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Histoires incroyables, Tome I cover

Histoires incroyables, Tome I

Chapter 45: X
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About This Book

A collection of short fantastic tales that probe disturbed mental states and uncanny occurrences, blending hallucination, dreamlike suggestion, and macabre invention. The works range from intimate confessions to sharp vignettes, using interior scrutiny, abrupt reversals, and eerie atmosphere to examine obsession, delirium, and the uneasy border between perception and reality. A prefatory essay frames the project as an analytical exploration of cerebral disturbance, and the stories favor psychological dread and imaginative contrivance over conventional supernatural spectacle, alternating tones of melancholy, irony, and chilling suspense to unsettle and intrigue the reader.

Celui-ci, effrayé, roula de quelques pas en arrière… Au même instant, on frappa violemment à la porte de la rue.

VIII

Franz Kerry à Edouard B…, à Baltimore.

«Cher ami, je ne sais si je suis fou ou si je rêve; mais, en vérité, j'éprouve des sensations nouvelles, et dont rien, jusqu'ici, dans ma vie, ne m'avait donné la plus faible perception. Est-ce donc l'amour qui s'est emparé de moi? À toi de donner un nom à cette transformation de moi-même. Une seule pensée absorbe toutes mes pensées. L'infini me paraît nul auprès de ce fini qui s'appelle la bien-aimée, la lumière sombre auprès de cette lumière!

«Dans ma dernière lettre, je te mandais que j'avais en vain tenté de me rapprocher de celle qui était devenue toute ma vie, toute mon espérance. Voici ce qui était arrivé. Pour la première fois, depuis mon arrivée à la colline d'Hoboken, j'étais sorti de ma Thébaïde. Et m'orientant d'après les observations faites du haut de ma terrasse, je m'étais dirigé vers les Champs-Élysées. Là, rencontrant quelques passants, je leur demandai des indications. Mais j'oubliais d'abord que je me trouvais en face de natures bornées, incapables de comprendre les sensations qui m'oppressent.

«Je parlais comme si je t'avais écrit. Nul ne comprenait. Par bonheur, je me souvins que la science me donnait un moyen sûr de déterminer exactement la situation du palais de verre. Je retournai chez moi, et à l'aide du sextant, je fis un calcul minutieux qui me fixa à quelques yards près sur la position du point vers lequel je tendais…

«Je revins alors. Mes calculs ne m'avaient pas trompé. Je reconnus les murs du parc, et la maison qui faisait face à la route. Te le dirai-je! moi qui ai la hardiesse inouïe de me lancer à âme perdue dans les abîmes de l'éther tournoyant, je me sentais, en face d'une simple porte, le plus timide et le plus faible des enfants…

«Je voulus d'abord savoir quels étaient les habitants de la maison. Je m'enquis auprès des rares voisins—voisins assez éloignés d'ailleurs—qui pouvaient me fournir quelques renseignements. Il paraît qu'en général je fus considéré comme assez mal venu. Je ne pus obtenir que des détails vagues; je crus d'abord qu'on se raillait de moi.

«La maison au sujet de laquelle je posais des questions avait dans le quartier une réputation diabolique, et il était facile de voir, à l'air de mes interlocuteurs, qu'ils auraient infiniment préféré n'avoir point à en parler.

«Il était évident qu'elle inspirait à tous une terreur indicible: quant à ses habitants, il m'était impossible d'obtenir quelque information précise. On me désignait, comme occupant seuls la propriété, deux vieillards considérés comme les démons de cet enfer inconnu, et une petite fille de deux ou trois ans. En vain je parlai à termes couverts (tant je craignais de profaner l'ange de mon rêve!) de la jeune fille que j'avais aperçue. Le plus hardi m'affirma que jamais il n'avait existé de jeune fille dans la maison, à moins, ajouta-t-il, que quelque diablesse ne fût venue se mettre de la partie…

«Ce qui restait pour moi hors de doute, c'est que sur tout ceci planait une ombre mystérieuse et je n'en devenais que plus ardent à la percer.

«Je résolus, avant de me présenter directement à Quiet House (c'est le nom de l'habitation), de tout tenter pour m'instruire par moi-même. Alors je me glissai sous les murs du parc. Quelques arbres à forme étrange laissaient leurs branches dépasser le faîte de la muraille qui, n'étant pas en bon état, offrait à l'escalade une aide facile. C'est là que je projetai d'établir mon poste d'observation.

