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L'Afrique centrale française

Chapter 101: PÉTROGRAPHIE
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About This Book

The narrative describes a scientific expedition into central Africa that combines botanical and zoological collecting, geographic observation, and ethnographic notes alongside contemporary military and administrative operations. The leader records long, difficult routes through diverse landscapes, inventories plant and forest products, documents local societies and material culture, and reflects on logistical challenges of travel and scientific work. The text interweaves field journals, specimen lists, and practical reflections, and includes appended technical reports by specialists on flora, fauna, and other natural-history findings.

Fig. 106. — Barrage de diabase entre Bangui et Fort-de-Possel.

5 kilomètres. — Conglomérat de petits cailloux quartzeux agglutinés par un ciment ferrugineux. Roches quartzeuses, blocs de roche ferrugineuse. Alternance du conglomérat et de couches d’apparence quartzeuses.

8 kilomètres. — Conglomérat de petits cailloux quartzeux agglutinés par un ciment ferrugineux. La hauteur de ce conglomérat au-dessus du niveau de l’eau était de 2 mètres (21 août 1902). Au-dessus il existe une couche d’argile de 4 mètres.

10 kilomètres. — Village de Bongasso.

13 kilomètres. — Schistes micacés, stratification ondulée, direction E. 25° N., avec pente vers le N. de 20°.

23 kilomètres. — Village de Bafourou. Schistes micacés.

29 kilomètres. — Blocs de quartzites avec fissures remplies par un ciment ferrugineux.

32 kilomètres. — Roche quartzeuse dans les cavités de laquelle existe la roche ferrugineuse.

33 kilomètres. — Village de Kika. Quartzites mélangés de roche ferrugineuse.

42 kilomètres. — Rapide de Belli. Roches stratifiées, direction E.-O., avec pente vers le S. de 65°.

45 kilomètres. — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de 73°. Fissures remplies par la roche ferrugineuse.

50 kilomètres. — Village d’Itongo.

52 kilomètres. — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de 77°. Fissures remplies par la roche ferrugineuse.

56 kilomètres. — Rapide de l’En-Avant. Affleurement de diabase, direction E.-O., largeur approximative de la partie visible 50 mètres. La roche contient dans les cavités quelques fragments d’un conglomérat ferrugineux avec petits cailloux roulés quartzeux de 1 à 3 centimètres, et en outre de la roche ferrugineuse scoriacée.

57 kilomètres. — Roche ferrugineuse avec fragments d’autres roches englobés.

63 kilomètres. — Rapide de l’Eléphant ou de Mokouanghai. Affleurement de diabase, direction E.-O., largeur approximative de la partie visible 40 mètres. La roche contient dans ses cavités quelques fragments d’un conglomérat ferrugineux avec galets roulés de quartz de 1 à 7 centimètres environ, et des fragments de diabase même. A la partie N. de l’affleurement on remarque la roche ferrugineuse englobant des fragments de quartz et de quartzites plus ou moins volumineux et plus ou moins roulés.

65 kilomètres. — Roches ferrugineuses et quartzeuses mélangées.

67 kilomètres. — Roche stratifiée mélangée de roche ferrugineuse, direction E.-O., avec pente vers le N. de 45 à 50°.

72 kilomètres. — Quartzites, direction E.-O., avec pente vers le S. de 30°. Fissures et cavités remplies par la roche ferrugineuse.

83 kilomètres. — Village de Oudounjié. Grès grossier, caverneux, à éléments assez fins ; au-dessus, c’est-à-dire à la surface du sol, conglomérat ferrugineux avec petits cailloux roulés. Un peu au S. de ce point roche ferrugineuse.

90 kilomètres. — Village habité par des Ouaddas. Dans la berge, à un mètre au-dessous de la surface du sol on remarque une couche de 15 à 20 centimètres d’épaisseur, humifère, contenant des coquilles d’huîtres du fleuve.

94 kilomètres. — Confluent de la Ombella.

99 kilomètres. — Factorerie de Ouadda.

110 kilomètres. — Fort-de-Possel au confluent de la Kémo.

Après le village de Oudounjié la roche ferrugineuse devient abondante et surtout en amont de la factorerie de Ouadda.

Mission catholique de Bessou. — En amont de Fort-de-Possel, à 20 kilomètres environ, à la mission de Bessou, les schistes affleurent dans le fleuve, avec une direction E. 25° N. et une pente de 12° vers le N.-O. En aval de cet affleurement existe un conglomérat ferrugineux avec cailloux roulés.

Un puits creusé auprès des bâtiments de la mission fournit les renseignements suivants :

1m,50. — Argile rouge avec blocs de conglomérat ferrugineux.
1 50. — Conglomérat ferrugineux.
2 50. — Sable ferrugineux.
2 50. — Schistes semblables à ceux du fleuve.
8 00. — Profondeur du puits.

Zangha. — (57 kilomètres environ à vol d’oiseau en amont de Fort-de-Possel). Un échantillon de quartzite micacé provenant de Zangha, a été rapporté à la Mission.

Résumé. — Entre Fort-de-Possel et Bangui, l’Oubangui a rencontré une ligne de collines provoquées par un puissant affleurement de diabase dont la direction générale est E.-O., recouvert par la roche ferrugineuse, et s’est frayé un passage dans ces collines.

