-elle pas préférable à une vie qui apporte sans cesse de nouveaux tourments? D’autres peuvent former un tel souhait, car ils ont l’espoir de rencontrer le bonheur; mais le seul souhait que je puisse former, c’est de rencontrer la mort. Voudrais-je vivre pour voir mes filles manquer de vêtements et de souliers? Elles sont à présent les servantes de la fille d’un homme dont l’emploi était d’annoncer ma venue quand je me montrais en public, d’écarter les gens qui se pressaient sur mon passage, de les contenir quand ils encombraient la cour de mon palais, de galoper à ma droite et à ma gauche quand je passais mes troupes en revue, et de prendre soin qu’aucun soldat ne sortît des rangs[281]. Toutefois la prière que tu as faite dans une intention bienveillante m’a fait du bien. Dieu te récompense, Abou-’l-Alâ, tu es un homme de cœur! J’ignore quand le vœu que je forme sera rempli, mais je me console par la pensée que dans ce monde tout a un terme[282].

Ce qui parfois lui apportait un soulagement momentané, c’étaient les lettres et les visites des poètes que jadis il avait comblés de ses bienfaits. Plusieurs d’entre eux firent le voyage d’Aghmât, Abou-Mohammed Hidjârî entre autres, qui, pour un seul poème, avait reçu de lui tant d’argent qu’il put ouvrir une maison de commerce et jouir d’une honnête aisance tant qu’il vécut. Motamid lui avoua qu’il avait eu tort d’appeler Yousof en Andalousie. «En le faisant, dit-il, j’ai creusé ma propre fosse.» Quand le poète vint lui dire adieu pour retourner à Almérie où il demeurait, Motamid voulut encore lui faire un cadeau, malgré l’exiguïté de ses moyens; mais Hidjârî eut la délicatesse de le refuser et improvisa ces deux vers:

Mais le plus fidèle et le plus assidu de ces amis, c’était Ibn-al-labbâna, et une fois qu’il arriva à Aghmât, il apporta de bonnes nouvelles d’Andalousie. Les esprits, disait-il, y étaient en émoi. Les patriciens, qui n’avaient jamais voulu de la domination de Yousof, s’agitaient et conspiraient pour replacer Motamid sur le trône[284]. Il disait vrai; le mécontentement était très-grand dans les classes éclairées, et le gouvernement ne tarda pas à en acquérir des preuves. Aussi prit-il des mesures de précaution; il fit arrêter plusieurs personnes suspectes, notamment à Malaga; mais les conjurés de cette ville, dont Ibn-Khalaf, un patricien très-considéré, était le chef, profitèrent de l’obscurité de la nuit pour s’échapper de prison, après quoi ils se rendirent maîtres du château de Montemayor[285]. Bientôt Abd-al-djabbâr, un fils de Motamid qui était resté en Andalousie avec sa mère et que le peuple prenait pour Râdhî (celui qui avait été assassiné à Ronda), se rendit auprès d’eux. Ils le nommèrent leur chef, et tout semblait aller selon leurs souhaits. Un navire de guerre marocain qui échoua dans le voisinage du château, leur fournit des vivres, des munitions, des armes. Algéziras se déclara pour eux de même qu’Arcos, et s’étant rendu dans cette dernière ville en 1095, Abd-al-djabbâr se mit à faire des razzias jusqu’aux portes de l’ancienne capitale du royaume de ses ancêtres[286].

La première nouvelle de la révolte de son fils causa à Motamid une profonde douleur. La témérité de l’entreprise l’effrayait; il craignait pour Abd-al-djabbâr un sort aussi dur que celui qui avait déjà frappé plusieurs de ses fils. Mais ces sentiments firent bientôt place à l’espérance; il entrevoyait la possibilité de retourner dans son pays, de reconquérir son trône[287], et devant ses amis il ne s’en cachait pas. Ecrivant, par exemple, au poète Ibn-Hamdîs, qui était retourné à Mahdia après lui avoir rendu visite, il lui envoya un poème qui commençait ainsi:

La chaire dans la mosquée et le trône dans le palais pleurent le captif que le destin a jeté sur la plage africaine,

et dans lequel il disait:

Ibn-al-labbâna nourrissait ces espérances. A la veille de retourner en Andalousie, il avait reçu de Motamid vingt ducats et deux pièces d’étoffe: il lui renvoya ce cadeau et parmi les vers qu’il lui fit parvenir à cette occasion se trouvaient ceux-ci:

Un peu de patience encore! Bientôt tu me combleras de bonheur, car tu remonteras sur le trône. Le jour où tu rentreras dans ton palais, tu m’élèveras aux plus hautes dignités. Tu surpasseras alors le fils de Merwân en générosité, et moi, je surpasserai Djarîr en talent[289]. Prépare-toi à luire de nouveau: une éclipse de lune n’est pas de longue durée[290].

Chargé de chaînes—car Yousof avait ordonné de les lui remettre; «le lionceau ayant rugi, dit un rhéteur de l’époque, on craignait un bond de la part du lion»—Motamid vivait ainsi d’espérance, et cette espérance n’était pas tout à fait sans fondement: le parti d’Abd-al-djabbâr était nombreux et il inspirait au gouvernement de graves inquiétudes; il sut se maintenir pendant plus de deux ans, et il n’était pas encore dompté au moment où Motamid mourut après une longue maladie[291] (1095), à l’âge de cinquante-cinq ans[292].

L’ex-roi de Séville fut inhumé dans le cimetière d’Aghmât. Quelque temps après, à l’occasion de la fête de la rupture du jeune, le poète andalous Ibn-Abd-aç-çamad fit sept fois le tour de son tombeau, à l’instar des pèlerins qui font le tour de la Caba; puis il s’agenouilla, baisa la terre qui couvrait les dépouilles mortelles de son bienfaiteur, et récita une élégie. Touchée par l’exemple qu’il lui avait donné, la foule fit aussi le tour du tombeau à la manière des pèlerins et en poussant de longs gémissements[293].

