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Jésus

Chapter 20: XVI BONS GRAINS
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About This Book

A lyrical sequence of poetic scenes and meditations draws on Gospel episodes to portray the road to Emmaus, the nativity, humble shepherds, an inhospitable inn and the visit of distant sages. The poems shift between narrated encounters and prayerful reflection, exploring doubt, yearning and the felt presence of a veiled but guiding divinity. Pastoral imagery and simple gifts underscore humility and compassion, while recurring motifs of resurrection, spiritual darkness and consolation frame a persistent desire for communion and moral guidance amid uncertainty.

XVI
BONS GRAINS


L’homme ne vit pas de pain seulement :
Il lui faut un pain pétri de pensées ;
Nourris donc les cœurs de choses sensées ;
N’empoisonne pas le divin froment.

Et les Pharisiens, qui sont les hypocrites,
Lui répétaient : « Pourquoi fréquentes-tu ces gens,
Qui sont des péagers, des gueux, des indigents ?…
Nous les fuyons, tandis que toi tu les visites ! »
— « Depuis quand, répondit Jésus, le médecin
Ne va-t-il visiter que des gens au corps sain ? »

Voici l’amour : mangez ; buvez ; je vous convie ;
Venez à moi, vous tous qui portez dans vos cœurs
La charge des soucis, le souci de la vie.
Je porterai vos maux ; je prendrai vos langueurs.

Aveuglés par Satan moqueur,
Ils sont sans yeux pour les merveilles,
Et, plus sourds que les durs d’oreilles,
Ils ne comprennent pas du cœur !

S’il perd une brebis, — dans l’effroi qu’il éprouve,
Laissant là son troupeau tout entier, le berger
La cherche à travers monts, et, joyeux s’il la trouve,
Il l’emporte en ses bras pour la mieux protéger.

Tu suspectes ma foi, tu blâmes mon pardon…
Ton œil est-il malin de ce que je suis bon ?

J’avais faim ; vous m’avez donné de quoi manger.
J’avais soif ; vous avez désaltéré ma lèvre.
Vous m’avez accueilli, moi pourtant étranger,
Vous m’avez visité lorsque j’avais la fièvre…
Oui, quand j’étais malade, en prison, sans espoir,
Hommes justes, bons cœurs, vous m’êtes venus voir.

Tout jeune tu ceignais ta ceinture toi-même,
Tu choisissais ton heure et ton lieu, tes chemins ;
Mais quand tu seras vieux, faible, tendant les mains,
Pour qu’on te mène où tu voudras, il faut qu’on t’aime.