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Histoire du Bas-Empire. Tome 01 cover

Histoire du Bas-Empire. Tome 01

Chapter 25: FIN DU LIVRE QUATRIÈME.
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About This Book

A systematic chronicle of the late Roman and Byzantine period that organizes events in strict chronological order and synthesizes information from Byzantine, Greek, Latin, legal and medieval sources alongside available oriental writings. The narrative compiles imperial affairs and interactions with neighboring Asian peoples, highlighting gaps, corrupted names and contradictions in the primary texts. The edition interleaves corrections, additions and explanatory notes drawn from Armenian, Syriac, Arabic and Persian materials where possible, and emphasizes source criticism and annotation to clarify, supplement and restore the historical record presented by earlier compilers.

LXXVI. Places publiques.
Euseb. vit. Const. l. 3, c. 48 et 49.
Zos. l. 2, c. 31 et 35.
Philos. l. 2, § 9.
Zonar. l. 13, t. 2, p. 7.
Cedren. t. 1, p. 322.

Deux grandes places faisaient une des principales beautés de la ville. L'une quarrée, entourée de portiques à deux rangs de colonnes, servait comme d'avant-cour commune à la grande église et au palais de l'empereur, dont les deux façades s'élevaient à l'opposite l'une de l'autre. Cette place s'appelait l'Augustéon, parce qu'il y fit poser sur une colonne la statue d'Hélène, qu'il avait, comme nous avons dit, honorée du titre d'Auguste. On voyait au milieu le milliaire d'or. Ce n'était pas comme à Rome une simple colonne de pierre posée sur une base et sommée d'un globe doré, c'était une arcade élevée et décorée de statues. L'usage en était le même qu'à Rome: tous les grands chemins de l'empire y devaient aboutir, et c'était le point d'où l'on partait pour compter les distances. L'autre place était ronde, pavée de larges pierres: elle faisait le centre de la ville, et portait le nom de Constantin. Elle était environnée d'un portique à deux étages, coupé en deux demi-cercles par deux grandes arcades de marbre de Proconnèse, opposées l'une à l'autre. Les entrecolonnes étaient garnies de statues: il y en avait encore un grand nombre dans la place même. Au milieu était une fontaine, sur laquelle s'élevait la figure du Bon-Pasteur, comme sur toutes les autres fontaines de la ville; mais celle-ci était de plus décorée d'un groupe de bronze représentant Daniel au milieu des lions. Le plus bel ornement de cette place était la fameuse colonne de porphyre, venue de Rome, sur laquelle était élevée l'image de Constantin couronné de rayons. C'était une figure d'Apollon qu'on avait apportée d'Ilion: on n'y avait fait d'autre changement que de lui donner le nom du prince. Ce fut dans cette statue qu'il renferma une partie de la vraie croix. Les Grecs parlent encore de plusieurs reliques qu'il fit déposer sous la base. Une inscription déclarait que Constantin mettait sa ville sous la protection de Jésus-Christ. Cette colonne fut en grande vénération dans les siècles suivants. Tous les ans au 1er de septembre, où commençait l'année des Grecs, le patriarche accompagné du clergé y venait en procession avec l'empereur; et les Ariens ne manquèrent pas de taxer les chrétiens d'idolâtrie, comme si ces hommages se rapportaient à la statue de Constantin. Celle-ci fut renversée par un orage sous Alexis Comnène: on la remplaça d'une croix. Quelques Grecs superstitieux ont avancé que Constantin avait enseveli au-dessous, le Palladium qu'il avait secrètement enlevé de Rome: c'eût été faire un mélange monstrueux du sacré et du profane. Cette colonne se voit encore à Constantinople: elle est à la vérité très-endommagée; mais un savant voyageur a conclu des proportions de ce qui en reste, qu'elle devait avoir de hauteur plus de quatre-vingt-dix pieds, non compris le chapiteau ni la base.

LXXVII. Palais.
Zos. l. 2, c. 35.
Euseb. vit. Const. l. 3, c. 49.
Chron. Alex. vel Paschal. p. 284 et 285.
Ducange, Const. Christ. l. 2, c. 4, 5, 6.

Deux palais s'élevaient aux deux extrémités de la ville: l'un situé au bord de la mer, à peu près à l'endroit où est aujourd'hui le sérail, s'appellait le grand palais. Il ne cédait à celui de Rome ni par la beauté, ni par la grandeur de l'édifice, ni par la variété des ornements intérieurs. Dans la salle principale, enrichie de lambris dorés, au milieu du plafond était attachée une grande croix d'or rayonnante de pierreries. A l'autre bout de la ville du côté de l'occident était un autre palais nommé la Magnaure. Constantin fit encore bâtir près de l'Hippodrome un salon superbe, destiné aux festins que les empereurs faisaient à leur cour dans les grandes cérémonies, comme à leur couronnement, à celui de leurs femmes et de leurs enfants, et aux principales fêtes de l'année. L'empereur et les convives y étaient assis à table et servis en argenterie: mais au festin de la fête de Noël, ils étaient couchés à l'antique et servis en vaisselle d'or.

