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Jésus

Chapter 15: XIV. L’homme et le vent
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About This Book

A first-person portrayal of a carpenter's son who remembers waking in a small home, working alongside his father, observing village life, and reflecting on poverty, family, animals, and the rhythms of day and evening. The narrative blends intimate domestic scenes with spiritual meditation, depicting encounters with travelers and the marginalized while exploring compassion, humility, and the nature of truth and revelation. Short, image-rich chapters alternate concrete everyday detail with contemplative passages that consider language, silence, and the moral responsibilities of community. The tone mixes tenderness and moral urgency as the narrator situates ordinary labor and suffering within a larger ethical vision.

CHAPITRE XIV

1. — Et déjà je parlais à quelques-uns qui venaient autour de moi

2. — Pour leur prêcher l’évangile de l’esprit.

3. — Et c’était au bord de la mer de Tibériade.

4. — Et un matin je m’embarquai avec quelques compagnons qui étaient pêcheurs.

5. — Car ils pêchaient les poissons, les petits monstres impuissants qui ont une cuirasse. Ils les extirpaient de la mer, et chaque poisson est finalement une ligne froide, à l’œil grand ouvert, qu’on a dans la main.

6. — Le matin où j’embarquai, on appareilla par le beau temps. Et plantés sur le rivage, des femmes et des enfants nous faisaient signe et caressaient l’espace, semblables à un jardin remueur à la brise, quand les arbres, tout immobilisés qu’ils sont, fuient devant la brise.

7. — Mais, alors que nous étions loin du bord, le vent se leva et s’assombrit, et nous fûmes mis dans la tempête et la montagne écroulante de noir.

8. — Et nous étions peu de chose au milieu de l’immense chaos.

9. — Car toute la mer se retournait.

10. — Et elle était ivre.

11. — Et le ciel était la mer.

12. — Et le vent roulait la mer en fleuve. L’horizon était en lambeaux et on voyait passer des monstres d’eau, et sous les fouets noirs, les barques qui galopaient.

13. — Et notre barque s’emplissait de la grande mer et mes compagnons étaient déjà des naufragés.

14. — J’étais calme et je levai les bras, à la proue de la barque où l’eau entrait lourdement comme de la terre, nous faisant avaler l’odeur du gouffre et le gouffre.

15. — Et à ces quelques hommes cramponnés et mouillés, je criai, aussi fort, à cause de l’énormité du vent, que si j’étais penché sur une place publique :

16. — Pourquoi doutez-vous, hommes de peu de foi !

17. — Tous les corps eurent alors une seule voix pour crier : Nous ne voulons pas mourir !

18. — Et le poids des flots fut dompté par la grandeur invisible de l’homme.

19. — Parce que je leur avais donné leur propre courage et leur propre force, ils crurent que j’étais un magicien de Dieu.

20. — Et il m’apparut que je devais les laisser encore croire cela pendant un peu de temps.

21. — Puisqu’ils n’étaient pas capables de penser et de construire selon la nudité.

22. — Et j’eus une irritation triste de ce qu’il m’était défendu de verser mon cœur dans leur cœur, c’est-à-dire de leur donner tout ce qui est à eux.

23. — Tu dois, si tu as raison, inspirer la confiance. Si tu ne l’inspires pas, prends-la.

24. — Mais quand verront-ils mon cœur ?

25. — Quand dira-t-on, en me montrant du doigt : voici l’homme.