LE REVENANT ROUGE.
CONTE NOIR.
Mon éducation finie, je fus joindre un régiment de hussard dont je venais d'obtenir la lieutenance, tandis que mon intime ami le Marquis de *** se rendait au sein de sa famille qui habitoit les bords du Rhône.
Au bout de 6 ans, j'obtins un congé, et je fus passer mon semestre chez mon ami.
Nous avions tenu une correspondance active, et toutes ses lettres m'entretenaient des terreurs qu'il avait eues dans son vieux château; elles avaient été si grandes qu'il l'avait abandonné.
Doué d'une force d'âme peu commune, je ne pouvais m'empêcher de rire en lisant sa correspondance; mais ce fut bien pire lorsqu'il me raconta que véritablement effrayé, il ne mettait plus les pieds dans son donjon, parce que son grand père lui était apparu au-moins vingt fois, que tous ses gens l'avaient reconnu et avaient été témoin du vacarme que les esprits faisaient dans sa maison.
J'aime beaucoup les aventures extraordinaires, lui dis-je; la vue des revenans l'est passablement, à mon avis, aussi veux-je aller faire une visite à ton aïeul. Dieu t'en préserve, mon ami, personne n'habite le château et nulle créature humaine n'en approche, même en plein jour, sans être saisi d'effroi.
Vaines terreurs, répliquai-je, et ce soir même, je cours me livrer aux esprits infernaux. Toutes les représentations de mon ami, furent inutiles, et suivi de mon domestique, brave hussard, je partis sur-le-champ.
Dès que nous fûmes arrivés, nous commençâmes à visiter nos armes, ensuite nous parcourûmes toute la maison.
Nous choisîmes l'appartement le plus agréable, nous y allumâmes un grand feu; et fortifiés par un bon souper, nous attendîmes avec patience les revenans. Nous venions de nous livrer au sommeil, lorsque nous fûmes réveillés par un bacanal épouvantable: on traînait de lourdes chaînes, les meubles étaient en mouvement, une vapeur épaisse et infecte parcourait tout le château, un vent violent circulait dans toutes les chambres, et l'on aurait dit que la foudre allait nous écraser. Mon domestique et moi nous nous regardions, sinon épouvantés, du-moins surpris, lorsque ressemblant tout mon courage; aux armes, lui dis-je, ces morts, ne sont que des vivans qui fuiront à notre approche. A peine avais-je fini ces mots, que la porte s'ouvre, et nos regards se portent sur un fantôme d'une grandeur gigantesque; ses yeux creux étaient enflammés, sa bouche livide laissait voir des dents longues et décharnées, ses joues dépouillées de chair, n'offraient à notre vue qu'un monstre horrible, sa tête chauve ajoutait encore à ce tableau; ses mains étaient armées de griffes crochues, son corps n'était qu'un vrai squelette entouré de reptiles, enfin il était mille fois plus hideux que la mort, telle qu'on nous la représente.
Nous étions encore à considérer ce monstre, lorsqu'un vieillard paraissant avoir 80 ans et tout habillé de rouge entre dans la chambre; sa figure respectable nous rassure. Insensés, nous dit-il, qui a pu vous porter à venir troubler mon repos; persécuté par ma famille, durant toute ma vie, veut-elle me persécuter encore après ma mort. Fuis, malheureux, fuis, ou redoute mon courroux. Mille bombe, s'écrie mon hussard, je n'ai pas fui devant des régimens entiers, et je fuirais devant un esprit; attends, téméraire vieillard, je vais t'apprendre qu'un hussard français ne tremble point, même devant les puissance de l'enfer. En disant ces mots, il saisit son pistolet, ajuste l'esprit, la balle part, frappe sa poitrine et roule à ses pieds. Que peuvent tes armes contre moi, dit le revenant d'un ton froid et ironique. Elles pourront mieux cette fois, dit le hussard, et un second coup n'a pas plus de succès que le premier. Le diable m'emporte si j'y conçois rien, dit mon domestique, jamais je n'ai visé si juste, et avec si peu de succès. Suis-moi, dit une voix sépulcrale. Je te suivrai aux enfers, s'écrie le hussard. Eh bien! marche, répond l'esprit. Nous le suivons: son guide allait devant, nous traversons une foule d'appartemens, les cours, les jardins. Arrivés à l'extrémité de celui-ci, le vieillard nous adresse ces mots: Je suis damné, ma famille en est la cause: repoussé de son sein, je me suis donné aux esprits infernaux, et c'est pour me venger que je répands l'allarme dans ce château; dis à mon petit fils que de dix ans, ni lui, ni personne n'habitera ici. Mais l'heure de mon retour approche, je sens déjà les cruelles atteintes des flammes, je brûle…. S'adressant alors à son compagnon qui s'emparait de lui: Monstre, lui dit-il, auras-tu bientôt fini de me tourmenter, tes ongles me déchirent, tes dents affreuses me dévorent, et ton souffle m'empoisonne. En effet, le vieillard était déjà tout en feu, et son terrible conducteur, le mettait à la torture. Nous étions stupéfaits. Cependant l'esprit infernal frappa la terre de son pied, en poussant un cri effroyable. Aussi-tôt, la terre s'entrouvrit, et engloutit le vieillard et son bourreau.
