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L'Afrique centrale française

Chapter 99: CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES
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About This Book

The narrative describes a scientific expedition into central Africa that combines botanical and zoological collecting, geographic observation, and ethnographic notes alongside contemporary military and administrative operations. The leader records long, difficult routes through diverse landscapes, inventories plant and forest products, documents local societies and material culture, and reflects on logistical challenges of travel and scientific work. The text interweaves field journals, specimen lists, and practical reflections, and includes appended technical reports by specialists on flora, fauna, and other natural-history findings.


GÉOLOGIE ET MINÉRALOGIE

PAR

H. COURTET

GEOLOGIE ET MINERALOGIE


CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

Les roches rencontrées appartiennent jusqu’au Tchad à des types granitiques variés, des schistes cristallins, et des roches sédimentaires représentées par les grès horizontaux. Absence totale de roche volcanique. La diabase, abondante dans d’autres régions congolaises et sur l’Oubangui, est au contraire rare car on ne la rencontre que sur un point du Gribingui. A signaler un peu de norite et de gabbro. Enfin il y a lieu de faire remarquer l’absence de calcaire. Dans la région Fort Sibut-Ndélé, une latérite remaniée a recouvert ces roches que les érosions ont fait ensuite reparaître. Les schistes cristallins sont plus ou moins redressés, quelquefois verticaux et sont recouverts en stratification discordante par les grès horizontaux, ils sont traversés par les granites.

Au voisinage du Tchad, on entre dans une province pétrographique particulière caractérisée par des roches alcalines (rhyolite d’Hadjer-el-Hamis) que l’on retrouve à 3° environ plus au sud sur le Mayo-Kebbi. A l’E. de ce point la grande plaine du Logone et du Ba-Illi sépare ces roches des granites des Niellims et de Korbol. A l’E. du Tchad, le granite reparaît au Dar-el-Hadjer (Pays des roches) et au S.-E. la rhyolite n’a pas été rencontrée sur l’itinéraire de la mission. Il est donc suffisamment démontré qu’on ne rencontre plus de roches alcalines à l’E. et au S.-E. du Tchad et que ces roches sont là à leur limite[540].

GÉOLOGIE

RÉGIONS RECONNUES ET ASPECT GÉNÉRAL DE CES RÉGIONS

Les investigations géologiques de la Mission scientifique Chari-Lac Tchad portent :

1o En prenant pour point de départ Fort-de-Possel, poste situé au confluent de la Kémo avec l’Oubangui, sur une région mesurant au N.N.E., 525 kilomètres environ à vol d’oiseau, soit de la Haute-Ombella (5° 30 de latitude et 16° 45 de longitude) jusqu’au pays des Goullas du Mamoun (9° 50 de latitude et 19° de longitude).

2o En prenant pour point de départ Ndélé, capitale des Etats du sultan Senoussi, sur une région mesurant au N.-O. 825 kilomètres à vol d’oiseau, soit de Ndélé (8° 25 de latitude et 18° 25 de longitude) jusqu’à Mondo dans le Kanem (13° 45 de latitude et 13° 10 de longitude).

Jusqu’à présent, au point de vue géologique proprement dit, dans la plus grande partie de ces régions, aucune reconnaissance n’avait été faite. Les renseignements que l’on possédait à ce sujet avaient été fournis par M. G. Bruel, administrateur des Colonies, qui, au cours des nombreux itinéraires qu’il a parcourus dans le Haut-Chari, avait eu l’heureuse idée de recueillir des échantillons qui ont été ensuite déposés et étudiés à la Sorbonne. Après M. G. Bruel vint M. le lieutenant Lacoin, qui terminait son exploration au moment où la mission Chari-Tchad commençait la sienne. M. Lacoin recueillit des échantillons le long de la ligne d’étapes entre Fort-de-Possel et Fort-Crampel, en faisant un crochet à l’E. vers la Haute-Kémo et les M’Brès. Il suivit ensuite le Gribingui, le Bamingui et le Chari jusqu’au Tchad, reconnut les rochers de Hadjer-el-Hamis, et alla jusqu’à Bir-Allali dans le Kanem. Les échantillons de M. Lacoin ont été déposés et déterminés à la Sorbonne par M. Gentil.

La mission Chari-Tchad a en outre reconnu quelques points du cours de l’Oubangui entre Bangui et Fort-de-Possel et plus en amont à la mission catholique de Bessou. M. Lacoin a également fourni des indications géologiques sur ce même parcours.