Il franchit cette ligne de collines dans une direction N.E.-S.O. et au rapide de Belli prend une direction E.-O. Il s’infléchit ensuite brusquement au contact des quartzites de Kika et coule N.-S. jusqu’au voisinage de Bangui. Au contact des collines de Bangui, il s’infléchit de nouveau brusquement pour couler E.-O. et former ensuite le coude de Bangui.

PÉTROGRAPHIE

ROCHES ÉRUPTIVES
GRANITES

DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES

17. Granite à épidote, groupe de la Tomi (auprès du poste des M’Brous).

Roche de couleur grisâtre et à grain très fin. A l’œil nu on distingue cependant les petits cristaux de feldspath et les petites lamelles de biotite.

Quartz, orthose et oligoclase damouritisés et biotite, épidote comme autre produit d’altération. Quelques rares cristaux d’oligoclase sont déterminables. Le quartz présente des extinctions roulantes[550].

Apatite et zircon.

59. Granite à pyroxène, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (entre le poste de M’Pokou et celui des Ungourras).

Roche à grain fin, quartz, orthose et oligoclase damouritisés et biotite.

On remarque une certaine quantité d’augite passant au diallage. Magnétite, apatite, zircon et sphène.

61. Granite à épidote, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (Dekoua).

Roche à grain fin et de couleur assez claire.

Quartz, feldspath et biotite. Les feldspaths sont damouritisés et parsemés de lamelles de muscovite souvent allongées mais en général sans orientement précis, l’oligoclase domine.

L’épidote est abondante comme autre produit secondaire, elle se présente aussi en filonnets. Elle appartient à un type ferrifère car dans les lames minces son pléochroïsme est assez accentué en jaune citron.

Apatite et zircon.

62. Granité à épidote, groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel (poste même de Dekoua).

Même roche que la précédente sauf qu’il faut ajouter une quantité notable de microcline très peu altéré et du rutile. Pas d’apatite.

109. Granite des Kagas Djé.

Granite ordinaire dans lequel les feldspaths sont un peu damouritisés.

Le quartz est parfois vermiculé. Les feldspaths sont le microcline, l’oligoclase et l’orthose. L’oligoclase englobe parfois le microcline. A la biotite il faut ajouter un peu de muscovite et un peu d’augite mais rare.

Magnétite, apatite et zircon.

110. Gneiss amphibolique et pyroxénique en enclave dans le granite précédent.

Dans ce gneiss l’élément dominant est la hornblende qui est pléochroïque en vert pâle brunâtre suivant Np et en vert sale suivant Ng. Comme feldspaths l’oligoclase avec un peu d’orthose. Le quartz est peu abondant. On remarque en outre un peu d’augite.

Apatite et magnétite.

111. Gneiss (rognon zoné dans le granite précédent).

Quartz, oligoclase et orthose, biotite abondante, un peu de muscovite.

Magnétite, zircon, apatite.

116. Aplite, filons dans les granites porphyroïdes des Kagas de Balidja.

Roche de couleur rosâtre. Le microcline domine, l’orthose et l’oligoclase sont damouritisés. Quartz, un peu de biotite et de muscovite.

Magnétite, apatite et zircon.

119. Granite amphibolique accidentel dans les granites des Kagas de Balidja.

Ce granite est à grain fin et à la biotite il faut ajouter une notable quantité de hornblende. Les feldspaths, orthose, oligoclase et microcline sont un peu damouritisés. Le quartz existe aussi à l’état vermiculé.

Apatite, zircon, ilménite, sphène, calcite.

126. Granite en filon sillonnant les mamelons après le Kaga Batolo.

Roche compacte de couleur rosâtre. Les feldspaths sont le microcline, l’oligoclase et l’orthose, ces deux derniers damouritisés. Le quartz est parfois vermiculé. A la biotite assez disséminée il faut ajouter de la muscovite.

Magnétite, apatite, zircon, calcite et chlorite.

124. Microcline du Kaga Batolo.

Les cristaux provenant des pegmatites du Kaga Batolo contiennent de nombreux filonnets d’albite un peu damouritisée et parsemée de vermicules de quartz.

127. Aplite en filon de Djigangou.

Le quartz est en grands cristaux contenant de longues et fines inclusions de rutile, en plages de cristaux plus petits et parfois sous la forme vermiculée. En outre des vermiculisations de quartz parsèment les feldspaths, les cristaux qui les constituent sont parfois allongés et orientés et le groupement passe alors à la micropegmatite.

Les feldspaths sont l’orthose, l’oligoclase et le microcline. La roche contient en outre un peu de biotite.

Minéraux accessoires, magnétite et zircon.

A l’œil nu le quartz tranche nettement sur la pâte feldspathique de la roche.

151. Aplite des mamelons du poste de Ndélé.

Roche de couleur rougeâtre et d’aspect gneissique. La coloration est due à l’abondance de feldspaths roses, ces feldspaths sont damouritisés.

Elle est composée d’oligoclase, d’orthose, de quartz et de rare muscovite.

Un peu de magnétite et de calcite.

192. Aplite (avec feldspaths altérés) des mêmes mamelons.

Roche compacte dans laquelle abondent les feldspaths de couleur rose très chargés en inclusions et damouritisés.

Le feldspath dominant est l’orthose avec association microperthitique d’anorthose. Un peu d’oligoclase.

Le quartz est assez abondant, il existe aussi à l’état secondaire en plages ou en filonnets traversant la roche.

On remarque un peu de muscovite et de magnétite.

La calcite est abondante et forme souvent des filonnets ; il faut ajouter un peu de chlorite.