Notre courage devenant inutile, nous nous retirâmes, et ayant pris nos chevaux, nous nous éloignâmes de toute la vitesse de leurs jambes.
Arrivés chez le Marquis, nous lui fîmes le récit exact de notre aventure, et l'engageâmes très fort à ne plus remettre les pieds dans son château.
LE LIÈVRE.
Un mien ami, honnête agriculteur, était un chasseur déterminé; on le voyait dès la pointe du jour, franchir les fossés, gravir les collines et poursuivre le malheureux gibier jusque dans ses derniers retranchemens.
Un soir, qu'accablé de lassitude, et de fort mauvais humeur, il prenait tristement le chemin de sa demeure, la carnacière vide; un lièvre part à ses pieds, mon ami l'ajuste, et le manque: sa mauvaise humeur redouble; cependant elle cesse lorsqu'il voit le lièvre se tapir à cent pas de lui. Il recharge son fusil, et va dessus, l'ajuste et le manque encore de ses deux coups; il ne savait comment il avait pu être si maladroit, lui, qui ne tirait jamais en vain. Il reprenait son chemin, en grommelant, lorsqu'il revoit son lièvre, assis sur son derrière et se frottant paisiblement la moustache. Cette fois, dit le chasseur, tu ne me braveras plus, alors, le visant d'un coup d'oeil qui ne le trompa jamais, il lâche le coup, et croit avoir abattu sa victime, vain espoir; elle fuit à quelque pas, et semble se moquer de son ennemi. L'intrépide chasseur, outré de colère, jure de le poursuivre jusqu'au bout du monde, il tint parole, et si bien qu'en deux heures il avait usé toute sa munition, et il voyait encore le malin animal le narguer à quelques pas de lui. Mon ami ne se possédant plus de rage, retourne toute sa gibecière, trouve une charge de poudre, mais point de plomb; il ne savait comment faire, lorsque l'idée le prit de tortiller des pièces de six liards et de six sous pour en faire des balles. Il était parvenu à force de peine et de patience à recharger son fusil, et se disposait à tirer, lorsque le lièvre changea tout-à-coup de forme et fut remplacé par un homme qui adressa cette parole au chasseur: Cesse de me poursuivre, malheureux, le ciel a permis que je redevinsse créature humaine pour t'empêcher de commettre un crime. Apprends que je suis ton aïeul: depuis cinquante ans, j'habite cette plaine, sous la figure d'un lièvre, et ma pénitence doit durer cinquante ans encore. Toi, évite mes autes, si tu ne veux éprouver la même peine. Sa phrase finie, il redevint lièvre et laissa son petit-fils stupéfait et tout tremblant de frayeur.
Depuis ce temps, mon pauvre ami n'a jamais osé tirer un lièvre.
LA BICHE DE L'ABBAYE.
CONTE NOIR.
Il existait au milieu du 10e siècle une abbaye située aux confins d'une immense forêt de la Normandie.
La légende a rendu cette forêt fameuse par les apparitions continuelles qui y avaient lieu et bien plus encore par la présence d'une biche blanche, qui depuis un tems immémorial avait répandu la consternation dans toute la contrée. Le grand-père disait à son petit fils: Fuis les murs de l'abbaye aussitôt que la nuit approche; en mourrant, mon aïeul me fit la même recommandation, elle lui avait été faite par le sien.
Nombre de jeunes gens indociles avaient tenté d'approcher l'animal; mais les uns en avaient été victimes, les autres n'avaient pu y parvenir et tous avaient vu des choses épouvantables.
Les religieux avaient en vain promis des récompenses considérables à ceux qui mettraient l'aventure à fin, mais la terreur était si grande que personne n'osait plus la tenter.
Les choses en étaient là lorsque deux chevaliers furent demander l'hospitalité au monastère: leur contenance noble et fière, leur force qui paraissait surnaturelle, les nombreuses cicatrices qui honoraient leur bravoure, tout annonçait que ces étrangers étaient de preux chevaliers.
L'abbé leur fit l'accueil le plus gracieux et les pria avec tant d'instances de passer quelques jours avec lui qu'ils ne purent s'y refuser.
Ce n'est que pour reconnaître les bontés que vous avez pour nous, dit un des chevaliers à l'abbé, que mon frère d'arme et moi acceptons votre offre; car nos chagrins sont si cuisans que notre intention était d'aller finir notre triste existence dans quelques climats lointains. Mon fils, reprit l'abbé, le ciel a de grandes vues sur vous, je vous attendais et je connais vos peines: le souverain qui vous a disgracié reviendra de son erreur, et vous serez encore à la cour ce que vous méritez d'y être; songez toujours que c'est ici le terme de vos infortunes. En finissant ces mots, l'abbé se leva et leur souhaitant une bonne nuit, ils furent se coucher.