Signalons en outre la mission Foureau-Lamy dont les échantillons ont été aussi étudiés par M. Gentil[541].

La première région offre sur tout son parcours l’aspect d’un immense plateau légèrement ondulé dont les altitudes vont en croissant dans la direction du N.-N.-E., et varient de 442 mètres (Fort-Sibut) à 611 mètres Ndélé, résidence du sultan (671 à 682 mètres plateau) pour atteindre un maximum de 827 mètres en un point dominant M’Bélé, grande cité Kreich aujourd’hui détruite, qui est située au S.-E. de Ndélé, à 78 kilomètres environ à vol d’oiseau. Après Ndélé et toujours dans la même direction, les altitudes décroissent car on descend vers le pays des Goullas habitant la région marécageuse du Mamoun. Dans cette région elles varient de 490 mètres à 500 mètres.

Des points culminants on aperçoit, s’estompant jusqu’à l’horizon, les lignes de plus en plus indécises des collines, lignes desquelles émergent par endroits des mamelons disséminés arrondis, ou des rochers abrupts que l’on nomme indistinctement kagas, qui atteignent rarement 100 mètres de hauteur au-dessus du niveau général des terrains environnants. Les lignes indécises que l’on voit à l’horizon ont pu faire croire à des alignements montagneux, il n’en est rien et il n’y a là qu’un effet d’optique. Parfois on aperçoit une ligne sombre continue dont la distance à vol d’oiseau est d’environ 20 à 40 kilomètres, ligne qu’on atteint généralement en une ou deux étapes par les sentiers. Si arrivé là on se retourne vers l’endroit que l’on a quitté on remarque le même phénomène, et on reste tout étonné d’avoir franchi l’intervalle séparant les deux points sans avoir rencontré d’accidents sensibles de terrain.

Les mamelons et autres protubérances rocheuses que l’on nomme kagas apparaissent souvent aussi, selon l’endroit d’où on les aperçoit, sous la forme d’imposants massifs quand ce ne sont que de petits accidents. On ne peut, en réalité, que les comparer à des termitières ou des blocs de rochers disséminés dans une prairie.

C’est aussi avec l’apparence d’un alignement montagneux qu’apparaît le plateau qui sépare le Boungoul du Bahr-Salamat, et cependant ce plateau n’a qu’une altitude variant de 30 à 60 mètres au-dessus de la plaine et on y accède par une pente insensible.

Dans la plaine du Bangoran, quand on quitte le pays montueux du Kouti dont l’altitude varie entre 500 et 685 mètres, avec quelques rares points culminants d’une altitude un peu supérieure, la plaine étant à une altitude variant de 444 mètres (Bangoran, piste Kaga M’Bra-Ndélé) à 410 mètres (Bangoran, piste Ndélé-Fort-Archambault) et 470 mètres (Télé extrémité O. du Kouti), on aperçoit de divers endroits le point culminant dominant Télé et on a l’illusion d’un important massif. Des bords du Bangoran, à plus de 50 kilomètres à vol d’oiseau, on voit encore distinctement les sommets bleuâtres dominant Télé.

C’est sous l’influence sans doute de ces illusions qu’ont été créés : Le massif des M’Brés, les monts Niellims, les monts de Gamkoul, la chaîne de montagne séparant les bassins du Boungoul, du Bamingui et de la Kotto, du bassin du Nil ; et aussi les monts Guérés.

Cette première région constitue un centre hydrographique important, d’où ruissellent les eaux alimentant par une multitude d’affluents plusieurs grands cours d’eau qui sont : L’Oubangui, ayant comme principaux affluents alimentés par ce centre hydrographique, la Kémo, le Kouango et la Kotto. Le Bahr-Sara ayant comme affluent la Fafa. Le Bamingui ayant comme principaux affluents, le Gribingui et le Bangoran. Le Boungoul ayant comme principaux affluents, le Tété et la Moussoubourta (Ngardjam). La réunion de ces trois grands cours d’eau en aval de Fort-Archambault forme le Chari.

Enfin dans la région de M’Bélé on rencontre un petit cours d’eau nommé Bakaka qui d’après le sultan Senoussi va au Ouadi Kabassa (Darfour).

Une certaine quantité de petits cours d’eau, prenant naissance dans la région de Ndélé et du Kouti, n’atteignent aucune grande artère d’écoulement et se perdent dans la plaine.