 

«Tout le monde aime Motamid, dit un historien du XIIIe siècle, tout le monde a pitié de lui, et aujourd’hui encore on le pleure[294].» En effet, il est devenu le plus populaire de tous les princes andalous. Sa générosité, sa bravoure, son caractère chevaleresque le rendaient cher aux hommes cultivés des générations suivantes; les âmes sensibles étaient touchées de son immense infortune; le vulgaire s’intéressait à ses aventures romanesques, et comme poète, il fut admiré même par les Bédouins qui, en fait de langage et de poésie, passaient pour des juges à la fois plus difficiles et plus compétents que les habitants des villes. Voici, par exemple, ce que l’on raconte à ce sujet:

Dans une des premières années du XIIe siècle, un Sévillan, qui voyageait dans le Désert, arriva à un campement de Bédouins Lakhmites. S’étant approché d’une tente et ayant demandé l’hospitalité à celui qui en était le maître, ce dernier, enchanté de pouvoir pratiquer une vertu que sa nation apprécie infiniment, l’accueillit avec une grande cordialité.

Le voyageur avait déjà passé deux ou trois jours auprès de son hôte, lorsque, une nuit, après avoir cherché en vain le sommeil, il sortit de la tente pour aller aspirer le souffle des zéphyrs.

Il faisait une nuit sereine et admirable, dont des brises douces et caressantes tempéraient la tiédeur. Dans un ciel d’azur, semé d’étoiles, la lune s’avançait, lente, majestueuse, éclairant de sa lumière le Désert auguste qu’elle faisait resplendir comme un miroir et qui présentait l’image la plus complète du silence et du repos. Ce spectacle rappela au Sévillan un poème que son ancien souverain avait composé, et il se mit à le réciter. Ce poème, c’était celui-ci:

Puis le Sévillan récita encore un long poème, que Motamid avait composé pour apaiser le courroux de son père, irrité du désastre qui avait frappé son armée à Malaga par suite de la négligence de son fils qui la commandait.

A peine eut-il fini, que la toile de la tente devant laquelle il se trouvait par hasard, fut levée, et qu’un homme que l’on aurait reconnu pour le chef de la tribu rien qu’à son aspect vénérable, se montra à ses regards et lui dit avec cette élégance de diction et cette pureté d’accent, pour lesquelles les Bédouins ont toujours été renommés et dont ils sont excessivement fiers:

—Dites-moi donc, citadin que Dieu veuille bénir, de qui sont-ils, ces poèmes, limpides comme un ruisseau, frais comme une pelouse nouvellement arrosée par la pluie, tantôt tendres et suaves comme la voix d’une jeune fille au collier d’or, tantôt vigoureux et sonores comme le cri d’un jeune chameau?

—Ils sont d’un roi qui a régné en Andalousie et qui s’appelait Ibn-Abbâd, répondit l’étranger.

—Je suppose, reprit le chef, que ce roi régnait sur un petit coin de terre, et que, par conséquent, il pouvait consacrer tout son temps à la poésie, car quand on a d’autres occupations, on n’a pas le loisir de composer des vers comme ceux-là.

—Pardonnez-moi; ce roi régnait sur un grand pays.

—Et pourriez-vous me dire à quelle tribu il appartenait?

—Certainement; il était de la tribu de Lakhm.

—Que dites-vous? Il était de Lakhm? Mais il était de ma tribu alors!

Et ravi d’avoir trouvé une nouvelle illustration pour sa tribu, le chef, dans un élan d’enthousiasme, se mit à crier d’une voix retentissante:

—Debout, debout, gens de ma tribu! Alerte, alerte!

En un clin d’œil tous furent sur pied et vinrent entourer leur chef. Les voyant rassemblés:

—Ecoutez, leur dit-il, ce que je viens d’entendre, et retenez bien ce que je viens de graver dans ma mémoire; car c’est un titre de gloire qui s’offre à vous tous, un honneur dont vous avez tous le droit d’être fiers. Citadin, récitez encore une fois, je vous en prie, les poèmes de notre cousin.

Lorsque le Sévillan eut satisfait à ce désir et que tous les Bédouins eurent admiré ces vers avec le même enthousiasme que l’avait fait leur chef, celui-ci leur raconta ce qu’il avait entendu dire à l’étranger au sujet de l’origine des Beni-Abbâd, leurs alliés, leurs parents, puisqu’ils descendaient, eux aussi, d’une famille lakhmite qui parcourait autrefois le Désert avec ses chameaux, et dressait ses tentes là où les sables séparent l’Egypte de la Syrie; après quoi il leur parla de Motamid, le poète tour à tour gracieux ou sublime, le preux chevalier, le puissant monarque de Séville. Quand il eut fini, tous les Bédouins, ivres de joie et d’orgueil, montèrent à cheval pour se livrer à une brillante fantasia qui dura jusqu’aux premiers rayons de l’aurore. Puis le chef choisit vingt de ses meilleurs chameaux et en fit présent à l’étranger. Tous suivirent cet exemple dans la mesure de leurs moyens, et, avant que le soleil se fût levé tout à fait, le Sévillan se vit en possession d’une centaine de chameaux. Après l’avoir caressé, choyé, festoyé et honoré de toutes les manières, ces généreux fils du Désert consentirent à peine à le laisser partir quand le moment de se remettre en voyage fut arrivé pour lui, tant celui qui savait réciter les vers du roi poète qu’ils appelaient leur cousin, était devenu cher à leurs cœurs[296].