Les chevaliers restèrent tout surpris du discours du digne abbé: nous savions bien qu'il était un saint homme, se dirent-ils, mais nous ignorions qu'il fut prophète.
Le lendemain au point du jour, l'abbé entra dans leur cellule, s'assit près de leur lit et leur tint ce discours:
Chevaliers aussi nobles que braves, le ciel seul a guidé vos pas parmi nous, le dieu que nous servons vous a envoyés exprès pour mettre fin à vos chagrins et aux miens.
Apprenez, illustres chevaliers, que depuis plus de cent ans les alentours de cette abbaye sont en proie à des visions plus ou moins terribles: le malin esprit y fait sa demeure, tantôt sous une forme, tantôt sous une autre. Un nombre prodigieux de nos vassaux et de braves chevaliers ont été sa victime, et l'on a cru jusqu'à présent que nulle puissance terrestre ne pouvait triompher de ces esprits infernaux.
En proie à la plus vive douleur, je le croyais aussi, lorsque la nuit qui a précédé votre arrivée, j'ai eu une vision, un ange m'est apparu et m'a dit: abbé le ciel est touché de tes peines, et veut y mettre fin; il t'enverra deux chevaliers bannis injustement de la cour, le chagrin les dévore et ils vont sous un ciel étranger chercher un repos qu'ils ont perdu, engage les à tenter l'aventure de la forêt, dis leur bien que s'ils sont purs, que si leurs mains sont nettes du sang innocent, si leur âme n'est pas souillée, ils sortiront victorieux de cette lutte, mais qu'ils s'examinent bien, que leur salut dépend de la sainteté de leur vie.
A ces mots, j'étais tombé la face contre terre; lorsque je me suis relevé, je n'ai plus vu qu'une vive lumière qui fendait la voûte éthérée. Voilà, mes enfans, comment j'ai su vos aventures, et si je juge bien, je vous crois destinés à de grandes choses.
Le plus ancien des chevaliers prenant la parole, dit: Mon père, le jeune homme que vous voyez là est mon élève, issus tous les deux d'une noble race, l'amitié la plus sainte nous unit presque dans l'enfance, un léger duvet ombrageait à peine mon menton qu'Ernof commençait à marcher; bien jeune encore, il perdit les auteurs de ses jours, mais son père avant de mourir me fit jurer que jamais je n'abandonnerais son fils; après, il m'arma chevalier, me donna diverses instructions et s'endormit du sommeil des justes.
La carrière que je venais d'embrasser m'appelait à la cour… Aux combats… Je m'y rendis. Le roi fut touché de ma jeunesse, me prit en amitié et bientôt me témoigna de l'estime.
Dans diverses batailles où je combattis sous ses yeux, j'eus le bonheur de lui plaire et un jour que près d'être accablé sous le nombre, il était sur le point de perdre la liberté, je ralliai quelques chevaliers, je revins à la charge et je fus assez heureux pour ramener mon roi, et le ramener triomphant de ses ennemis.
Sa reconnaissance égala le service que je venais de lui rendre; il exigea que je fusse attaché spécialement à sa personne, et tous le palais retentit des louanges qu'il me donna.
Cependant cinq années s'étaient écoulées sans que j'eusse vu mon élève, je l'avais confié aux soins d'un écuyer fidèle; mais je sentais que ma présence lui devenait nécessaire; j'en parlai au roi; il me permit d'aller chercher mon ami, mon enfant. Je fis toute la diligence possible, je me jettai dans les bras de mon Ernof; je le trouvai tel que je le désirais, plein d'ardeur, et de noblesse d'âme. Je l'emmenai avec moi, et il eut le bonheur de plaire à la cour. Notre illustre monarque voulut l'armer lui-même chevalier, et la jeune princesse lui donna sa devise, hélas! cet heureux tems n'a pas été de longue durée.
Un vassal donne le signal des combats, le roi près de se mettre à la tête de son armée fait une chute; on est obligé de le transporter dans son lit.
Cependant les Anglais accouraient soutenir le rebelle; il fallait se hâter de combattre, et le roi ne pouvait se tenir debout. Dans cette extrémité, il me fit appeler. Chevalier me dit-il, partez, mettez vous à la tête de mes troupes et qu'à vos coups, mes soldats reconnaissent l'ami de leur monarque. Je mis un genou à terre et je jurai de triompher ou de mourir. Revenez victorieux, me dit le prince, et je vous ferai l'honneur de vous allier à ma famille, vous épouserez ma cousine la princesse de….. Cette promesse redoubla mon ardeur; le monarque s'en apperçut, et ayant fait appeller la princesse, il lui dit de me regarder comme son époux; de me donner sa devise et ses couleurs: il ajouta qu'il ne pouvait mieux nous récompenser l'un et l'autre, qu'en unissant en nous la vertu et la valeur.