175. Granite de Goumba (pays de Senoussi).

Roche à grain fin et de couleur blanchâtre.

Oligoclase et microcline un peu damouritisés, quartz et biotite. Un peu de muscovite et du zircon.

250. Granite de Mali (Lac Iro).

Roche à grain fin et de couleur rosâtre dans laquelle le biotite est de couleur vert foncé.

Les feldspaths sont le microcline avec association micropertithique d’albite et l’oligoclase, ce dernier damouritisé, l’altération étant souvent au centre des cristaux. Quartz ordinaire et vermiculisation de quartz dans le microcline.

La biotite est pléochroïque dans les teintes brunes ou vertes et on a suivant Ng, brun clair ou brun verdâtre et suivant Np, vert ou vert sale. La roche contient en outre un peu d’augite et de hornblende. Comme autres éléments : Ilménite, sphène, zircon et allanite. Epidote.

252. Granite des mamelons Karou (Lac Iro).

Roche de couleur blanche à grain fin. Quartz, orthose, oligoclase et biotite. Un peu de muscovite. Le quartz est assez abondant sous la forme vermiculée.

Un peu d’apatite.

261. Granite des rapides du Gribingui.

Quartz, microcline, oligoclase et biotite. Un peu de muscovite. Les feldspaths sont un peu damouritisés et on remarque un peu de quartz vermiculé.

Magnétite et zircon.

346A. Granite de Korbol.

Roche de couleur rosâtre. Quartz, microcline avec association microperthitique d’albite, oligoclase un peu damouritisé et biotite. On remarque en outre un peu d’augite.

Magnétite, zircon, apatite.

340. Granite à muscovite (granulite) de couleur rougeâtre.

Quartz, oligoclase, orthose et muscovite. Apatite, zircon et sphène.

La coloration rougeâtre de ce granite est due à l’hématite qui existe disséminée dans les cristaux et qui remplit les fissures et les interstices.

413. Granite à grain très fin en enclave dans le granite de Ngoura (Dar-el-Hadjer).

Quartz, microcline, biotite et un peu de muscovite. Allanite et zircon.

414. Granite de Ngoura (Dar-el-Hadjer).

Roche à grain fin et de couleur blanche. Quartz, microcline et oligoclase un peu damouritisés.

Biotite avec pléochroïsme suivant :

Ng, brun foncé ou vert sale ;

Np, brun très pâle ou vert brun pâle.

On remarque aussi un peu de muscovite.

Allanite, magnétite, zircon, sphène et un peu d’apatite.

305. Granite de Moïto (Dar-el-Hadjer).

Roche à grain fin et de couleur claire. Quartz, orthose et oligoclase damouritisés, un peu de microcline. Biotite et un peu de muscovite.

Magnétite, calcite et chlorite.

342. Granite à muscovite de Moïto (granulite) (Dar-el-Hadjer).

Roche rose dans laquelle les cristaux de quartz assez volumineux ont un aspect opalin. Microcline, oligoclase et orthose. La muscovite est assez abondante, très rare biotite.

Magnétite, zircon, apatite.

410. Granite de Yao (Lac Fittri).

Roche de couleur blanche. Quartz parfois vermiculé. Microcline, oligoclase et orthose. L’oligoclase et l’orthose sont damouritisés et contiennent parfois des vermiculisations de quartz. Biotite et un peu de muscovite.

Apatite, magnétite, sphène et zircon. Un peu d’épidote.

231. Granite des Niellims.

Quartz quelquefois vermiculé, oligoclase, orthose et microcline avec association microperthitique d’albite. Les feldspaths sont souvent damouritisés et contiennent parfois des vermiculisations de quartz.

L’orthose existe en phénocristaux et en plages, il englobe parfois l’oligoclase.

Le pléochroïsme est très intense dans la biotite, on a :

Np, brun verdâtre plus ou moins clair ;

Ng, noirâtre.

Allanite, magnétite, zircon, sphène et un peu de fluorine. Un peu de chlorite.

235. Granite à grain très fin en rognon dans le granite des Niellims.

Quartz, oligoclase et orthose damouritisés et biotite. La biotite est abondante et possède un pléochroïsme très intense dans les cristaux bien conservés. Un peu de muscovite.

Magnétite, zircon, quelques microlites allongés d’apatite, allanite.

Nota. Les grands cristaux d’orthose du granite porphyroïde des Niellims sont sillonnés de filonnets d’albite.

RÉSUMÉ

Au point de vue pétrographique. Les granites rencontrés appartiennent au type normal, à orthose (avec ou sans microcline) et oligoclase, parfois l’orthose est entièrement remplacé par le microcline. La biotite est le mica dominant, elle est parfois associée à fort peu de muscovite. Il y a lieu de signaler aussi la présence du quartz vermiculé dans les feldspaths de certains échantillons.

On observe en outre d’une façon presque constante les minéraux accessoires habituels, magnétite, apatite, zircon.

Le quartz présente presque constamment des extinctions roulantes plus ou moins bien caractérisées, résultat d’actions mécaniques subies par la roche postérieurement à sa consolidation.

Il y a lieu en outre de signaler quelques particularités intéressantes propres à certains échantillons : La présence de l’allanite primaire[551], et la grande abondance de l’épidote dans certaines régions, qui, elle, est nettement secondaire.

Comme variétés pétrographiques peu répandues je signale le granite à muscovite (granulite), et le granite à pyroxène.

Enfin certains de nos granites renferment des enclaves amphiboliques et pyroxéniques ou seulement amphiboliques, à structure grenue.