«La première fois que mes pieds et mes mains m'aidèrent à cette pénible ascension, mon coeur battait avec une telle violence que je me crus impuissant à atteindre mon but. Mais relevant la tête, je crus revoir dans l'azur céleste la forme adorable de Celle qui m'appelait, et je redoublai d'efforts… Enfin j'atteignis le couronnement de la muraille, et je plongeai mes regards avides dans le parc…

«Je ne m'étais pas trompé… le palais de verre existait… C'était bien cette couleur violette, à la fois douce et pâle, qui luisait aux rayons du soleil… et enfin, je la vis… elle!

«Mais dans quelle attitude? J'avoue qu'à ce moment je crus n'être plus maître de ma raison, et aujourd'hui encore je me demande si ce que j'ai vu n'était pas un jeu de mon imagination. Elle était assise au pied d'un arbre, penchée en avant, de telle sorte que ses admirables cheveux blonds traînaient à terre. De ses doigts effilés, elle grattait le sable, et à mesure qu'elle avait formé un petit tas, elle le prenait à poignées et le jetait dans un seau de zinc, qui se trouvait auprès d'elle. Puis elle renversait le seau à demi-plein sur le sol, se levait, piétinait sur la terre, s'asseyait de nouveau et recommençait à faire ses tas de sable et à remplir le seau.

«Innocente occupation, mais dont l'étrangeté me frappa d'abord. Je restai là une heure, espérant qu'on s'apercevrait enfin de ma présence. Vaine illusion! Le sable allait toujours du sol au seau, pour retomber du seau sur le sol. Je la contemplais. Ah! mon ami, combien elle était plus belle encore que tout ce que j'avais rêvé! Quelle pureté de formes, quelle diaphanéité dans cet être charmant! Cependant la position dans laquelle je me trouvais ne laissait pas que d'être fort incommode. Je m'étais juché sur la plus grosse branche d'un des arbres touchant au mur, et après cette longue pause, le bois meurtrissait mes chairs, je sentais l'engourdissement s'emparer de tout mon individu, mes mains avaient peine à retenir le bois qui me servait de point d'appui… Il fallait en finir! Mais, j'avais si grand'peur de l'effrayer, cette chère et parfaite créature qui rêvait toujours en macérant sa poussière!… Je l'appelai une première fois, elle n'entendit pas. Alors, m'enhardissant, je m'écriai:

«—Ange échappé du ciel, créature adorable que l'humanité n'a pas le droit de compter parmi ses créatures imparfaites!…

«Cette fois, elle avait entendu. Elle leva la tête… Et quel visage, ami! Non, alors que je marchais, comme a dit un poète, dans mon rêve étoilé, alors que s'ouvraient à moi les perspectives éblouissantes de l'infini sidéral, non, jamais beauté plus profonde, plus enivrante ne s'imposa à mon être… J'étais ébloui, fou d'admiration et d'amour.

«C'est évidemment cet état de surexcitation qui troubla mes esprits au point de me jeter en proie à l'hallucination la plus grotesque qui se soit jamais produite… Aussi ne crois pas ce que tu vas lire. Cela n'est pas, cela ne pouvait pas être.

«Il me sembla… (j'insiste sur l'illusion évidente), il me sembla que, me regardant d'un air à la fois surpris et effrayé, elle contracta tout son visage dans une grimace burlesque, et que, portant sa main à son nez dans un geste vulgaire que je ne veux pas décrire, afin de ne lui pas faire injure, elle… elle me tira la langue!!!

«N'est-il pas évident que la fatigue avait oblitéré les facultés de la vision? Mais comment se peut-il faire que notre faible nature soit assez peu maîtresse d'elle-même pour se créer de semblables fantômes?… Je sentis que je faiblissais. Je fermai à demi les yeux, et je me laissai retomber de l'autre côté du mur. Puis je courus, de toute la vitesse de mes jambes, m'enfermer chez moi. J'avais peur de l'aliénation mentale, dont les doigts de fer commençaient à serrer mon cerveau. J'avais soif de repos, je voulais tomber dans un anéantissement momentané qui détendît mes nerfs… le sommeil vint. À mon réveil, j'étais sauvé…

«J'étais sauvé, j'avais repris mon calme. Et le premier effort de mon raisonnement me prouva l'insanité de ce que j'avais cru voir… Elle, grimacer! Autant supposer que le ciel, que les astres, que les mondes se livreraient à des contorsions d'épileptique. C'était une erreur, née dans un cerveau maladif… et je le sentis si bien, si profondément, que je me mis à deux genoux, les bras tendus vers le pavillon de verre, et que je demandai pardon à l'ange insulté.