A ces mots, la princesse resta toute interdite, dit qu'elle obéirait, me donna pour devise: Protégez le faible et respectez la vertu. Sa couleur favorite était noire, je la pris, et depuis on m'a appelé le Chevalier noir.
Je me mis de suite à la tête de l'armée; elle était belle et pleine d'ardeur, aussi n'eûmes nous pas de peine à vaincre le rebelle, mais les Anglais étant venus à son secours, il fallut recommencer le combat; une bataille décisive allait se donner: j'exhortai mes soldats et je les conduisis à l'ennemi; ils firent des prodiges de valeur, néanmoins ils allaient céder au nombre et à la fortune, lorsque je m'adressai à Ernof: Mon fils, lui dis-je, le salut de l'armée dépend de nous: vois-tu ce gros d'ennemi? lui seul porte le désespoir et la mort, courons et qu'il nous reconnaisse pour les favoris du prince. Ernof me suit, notre présence rétablit le combat, mon jeune ami était comme un lion, et bientôt les Anglais cèdent à sa valeur; mais ce ne fut point sans que notre sang coulât. Ernof entouré d'une troupe de gendarmes venait de tomber, prompt comme l'éclair, j'accours pour le sauver; j'y parviens; mais moi même blessé grièvement, je fus emporté sans connaissance.
En apprenant mes succès et mes blessures, le roi était accouru; il me trouva presque mourant: sa tendre amitié, ses soins, hâtèrent ma guérison, et la paix vint y ajouter un beaume qui ferma toutes mes plaies.
De retour à la cour, le roi voulut tenir sa promesse. Comte, me dit-il, dans huit jours vous serez l'époux de ma cousine. Hélas! tant de bonheur était-il fait pour moi.
La veille de mon himen, jour malheureux, la princesse me fit demander; je me rendis à ses désirs. Quel fut mon désespoir, lorsque fondant en larmes elle me dit: Chevalier, si la vertu et la valeur seules avaient le pouvoir de subjuguer les coeurs, qui mieux que vous mériterait d'être aimé; mais apprenez un fatal secret: j'aime, chevalier, j'aime depuis longtems, et j'aime sans espoir. Le roi ignore cette funeste passion, et je n'aurai jamais la force de la lui avouer. Mon seul espoir est en vous chevalier: si vous voulez me conduite à l'autel, j'obéirai, mais non, vous vous laisserez fléchir; vous ne voudrez pas me désespérer, et vous empêcherez une union qui serait malheureuse pour nous deux.
J'étais stupéfait, la douleur m'ôtait la parole, et je ne pus que m'écrier: Comment faire, eh! que dire au roi? Je prétexterai une maladie, dit la princesse, et pendant ce tems nous aviserons à quelques moyens.
Que vous dirai-je, enfin; je me vis forcé de dire à mon roi, à mon ami, que je ne pouvais accepter son alliance. Le monarque fit tout ce qu'il put pour m'arracher mon secret, j'eus la force de le lui cacher: dans sa colère, il me traita d'ingrat, de perfide, et me bannit de sa présence. Le jeune Ernof ne fut point compris dans cet arrêt, mais sa tendre amitié pour moi, a préféré mon exil aux plaisirs de la cour.
Lorsque le chevalier eût fini, l'abbé lui dit: Mon fils, vos chagrins sont grands et justes; perdre sans l'avoir mérité la faveur de son souverain, le coeur de son ami, voilà de véritables chagrins; mais prenez courage, le moment n'est pas éloigné… Je prévois… Oui, l'avenir se déroule à mes yeux…. le ciel m'inspire…. je vous vois dans les bras de notre monarque adoré…. je vous vois près de la princesse: elle devient sensible, elle reconnaît que l'objet de sa passion est indigne d'elle, et elle vous abandonne son coeur et sa main. Mais avant, il faut détruire l'oeuvre du démon; jusqu'ici vous avez combattu des hommes, maintenant c'est la malin esprit qu'il faut attérer; soyez insensible, que votre coeur soit de roc, que rien ne vous touche, ne vous effraye, voilà vos sauveurs, ce Christ, cette image de la Vierge vous rendront invulnérable. Ce soir, à la troisième heure de la nuit, vous partirez; pendant ce tems, mes religieux et moi serons en oraison pour la réussite de votre périlleuse entreprise. Cependant mettez-vous en prière, et que le plus saint des sacrements fortifie vos âmes comme une nourriture succulente fortifie nos corps.
Il dit et se retira.