Tous nos granites ne sont pas à grain moyen et on rencontre assez fréquemment le granite porphyroïde, soit à microcline, soit à orthose. Toutes ces variétés sont traversées par des filons d’aplite remarquablement simples de composition, ou par des granites à biotite à grain fin. La pegmatite est beaucoup plus rare.

Au point de vue géologique. — Il y a lieu de distinguer deux groupes de gisements d’une importance très inégale.

Le plus important est représenté par tous les échantillons recueillis dans le pays de Senoussi entre le Koukourou et le Bangoran, ceux des rapides du Gribingui, du lac Iro, du confluent du Bahr-Salamat, des Niellims, de Korbol, de Koli, de l’ancien lac Baro (Dar-el-Hadjer) et du lac Fittri, on n’y rencontre pas d’autre roche que des granites et des granites normaux, les types basiques ne sont représentés que sous forme d’enclaves de petite étendue.

Dans le second groupe, les gisements de granites s’observent au milieu des gneiss de la région s’étendant de la Haute-Ombella à Fort-Crampel ; aussi est-il assez difficile de se décider sur l’attribution de tel ou tel échantillon soit au granite soit au gneiss, les schistes cristallins ayant selon toute vraisemblance subi l’influence propre du granite, comme dans tant d’autres régions de constitution similaire. La question est encore compliquée par l’écrasement qu’ont subi les roches de cette région, écrasement qui dans certains cas peut être considéré comme la cause du rubanement offert par certains gisements tels que celui des granites à épidote de Dekoua.

Un autre petit groupe que l’on rencontre au village de Goumba (20 kilomètres à vol d’oiseau au S. de Ndélé) offre la même particularité de rubanement que le granite à épidote de Dekoua. Les affleurements sont recouverts par les grès horizontaux et n’apparaissent que dans l’échancrure de Goumba et du ruisseau Yofo.

MICROGRANITES

DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES

285. — Microgranite à microcline de Korbol.

Roche à cassure esquilleuse et de couleur assez sombre sur laquelle tranchent de petits cristaux porphyriques de quartz et de feldspath.

Dans une pâte microgrenue de microcline et de quartz avec un peu de biotite, sont distribués des plages plutôt que des cristaux isolés de quartz, de microcline avec association microperthitique d’albite, du grenat ainsi que des lamelles de biotite et de microcline. On remarque en outre du zircon, un peu de magnétite et de sphène.

Le microcline englobe parfois des éléments de la pâte. Certains cristaux ont continué de s’accroître après leur formation, le feldspath de la pâte a été absorbé et il est resté, dans la forme la mieux caractérisée au bord de ces cristaux, une bande de grains de quartz avec quelques lamelles de biotite disséminées.

347. — Même roche que la précédente, la biotite, au lieu de se présenter en lamelles isolées, constitue en général des nids de petites lamelles diversement orientées.

349. — Microgranite à microcline à structure porphyrique de Korbol.

Dans une pâte microgrenue de quartz, de microcline, d’oligoclase avec un peu de muscovite, sont disséminés des cristaux de quartz englobant parfois un peu de muscovite, de microcline avec association microperthitique d’albite, d’oligoclase damouritisé, de la biotite et du grenat. On remarque, en outre, de la magnétite, du sphène, du zircon, de l’allanite et de la chlorite.

355. — Même roche que la précédente, l’allanite est plus abondante, le sphène manque et on voit un peu de calcite.

RÉSUMÉ

Ce qui caractérise les microgranites de Korbol que l’on rencontre en filon dans le granite, c’est la présence du microcline qui existe en abondance dans la roche, alors que dans les autres gisements connus, le microcline n’existe qu’à l’état exceptionnel.

Les phénocristaux de quartz ne se montrent pas nettement corrodés. Leurs contours sont parfois linéaires, ou plus ou moins irréguliers, c’est-à-dire plus ou moins entamés par la pâte.

Dans le type non porphyrique le grenat est relativement abondant et très corrodé, il n’existe généralement qu’à l’état de squelette dans la pâte. Dans le type porphyrique le grenat est plus rare et ne présente pas des caractères de corrosion aussi accentués, il y a lieu en outre de signaler la présence de l’allanite dans ce type.

RHYOLITE DE HADJER-EL-HAMIS

Cette roche ayant été étudiée et décrite par M. Gentil (Documents scientifiques de la Mission Saharienne), avec les échantillons rapportés par M. Lacoin, elle ne figure ici que pour indiquer que la Mission Chari-Tchad en a rapporté de nombreux échantillons.

GABBROS ET NORITES

170. Gabbro du Vou. — Type de gabbro banal à tendance ophitique.

Fig. 107. — Schéma de l’ouralitisation du diallage du gabbro du Vou.

Plagioclases (Labrador-Bytownite) maclés suivant la loi de l’albite, de Carlsbad, et de la péricline. Diallage souvent maclé suivant h¹, avec inclusion ferrugineuse fine, titanomagnétite.

Un certain nombre de cristaux de feldspath sont déformés longitudinalement par une légère courbure.

Cette roche est intéressante à cause des modifications minéralogiques de l’ordre de celles qui se montrent dans les régions dynamo-métamorphisées, mais sans déformations structurales.