La seconde région constitue une immense plaine s’étendant du Kouti au Kanem, généralement marécageuse et dont la pente est très faible vers le N.-O. Cette pente n’atteint qu’une différence de 110 mètres environ sur une distance à vol d’oiseau de 700 kilomètres, c’est-à-dire du confluent du Bangoran avec le Bamingui au Tchad. De cette plaine émergent quelques mamelons ou des rochers abrupts, toujours de faible altitude au-dessus du niveau général.

LES GRANDES FORMATIONS SUPERFICIELLES

ROCHE FERRUGINEUSE

La roche ferrugineuse n’est pas la latérite en place, c’est-à-dire une roche formée par la décomposition sur place et en masses profondes des roches silico-alumineuses, granites ou gneiss qui affleurent dans beaucoup d’endroits, mais une latérite remaniée.

Cette latérite se présente en gisements différents selon qu’elle occupe les parties élevées, les parties basses ou plaines dans lesquelles circulent les grands cours d’eau, ou le pourtour des affleurements granitiques des grandes plaines.

Les différentes formes sont les suivantes : Argilo-ferrugineuse, à aspect scoriacé, agglomérée, contenant des débris ténus ou des menus cailloux roulés de quartz et de quartzites, contenant des cailloux roulés assez volumineux, contenant des fragments assez volumineux de quartz, de quartzites ou autres roches stratifiées, contenant de gros fragments de quartzites ou autres roches stratifiées.

La forme argilo-ferrugineuse ne se rencontre que dans les parties basses et on ne peut l’observer nettement que dans les berges des cours d’eau, elle prend parfois à la surface un aspect scoriacé par suite de la désagrégation des parties molles. Celles contenant des fragments plus ou moins volumineux de quartz, quartzites ou autres roches stratifiées ne se rencontrent qu’au voisinage ou au contact de ces roches. Celle contenant des cailloux roulés ne se rencontre en général qu’à une certaine profondeur et n’est visible que dans les berges de certains cours d’eau. Enfin les formes, scoriacée, agglomérée, contenant des débris ténus ou des menus cailloux roulés, se rencontrent partout et constituent dans leur ensemble la forme générale de la roche.

En réalité, sauf pour la forme argilo-ferrugineuse, toutes les autres sous lesquelles la roche ferrugineuse se présente, ne sont que des agrégats ou des conglomérats rougeâtres plus ou moins riches en fer et en éléments quartzeux. Les plus riches en fer sont utilisés comme minerai par les indigènes qui les traitent par une méthode analogue à la méthode catalane.

Que ce soit dans les parties élevées, les parties basses, ou les plaines, c’est généralement en plateaux horizontaux que l’on rencontre la roche ferrugineuse. Ces plateaux couvrent parfois de grands espaces soit totalement dénudés, soit recouverts par une maigre végétation. Les endroits dénudés sont le plus souvent imperméables et il y règne une chaleur intense, la roche fait fonction d’accumulateur et la chaleur accumulée ne disparaît qu’assez tard dans la nuit.

A côté des plateaux rocheux et arides des parties élevées, la formation ferrugineuse apparaît aussi sous la forme argilo-sablonneuse et constitue alors des terrains plus ou moins fertiles, cultivés par les indigènes quand ils trouvent à proximité l’eau nécessaire à leur alimentation.

Dans les parties élevées, les plateaux rocheux constituent évidemment la fraction de la formation ayant résisté à l’érosion et dans laquelle les eaux ont creusé des vallons et des ravins, dont les flancs sont souvent abrupts et parsemés de gros blocs de roche dure provenant du sommet et ayant roulé parfois jusqu’au bas des pentes.

Un des témoins les mieux caractérisés de la désagrégation est le Kaga Dokélé ou Dogbéré, situé tout près et à l’est de Fort-Sibut sur la rive gauche de la Tomi. Sur ce Kaga, le plateau du sommet formant la partie la plus résistante est à peu près détruit et de nombreux blocs ont roulé sur les pentes mélangés à d’autres blocs provenant des flancs du Kaga même. Ces derniers sont les restes compacts des couches plus tendres gisant au-dessous du plateau supérieur et qui ont été désagrégées.

La formation ferrugineuse du Kaga Dogbéré et de Fort-Sibut repose sur des gneiss qui affleurent, dans le ruisseau coulant au pied du Kaga, à Bongbo, village situé à 3 km. 500 à vol d’oiseau à l’ouest de Fort-Sibut, et entre le poste et le passage de la Tomi sur l’ancienne route de Fort-Crampel.