Le soir, les chevaliers sortirent armés de toutes pièces. A peine étaient-ils hors de l'abbaye, que la biche vint se présenter à eux, ils la poursuivirent; elle les conduisit au milieu de la forêt; arrivés là, ils virent un palais magnifique; une cour nombreuse était assemblée et le monarque qui la présidait était le roi de France, l'ami du chevalier. A son côté était la princesse; le chevalier resta interdit; il oublia un moment que c'était l'oeuvre du malin, et il allait se jeter aux pieds du roi et de sa cousine, lorsqu'Ernof, qui devina sa pensée, le retint et lui dit: Ces images sont trompeuses, point de faiblesses. C'en fut assez, le chevalier tirant son épée, fondit sur le fantôme; celui-ci lui cria, malheureux veux-tu égorger ton ami, ton bienfaiteur; veux-tu immoler ton épouse; viens plutôt dans leurs bras. Vains discours, le chevalier armé de la foi, tomba sur le fantôme et le mit en fuite ainsi que sa princesse. Alors le château s'écroula de toutes parts, le tonnerre gronda d'une horrible manière, la terre s'entr'ouvrit, et les deux guerriers en mesurèrent toute la profondeur d'un coup d'oeil. Il en sortait une fumée noire et infecte et des nuées de fantômes voltigeaient autour des deux chevaliers; ils frappaient indistinctement sur tout ce qui les entourait, et chaque coup qu'ils portaient, occasionnait un changement: tantôt, c'était une femme en pleurs, qui les priait de l'épargner; tantôt c'était un jeune enfant à la mamelle; une autre fois c'était une bête féroce.
Il y avait plus d'une heure que ce combat durait, lorsqu'un chevalier gigantesque se présenta à eux: sa force semblait égaler sa bravoure, et les coups qu'il porta à nos héros furent horribles; tout autre qu'eux en aurait été épouvantés, mais leurs coeurs d'acier ne redoutèrent rien.
Ils s'apperçurent cependant que leur ennemi était invulnérable; leurs épées ne pouvaient l'entamer, tandis qu'ils voyaient leurs armes en pièces et leur sang couler. Faibles femmes, disait-il, osez-vous, vous mesurer avec moi, tremblez, votre dernier moment approche, et vous irez rejoindre les téméraires qui comme vous ont voulu braver ma puissance. O! Dieu, s'écria le chevalier noir, si jamais j'ai blasphêmé ton saint nom, si jamais j'ai cessé de protéger le faible, l'innocent, fais-moi périr; mais si j'ai toujours été selon ton coeur, si la vertu a toujours été ma passion, fais-moi sortir victorieux de ce combat.
Nos chevaliers voyant que leurs armes ne pouvaient rien contre le démon, saisirent leur crucifix et en frappèrent l'ennemi du genre humain; mais, ô! surprise, aussitôt que le divin signe l'eût touché, le guerrier disparut, et ils ne virent plus à sa place qu'un spectre horrible qui les glaça d'épouvante; ils continuèrent à le harceler, et bientôt après il disparut totalement. Ils parcoururent la vaste enceinte où ils étaient, et ne trouvèrent plus que les arbres de la forêt.
Ils se retiraient lentement, lorsqu'ils entendirent des cris plaintifs. Illustres chevaliers, leur disait-on, venez délivrer des malheureux, aussi braves que vous, mais qui avaient moins de foi et de vertus: nous gémissons depuis nombre d'années dans les entrailles de la terre, venez à notre secours.
Les chevaliers ne demandaient pas mieux que d'aller les délivrer, mais par où passer. Il me vient une idée, dit Ernof, posons notre crucifix à terre et prions: ils exécutent leur projet. O! surprise, la terre s'ouvre et laisse apercevoir un chemin. Nos guerriers s'y précipitent, et bientôt ils arrivent près des malheureux qui les avaient appelés: mais des barrières insurmontables s'opposent à leur délivrance; toute la malice infernale s'est déployée pour défendre ces lieux; des fantômes, des spectres, des lacs de sang, de souffre, rendent ce lieu inexpugnable; une multitude de démons en défendent l'entrée; nos chevaliers frappent d'estoc et de taille, tous leurs efforts n'aboutissent à rien; ils approchent leur divine relique, les grilles disparaissent, les démons sont en fuite, tout cède à leurs efforts: ils emmènent les malheureux prisonniers. Ils retrouvent leur chemin, et arrivent presque mourans au monastère.
Dieu soit loué, s'écria l'abbé, l'oeuvre du démon est donc détruite, et nous pourrons respirer en liberté.
Depuis cette époque, la forêt ne fut plus fréquentée par les esprits, et pour les empêcher d'y retourner, l'abbé y fit planter des croix de distance en distance.
Nos deux preux habitaient le monastère depuis quelques jours, lorsqu'ils reçurent un message du roi qui les envoyait chercher. Ils se rendirent à ses ordres, leur innocence fut reconnue et le chevalier épousa la princesse.
LA MAISON DU LAC.
Me promenant sur le lac de Genève, je vis en passant devant un vieux château abandonné, la terreur peinte sur le visage de mon batelier, qui fit force de rames pour gagner le large. Qu'avez-vous, lui dis-je? ah! Monsieur, laissez-moi fuir au plus vite; voyez ce fantôme qui est à une croisée et qui me menace. Je vis en effet un spectre qui faisait des signes menaçans. Voilà qui est plaisant! raconte-moi donc ce qui se passe d'extraordinaire dans ce château? Monsieur, reprit le batelier, j'étais autrefois pêcheur et très intrépide, mes camarades m'avaient dit cent fois: Honoré, n'approche pas du vieux château; quoique le poisson y soit très abondant, ne te laisse point tenter, tous les revenans de l'autre monde l'habitent. Je méprisai leurs conseils et trouvant mes filets toujours garnis, je revenais tous les jours dans ce fatal endroit; j'avais vu plusieurs fois des apparitions, mais je m'en moquais et de dedans ma nacelle, je narguais les revenans.