Ces modifications sont :

1o Ouralitisation (transformation du diallage en hornblende verte) par trois modes. a. — Facules irrégulières s’orientant quelquefois, ou gros grains quelquefois dentelliformes. b. — Par petits cristaux isolés distribués dans les clivages m et les plans de séparation p du diallage. c. — Par un cristal unique de hornblende, transformation toujours incomplète, gagnant de la périphérie au centre, et toujours réduite à un cadre extérieur.

Tous ces modes peuvent être réalisés ensemble et donnent alors une apparence des plus complexes.

2o Formation de grenat (grossulaire) avec formes géométriques dans les feldspaths, soit en cristaux isolés, soit plus ordinairement en bordure cristallitique quelquefois constituée entre le feldspath et le diallage ou la titanomagnétite. Cette particularité rappelle quelques cas de saussuritisation des gabbros des Alpes et aussi de la norite d’Arvieu décrite par M. Lacroix B.S. min. XIX, 1896, p. 70.

3o Formation de lamelles de biotite autour de la titanomagnétite ou dans les feldspaths, et enfin un peu de quartz secondaire.

190. Norite quartzifère de Ndélé. — Roche leucocrate à structure grenue.

Apatite, titanomagnétite, hypersthène (diallage), biotite, fort peu de hornblende verte secondaire, plagioclases ne dépassant pas l’andésine, et quartz quelquefois en vermiculisations dans la hornblende et la biotite. Les métasilicates sont presque incolores en lames minces, le pyroxène rhombique (hypersthène) se transforme en talc et en xylotile pléochroïque en jaune brun suivant ng et en jaunâtre suivant np. Feldspaths granulitiques moulés par du quartz qui par place est granitique (xénomorphe). Les minéraux colorés au moins en partie sont antérieurs aux feldspaths.

Cette roche ne saurait être confondue avec les gneiss à pyroxène et hypersthène du Kaga Bandéro. Ces derniers sont plus basiques, les métasilicates sont plus abondants et plus riches en fer (plus colorés), la hornblende est plus abondante.

En outre, les gneiss du Kaga Bandéro sont parfois vaguement rubanés.

DIABASES

Rapides de l’Oubangui, entre Bangui et Fort-de-Possel.

Rapide de l’En-Avant. — Roche à structure ophitique ouralitisée, à feldspath plagioclase et à augite en cristaux très déchiquetés ; un peu de quartz, ce minéral existe aussi en association micropegmatitique. Amphibole d’ouralitisation rare et peu pléochroïque, on a :

np verdâtre pâle un peu jaunâtre, ng verdâtre.

Un peu de biotite assez pléochroïque, on a : np brun très clair, ng brun grisâtre.

Ilménite assez abondante généralement transformée en sphène et quelquefois complètement disparue des plages de sphène.

Rapide de l’Éléphant. — Même roche que ci-dessus, il faut ajouter une notable quantité d’épidote et un peu de chlorite. L’ilménite se présente sous forme de longs bâtonnets croisés dans les plages de sphène, et a quelquefois complètement disparu de ces plages.

Porphyrite du sud du Lac Fittri.

Roche formée par une pâte microlitique d’augite et de feldspath, quartz rare, mais ce minéral existe en outre en plages micro-cristallines, irrégulières ou allongées et en filonnets.

Dans la pâte sont disséminés des phénocristaux d’augite parfois maclés suivant h′ (100).

La pyrite est abondante et on remarque encore une notable quantité d’épidote.

SCHISTES CRISTALLINS
GNEISS ET LEPTYNITES

DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES

Gneiss ordinaires.

39. Gneiss de Koussougou (Haute-Ombella).

Dans ce gneiss le quartz est souvent vermiculé et présente des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est le microcline, mais on trouve aussi un peu d’oligoclase. Le mica est le biotite.

Magnétite, apatite, sphène et zircon.

26. Gneiss du Kaga Bongbo (Fort-Sibut).

Oligoclase, un peu d’orthose, quartz, biotite abondante et un peu de muscovite. Grenat abondant et englobant parfois de la biotite, du zircon et du quartz.

Magnétite, un peu de sphène et d’apatite.

71. Gneiss du nouveau poste de la Nana (groupe Fort-Sibut à Fort-Crampel).

Roche à grain très fin. Quartz, oligoclase, un peu de microcline et biotite.

On remarque encore un peu de hornblende et un peu d’augite.

Apatite, magnétite, sphène et zircon.

80. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Dans ce gneiss le quartz est très abondant et présente des extinctions roulantes, on l’observe aussi sous la forme vermiculée. Orthose, oligoclase et biotite.

Magnétite, apatite, zircon.

82. Gneiss à grands cristaux accidentel dans les gneiss du Kaga Bandéro.

Le quartz présente parfois des extinctions roulantes. Les feldspaths sont un peu damouritisés. L’oligoclase est le plus abondant et dans les grands cristaux les lamelles sont courbées. L’orthose est parsemé de quartz en association micropegmatitique. Le mica est la biotite.

Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite secondaire.

270. Gneiss du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Dans cette roche le quartz est très abondant et présente des extinctions roulantes. Les feldspaths sont l’oligoclase, l’orthose et du très rare microcline.

Biotite abondante.

Apatite, magnétite et zircon.

197. Gneiss glanduleux à grands cristaux de Ndélé.

Le quartz ordinaire est peu abondant et présente des extinctions roulantes. Les feldspaths orthose et oligoclase sont damouritisés, les grands cristaux ont la partie intérieure intacte et présentent une zone extérieure grenue, de couleur rougeâtre, indice de leur écrasement. L’orthose domine, il est parsemé de quartz en association micropegmatitique. Le mica est la biotite parfois parsemée aussi de quartz en association micropegmatitique. La roche contient en outre une certaine quantité de hornblende.

