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Jésus

Chapter 16: XV. La couronne d’épines
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About This Book

A first-person portrayal of a carpenter's son who remembers waking in a small home, working alongside his father, observing village life, and reflecting on poverty, family, animals, and the rhythms of day and evening. The narrative blends intimate domestic scenes with spiritual meditation, depicting encounters with travelers and the marginalized while exploring compassion, humility, and the nature of truth and revelation. Short, image-rich chapters alternate concrete everyday detail with contemplative passages that consider language, silence, and the moral responsibilities of community. The tone mixes tenderness and moral urgency as the narrator situates ordinary labor and suffering within a larger ethical vision.

CHAPITRE XV

1. — Sur le banc qui était le long du mur, si on se rappelle, et était surmonté d’une couronne d’épines,

2. — Un soir qui fut de ces jours-là, je suis revenu comme un voyageur fatigué, et m’étant penché dans l’ombre, je vis que le banc de pierre respirait.

3. — Car Jean Zacharie y était assis, comme s’il n’avait pas bougé, par miracle, depuis que j’étais parti d’auprès de lui, si on se rappelle, voilà des années.

4. — Je m’assis à ma place auprès de lui (Deux hommes forment côte à côte dans l’ombre, une seule ombre, séparée au milieu par de la mort).

5. — Mais le soir ôte, comme je l’ai vu dans mes premiers jours, le masque de la figure sur la figure, et même le masque de la poitrine sur le cœur.

6. — Et nous parlâmes bas, comme si la nuit était petite.

7. — Et on ne voyait pas dans la nuit la couronne d’épines, mais sachant qu’elle était là, on y croyait.

8. — Tu vois, je suis revenu.

9. — Je sais maintenant combien l’œuvre est joie, et combien cette joie est souffrance et guerre.

10. — Et que la paix ne sera pas faite avec la paix.

11. — Ne le sais-tu pas, dit-il.

12. — Maintenant, je le sais.

13. — Et même, je sais que je le savais autrefois.

14. — Puis, ayant dit ce que nous dîmes, il n’y eut plus qu’un silence qui nous ressemblait.

15. — Alors, à moi qui ne bougeais point, il dit :

16. — Où vas-tu, Seigneur ?

17. — Ayant baissé la tête sous la couronne terrible suspendue, je répondis avec toute mon ombre :

18. — Ils ne verront mon cœur que lorsque je l’arracherai de moi

19. — Peut-être, un jour.