Un soir, soir funeste! que je tirais ma seine, je vois un fantôme épouvantable marcher sur le lac, je n'en fus pas effrayé, et je saisis mon aviron pour repousser le spectre, (c'est le même que vous venez de voir) mais ô terreur! le monstre secoue son bras et il me fait voir une flamme qui éclaira tout le lac: dans le même instant il remplit ma barque de reptiles; le feu sortait de sa bouche, de ses narines, de ses yeux, et sa voix était semblable au tonnerre. Cependant d'une main vigoureuse il saisit mon bateau et le fit disparaître en un clin d'oeil: comme toute ma petite fortune sombrait, j'entendis le fantôme qui disait: Téméraire, l'enfer va te recevoir, que cet exemple apprenne aux faibles humains à ne jamais lutter contre les esprits infernaux.
Cependant je nageais de toutes mes forces sans savoir où j'allais, heureusement pour moi je rencontrai un pêcheur qui me recueillit, me fit revenir à la vie, (car j'étais tombé presque mort dans son bateau) et me conduisit chez moi. Hélas! je fus sauvé, mais ma barque, mes fillets, et mon jeune frère, tout périt.
Voilà, monsieur, ce qui m'est arrivé, aussi n'approché-je jamais de ce maudit château sans un ordre exprès des voyageurs.
Depuis ce tems je mène une triste existence, je suis domestique, tandis qu'avant je gagnais bien ma vie, et celle de ma pauvre famille.
Mon ami, je suis fâché de ton malheur; néanmoins je veux aller voir ton spectre. Le ciel vous en garde, monsieur, vous n'en reviendrez pas vivant. Viens-y avec moi?—Non? j'ai eu une trop bonne leçon.—Eh bien! débarque-moi.—Pour Dieu, ne faites pas cette folie.—Marche toujours, débarque-moi.—Soit, je vais vous attendre à quelque distance.
Me voilà au commencement de la nuit au pied du donjon. J'étais armé jusqu'aux dents, non contre les revenans; je n'y croyais point, mais dans la crainte de trouver des habitans de ce monde occupés à toute autre chose qu'à prier Dieu. J'entre, tout est tranquille dans le château, j'allume de la chandelle, je me promène partout, je vois tout en ordre, je m'installe dans une chambre, mes armes sur une table, j'attends l'ennemi de pied ferme.
Je commençais à croire que les diables ou les esprits me respecteraient, lorsque j'entendis tomber quelque chose de la cheminée, je me lève pour voir, c'était une tête de mort, un moment après une jambe suivit, ensuite des bras et enfin le reste du cadavre. Oh! oh! me dis-je, il ne fait pas bon ici; ces esprits font autre chose que peur. Je songeais à me retirer, lorsqu'un bruit de chaînes se fit entendre, j'écoute, et bientôt je vois mon spectre, qui m'adresse ces paroles: Incrédule, ne te suffisait-il pas du terrible châtiment de ton batelier; devais-tu venir dans cette maison?… Téméraire, tremble, tout l'enfer est déchaîné contre toi. Je ne perds point la tête, je fais feu sur le fantôme; il se rit de ma colère, et ayant fait un signe, une multitude de démons accoururent dans l'appartement. Ils faisaient un vacarme horrible. Je fuis de cette maudite chambre, je gagne un escalier, je monte, je me précipite dans une autre, j'y trouve un spectre enveloppé d'un linceul tout dégoûtant de sang; je fuis de nouveau, des milliers de squelettes me retiennent avec leurs mains décharnées; je cours dessus le sabre à la main, mes coups sont de nul effet, un spectre monstrueux veut se jeter sur moi, je l'évite, je me sauve; mais je ne sais bientôt plus où aller, une fumée épaisse et infecte remplit toute la maison: sans cesse harcelé par une armée de fantômes, je me précipite dans une pièce voisine; mais à peine ai-je mis le pied dedans, que le plafond s'abîme et je tombe je ne sais où.
Cependant j'étais sans connaissance et je ne me reconnus que lorsqu'il fit grand jour, alors je me trouvai sur les bords du lac. Mes vêtemens étaient en lambeaux, et j'étais si faible que je ne pouvais me tenir debout. Mon pauvre batelier vint me prendre et il me dit: Que de dessus le lac il avait vu des choses qui l'avaient glacé d'effroi, et qu'il croyait bien fermement que je n'étais plus de ce monde.
Nous reprîmes tristement le chemin de Genève, là, je donnai à mon conducteur une somme assez forte pour le mettre à même de reprendre son premier état.
