II
L’HOTELLERIE DE BETHLÉEM
JOSEPH.
Il fait froid : donne-nous une place à ton feu.
L’HÔTELIER.
Non.
JOSEPH.
Ma femme est enceinte.
L’HÔTELIER.
Eh ! j’entends.
JOSEPH.
Je t’en prie.
L’HÔTELIER.
Non ! quand tu serais diable ou quand tu serais dieu
Je n’ai plus une place en mon hôtellerie.
JOSEPH.
Elle souffre. Son sein porte un fruit innocent :
Veux-tu que notre espoir, frère, meure en naissant ?
L’HÔTELIER.
Pauvre femme !… Veux-tu coucher dans mon étable ?
MARIE.
Bien volontiers.
L’HÔTELIER.
Venez. C’est tout ce qu’il vous faut.
Et si vous ne trouvez dans le foin lit ni table,
L’âne et le bœuf, qui sont très doux, vous tiendront chaud.