Environ deux siècles et demi plus tard, alors que l’Espagne musulmane, autrefois si sceptique, s’était depuis longtemps jetée dans la dévotion, un pèlerin, portant bourdon et rosaire, parcourait le royaume de Maroc, afin de s’entretenir avec les pieux ermites et de visiter les lieux saints. Ce pèlerin, c’était le célèbre Ibn-al-Khatîb, le premier ministre du roi de Grenade. Arrivé dans la petite ville d’Aghmât, il s’achemina vers le cimetière, où reposaient Motamid et son épouse sous un tertre couvert de lotus. A l’aspect de ces deux tombeaux, délabrés par la vétusté et le défaut de soin, le vizir grenadin ne put retenir ses larmes et improvisa ces vers:

Je suis venu à Aghmât pour y accomplir un pieux devoir, pour m’agenouiller sur ta tombe! Ah! pourquoi ne m’a-t-il pas été donné de te connaître vivant et de chanter ta gloire, toi qui surpassais tous les rois en générosité, toi qui brillais comme un flambeau dans l’obscurité de la nuit? Qu’au moins il me soit permis de saluer respectueusement ton tombeau! L’élévation du terrain le distingue de ceux du vulgaire: ayant primé les autres hommes pendant ta vie, tu primes aussi ceux qui à tes pieds dorment du sommeil éternel. O sultan parmi les vivants, et sultan parmi les morts! jamais dans les siècles passés on n’a vu ton égal, et jamais, j’en suis convaincu, on ne verra dans les siècles futurs un roi qui te ressemble[297].

Motamid, à coup sûr, ne fut pas un grand monarque. Régnant sur un peuple énervé par le luxe et ne vivant que pour le plaisir, il le serait devenu difficilement, lors même que son indolence naturelle et cet amour des choses extérieures, qui est le bonheur et l’infirmité des artistes, ne l’en eussent pas empêché. Mais nul autre n’avait dans l’âme tant de sensibilité, tant de poésie. Chez lui le moindre événement dans sa vie, la moindre joie ou le moindre chagrin, se revêtait aussitôt d’une forme poétique, et l’on pourrait écrire sa biographie, sa vie intérieure du moins, rien qu’avec ses vers, révélations intimes du cœur où se reflètent ces joies et ces tristesses que le soleil ou les nuages de chaque jour amènent ou remportent avec eux. Et puis, il eut la bonne fortune d’être le dernier roi indigène qui représentât dignement, brillamment, une nationalité et une culture intellectuelle, qui succombèrent, ou peu s’en faut, sous la domination des barbares qui avaient envahi le pays. Une sorte de prédilection s’attacha à lui, comme au plus jeune, au dernier né de cette nombreuse famille de princes poètes qui avaient régné sur l’Andalousie. On le regrettait plus que tout autre, presque à l’exclusion de tout autre, de même que la dernière rose de la saison, les derniers beaux jours de l’automne, les derniers rayons du soleil qui se couche, inspirent les regrets les plus vifs.

 

 

FIN DU QUATRIÈME ET DERNIER VOLUME.

NOTES

Note A, p. 24.

Quelques auteurs font mourir Yahyâ dans l’année 427 de l’Hégire, d’autres dans l’année 429. Le récit d’Ibn-Haiyân montre que la première date est la véritable. Cet auteur rapporte les propres termes dont s’est servi un soldat berber de Carmona, Abou-’l-Fotouh (ou Abou-’l-Fath) Birzélî, qui se trouvait parmi ceux qui se rendirent à Séville au temps de la fête des sacrifices de l’année 426 (c’est-à-dire, dans le dernier mois de cette année), et qui, dans le mois suivant, celui de Moharram 427, prit part au combat que les cavaliers sévillans livrèrent à Yahyâ près des portes de Carmona, combat qui se termina par la mort de Yahyâ. Il n’y a donc aucun doute sur l’année et sur le mois de la mort de ce prince; mais nous ne saurions indiquer le quantième du mois. Abd-al-Wâhid dit: dimanche, sept jours après le commencement de Moharram (c’est-à-dire le huitième jour de ce mois) de l’année 427; mais le huitième Moharram de l’année 427 tombe un mercredi et non un dimanche.

Au reste, le récit d’Ibn-Haiyân montre encore qu’au lieu de dire que Hichâm II fut de nouveau proclamé calife à Cordoue dans le mois de Moharram 429, Ibn-al-Athîr (Abbad., t. II, p. 34, l. 9) aurait dû dire: dans le mois de Moharram 427; car, puisqu’Ibn-Djahwar consentit seulement à le faire parce qu’il craignait d’être attaqué par Yahyâ (Abbad., t. I, p. 222, l. 28), il doit l’avoir fait nécessairement avant la mort de ce prince.

Ibn-Khaldoun (apud Hoogvliet, p. 28; j’ai corrigé le texte de ce passage dans mes Recherches, t. I de la 1re édition, p. 215 dans la note) s’est trompé gravement en parlant du rôle que Mohammed ibn-Abdallâh joua à cette époque.

Note B, p. 86.

Ibn-Khâcân prétend qu’Ibn-Abd-al-barr a écrit cette lettre à Motadhid sur l’ordre de Mowaffac Abou-’l-djaich, c’est-à-dire de Modjéhid, prince de Dénia. Mais ce dernier étant mort en 436 de l’Hégire, et la prise de Silves ayant eu lieu en 443 ou dans l’année suivante, il doit y avoir une erreur dans cette assertion. La date de la prise de Silves ne saurait être douteuse. Cette ville doit avoir été conquise après la conquête de Niébla et de Huelva en 443 (voyez Abbad., t. I, p. 252, et comparez t. II, p. 210) et avant celle de Santa-Maria en 444 (voyez Abbad., t. II, p. 210, dern. ligne, et p. 123). D’ailleurs, Motamid, qui n’était né que dans l’année 431, ne pouvait pas commander l’armée de son père avant 436, époque de la mort de Modjéhid. Je crois donc qu’Ibn-Khâcân aurait dû nommer Alî, le fils et successeur de Modjéhid, ou peut-être quelque autre prince.