Quant à moi, je fus plusieurs fois me promener sur le lac, mais je ne fus plus tenté de visiter l'infernal château.
LE REVENANT ET SON FILS.
M. Cayol, riche propriétaire à Marseille régla un compte avec un de ses paysans; celui-ci, lui compta une somme de douze cent francs: le maître se trouvant fort occupé dans ce moment lui dit: tu reviendras demain, je te donnerai ta quittance; sur cela le cultivateur s'en va: tranquille sur la probité de son bourgeois, il ne se presse pas d'aller demander son récépissé; plusieurs jours se passent: durant cet intervalle, M. Cayol meurt d'apoplexie.
Son fils unique prend possession de son héritage. En visitant les papiers de son père, il voit que son paysan, Pierre, lui doit douze cent francs, il les lui demande; celui-ci répond qu'il les a payés. M. Cayol demande le reçu, le malheureux Pierre ne l'a point, il raconte le fait; le propriétaire n'y ajoute point foi, donne congé au paysan, le poursuit, et obtient condamnation. Il allait faire saisir ses meubles, lorsqu'une nuit bien éveillé (à ce qu'il m'a dit lui-même), son père lui apparaît et lui tint ce discours: «Malheureux! que vas-tu faire, Pierre m'a payé, lève-toi, regarde derrière le miroir qui est sur la cheminée de ma chambre, et tu y trouveras mon reçu.
Le fils se lève tout tremblant, obéit, et trouve la quittance de son père.
Il paya tous les frais qu'il avait faits à son paysan et le garda.
Il l'avait encore à mon dernier voyage dans cette ville.
LE TRÉSOR.
Étant dans une grande ville de province, logé chez un ami, il me dit que depuis la mort du propriétaire, personne ne pouvait habiter la maison, parce que toutes les nuits on faisait un sabat épouvantable. Nous entendrons ce sabat, dis-je, et nous dénicherons peut-être le revenant. Il n'est pas difficile à dénicher, répondit-il, puisque tous les soirs nous voyons son ombre. Ah! ah! tant mieux.
Me voilà donc aux aguets dès la brune: j'avais pris la précaution de m'armer. Vers les onze heures, comme nous étions à souper, il entre un grand fantôme couvert d'un linceul, chacun tremble; moi seul je me mets à rire. Le spectre me fait signe de le suivre, je lui réponds: Allons marche.
Nous descendons; il m'emmène dans la cave, là il me montre une pioche et me dit: fouille. Je me mets en devoir d'obéir, à peine avois-je donné cinquante coups de bêche, que je trouve une marmite de fer bien hermétiquement fermée. Prends cette marmitte, me dit le fantôme, et vois ce qu'elle contient. Quelle fut ma surprise en la voyant pleine d'or. Elle contient mille louis, reprend mon interlocuteur, porte les à mon fils et dis lui bien qu'il ne m'imite pas; dévoré du démon de l'avarice, ma seule passion a été d'entasser or sur or; maintenant j'en porte la peine, je suis condamné à cent ans de souffrances. Dis de plus à mon fils qu'il me fasse dire cinquante messes par an, cela abrégera ma pénitence. Adieu, en finissant cela, il disparut. Je remis fidèlement à son fils le dépôt que j'avais trouvé, et depuis ce tems, la paix fut rétablie dans la maison de mon ami.
FACÉTIES SUR LES VAMPIRES.
—Tandis que les vampires faisaient bonne chère en Autriche, en Lorraine, en Moravie, en Pologne, on n'entendait point parler de vampires à Londres, ni même à Paris. J'avoue, dit Voltaire, que, dans les deux villes, il y eut des agioteurs, des traitans, des gens d'affaires, qui sucèrent en plein jour le sang du peuple; mais ils n'étaient point morts, quoique corrompus. Ces suceurs véritables ne demeuraient pas dans des cimetières, mais dans des palais fort agréables.
—C'est une chose véritablement curieuse que les procès-verbaux qui concernent les vampires. Calmet rapporte qu'en Hongrie, deux officiers délégués par l'empereur Charles VI, assistés du bailli du lieu et du bourreau, allèrent faire enquête d'un vampire mort depuis six semaines, qui suçait tout le voisinage. On le trouva dans sa bière frais, gaillard, les yeux ouverts, et demandant à manger. Le bailli rendit sa sentence. Le bourreau arracha le coeur au vampire et le brûla; après quoi le vampire ne mangea plus. Qu'on ose douter après cela des morts ressuscités dont nos anciennes légendes sont remplies! (Dictionnaire phylosophique.)
—Dans le vaudeville des Variétés, les trois Vampires se font connaître de cette sorte:
Le vampire Ledoux. «Un instant!… Je suis connu, je me nomme Ledoux, fils de M. Grippart Ledoux, huissier de Pantin….. Messieurs.»