Magnétite, apatite et zircon. Un peu de calcite et de chlorite.

198. Gneiss à grands cristaux de Golo (Ndélé).

Roche de couleur rougeâtre, coloration due à l’abondance des feldspaths rouges.

Le quartz présente des extinctions roulantes bien caractérisées, on l’observe aussi sous la forme vermiculée et sous la forme microgrenue. Orthose, microcline et oligoclase plus ou moins damouritisés.

On a pour le pléochroïsme de la biotite Np, brun très clair, Ng, brun noirâtre
Np, brun très clair, Ng, vert

Magnétite, sphène, zircon et un peu d’allanite. Un peu de chlorite.

174. Gneiss granitoïde de Goumba.

Orthose et oligoclase un peu damouritisés, quartz présentant des extinctions roulantes, biotite et un peu de muscovite. On a pour le pléochroïsme de la biotite : Np, brun clair, Ng brun.

Zircon abondant et un peu de magnétite.

Leptynites.

6. Leptynite de la Basse-Tomi.

Dans cette leptynite le quartz domine, le feldspath le plus abondant est le microcline, on remarque aussi un peu d’oligoclase.

Le mica (biotite) est assez rare. La magnétite est abondante en petits grains visibles à l’œil nu. Un peu de zircon.

28 bis. Leptynite à microcline de Fort-Sibut.

Dans cette roche le microcline est très abondant à l’état grenu.

Le quartz englobant parfois du zircon présente des extinctions roulantes.

Biotite, un peu de muscovite. Grenat et zircon.

55. Leptynite pyroxénique (groupe de Fort-Sibut à Fort-Crampel, entre la Tomi et M’Pokou).

Roche compacte dont les principaux éléments sont le quartz, l’oligoclase, un peu de microcline et le pyroxène. Le quartz est très abondant et présente généralement des extinctions roulantes. L’augite est assez abondante, un peu d’hypersthène.

Magnétite, apatite et zircon.

269. Leptynite du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Orthose, oligoclase et microcline un peu damouritisés. Quartz abondant et présentant des extinctions roulantes. Biotite et un peu de muscovite.

Magnétite, apatite, sphène et zircon. Un peu de calcite.

Types basiques.

276. Gneiss granitoïde amphibolique et pyroxénique de la rivière Kouli (affluent de la Tomi).

Dans ce gneiss la hornblende ne se présente jamais en cristaux ayant conservé des formes géométriques, elle est en général peu pléochroïque et épigénise souvent des cristaux d’augite mieux caractérisés. Le feldspath dominant est l’oligoclase, on remarque aussi un peu d’orthose.

Le mica est la biotite. Le quartz se présente parfois sous la forme vermiculée.

Magnétite, apatite, allanite et zircon.

31. Gneiss amphibolique du Kaga Do (Haute-Ombella).

Cet échantillon d’aspect granitoïde est essentiellement composé d’oligoclase, de hornblende et de quartz. Le mica manque, cependant il existe dans les clivages des blocs. On remarque de la magnétite assez abondante et de l’apatite souvent enclavée dans la hornblende. Les cristaux de hornblende n’ont jamais de contours géométriques mais ils présentent les clivages nets des sections h¹ (100) et g¹ (010) et des sections perpendiculaires à l’arête h¹g¹ (100) (010). Quelques rares cristaux plus petits présentent des contours géométriques.

33. Gneiss amphibolique en rognon dans le précédent.

Cette roche est beaucoup plus complexe que la précédente dont elle n’est d’ailleurs qu’un accident.

Le feldspath est toujours l’oligoclase, et à la hornblende il faut ajouter de l’augite et de la biotite. Le grenat est abondant.

Apatite, zircon et magnétite. Un peu de calcite.

Les cristaux d’amphibole sont très déchiquetés, ou très petits et disséminés dans une structure grenue.

20. Gneiss à pyroxène (Fort Sibut).

Le quartz présente souvent des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est l’oligoclase, il est accompagné d’un peu de microcline. Augite, biotite et un peu de hornblende.

Magnétite assez abondante, apatite, sphène et zircon.

22. Gneiss à pyroxène à grands cristaux (Fort-Sibut).

Cette roche a l’aspect d’un granite grossier sub-porphyroïde.

L’oligoclase domine, mais on remarque aussi du microcline sous la forme grenue et en grands cristaux disséminés. Le quartz présente des extinctions roulantes et se montre parfois en grands cristaux, ces cristaux contiennent alors de longues et assez larges bandes d’inclusions liquides.

L’hypersthène est assez abondant et il faut ajouter une certaine quantité d’augite, un peu de hornblende et comme mica la biotite.

Magnétite abondante, apatite et zircon. Un peu de chlorite.

23. Gneiss pyroxénique (Fort-Sibut).

Roche compacte à cassure esquilleuse. Le quartz présente des extinctions roulantes. Le feldspath dominant est le microcline à l’état grenu, il est accompagné d’oligoclase. L’hypersthène est assez abondant avec pléochroïsme assez accentué en vert suivant Ng et en rose-brunâtre suivant Np. Le mica manque. L’apatite est abondante et quand les cristaux se présentent suivant leur allongement, ils ont très fréquemment des lignes transversales d’inclusions.

Magnétite, sphène et zircon.

85. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les autres gneiss.