«Puis j'ai un remords. De quel droit m'étais-je permis de jouer ce rôle d'espion? pourquoi avoir tenté de surprendre la bien-aimée? Mes intentions n'étaient-elles donc pas pures comme le ciel dont elle est une émanation visible? Je devais réparer ma faute et entrer par la porte dans cette maison où j'avais cherché à m'introduire comme un malfaiteur. Aussi, dès que la nuit eût rafraîchi mes sens, ma résolution fut prise; je m'habillai de mon mieux et me rendis à Quiet-House.

«Je frappai violemment à la porte; il me semblait que chaque coup de marteau retentît douloureusement dans mon âme.»

…………………………………………………………….

IX

—On frappe! dit Truphêmus, à peine remis de l'effroi que lui avait causé le brusque mouvement d'Aloysius.

Celui-ci ne répondit pas. Les coups redoublèrent.

—On frappe! répéta Truphêmus. Dois-je ouvrir?

—Allez au diable! s'écria Aloysius.

Truphêmus avait le caractère si bien fait, qu'il accueillit ces paroles comme un consentement. Il faut avouer encore qu'il n'était pas fâché de trouver un prétexte pour rompre un entretien si mal commencé. Le hasard le servait à point, puisque le fait d'une visite ne se produisait jamais à Quiet-House, et il avait hâte de profiter de ce hasard.

Mais il avait compté sans une circonstance toute particulière. Il y avait si longtemps que la porte n'avait été ouverte, gonds et ferrures étaient si complètement rouillés, qu'il s'évertuait en vain à tirer le battant à lui. Le visiteur frappait toujours.

—Voilà! voilà! criait Truphêmus sur une note appartenant à une octave non encore notée.

Il avait saisi à deux mains la poignée intérieure de la porte et les pieds arcboutés sur le sol, le corps en arrière, il tirait, tirait toujours, mais vainement.

Cependant Aloysius, revenu de son accès d'exaspération, entendait tout le tapage. Il lui prit fantaisie d'en connaître la cause. Du premier coup d'oeil, il devina l'embarras de Truphêmus.

—Tenez ferme! lui cria-t-il.

Et passant ses bras longs et décharnés autour du ventre de son compagnon, il tira sur Truphêmus qui tirait sur la porte.

—Poussez! cria-t-il encore au visiteur.

Le visiteur donna dans la porte un vigoureux coup de pied, le panneau s'ouvrit, les gonds tournèrent; mais ce mouvement fut si vif, que Truphêmus tomba en arrière sur Aloysius, qui fut renversé. Dans leur chute, ils entraînèrent deux énormes dames-jeannes, heureusement vides, qui se brisèrent, entraînant à leur tour tout un attirail de cornues. Ce fut un cliquetis et un bouleversement inexprimables d'hommes et de tessons de verre…

Que regardait, profondément étonné, Franz Kerry, le blond habitant de la colline d'Hoboken.

Tomber est facile. Se relever est plus compliqué, moins pour Aloysius cependant que pour son compagnon. Aloysius parvint encore à se redresser assez rapidement; mais Truphêmus, vu sa rotondité, se trouvait dans la situation de la tortue qu'un maladroit a placée sur le dos. En vain Aloysius le tirait par le bras, le dos du savant glissait et aucune saillie ne lui servait de point d'appui. Il poussait de petits cris plaintifs et désespérés.

—Attendez, dit Franz à Aloysius, je vais vous aider.

Il saisit l'autre bras, et plaça son pied contre l'un des pieds de Truphêmus. Aloysius l'imita, et tous deux, poussant un «Han!» vigoureux, parvinrent à replacer la boule sur son axe. Elle oscilla un instant, puis resta immobile. C'était fait.

Puis les trois personnages se regardèrent, sans mot dire.

Truphêmus était décidément une forte nature: il reprit le premier son sang-froid, et, s'inclinant devant le jeune homme:

—Je vous remercie, monsieur! lui dit-il; donnez-vous la peine d'entrer, je vous prie, et veuillez nous faire connaître l'objet de votre visite?

Franz rendit le salut qui lui était adressé, et suivit les deux savants.

—Je désirerais vous entretenir, dit-il, d'une affaire de la plus haute importance.

—Passons dans mon cabinet, fit Aloysius.

Chaînes et poulies grincèrent, à la grande surprise de Franz, et un instant après les trois hommes se trouvèrent dans la caisse particulière d'Aloysius.

—Parlez, monsieur! dit le savant.

—Je ne suis point de trop? demanda Truphêmus.

—Oh! reprit Aloysius en s'adressant au jeune homme, je n'ai plus de secrets pour mon compagnon.

Franz n'était pas sans éprouver quelque embarras. Ce qui le surprenait le plus, c'est que sa bien-aimée dépendît, par lien de famille ou autrement, de l'un de ces deux êtres peu séduisants.

