LIV
LE ROSEAU
Lorsqu’il eut dans la main le roseau dérisoire
Et sur le front l’affreux diadème sanglant,
Tous riaient, lui disant : « O roi brillant de gloire,
Ton peuple prosterné te salue en tremblant. »
— « Les peuples et les rois ont une même mère,
Leur dit-il. L’esprit seul est durable et seul fort ;
La couronne des rois n’est qu’un signe éphémère,
Et mon faible roseau va défier la mort. »