Jusqu’au voisinage de Ndélé c’est la formation ferrugineuse qui prédomine à la surface du sol. Par places, les érosions ont mis à nu des roches diverses, gneiss, granites, quartzites, dont il sera parlé plus loin.

Dans la région de Ndélé ce n’est plus la roche ferrugineuse qui domine à la surface, et tout en occupant encore de grandes superficies elle n’existe réellement que sur les parties culminantes. Partout ailleurs on la rencontre par petites masses épargnées par le ravinement et en contact visible avec la roche sous-jacente. Dans beaucoup d’endroits son épaisseur reste faible, et dès qu’on quitte les parties culminantes on retrouve les grès horizontaux ou les quartzites sur lesquels elle repose.

L’épaisseur actuelle de la roche ferrugineuse des parties élevées est très variable et sur le pourtour de la cuvette de Ndélé des épaisseurs de 10, 15 et 23 mètres ont été mesurées. Comme il vient d’être dit c’est dans la région de Ndélé que la formation ferrugineuse est la moins importante.

Dans la région de Fort-Sibut, au Kaga Dogbéré, l’épaisseur de la formation serait de 60 à 66 mètres, cette dernière cote étant l’altitude du sommet au-dessus du niveau moyen du sol environnant.

Sur le plateau dominant le versant ouest du petit ruisseau Banga situé à 8 kilomètres environ à l’ouest de Fort-Crampel, on rencontre une roche qui doit être évidemment rattachée à la roche ferrugineuse. Cette roche en plateaux horizontaux se compose de sable siliceux ou de petits galets quartzeux, anguleux ou peu roulés, et qui ne sont que faiblement agglomérés entre eux ; elle s’effrite très facilement sous le choc du marteau. Plus loin on rencontre la même roche, mais cette fois avec éléments cimentés par le fer.

La roche ferrugineuse des plaines dans lesquelles circulent les grands cours d’eau s’est évidemment formée avec les résidus de la désagrégation de celle des parties élevées, et ses différents modes de gisement, ainsi que les modifications générales de leur composition ont pu être particulièrement étudiés, sur le Bangoran, le Gribingui et le Bamingui.

On peut considérer le Gribingui comme coulant définitivement en plaine, au confluent de la Vassako des Ngamas, c’est-à-dire à 130 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Crampel. C’est un peu en aval de ce confluent que les gisements deviennent bien caractérisés. Beaucoup plus en amont, c’est-à-dire au voisinage du poste des Arétous (Lutos) situé à 90 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Crampel, le terrain devient ondulé et les ondulations s’accentuent au fur et à mesure qu’elles se rapprochent de Fort-Crampel. Dans cette partie, le cours sinueux du Gribingui se heurte partout à des falaises de roche ferrugineuse appartenant à la formation des parties élevées.

En aval du confluent de la Vassako des Ngamas avec le Gribingui, et jusqu’au confluent du Gribingui avec le Bamingui, les profils relevés au-dessus du niveau de l’eau (hautes-eaux) sont les suivants :

1o A la surface une couche de roche ferrugineuse de 1 m. 50 d’épaisseur reposant sur une couche argileuse ayant un mètre d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;

2o A la surface une couche argilo-ferrugineuse de 1 m. 50 d’épaisseur, ensuite une couche de roche ferrugineuse d’un mètre d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 0 m. 80 d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;

3o A la surface une couche argileuse de 1 m. 50 d’épaisseur, ensuite une couche de roche ferrugineuse de 2 m. 50 d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 2 mètres d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;

4o A la surface une couche argileuse de 1 m. 50 d’épaisseur, ensuite une couche de roche ferrugineuse de 1 mètre d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 2 m. 50 d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau ;

5o A la surface une couche de roche ferrugineuse de 2 mètres d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 2 mètres d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau.

Sur le Bamingui, un peu en amont du confluent du Bangoran, un profil relevé donne : à la surface une couche de roche argilo-ferrugineuse de 3 mètres d’épaisseur reposant sur une couche argileuse de 3 mètres d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau. La couche argilo-ferrugineuse contient des parties de roche ferrugineuse compacte et des blocs éboulés gisent le long de la falaise.

On peut considérer le Bangoran comme coulant définitivement en plaine au confluent de la Mindja Engoulou, petit cours d’eau venant de Ndélé. Ce confluent est situé à 55 kilomètres environ à vol d’oiseau à l’ouest de Ndélé. Dans cet endroit, le Bangoran est encaissé dans la roche ferrugineuse.