—L'un de vous, dit-il enfin, est sans doute le père d'une charmante, d'une adorable jeune fille qui habite cette maison?

—C'est moi, dit Aloysius.

—Eh bien! monsieur, je viens, en honnête homme, vous demander la main de votre fille. Je me nomme Franz Kerry, je suis riche, ma position est indépendante, et tout le bonheur de ma vie est entre vos mains…

Il allait continuer, mais il en fut empêché par un fait bizarre. Aux premiers mots de sa demande, Truphêmus avait serré les bras et fermé les yeux, puis de petits cris stridents, ressemblant à des sifflements, avaient commencé à s'échapper de sa poitrine. Une sorte de grondement sourd avait ronronné dans la gorge d'Aloysius. Ces deux sons s'étaient mariés, dans une tonalité différente, avaient grandi… ç'avait été tout à coup une explosion… Les deux savants riaient, riaient. Le ventre de Truphêmus s'enflait et se désenflait comme une outre sur laquelle eût bondi un clown; tout le corps d'Aloysius tressautait et se heurtait en ses diverses parties comme un jeu de castagnettes multiples…

Et Franz les regardait, interdit, hébété, se demandant ce qu'il y avait de si violemment gai dans le fait d'un amant de l'infini demandant à s'unir à la plus belle création des forces naturelles…

Mais, patient, il attendit. Quelques paroles commençaient à s'échapper des lèvres haletantes des deux savants.

—En mariage! disait Aloysius.

—À son âge! répétait Truphêmus.

—Mariée!…

—Cinq ans!…

Tandis que les deux chimistes se remettaient de cet ébranlement nerveux, et que Franz se disposait à écouter les explications nécessaires, voici que tout à coup…

X

Les faits qui se passaient en bas avaient un caractère qui présentait un intérêt tout particulier.

Lorsque Truphêmus, entendant frapper à la porte, était rentré dans la maison, suivi quelques minutes après par Aloysius, Netty, qu'ils avaient laissé pleurant à chaudes larmes et criant à pleins poumons, avait immédiatement levé la tête, et, regardant à travers ses doigts écartés, s'était convaincue que l'affaire des carreaux cassés n'aurait pas de suite. Alors elle se mit à rire et à exécuter une de ces danses naïves, rudiments de l'art chorégraphique, que seuls peuvent imaginer les enfants. Puis, passant l'index de la main droite sur l'index de la main gauche, étendu dans la direction de la maison, elle manifesta par ce geste plusieurs fois répété le peu d'importance qu'elle attachait à la colère paternelle, en admettant même qu'elle existât.

Ensuite, sans doute pour donner issue à l'exaspération à laquelle elle se trouvait elle-même en proie, elle se mit à courir à travers le jardin, arrachant les fleurs, les jetant en l'air, puis les piétinant; elle revint vers le kiosque où elle déchira quelques tentures. Mais ces exercices salutaires ne paraissaient pas suffire à lui rendre le calme perdu.

Tout à coup son visage prit une indicible expression de satisfaction; son regard était à ce moment tourné vers la maison… Or, pour la première fois depuis trois mois, la porte, par un oubli qu'il faut attribuer à l'état troublé d'Aloysius, était restée ouverte…

Netty s'approcha sur la pointe des pieds et tendit le cou en avant. C'était au moment où les poulies entraînaient les savants et le jeune homme dans la caisse en question.

Certes le spectacle que la jeune fille avait sous les yeux n'avait rien de séduisant, et en la voyant s'arrêter hésitante sur le haut de l'escalier qui conduisait au fond de la cave, on eût dit une exilée d'un monde céleste, regardant curieusement l'antichambre d'un lieu infernal.

Elle écouta. Pas un bruit. Elle était seule. Certes, elle ressentait bien une certaine crainte; mais la curiosité était si forte! si souvent elle avait désiré pénétrer dans ces salles hermétiquement fermées! Bref, elle se décida… La voici, hasardant un pied, puis l'autre, toujours l'oreille au guet… Elle se trouvait enfin au laboratoire. À cet instant, Truphêmus et Aloysius commençaient à rire.