LXXVIII. Autres ouvrages.
Glycas, l. 4, p. 252.
Chron. Alex. vel Paschal. p. 265 et 284.
Cedrenus, t. 1, p. 252.
Ducange, Const. Christ. l. 1, c. 27.

Outre les ouvrages dont il fut l'auteur, et dont une description complète demanderait un gros volume, il augmenta tous ceux qu'il trouva subsistants, excepté la prison qu'il laissa petite et étroite. Elle ne fut agrandie que par le cruel Phocas, qui eût voulu y renfermer tout l'empire. Sévère avait déja bâti l'Hippodrome, le théâtre, l'amphithéâtre, les bains d'Achille, les thermes de Zeuxippe. Constantin rendit ces édifices dignes de la grandeur de sa ville. Il ajouta à l'Hippodrome des promenoirs, des degrés et d'autres embellissements. Comme il souhaitait d'abolir les spectacles des gladiateurs, l'amphithéâtre ne fut plus destiné qu'à des combats contre les bêtes; et dans la suite, le christianisme ayant peu à peu détaché les peuples de ce divertissement souvent ensanglanté, toujours dangereux, ce lieu ne servit plus qu'à l'exécution des criminels. Les thermes de Zeuxippe devinrent les plus belles du monde par le grand nombre de colonnes et de statues de marbre et de bronze dont il les enrichit.

LXXXIX. Statues.
Eus. vit. Const. l. 3, c. 54.
Soz. l. 2, c. 5.
Cod. or. C. P. p. 30, 31, 62.

Ces statues, dont on peut dire que Constantinople fut peuplée, étaient celles des dieux des païens, que Constantin avait enlevées de leurs temples. On voyait entre autres ces anciennes idoles, si long-temps les objets d'une adoration insensée; l'Apollon Pythien et celui de Sminthe, avec les trépieds de Delphes, les Muses de l'Hélicon, ce Pan si célèbre que Pausanias et les villes de la Grèce avaient consacré après la victoire remportée sur les Perses, la Cybèle placée par les Argonautes sur le mont Dindyme, la Minerve de Linde, l'Amphitrite de Rhodes, et surtout celles qui avaient autrefois rendu des oracles, et qui devenues muettes ne recevaient plus au lieu d'encens que du mépris et des railleries.

LXXX. Églises bâties.
Euseb. vit. Const. l. 4, c. 58 et seq.
Socr. l. 1, c. 16.
Soz. l. 2, c. 3.
Greg. Naz. carm. 9, t. 2, p. 78.
Theoph. p. 18.
Hist. Misc. l. 11, apud Muratori, t. 1, p. 73 et 74.
Cedren. t. 1, p. 284.
Niceph. Call. l. 7, c. 49.
Ducange, Const. Christ. l. 3, c. 3.

Pour purger sa ville de toute idolâtrie, il abattit les temples des dieux, ou les consacra au culte du dieu véritable. Il bâtit plusieurs églises. Celle de la Paix était ancienne; Constantin l'augmenta et l'embellit. Elle fut la principale de la ville, jusqu'à ce que Constance en ayant fait construire tout auprès une autre beaucoup plus grande, il les enferma toutes deux dans la même enceinte et n'en fit qu'une seule sous le nom de Sainte-Sophie. D'autres églises furent dédiées sous l'invocation des anges, des apôtres et des martyrs. Constantin destina à la sépulture des empereurs et des évêques de la ville l'église des Saints-Apôtres. Elle était bâtie en forme de croix, très-élevée, revêtue de marbre depuis le bas jusqu'en haut. La voûte était ornée d'un lambris d'or, le toit couvert de bronze doré, le dôme environné d'une balustrade d'or et de bronze. L'édifice était isolé au milieu d'une grande cour carrée: à l'entour régnait un portique, qui donnait entrée dans plusieurs salles et appartements pour l'usage de l'église et le logement du clergé. Cette église ne fut achevée que peu de jours avant la mort de Constantin; elle tombait en ruine vingt ans après. Elle fut rétablie par Constance, rebâtie par Justinien, et détruite par Mahomet II, qui se servit des débris de cet édifice pour construire une mosquée. Constantin fit encore bâtir plusieurs belles églises dans les environs de la ville: la plus célèbre fut celle de Saint-Michel, sur le bord du Bosphore, du côté de l'Europe: les peuples y venaient chercher la guérison de leurs maladies. Les premiers successeurs de ce prince ne paraissent pas avoir été aussi zélés pour les pieuses fondations. Il n'y eut que quatorze églises à Constantinople jusqu'au règne d'Arcadius.