Le vampire Larose. «Moi je m'appelle Larose, fils de Pierre Taxant Larose, percepteur des contributions de Sceaux….. Messieurs; et honnête homme, si j'ose m'exprimer ainsi.»
Le vampire Lasonde. «Et moi, je suis Lasonde, commis à la barrière des Bons-Hommes….. Messieurs.»
M. Gobetout. «Puisque votre père est huissier, que le vôtre est percepteur des contributions, et que monsieur est commis à la barrière…., je ne m'étais pas tout-à-fait trompé en vous prenant pour des vampires. Vous nous sucez bien un peu….
—Quand les vents glacés du dernier hyver eurent perdu les oliviers de la Provence, un mauvais plaisant dit:»Les vents de l'année passée étaient bien mauvais, mais ceux de cette année sont encore des vents pires….»
—Le fameux marquis d'Argens témoigna, dans ses Lettres juives, quelque crédulité pour les histoires de vampires. Il faut voir, dit Voltaire, comme les Jésuites de Trévoux en triomphèrent: «Voilà donc, disaient-ils, ce fameux incrédule qui a osé jetter des doutes sur l'apparition de l'ange à la Sainte-Vierge, sur l'étoile qui conduisit les mages, sur la guérison des possédés, sur la submersion de deux mille cochons dans un lac, sur une éclypse de soleil en plaine lune, sur la résurrection des morts qui se promenèrent dans Jérusalem: son coeur s'est amolli, son esprit s'est éclairé; il croit aux vampires…..
—Il était reconnu que les vampires buvaient et mangeaient. La difficulté était de savoir si c'était l'âme ou le corps du mort qui mangeait. Il fut décidé que c'était l'une et l'autre. Les mets délicats et peu substantiels, comme les meringues, la crème fouettée et les fruits fondans, étaient pour l'âme; les rost-bif étaient pour le corps. (Dictionnaire philosophique).
—Le résultat de ceci est qu'une grande partie de l'Europe a été infestée de vampires, pendant cinq ou six ans, et qu'il n'y en a plus; que nous avons eu des convulsionnaires en France, pendant plus de vingt ans, et qu'il n'y en a plus; que nous avons eu des possédés pendant dix sept cents ans, et qu'il n'y en a plus; qu'on a toujours ressuscité des morts depuis Hyppolite, et qu'on n'en ressuscite plus. (Même ouvrage.)
CONCLUSION.—Parce qu'on a vu dans ce volume quelques histoires qui portent en apparence une certain caractère de vérité, il ne faut pas pour cela les croire. On n'a lu généralement que des contes, ou des aventures qui ne sont nullement authentiques. Doit-on croire une personne qui a vu seule des choses surnaturelles? Et dans toutes apparitions, il n'y a jamais de témoins imposans.
Il est vrai qu'on a déterré des morts dont le corps était encore frais. Cet accident était causé par la nature du terrain où ils étaient inhumés ou bien par des maladies; la peur et l'imagination troublée en ont fait des vampires.
Mais comme il est reconnu et démontré que les morts ne peuvent revenir, et qu'il n'y a jamais eu de revenants, à plus forte raison, doit-on être assuré qu'il n'y a ni vampires, ni spectres, qui aient le pouvoir de nuire.
Remarquons en finissant que les personnes d'un esprit un peu solide n'ont jamais rien vu de cette sorte, que les apparitions n'ont effrayé que des villageois ignorants, des esprits faibles et superstitieux.—Pourquoi Dieu, qui est clément et juste prendrait-il plaisir à nous épouvanter, pour nous rendre plus misérables?…
FIN.
TABLE.
AVERTISSEMENT
La Nonne sanglante. Nouvelle
Le Vampire Arnold-Paul
Jeune Fille flamande étranglée par le Diable. Conte noir
Vampire de Hongrie
Histoire d'un mari assassiné qui revient après sa mort demander
vengeance
Aventures de la Tante Mélanchton
Le Spectre d'Olivier. Petit roman
Spectres qui excitent la tempête
L'Esprit du Château d'Egmont. Anecdote
Le Vampire Harppe
Histoire d'une apparition de Démons et de Spectres, en 1609
Spectres qui vont en pélerinage
Histoire d'une Damnée qui revient après sa mort
Le Trésor du Diable. Conte noir
Histoire de l'Esprit qui apparut à Dourdans
Les Aventures de Thibaud de la Jacquière. Petit roman
Spectre qui demande vengeance. Conte noir
Caroline. Nouvelle
Flaxbinder corrigé par un Spectre
L'Apparition singulière. Anecdote
Le Diable comme il s'en trouve. Anecdote
Fête nocturne, ou Assemblée de Sorciers
Histoire d'un broucolaque
La Petite Chienne blanche. Conte noir
Le Voyage
Le Cheval sans fin. Conte noir
La Maison enchantée. Conte plaisant
Le Pacte infernal. Petit roman
Le Revenant rouge. Conte noir
Le Lièvre
La Biche de l'Abbaye. Conte noir
La Maison Du Lac
Le Trésor
Facéties sur les Vampires.