Le quartz est comparativement peu abondant. Le feldspath est l’oligoclase qui se présente rarement sous des formes nettes, les lamelles sont souvent courbées, déformées et l’ensemble des cristaux présente des extinctions roulantes. L’augite domine et englobe parfois de l’apatite. Il faut ajouter une notable quantité d’hypersthène, de hornblende, et un peu de biotite.

Magnétite assez abondante patite.

Le pléochroïsme de l’augite est à peine sensible et on a :

Ng, vert pâle.

Nm, vert.

Np, vert.

Ng C¹ = 42° environ.

Le pléochroïsme de l’hypersthène est assez accentué et on a :

Ng, vert pâle.

Nm, jaune un peu brunâtre-clair.

Np, rose saumon.

Ng C¹ = 0.

2 E est relativement petit, ce qui indique un hypersthène très ferrifère.

84. Pyroxénite associée au gneiss précédent.

Le gneiss précédent passe dans certains endroits de la base du Kaga Bandéro à la pyroxénite.

Dans cette roche, les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende et la biotite. L’augite domine, après vient le hornblende. Elle contient en outre un peu de quartz et un peu d’anorthite.

Zircon et apatite.

271. Gneiss pyroxénique et amphibolique du Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Ce gneiss se présente en lentilles ou lits dans les gneiss et leptynites.

A part quelques cristaux plus volumineux, cette roche a une structure microgrenue. Quartz, oligoclase, orthose, biotite. L’augite est assez abondante. La roche contient en outre une certaine quantité d’hypersthène et de hornblende.

Magnétite abondante, apatite et zircon.

97. Gneiss à pyroxène de l’O. du Kaga Bandéro (Fort Crampel).

Ce gneiss se présente en lits ou lentilles dans les autres gneiss.

Quartz, oligoclase, biotite et augite. L’élément le plus abondant est le feldspath, après viennent la biotite et l’augite en quantités sensiblement égales. Le quartz est relativement peu abondant.

Magnétite abondante, apatite abondante en cristaux et en microlites allongés, et zircon.

199. Gneiss amphibolique de Djalmada (Itinéraire Ndélé-Mamoun).

Quartz présentant des extinctions roulantes, oligoclase et hornblende.

La hornblende est abondante et présente souvent les clivages des sections h¹ (100) et g¹ (010) et les sections perpendiculaires à l’arête h¹g¹ (100) (010). Sphène très abondant, apatite, magnétite et un peu de zircon.

208. Gneiss amphibolique de la région montueuse du Kouti.

Quartz présentant des extinctions roulantes. L’élément principal est la hornblende. Un peu de diallage. Comme feldspath de l’oligoclase. Sphène abondant, hématite, apatite et zircon.

RÉSUMÉ

Au point de vue pétrographique. — Il y a lieu de distinguer, dans cette première partie des schistes cristallins, les gneiss normaux, les leptynites et les gneiss basiques. Toutes ces roches présentent des traces d’actions mécaniques qui se traduisent par des extinctions roulantes assez fréquentes dans le quartz et par l’altération plus rare des autres éléments et en particulier des feldspaths.

Gneiss normaux. — Roches rubanées et à grain variable mais ne devenant jamais schisteuses, à orthose (avec ou sans microcline) et oligoclase, parfois l’orthose est entièrement remplacé par le microcline. La biotite est le mica dominant, elle est très rarement accompagnée de muscovite. On observe en outre d’une façon presque constante les minéraux accessoires habituels, magnétite, apatite, zircon, et d’autres minéraux, l’un assez fréquent le sphène, le grenat et l’allanite très rares.

Il y a lieu en outre de signaler la présence du quartz en association micropegmatitique dans les feldspaths de quelques échantillons.

Leptynites. — Roches rubanées de couleur rose à grain très fin dans lesquelles le mica est plus ou moins abondant en couches minces. Les éléments sont les mêmes que dans les gneiss normaux, sauf que la muscovite est un peu plus fréquente et que le sphène est plus rare.

Types basiques. — Ces roches sont rarement rubanées, et quand le rubanement existe, il est généralement vague. Les feldspaths sont les mêmes que dans les roches précédentes, mais avec prédominance de l’oligoclase. Les éléments essentiels sont l’augite, la hornblende, la biotite et parfois l’hypersthène. Ces divers minéraux sont quelquefois réunis dans la même roche mais dans certains types la biotite manque. Dans d’autres types on ne rencontre que l’augite ou la hornblende. La proportion des minéraux colorés est variable, mais parfois elle devient considérable et il arrive même que les feldspaths viennent à disparaître complètement, la roche est alors une pyroxénite.

On remarque en outre les mêmes minéraux accessoires que dans les gneiss normaux, mais le sphène est parfois plus abondant.

Au point de vue géologique. — Les gneiss forment deux groupes. Le plus important comprend tous les échantillons recueillis dans la région s’étendant de la Haute-Ombella à Fort-Crampel. A ces gneiss sont associées des leptynites, des gneiss amphiboliques, pyroxéniques, ou amphiboliques et pyroxéniques, et en outre les granites dont il a été parlé plus haut.

Les types basiques paraissent accidentels et intercalés en lits ou lentilles dans les gneiss normaux et les leptynites, mais ce fait n’est réellement démontré qu’au Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Signalons enfin la présence accidentelle dans les gneiss et leptynites ci-dessus de gneiss à grands cristaux ayant souvent l’apparence d’un granite sub-porphyroïde.

Les particularités qui viennent d’être citées ne constituent rien d’anormal et se reproduisent dans des régions gneissiques françaises.