Note C, p. 95.

Les circonstances essentielles de ce récit se trouvent dans un passage d’Ibn-Bassâm (Abbad., t. I, p. 250, 251), où il y a deux ou trois fautes à corriger. Nowairî (ibid., t. II, p. 129, 130) donne aussi de bons renseignements; seulement ce chroniqueur, sans parler d’inexactitudes d’une moindre importance, a eu le tort de nommer Carmona au lieu de Ronda. Les récits d’Ibn-Khaldoun (ibid., t. II, p. 210, 214, 215) me semblent confus et inexacts, surtout pour ce qui concerne les noms propres et les dates.—Voyez aussi Ibn-Haiyân, dans mon Introduction à la Chronique d’Ibn-Adhârî, p. 86.

Note D, p. 192.

En traitant cette période, je ne me suis pas servi du livre qui porte le titre de Raudh al-mitâr (Abbad., t. II, p. 236 et suiv.). Maccarî, qui en a donné de longs extraits, semble y attacher de l’importance, parce qu’il est d’un auteur espagnol; mais cet Espagnol n’est pas ancien et il n’a fait que copier un écrivain asiatique. C’est ce qui résulte de la comparaison de l’article sur Yousof ibn-Téchoufîn chez Ibn-Khallicân, où l’on trouve de longs passages tirés d’une biographie de Yousof, intitulée al-Morib an sîrati meliki ’l-Maghrib, et qui a été écrite à Mosoul en 1183; car ces passages se retrouvent textuellement dans le Raudh al-mitâr, de sorte qu’il est certain que l’auteur de ce dernier ouvrage a copié l’anonyme de Mosoul. Or, quand il s’agit de l’histoire d’Espagne, il faut presque toujours se défier des récits qui ont été écrits en Asie. Ces récits, comme j’ai déjà eu l’occasion de l’observer ailleurs[298], proviennent ordinairement de voyageurs, de marchands, de colporteurs de bruits, et l’imagination n’y est pas étrangère, souvent même elle y joue un grand rôle. Celui dont il s’agit ne fait pas exception à la règle générale: écrit dans un langage extrêmement sentencieux et qui trahit chez l’auteur la prétention de vouloir rivaliser avec les anciens sages de l’Orient, il contient bien des choses qui sont invraisemblables en elles-mêmes et dont les chroniqueurs espagnols et africains ne savent rien.

Note E, p. 208.

Les chroniques latines, si l’on en excepte le Chronicon Lusitanum (Esp. sagr., t. XIV, p. 418, 419), n’entrent dans aucun détail sur la bataille de Zallâca, et parmi les chroniques arabes, qui en parlent fort au long[299], il y en a peu qui méritent une confiance entière. Quelques-unes se trompent même dans la date. La date véritable, vendredi 12 Redjeb 479, se trouve dans le Holal (Abbad., t. II, p. 197) et dans le Cartâs (p. 98), où on lit que ce jour répond au 23 octobre (1086), ce qui est vrai (comparez Annales Complut., p. 314, 315); mais d’autres auteurs se trompent, non-seulement dans le mois (car ils nomment Ramadhân au lieu de Redjeb), mais encore dans l’année. Abd-al-wâhid (p. 93, 94), par exemple, nomme l’année 480, et Ibn-al-Cardebous (Abbad., t. II, p. 23) l’année 481. C’est un phénomène bien singulier, attendu qu’il s’agit d’une bataille très-célèbre et qu’en Andalousie on disait l’année de Zallâca au lieu dire l’année 479[300]; mais le fait est qu’aucune des chroniques qui nous restent n’a été composée par un contemporain; elles sont du XIVe, du XIIIe, ou tout au plus du XIIe siècle; elles méritent donc peu de confiance. Joignez-y qu’à l’époque où elles s’écrivaient, les rhéteurs s’amusaient à fabriquer des lettres qu’ils supposaient écrites par des personnages historiques. Ce fait ne saurait être révoqué en doute; il en existe des preuves frappantes. L’auteur du Holal, par exemple, donne la lettre que Motamid écrivit à son fils Rachîd dans la soirée après la bataille. Elle n’est que de deux lignes (voyez Abbad., t. II, p. 199); mais l’auteur du Raudh al-mitâr (ibid., t. II, p. 248) la donne aussi, et chez lui elle est différente. Une troisième, enfin, se trouve chez Ibn-al-Khatîb (ibid., t. II, p. 176), et celle-là n’a pas moins de quinze lignes. Or, il faut nécessairement que deux de ces épîtres soient de fabrique moderne; peut-être le sont-elles toutes les trois. La prudence commande donc de se tenir en garde contre les pièces soi-disant officielles que présentent ces chroniques; aussi dois-je avouer que je doute de l’authenticité de la plupart des lettres que donne le Holal, et que le bulletin où Yousof raconte la bataille de Zallâca et qui se trouve dans le Cartâs, me paraît fort suspect.

Note F, p. 210-236.

J’ai à justifier la chronologie que j’ai adoptée dans ce récit. A mon sens, Yousof arriva pour la seconde fois en Espagne dans le printemps de l’année 483 de l’Hégire, 1090 de notre ère, trois ans et demi après la bataille de Zallâca, assiégea Alédo pendant l’été, et s’empara de Grenade en novembre. Cependant Abou-’l-Haddjâdj Baiyâsî (cité par Ibn-Khallicân dans son article sur Yousof), l’auteur du Cartâs et celui du Holal donnent une autre chronologie; ils supposent que Yousof arriva pour la seconde fois en Espagne dans l’année 481 (1088) et qu’il assiégea Alédo[301] dans cette année-là; que dans l’automne il retourna en Afrique; qu’il revint en Espagne pour la troisième fois l’année 483 (1090), et qu’alors il s’empara de Grenade[302].