A 45 kilomètres environ en aval, c’est-à-dire au passage de la piste de Ndélé au Bamingui par le village de Ngara, on retrouve encore la roche ferrugineuse compacte sur les rives du Bangoran.

A 20 kilomètres à vol d’oiseau plus en aval, la berge rongée n’est plus formée par la roche compacte, mais par une roche argilo-ferrugineuse avec nodules ferrugineux disséminés, se transformant plus loin en une roche se rapprochant davantage de la roche compacte. Dans cette dernière roche, les éléments les plus chargés en fer forment à la surface une couche scoriacée, aspect qui est dû à la désagrégation des parties molles, et qui est plus ou moins caractérisé dans les divers endroits où on l’observe. Enfin auprès du confluent, la berge est constituée par une falaise de 5 mètres de hauteur (basses-eaux) montrant trois couches : A la surface une couche argileuse, ensuite une couche argilo-ferrugineuse à aspect scoriacé par suite de la désagrégation des parties molles, reposant sur une couche sablonneuse compacte constituée par des débris siliceux.

Sur le Bamingui (basses-eaux) au village de Bongo, situé à 60 kilomètres environ à vol d’oiseau en amont de Fort-Archambault, la falaise haute de 10 mètres montre les trois mêmes couches.

A 7 kilomètres à vol d’oiseau plus bas que ce point, la piste passe sur une couche de roche ferrugineuse compacte contenant des débris de quartzites. Cette couche est analogue à celles qui ont été remarquées sur le Bangoran en amont de Ngara et sur le Gribingui en amont de son confluent avec le Bamingui. Elle appartient à cette même formation qui s’étend du Gribingui vers la région de Mandjatezzé et plus au nord jusqu’au Bamingui où on la retrouve.

A Fort-Archambault, au poste même, on remarque une falaise de 10 mètres de hauteur (basses-eaux) présentant les mêmes couches que la falaise du village de Bongo.

Au confluent du Kalabari situé à 14 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Archambault et à 3 kilomètres en aval de la bouche la plus éloignée du Boungoul (juin 1903) les trois mêmes couches se rencontrent encore, mais la couche argilo-ferrugineuse a subi une modification et a été transformée en un agrégat d’aspect scoriacé, très caverneux, constitué par des menus débris siliceux cimentés par un ciment ferrugineux, le profil relevé dans cet endroit donne ; A la surface une couche argilo-sablonneuse en pente douce venant en général s’atténuer au bord de la berge. Ensuite une couche de roche ferrugineuse à aspect scoriacé, très caverneuse se divisant en deux parties : La partie supérieure dure, mesurant 1 m. 50 d’épaisseur, et la partie inférieure moins dure, mesurant 1 m. 60 d’épaisseur. L’ensemble de cette couche repose sur la couche sablonneuse compacte mesurant 2 m. 60 au-dessus du niveau de l’eau (basses-eaux).

Ensuite et jusqu’au confluent du Bahr-Salamat situé à 50 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval de Fort-Archambault, la berge ne montre plus que des couches alluvionnaires dont il sera parlé plus loin.

Les autres endroits où la roche ferrugineuse des plaines a été rencontrée dans des conditions analogues sont : A 80 kilomètres environ à vol d’oiseau au N.-N.-E. de Ndélé dans la plaine située entre le Tété et la Moussoubourta, elle repose là sur des quartzites. Des deux côtés de la trouée de la Mindja M’Banga sur le plateau argilo-sablonneux séparant le Boungoul du Bahr-Salamat, et plus à l’O. entre ce plateau et le Bahr-Salamat, c’est-à-dire à 55 kilomètres environ à vol d’oiseau au N.-E. de Fort-Archambault.

Enfin quelques menus faits d’ordre plus local ont été observés : Auprès de Ndélé, au fond du vallon de Golo, les restes d’une couche ferrugineuse d’un mètre d’épaisseur ont été remarqués reposant sur une couche d’argile. La couche d’argile a peu d’étendue et sur son extrémité gît la roche ferrugineuse. Cette roche s’écroule sur les déclivités de la bande argileuse au fur et à mesure que cette dernière est entamée par les érosions.

A 32 kilomètres environ à vol d’oiseau au N. de Ndélé, dans la vallée de Djalmada, on remarque une couche de roche ferrugineuse paraissant reposer sur une couche argileuse.

