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Chapter 7: III LES BERGERS DANS L’ÉTABLE
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About This Book

A lyrical sequence of poetic scenes and meditations draws on Gospel episodes to portray the road to Emmaus, the nativity, humble shepherds, an inhospitable inn and the visit of distant sages. The poems shift between narrated encounters and prayerful reflection, exploring doubt, yearning and the felt presence of a veiled but guiding divinity. Pastoral imagery and simple gifts underscore humility and compassion, while recurring motifs of resurrection, spiritual darkness and consolation frame a persistent desire for communion and moral guidance amid uncertainty.

III
LES BERGERS DANS L’ÉTABLE

LE VIEUX BERGER.

Regarde. On a posé près de lui, sur la paille,
Bien des présents déjà, des œufs frais, du froment,
Tous les meilleurs trésors du pauvre qui travaille…
Voudra-t-on écouter ma flûte seulement ?
Frère, offre-lui d’abord tes blanches tourterelles…

LE JEUNE BERGER.

Je vous offre, Seigneur, deux oiseaux que j’ai pris.

LE VIEUX BERGER.

Regarde : avec ses bras, il imite leurs ailes !

LE JEUNE BERGER.

Écoute : avec sa lèvre, il imite leurs cris !

LE VIEUX BERGER.

Pour moi, joli Seigneur, je suis pauvre et j’apporte…

MARIE.

Quoi donc ?

LE VIEUX BERGER.

Je n’ose pas vous dire. C’est si peu !

JOSEPH.

Quel est tout ce grand bruit qui se fait à la porte ?

UN PAGE, entrant.

Les Mages d’Orient viennent voir l’Enfant-Dieu :
Une étoile fidèle a guidé le voyage.

LE VIEUX BERGER.

Frère, retirons-nous, pour l’instant ; cachons-nous ;
Laissons entrer ces rois et tout leur équipage.
Restons là, dans un coin de l’étable, à genoux.

LE PAGE, aux serviteurs qui se pressent à la porte.

Le toit est bas. Laissez dehors les dromadaires.

Il annonce les Mages.

Le seigneur Balthazar ! — Le seigneur Melchior !
Le roi Gaspard !… suivi de ses hauts dignitaires…
Et tous viennent offrir l’encens, la myrrhe et l’or.

LE JEUNE BERGER.

Sortons de notre coin. Viens donc que je les voie.

LE VIEUX BERGER.

Ils riraient de nous voir sous nos pauvres sayons.

LE JEUNE BERGER.

Ils ont mis leur couronne et leurs manteaux de soie.

LE VIEUX BERGER.

Oui, mais Jésus a mis sa couronne en rayons !

LES TROIS MAGES.

O Seigneur, roi du ciel…

MARIE.

Pardonnez-moi, grands Mages,
Mais un homme était là, quand vous êtes entrés,
Qui n’avait pas fini de rendre ses hommages
A mon petit Enfant que tous vous adorez.
Il croirait que pour vous peut-être on le rebute…

Au vieux berger.

Pourquoi te caches-tu, brave homme, dans un coin ?

LE VIEUX BERGER.

C’est que… je ne peux rien offrir… qu’un air de flûte.

MARIE.

Viens donc… pour voir l’enfant tu serais un peu loin…
Allons, sonne, berger ! Nous aimons la musique.

LE VIEUX BERGER, au jeune.

J’obéis, mais j’ai peur.

LE JEUNE BERGER.

Souffle en fermant les yeux.

LE VIEUX BERGER.

Non, je veux voir l’Enfant !

Le vieux berger joue de la flûte.

MARIE.

Il dit, dans son cantique,
La paix de son bon cœur et la gloire des cieux.

JOSEPH.

La musique s’arrête.

MARIE.

Et l’Enfant va sourire.

JOSEPH.

Que diront Balthazar, Gaspard et Melchior ?

MARIE.

C’est bien. Merci, berger… Grands rois que l’on admire
A présent, vous pouvez offrir la myrrhe et l’or.