Contre cette manière de voir je dois observer, d’abord que les auteurs qui l’ont adoptée ne sont pas fort anciens (Abou-’l-Haddjâdj Baiyâsî écrivait au XIIIe siècle, et le Cartâs est du siècle suivant, de même que le Holal); ensuite qu’ils sont loin d’être toujours exacts[303], et enfin qu’ils ne sont pas d’accord entre eux quand il s’agit de signaler les mois. Ainsi l’auteur du Cartâs affirme que Yousof arriva pour la seconde fois en Espagne dans le mois de Rebî Ier 481 (juin 1088), tandis que Baiyâsî dit qu’il y arriva dans le mois de Redjeb, c’est-à-dire en septembre ou en octobre.

D’un autre côté, les auteurs les plus anciens et les plus dignes de foi, ceux du XIIe siècle, sont d’accord pour placer le siège d’Alédo et la prise de Grenade dans la même année, c’est-à-dire dans l’année 483 (1090). Ibn-Câsim de Silves, par exemple, qui a écrit une histoire très-estimée de Motamid[304], histoire dont Ibn-al-Abbâr nous a conservé des fragments, dit formellement qu’Alédo fut assiégé par Yousof et les princes andalous dans l’année 483[305]. Mohammed ibn-Ibrâhîm[306] atteste que, lorsque Yousof fut arrivé en Espagne pour la seconde fois, il assiégea Alédo et s’empara de Grenade. Ibn-al-Cardebous, dans son Kitâb al-ictifâ[307], dit la même chose, et il ajoute[308] que, lorsque Yousof vint pour la troisième fois en Espagne, on était dans l’année 490 (1097). A ces témoignages, très-respectables à coup sûr, nous pourrions ajouter celui d’Ibn-al-Athîr[309]; seulement cet historien, qui écrivait à Mosoul, et qui, par conséquent, n’était pas toujours bien informé de l’histoire d’Espagne, se trompe quand il dit que le siége d’Alédo et la prise de Grenade eurent lieu un an après la bataille de Zallâca, c’est-à-dire en 480 (1087).

Quant à la date précise de la prise de Grenade, l’historien Ibn-aç-Çairafî, cité par Ibn-al-Khatîb[310], dit que cet événement eut lieu le dimanche 14 Redjeb de l’année 483. Cette date soulève deux objections: d’abord le 14 Redjeb (26 août) tombait, non un dimanche, mais un jeudi; en second lieu, il est impossible que Yousof se soit emparé de Grenade dès le mois d’août, car, arrivé en Espagne au printemps, il assiégea Alédo pendant quatre mois[311] et jusqu’à l’approche de l’hiver, comme l’assure l’auteur du Cartâs. A la place de: dimanche 14 Redjeb, je crois donc devoir lire: dimanche 14 Ramadhân, c’est-à-dire 10 novembre. Le 14 Ramadhân tombait réellement un dimanche dans l’année 483, et ces deux mois se confondent assez souvent. Plusieurs auteurs, par exemple, disent que la bataille de Zallâca eut lieu dans le mois de Ramadhân 479, tandis qu’elle se livra dans le mois de Redjeb. Il se pourrait que dans ce temps-là on se soit parfois servi d’abbréviations pour indiquer les mois, et dans ce cas, les mois de Redjeb et de Ramadhân, qui ont la même initiale, pouvaient aisément se confondre. Rien, du reste, ne s’oppose au changement que j’ai proposé. Baiyâsî et l’auteur du Cartâs disent que Yousof se rembarqua avant la fin de Ramadhân, c’est-à-dire avant le 26 novembre. Or, dans l’espace de seize jours, il pouvait facilement recevoir la visite des princes andalous et faire le voyage de Grenade à Algéziras.

 

 

FIN DES NOTES DU QUATRIÈME ET DERNIER VOLUME.

CHRONOLOGIE
DES
PRINCES MUSULMANS
DU XIe SIÈCLE.

Séville. Les Beni-Abbâd.

Abou-’l-Câsim Mohammed ibn-Ismâîl (le cadi)1023-1042
Abou-Amr Abbâd ibn-Mohammed, Motadhid1042-1069
Abou-’l-Câsim Mohammed ibn-Abbâd, Motamid1069-1091

Cordoue. Les Beni-Djahwar.

Abou-’l-Hazm Djahwar ibn-Mohammed ibn-Djahwar1031 (déc.)-1043
Abou-’l-Walîd Mohammed ibn-Djahwar1043-1064
Abdalmélic 1064-1070
Cordoue est annexée au royaume de Séville.

Les Hammoudites de Malaga.

Hammoud
|
Ali le calife
|
  Yahyâ le calife   Idrîs Ier(1)
| |   | | | |
Idrîs II(4 et 7) Hasan(3)   Yahyâ(2)  Mohammed Ier(5)  Hasan  Mohammed II(8)
  |   |
  Yahyâ   Idrîs III(6)
1.Idrîs Ier1035-1039
2.Yahyâ, fils d’Idrîs Ier1039
3.Hasan, fils du calife Yahyâ ibn-Alî1039-1041
 Le Slave Nadjâ1041-1043
4.Idrîs II1043-1047
5.Mohammed Ier, second fils d’Idrîs Ier1047-1053
6.Idrîs III1053
7.Idrîs II, pour la seconde fois1053-1055
8.Mohammed II, 4e fils d’Idrîs Ier1055-1057
 Malaga est annexée au royaume de Grenade. 

Les Hammoudites d’Algéziras.

Mohammed, fils du calife Câsim ibn-Hammoud    1035-1048(9)
Câsim, son fils1048(9)-1058
Algéziras est annexée au royaume de Séville. 

Grenade. Les Beni-Zîrî.

Zâwî ibn-Zîrî        jusqu’à 1019
Habbous1019-1038
Bâdîs1038-1073
Abdallâh1073-1090

Carmona. Les Beni-Birzél.