Le second groupe comprend les gneiss glanduleux à grands cristaux de Ndélé, gneiss qui ont parfois l’aspect du granite porphyroïde, et les rares gneiss ordinaires de la même région.

Les gneiss à grands cristaux sont traversés à Djigangou par un filon d’aplite.

On peut être tenté de rattacher ces gneiss au granite et de les considérer comme un granite écrasé. Mais si l’écrasement particulier des grands cristaux de feldspath autorise jusqu’à un certain point cette hypothèse, d’autres faits permettent aussi de légitimer la place de ces roches dans les gneiss. En particulier le filon d’aplite qui les traverse n’a pas subi de modifications structurelles.

Signalons enfin un autre petit groupe composé de deux échantillons de gneiss amphibolique recueillis dans les quartzites du Kouti. Le premier à Djalmada où ce gneiss n’apparaît qu’en deux points d’une étendue très restreinte, le second provenant d’un affleurement assez important interstratifié dans des quartzites dont les couches sont verticales au ruisseau Kiokioro (village de Koubou).

Quoique recueillis à 30 kilomètres environ l’un de l’autre, dans une direction respective N.E.-S.O., qui correspond sensiblement à la direction générale de la stratification des quartzites, on peut admettre qu’ils appartiennent à un même affleurement dont ils ne sont que des points isolés, car ils ont la même composition minéralogique.

QUARTZITES

DESCRIPTION DES ÉCHANTILLONS TAILLÉS EN PLAQUES MINCES

76. Quartzite micacé des chutes de la Nana.

Roche dans laquelle sont disséminées des lamelles de muscovite. On remarque aussi du zircon et un peu de magnétite.

104. Quartzite micacé à disthène et dumortiérite du Kaga M’Bra.

Roche avec muscovite assez abondante. Disthène assez abondant, très peu de dumortiérite. Magnétite, ilménite, zircon et un peu de rutile.

Le disthène constitue des cristaux très aplatis, allongés suivant l’axe vertical, mesurant souvent deux et parfois trois millimètres sur leur plus grande dimension. Ils présentent très rarement des macles microscopiques, leur couleur est le bleu verdâtre un peu pâle.

La dumortiérite est constituée par de petites baguettes faciles à reconnaître à leur pléochroïsme intense :

On a : Ng, incolore,
Nm, incolore,
Np, bleu azur,

avec maximum suivant l’axe vertical. L’allongement est de signe négatif.

105. Même roche que ci-dessus mais sans dumortiérite. Magnétite, sphène et zircon.

107. Quartzite micacé à disthène et klaprothite du Kaga M’Bra.

Roche avec muscovite assez abondante. Disthène abondant avec un peu de klaprothite. Apatite, rutile, tourmaline.

Bien que les grains de klaprothite soient très petits, leur attribution à ce minéral n’est pas douteuse. Ils possèdent une haute biréfringence et un pléochroïsme très intense :

Ng, bleu azur,

Nm, bleu azur,

Np, incolore.

La bissectrice aiguë est négative et l’angle 2 V assez grand. On n’y observe ni clivage ni macles. De petits fragments ont pu être isolés de la roche pulvérisée par un traitement à l’iodure de méthylène, puis par un triage à l’aiguille sous la loupe. Des essais microchimiques ont mis en évidence la présence de l’acide phosphorique, de l’alumine et de la magnésie.

La klaprothite est toujours en contact avec le disthène, elle est même parfois englobée par ce minéral.

216. — Quartzite micacé de Télé (Kouti).

Roche avec muscovite assez abondante, du zircon, un peu d’hématite et de tourmaline.

RÉSUMÉ

Au point de vue minéralogique. — Ces quartzites constituent les types les plus intéressants que nous ayons rencontrés. La présence de la dumortiérite et de la klaprothite est particulièrement à signaler. A l’exception du gisement de Tvedestrand en Norwège dans lequel MM. Michel Lévy et Lacroix ont trouvé la dumortiérite en inclusion dans la cordiérite, ce minéral se rencontre dans des roches granitiques. Il y a peut-être lieu cependant de faire une réserve pour la dumortiérite de Clip dans l’Arizona qui paraît se trouver comme la nôtre dans un quartzite ; mais elle est très abondante au lieu de n’y constituer qu’un élément microscopique.

Quant à la klaprothite, son gisement habituel est bien des quartzites ; mais il est rare de la trouver dans une roche uniquement à l’état de minéral microscopique.

Au point de vue géologique. — Appartenant à des régions très éloignées l’une de l’autre, les quartzites de la Nana et ceux de Télé (Kouti), présentant les mêmes caractères de gisement présentent aussi les mêmes caractères pétrographiques.

L’échantillon de la Nana provient de couches ayant une pente de 12°, et celui de Télé d’une couche ayant une pente de 40°.

Les échantillons du Kaga M’Bra quoique faisant partie de la même formation proviennent d’un endroit bouleversé dans lequel les couches comme gisement ne sont plus comparables à celles de la Nana ni de Télé. Aussi remarque-t-on dans les quartzites du Kaga M’Bra des minéraux spéciaux tels que le disthène et accessoirement de la klaprothite, et aussi, mais très rare, de la dumortiérite.

Etude faite au laboratoire de M. Lacroix, professeur de minéralogie au Muséum d’Histoire naturelle.

La collection complète des échantillons est déposée au laboratoire de géologie du Muséum d’Histoire naturelle.