LXXXI. Égouts de C. P.
Cod. Or. C. P. p. 11, et 73.
Ducange, Const. Christ. l. 1, c. 29.

Les égouts de Rome passaient pour être un des plus beaux ouvrages de cette ville. Constantin voulut encore égaler cette magnificence. Il fit creuser de larges et profonds souterrains qui traversaient toute la ville, et qui avaient leur décharge dans la mer. Un gros ruisseau, nommé le Lycus, dont on retenait les eaux par le moyen d'une écluse, servait à les nettoyer.

LXXXII. Prompte exécution de ces ouvrages.
Jornand. de reb. Get. c. 21.
Vict. epit. p. 224.
Themist. Or. 3, p. 43.

Tant d'immenses entreprises occupèrent Constantin le reste de sa vie. Il employa un nombre infini de bras, et attira quantité d'ouvriers du pays des Goths, et des autres Barbares d'au-delà du Danube. Il ne fut pas jaloux de l'honneur des inscriptions. Il en accepta fort peu entre un si grand nombre dont il aurait pu couvrir tous les édifices; et il se moquait de Trajan, qu'il appelait la Pariétaire, parce que le nom de ce prince se lisait sur toutes les murailles de Rome. Mais Trajan avait fait des ouvrages durables; et l'empressement de Constantin fut cause que les siens eurent bientôt besoin d'être réparés.

LXXXIII. Maisons bâties à C. P.
Soz. l. 2, c. 3.
Hesych. Miles.
Novel. Theod. jun. tit. 12.
Sidon. carm. 2, v. 30-75.
Eunap. in Ædes. p. 22 ed. Boiss.
Zos. l. 2, c. 35.

Les personnages distingués qui abandonnèrent Rome pour suivre le goût du prince, firent aussi bâtir à Constantinople des maisons conformes à leur rang et à leur fortune. L'empereur en fit construire à ses frais pour des gens illustres par leur mérite, qu'il y fit venir de toutes les contrées de l'empire, et même des pays étrangers, avec leurs familles. Il y attira par des priviléges et par les distributions de vivres dont nous parlerons bientôt, un peuple très-nombreux. Il ôta par une loi à tous ceux qui possédaient des fonds dans l'Asie proprement dite, et dans le Pont, la liberté d'en disposer, même par testament, à moins qu'ils n'eussent une maison à Constantinople: cette loi onéreuse ne fut abrogée que par Théodose le Jeune. En peu de temps la ville fut tellement peuplée, que l'enceinte de Constantin, quelque vaste qu'elle fût, se trouvait trop petite. Les maisons trop multipliées dans un terrain borné, rendirent les rues fort étroites: on avança les édifices jusque dans la mer sur des pilotis; et cette ville qui nourrissait autrefois Athènes, n'avait pas assez de toutes les flottes d'Alexandrie, d'Asie, de Syrie, de Phénicie, pour fournir à la subsistance de ses habitants.

LXXXIV. Nom et divisions de C. P.
Socr. l. 1, c. 16.
Hist. Misc. l. 11, apud Murat. t. I, p. 73.
Justinian. Nov. 43, c. 1.
Zonar. l. 13, t. 2, p. 6.
Vetus Topog. C. P.
[Mionnet, descr. de Med. t. I, p. 378.]

L'empereur donna à sa ville le nom de Constantinople, et celui de nouvelle Rome. Il lui assura ce dernier titre par une loi gravée sur une colonne de marbre, dans la place nommée le Stratége. Il la divisa comme la ville de Rome en quatorze quartiers: cette division avait déja été imitée à Carthage et à Alexandrie. Il attacha à chaque quartier un magistrat pour la police, une compagnie de bourgeois tirée de différents ordres pour remédier aux incendies, et cinq inspecteurs des rues pour veiller à la sûreté des habitants pendant la nuit. Pendant que tout l'empire se faisait un mérite de contribuer à la grandeur et à l'embellissement de Constantinople, l'opération la plus inutile fut celle d'un astrologue, nommé Valens, qui chargé, dit-on, par le prince de tirer l'horoscope de la ville, trouva à force de calculs qu'elle devait durer six cent quatre-vingt-seize ans. Cette prédiction ne s'est pas rencontrée dans le nombre de celles que le hasard rend quelquefois heureuses. On voit par les anciennes médailles de Byzance, que le croissant fut toujours un symbole attaché à cette ville.

FIN DU LIVRE QUATRIÈME.