D’après Ibn-Khaldoun (Abbad., t. II, p. 216), la liste de ces princes serait:

Ishâc 
Abdallâh, son fils
Mohammed ibn-Abdallâhjusqu’à 1042(3)
Al-Azîz Mostadhhir1042(3)-1067
D’après Ibn-Haiyân (apud Ibn-Bassâm, t. I, fol. 78 r.),
Ibn-Abdallâh (c’est-à-dire, Mohammed ibn-Abdallâh)
gouvernait Carmona à l’époque où
Hichâm III régnait à Cordoue
(1029-1031)
et à en croire le même auteur (ibid., fol. 109 r.),
qui mérite bien plus de confiance qu’Ibn-Khaldoun,
Mohammed ibn-Abdallâh eut pour
successeur:
Ishâc, son fils, qui régnait en 1050
Il paraît qu’Ibn-al-Abbâr (dans mes Recherches,
t. I, p. 286 de la 1re éd.) se trompe quand
il dit que Mohammed ibn-Abdallâh vivait encore
en 1051.

Ronda.

Abou-Nour ibn-abî-Corra1014(5)-1053
Abou-Naçr, son fils1053
Ronda est annexée au royaume de Séville. 

Moron.

Nouh1013(4)-1041(2)
Abou-Menâd Mohammed, son fils1041(2)-1053
Moron est annexé au royaume de Séville. 

Arcos.

Ibn-Khazrounjusqu’à 1053
Arcos est annexé au royaume de Séville. 

Huelva. Les Becrites.

Abou-Zaid Mohammed ibn-Aiyoubdepuis 1011(2)
Abou-’l-Moçab Abdalazîzjusqu’à 1051
Huelva est annexée au royaume de Séville. 

Niébla. Les Beni-Yahyâ.

Abou-’l-Abbâs Ahmed ibn-Yahyâ Yahçobî1023-1041(2)
Mohammed, son frère
Fath ibn-Khalaf ibn-Yahyâ, neveu des précédentsjusqu’à 1051
Niébla est annexée au royaume de Séville. 
Ibn-al-Abbâr (dans mes Recherches, t. I, p. 287
de la 1re éd.) donne au dernier prince de
Niébla les noms de: Yahyâ ibn-Ahmed ibn-Yahyâ.
J’ai cru devoir suivre Ibn-Khaldoun
(Abbad., t. II, p. 211). Ibn-Haiyân (apud
Ibn-Bassâm, t. I, fol. 108 v.) l’appelle: Fath
ibn-Yahyâ.
 

Silves. Les Beni-Mozain.

Abou-Becr Mohammed ibn-Saîd ibn-Mozain1028-1050
Abou-’l-Açbagh Isâjusqu’à 1051(2)
Silves est annexé au royaume de Séville. 

Santa-Maria d’Algarve.

Abou-Othmân Saîd ibn-Hâroun1016-1043
Mohammed, son fils1043-1052
Santa-Maria est annexée au royaume de Séville. 

Mertola.

Ibn-Taifourjusqu’à 1044
Mertola est annexée au royaume de Séville. 

Badajoz.

Sâbour. 
Ensuite les Aftasides: 
Abou-Mohammed Abdallâh ibn-Mohammed ibn-Maslama Almanzor Ier 
Abou-Becr Mohammed Modhaffarjusqu’à 1068
Yahyâ Almanzor II 
Omar Motawakkiljusqu’à 1094

Tolède.

Yaîch ibn-Mohammed ibn-Yaîchjusqu’à 1036
Ensuite les Beni-Dhî-’n-noun: 
Ismâîl Dhâfir1036-1088
Abou-’l-Hasan Yahyâ Mamoun1038-1075
Yahyâ ibn-Ismâîl ibn-Yahyâ Câdir1075-1085

Saragosse.

Mondhir ibn-Yahyâ le Todjîbite[312]jusqu’à 1039
Ensuite les Beni-Houd: 
Abou-Aiyoub Solaimân ibn-Mohammed Mostaîn Ier1089-1046(7)
Ahmed Moctadir1046(7)-1081
Yousof Moutamin1081-1085
Ahmed Mostaîn II1085-1110
Abdalmélic Imâd-ad-daula1110

La Sahla (capitale Albarracin). Les Beni-Razîn.

Abou-Mohammed Hodhail Ier ibn-Khalaf ibn-Lope ibn-Razîndepuis 1011
Abou-Merwân Abdalmélic Ier ibn-Khalaf, son frère
Abou-Mohammed Hodhail II Izz-ad-daula, fils du précédent
Abou-Merwân Abdalmélic II Hosâm-ad-daulajusqu’à 1103
Yahyâ 

Alpuente. Les Beni-Câsim.

Abdallâh Ier ibn-Câsim le Fihrite, Nidhâm-ad-daulajusqu’à 1030
Mohammed Yomn-ad-daula 
Ahmed Adhod-ad-daulajusqu’à 1048(9)
Abdallâh II Djanâh-ad-daula, frère du précédent1048(9)-1092

Valence.

Les Slaves Mobârac et Modhaffar 
Le Slave Lebîb, seigneur de Tortose 
Abdalazîz Almanzor1021-1061
Abdalmélic Modhaffar1061-1065
Réunion de Valence au royaume de Tolède 
Mamoun (de Tolède)1065-1075
Valence se sépare de Tolède
Abou-Becr ibn-Abdalazîz1075-1085
Le cadi Othmân, son fils1085
Câdir (l’ex-roi de Tolède)1085-1092
Valence devient une république. Ibn-Djahhâf président1092-1094

Dénia.