Netty regardait autour d'elle. Tous ces objets nouveaux l'embarrassaient au plus haut point. Ce n'étaient que bonbonnes, que cylindres, que matras. Les mélanges les plus bizarres remplissaient les flacons de verre. Puis l'immense fourneau sur lequel mijotaient des préparations nouvelles, mélanges, amalgames ou combinaisons encore inachevées… Elle sauta devant le tableau dont les boutons indicateurs correspondaient aux moteurs de chaînes. Elle approcha sa main, puis la recula, puis enfin toucha rapidement les divers boutons, comme elle eût fait sur le clavier d'un piano… Mais aussitôt elle recula en poussant un cri d'effroi…

Toutes les mécaniques étant mises en jeu simultanément, les chaînes grincèrent, les poulies tournèrent follement, le système des contrepoids, perdant leur équilibre, n'agissait plus, les caisses descendaient avec une rapidité vertigineuse, puis remontaient d'un vigoureux élan, comme si elles eussent acquis une force nouvelle.

Netty courait, et, comme un oiseau qui a pénétré dans une chambre par une fenêtre entr'ouverte, se heurtait à tous les coins, à tous les angles. Elle trébucha, se retint à quelque chose… C'était le moteur de la grande machine électrique. Et voilà que l'immense disque de verre se mit à glisser entre des coussins… Un torrent d'étincelles s'échappa dans l'air comme un faisceau d'étoiles, avec un crépitement toujours plus fort.

Netty est affolée. Elle veut fuir… elle veut parvenir à la porte; mais elle heurte tout sur son passage: cornues, flacons, alambics, bonbonnes se brisent… les liquides se répandent, les gaz reprennent leur liberté.

Alors les combinaisons les plus inouïes se réalisent… les éléments chimiques sont en présence… c'est la lutte des forces essentielles de la nature.

Les caisses montent et descendent toujours, secouant les malheureux, dont l'un était venu chercher le bonheur dans Quiet-House.

Aux lueurs étranges et sans cesse changeant de teintes, Netty court encore…

L'asphyxie la saisit à la gorge et la terrasse…

Puis une effroyable détonation…

Et tout s'écroule…

Ainsi périrent les habitants de la Maison Tranquille, et voici comme
Franz Kerry ne trouva pas le bonheur qu'il avait rêvé.

FIN DE MAISON TRANQUILLE

LA CHAMBRE D'HÔTEL

                       Le texte complet de ce roman
                    se trouve dans le deuxième tome des
                           HISTOIRES INCROYABLES

TABLE DES MATIÈRES DU PREMIER TOME

LES FOUS LE CLOU MAISON TRANQUILLE.

FIN DU PREMIER TOME

COLLECTION LECTURES POUR TOUS AVENTURES ET VOYAGES

Liste des volumes composant cette Collection

1. Terres de glace et terres de feu, par J. LERMINA, 3 vol.

2. La Reine des lacs, par le capitaine MAYNE REID, traduit pour la
    première fois par E. MOUREAUX, 2 vol.

3. Le Mousse de l'amiral Courbet, récit dramatique, désopilant et
    pourtant véridique, 2 vol.

4. La Fille du régisseur, par ROBIN GRAY, traduit par M. GAUTHIER,
    2 vol.

5. Les Tribulations d'un docteur en droit dans l'Amérique du Sud,
    par FÉLIX ROCROY, 1 vol.

6. La Bataille de Strasbourg, par J. LERMINA, 2 vol.

7. Au pays des dollars, par le Dr MARIUS BERNARD, 2 vol.

8. La Prise de Londres au XXe siècle, par P. FERRÉOL, 2 vol.

9. Ralph le Rouge, aventures d'un Parisien en Floride, par J. LERMINA, 2 vol.

10. Autour du lac Tchad, par Mme MARIA DE GROOTE, 2 vol.

11. Belle Sauvage, par Ch. SIMOND, 2 vol.

12. Histoires incroyables, par J. LERMINA, 2 vol.

13. Les Drames de Constantinople, par VOGHI AGHA, 2 vol.

14. Au delà de l'Atlantique, par le Dr MARIUS BERNARD, 2 vol.

15. Charletto, par G.-V. LENNEP, 1 vol.

16. Un héros de seize ans, par Ch. SIMOND, 3 vol.

17. L'Oncle Cabassol, par L. HUARD, 4 vol.

18. Comment nous avons pris le Dahomey, par un MARSEILLAIS, 1 vol.

19. Le Secret de l'alchimiste, par Ch. SIMOND, 2 vol.

20. Tout seul, par E. CADOL, 2 vol.

21. Les Aventures de Bonaventure Marjolin, par E. FORCADE et L. GARDETTE, 1 vol.

22. L'Ile de Corail, par PIERRE DURANDAL, 1 vol.

CHAQUE VOLUME BROCHÉ: 75 CENTIMES, FRANCO PAR POSTE: 1 FRANC.

______________________________________ Imprimerie de Poissy.—S. Lejay et Cie.

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