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Jésus

Chapter 21: XVII LA FILLE DE JAÏRE
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About This Book

A lyrical sequence of poetic scenes and meditations draws on Gospel episodes to portray the road to Emmaus, the nativity, humble shepherds, an inhospitable inn and the visit of distant sages. The poems shift between narrated encounters and prayerful reflection, exploring doubt, yearning and the felt presence of a veiled but guiding divinity. Pastoral imagery and simple gifts underscore humility and compassion, while recurring motifs of resurrection, spiritual darkness and consolation frame a persistent desire for communion and moral guidance amid uncertainty.

XVII
LA FILLE DE JAÏRE

Une ombre avait voilé sa porte ;
Les flûtes pleuraient sur le seuil ;
Tout semblait mener le grand deuil
De l’espérance humaine, morte.
Le Dieu de Moïse était dur,
Stricte la Loi, la règle étroite.
Jésus, la paix dans sa main droite,
Vint, le ciel dans ses yeux d’azur.
Pan régnait sur toute la terre,
Avec Rome partout vainqueur :
Pas un dieu n’avait un bon cœur…
Alors vint l’Homme du mystère.
Et Jaïre dit, à genoux :
— « Seigneur, notre espérance est morte.
Les joueurs de flûte, à ma porte,
Sonnent des airs de deuil pour nous.
« Seigneur, ressuscite ma fille ! »
Jésus, la prenant par la main,
Dit au père : « Le genre humain
Qui pleure en toi, c’est ma famille.
« Pourquoi sitôt croire à la mort ?
Vous faisiez tous un mauvais rêve…
Je veux que ta fille se lève !…
Elle n’est pas morte. Elle dort. »