Abou-’l-djaich Modjéhid Mowaffacjusqu’à 1044(5)
Alî Icbâl-ad-daula1044(5)-1076
Il est détrôné par Moctadir de Saragosse. Réunion de Dénia au royaume de Saragosse. 
Moctadir (de Saragosse)1076-1081
Moctadir partage ses Etats entre ses deux fils.
Celui qui s’appelait le hâdjib Mondhir reçoit Lérida, Tortose et Dénia. 
Le hâdjib Mondhir1081-1091
Son fils sous la tutelle des Beni-Betyr 

Murcie.

Khairân (d’Almérie)1016(7)-1028
Zohair (d’Almérie)1028-1038
Abdalazîz Almanzor (de Valence)1038-1061
Abdalmélic Modhaffar (de Valence)1061-1065
Sous ces trois princes Abou-Becr Ahmed ibn-Tâhir est gouverneur de Murcie. Il meurt en1063
Son fils, Abou-Abdérame Mohammed, lui succède1063-1078
Motamid (de Séville) 
Ibn-Ammâr 
Ibn-Rachîcjusqu’à 1090

Almérie.

Khairânjusqu’à 1028
Zohair1028-1038
Abdalazîz Almanzor (de Valence)1038-1041
Ensuite les Beni-Çomadih: 
Abou-’l-Ahwaç Man1041-1051
Mohammed Motacim1051-1091
Izz-ad-daula1091

 

 

FIN DE LA CHRONOLOGIE.

L I S T E
DES   OUVRAGES   IMPRIMÉS   ET   MANUSCRITS
DONT L’AUTEUR S’EST SERVI
[313].

Abbad. Scriptorum Arabum loci de Abbadidis editi a R. Dozy. Leyde, 1846.

Abd-al-wâhid, The History of the Almohades etc., ed. by R. Dozy. Leyde, 1847.

Abou-Ismâîl al-Baçrî, Fotouh as-Châm, éd. Lees, Calcutta, 1854, dans la Bibliotheca Indica.

Abou-’l-mahâsin, Annales, éd. Juynboll. Leyde, 1852 et suiv.

Aghânî. Alii Ispahanensis Liber Cantilenarum magnus, ed. Kosegarten. Greifswalde, 1840.

Ahmed ibn-abî-Yacoub, Kitâb al-boldân, man. de M. Muchlinski à Saint-Pétersbourg. M. Juynboll, fils, vient de donner une édition de cet ouvrage.

Akhbâr madjmoua, man. de Paris, nº 706. Voyez mon Introduction à la Chronique d’Ibn-Adhârî, p. 10-12. Je possède une copie de ce manuscrit.

Alvaro, Vita Eulogii, dans l’Esp. sagr., t. X; Epistolae, Indiculus luminosus, dans le même ouvrage, t. XI.

Annales Complutenses, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Annales Compostellani, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Annales Toledanos, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Arîb, Histoire de l’Afrique et de l’Espagne, intitulée al-Bayâno ’l-mogrib, par Ibn-Adhârî (de Maroc), et fragments de la Chronique d’Arîb, publ. par R. Dozy. Leyde, 1848 et suiv.

Berganza, Antiguedades de Espana. Madrid, 1719.

Çâid de Tolède, Extrait de son Tabacât al-omam, man. de Leyde, nº 159.

Cartâs. Annales regum Mauritaniae ab Abu-l-Hasan Ali ben-Abdallâh ibn-abi-Zer’ Fesano conscripti, ed. Tornberg. Upsal, 1846.

Cazwînî, Cosmographie, éd. Wüstenfeld. Gœttingue, 1848.

Chahrastânî, Histoire des sectes, éd. Cureton. Londres, 1842.

Chronicon Adefonsi Imperatoris, dans l’Esp. sagr., t. XXI.

Chronicon Albeldense, dans l’Esp. sagr., t. XIII.

Chronicon Burgense, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Chronicon de Cardena, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Chronicon Complutense, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Chronicon Compostellanum, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Chronicon Conimbricense, dans l’Esp. sagr., t. XXIII.

Chronicon Iriense, dans l’Esp. sagr., t. XX.

Chronicon Lusitanum, dans l’Esp. sagr., t. XIV.

Edrisi, Géographie, traduite par Jaubert.

Espana sagrada, por Florez, Risco etc. 2ª edicion. Madrid, 1754-1850. 47 vol.

Euloge. Ses œuvres se trouvent dans Schot, Hispania illustrata, t. IV.

Fâkihî, Histoire de la Mecque, man. de Leyde nº 463. Voyez mon Catalogue, t. II, p. 170.

Hamâsa. Hamasae Carmina ed. Freytag. Bonn, 1828.

Historia Compostellana, dans l’Esp. sagr., t. XX.

Holal. Histoire du Maroc, man. de Leyde nº 24. Comparez Abbad., t. II, p. 182 et suiv.

Homaidî, Dictionnaire biographique, man. d’Oxford, Hunt 464.

Ibn-abî-Oçaibia, Histoire des médecins. J’ai fait copier le chapitre relatif aux médecins arabes-espagnols sur le man. de Paris, nº 673 suppl. ar., et M. Wright a eu la bonté de noter sur la marge de cette copie les variantes des deux man. d’Oxford, Hunt. 171 et Pocock. 356.

Ibn-Adhârî. Voyez Arîb.

Ibn-al-Abbâr, dans mes Notices sur quelques manuscrits arabes. Leyde, 1847-1851.

Ibn-al-Athîr, man. de Paris. M. Tornberg a eu la bonté de me prêter sa copie.

Ibn-al-Coutîa, man. de Paris nº 706. Voyez mon Introduction à la Chronique d’Ibn-Adhârî, p. 28-30. Je possède une copie de ce manuscrit.

Ibn-al-Khatîb, al-Ihâta fi tarîkhi Gharnâta, et l’abrégé de cet ouvrage: Marcaz al-ihâta bi-odabâi Gharnâta. B. man. de Berlin; E. man. de l’Escurial (plusieurs articles de ce man. ont été copiés pour moi par M. Simonet); G. man. de M. de Gayangos; P. man. de Paris. Voyez Abbad., t. II, p. 169-172, et mes Recherches, t. I, p. 293, 294.

Ibn-Badroun, Commentaire historique sur le poème d’Ibn-Abdoun, publ. par R. Dozy. Leyde, 1846.

Ibn-Bassâm, Dhakhîra. T. Ier. M. Jules Mohl possède ce volume, et il a eu la bonté de me le prêter. Ce man. appartient au même exemplaire que le 3e volume qui se trouve à Gotha.—T. II, man. d’Oxford, nº 749 du Catalogue d’Uri.—T. III, man. de Gotha, nº 266. M. de Gayangos possède aussi un manuscrit de ce volume, sur lequel M. Wright a bien voulu collationner pour moi les passages d’Ibn-Haiyân cités par Ibn-Bassâm.—Voyez sur Ibn-Bassâm et sa Dhakhîra, Abbad., t. I, p. 189 et suiv., et le Journ. asiat., février-mars 1861.

Ibn-Batouta, Voyages, éd. Defrémery et Sanguinetti. Paris, 1853 et suiv.

Ibn-Cotaiba, éd. Wüstenfeld. Gœttingue, 1850.

Ibn-Habîb. Voyez Tarîkh.

Ibn-Haiyân, man. d’Oxford, Bodl. 509, Catal. de Nicoll, nº 137. La copie que je possède de ce man. a été faite par moi sur celle de M. Wright. Voyez aussi Ibn-Bassâm.

Ibn-Hazm, Traité sur les religions, man. de Leyde nº 480.—Traité sur l’amour, man. de Leyde nº 927.

Ibn-Khâcân, Matmah, man. de Londres et de Saint-Pétersbourg.—Calâyid, man. de Leyde, nos 306 et 35.

Ibn-Khaldoun, Prolégomènes, éd. Quatremère, dans les Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque impériale, t. XVI, XVII et XVIII.—Tome II (Histoire des Omaiyades d’Orient), man. de Leyde nº 1350, t. II.—Tome IV (Histoire d’Espagne), man. de Paris nº 742/4 suppl. ar., et de Leyde nº 1350, t. IV.—Histoire des Berbers, éd. de Slane; traduction française par le même.

Içtakhrî, Liber Climatum, ad similitudinem Cod. Gothani exprimendum curavit Mœller. Gotha, 1839.

Idatii Chronicon, dans l’Esp. sagr., t. IV.

Isidore de Béja, dans l’Esp. sagr., t. VIII. Comparez mes Recherches, t. I, p. 2 et suiv.

Isidore de Séville, Historia Gothorum, dans l’Esp, sagr., t. VI.

Khochanî, Histoire des cadis de Cordoue, man. d’Oxford, nº 127 du Catalogue de Nicoll. Je possède une copie de ce manuscrit.

Llorente, Noticias de las tres Provincias Vascongadas. Madrid, 1806.

Lucas de Tuy, Chronicon mundi, dans Schot, Hispania illustrata, t. IV.

Maccarî. Analectes sur l’histoire et la littérature des Arabes d’Espagne, par al-Makkari, publ. par MM. Dozy, Dugat, Krehl et Wright, Leyde, 1855-61.

Manuscrit de Meyá, dans les Memorias de la Academia de la Historia, t. IV.

Masoudî, Moroudj ad-dheheb, man. de Leyde nos 127 et 537 d.

Mobarrad, Câmil, man. de Leyde nº 587. Voyez mon Catalogue, t. I, p. 204, 205.

Mon. Sil. Monachi Silensis Chronicon, dans l’Esp. sagr., t. XVII.

Nawawî, Dictionnaire biographique, éd. Wüstenfeld. Gœttingue, 1842-47.

Notices sur quelques manuscrits arabes, par R. Dozy. Leyde, 1847-51.

Nowairî, Histoire d’Espagne. Je cite les pages du man. de Leyde nº 2 h, mais j’ai soigneusement collationné le man. de Paris nº 645, qui est beaucoup meilleur et qui comble plusieurs lacunes.

Paulus Emeritensis, De vita P. P. Emeritensium, dans l’Esp. sagr., t. XIII.

Pélage d’Oviédo, dans l’Esp. sagr., t. XIV.

Raihân al-albâb, man. de Leyde nº 415. Voyez mon Catalogue, t. I, p. 268, 269.

Râzî, traduction espagnole. Cronica del Moro Rasis, dans les Memorias de la Academia de la Historia, t. VIII. Comparez mon Introduction à la Chronique d’Ibn-Adhârî, p. 24, 25.

Recherches sur l’histoire et la littérature de l’Espagne pendant le moyen âge, par R. Dozy. 1re édition, Leyde, 1849, 2de édition, Leyde, 1860.

Rodrigue de Tolède, De rebus Hispanicis, dans Schot, Hispania illustrata, t. II. La meilleure édition de son Historia Arabum se trouve dans Elmacini Historia Saracenica, ed. Erpenius.

Sampiro, Chronicon, dans l’Esp. sagr., t. XIV.

Samson, Apologeticus, dans l’Esp. sagr., t. XI.

Sébastien, Sebastiani Chronicon, dans l’Esp. sagr., t. XIII.

Sota, Chronica de los principes de Asturias y Cantabria. Madrid, 1681.

Tabarî, Annales, éd. Kosegarten.

Tarîkh Ibn-Habîb, man. d’Oxford, Catalogue de Nicoll nº 127. Comparez mes Recherches, t. I, p. 32 et suiv.

Vita Beatae Virginis Argenteae, dans l’Esp. sagr., t. X.

Vita Johannis Gorziensis, dans Pertz, Monumenta Germaniae, t. IV des Scriptores.

 

 

FIN DE LA LISTE.