A Koubou, village du Kouti, situé à 18 kilomètres à vol d’oiseau au N.-O. de Ndélé, au fond d’un vallon, une couche d’un mètre d’épaisseur environ repose sur des quartzites.

Enfin comme phénomène actuel, dans les flaques d’eau dormante du lit du Bahap (130 kilomètres environ à vol d’oiseau au N.-E. de Ndélé) le fer se dépose en couche rougeâtre sur le gravier du fond.

Il résulte de l’ensemble des observations ci-dessus, qu’à une époque déterminée, époque dont l’éloignement peut s’apprécier par l’épaisseur de la couche argileuse de la surface, la désagrégation de la roche ferrugineuse des parties élevées, qui sont aujourd’hui des centres hydrographiques, a été particulièrement intense. Les résidus de cette désagrégation ont formé dans les plaines voisines des couches de roche ferrugineuse d’une certaine étendue et d’une certaine épaisseur.

Plus loin dans les grandes plaines, où des masses d’eau plus considérables ont circulé en entraînant par conséquent une plus grande quantité de matières alluvionnaires, la proportion de fer ne s’est plus trouvée en rapport avec la masse de ces matières, et il n’a pu se former qu’une roche argilo-ferrugineuse.

Au confluent du Kalabari, un phénomène d’ordre local, un remous sans doute, a accumulé là les éléments siliceux et le fer nécessaire pour les cimenter. Il y a lieu de faire remarquer que cet endroit est proche du point de jonction de trois grands cours d’eau actuels, le Boungoul, le Bamingui et le Bahr-Sara.

Les auréoles ferrugineuses des affleurements granitiques des grandes plaines se présentent sous forme de plateaux d’une certaine étendue ; ce mode de gisement est donc le même que pour les deux autres formations exposées plus haut.

Cette roche paraît former non pas des auréoles isolées autour de chaque affleurement, mais un ensemble plus ou moins continu englobant tous les affleurements d’une région. C’est l’impression qui se dégage de l’examen de la région du lac Iro, où un certain nombre d’affleurements saillants de granites ont été observés.

Cette région est sans pente sensible, c’est donc une grande plaine basse où se sont accumulés des alluvions divers et les résidus ferrugineux provenant soit de la désagrégation directe des granites, soit de la désagrégation de la latérite proprement dite qui pouvait exister autrefois par suite de l’altération de ces mêmes granites.

Il est à présumer que la roche ferrugineuse de cette formation, dès qu’on s’éloigne des affleurements granitiques pour s’avancer dans la plaine où on la rencontre encore, repose aussi sur des couches alluvionnaires. Comme elle n’a pas été remarquée dans les berges du Bahr-Salamat ni dans celles du Bassa, déversoir du lac Iro, ni dans celles du Ba-Moufa, aucune observation réellement précise ne peut confirmer ce dire.

Les affleurements granitiques des Niellims, de Korbol, ceux situés à 50 kilomètres au N.-E. de ce point, et 70 kilomètres environ au N., ceux du Dar-el-Hadjer (Pays des roches) situé à 200 kilomètres à l’E. du Tchad, sont entourés aussi par une auréole ferrugineuse.

ALLUVIONS DES GRANDES PLAINES

En général, dans les grandes plaines, le sol est argileux ou argilo-sablonneux, et ces plaines sont toujours plus ou moins marécageuses, fait qui s’explique par leur peu de pente.

Pendant les hautes eaux, les masses d’eau considérables descendant des centres hydrographiques s’épandent et séjournent sur de vastes surfaces qu’elles transforment en marais. Après les pluies, ces eaux disparaissent, soit par écoulement superficiel, soit par infiltration, soit par évaporation, et les grandes plaines présentent pendant la saison sèche une surface sillonnée de nombreuses et profondes crevasses.

Quelques-unes des couches sous-jacentes ont déjà été indiquées en parlant de la roche ferrugineuse, mais indépendamment des renseignements fournis, il en est d’autres qu’il importe de donner.

A Ngara, dans la plaine du Bangoran, 50 kilomètres environ à vol d’oiseau à l’E. du confluent, deux puits ont été creusés par les indigènes. L’un de ces puits, situé en dehors du village, a 10 mètres environ de profondeur, il est entièrement creusé dans une couche argilo-ferrugineuse contenant des nodules ferrugineux. L’autre creusé dans le village même et abandonné, a aussi 10 mètres de profondeur, mais le fond atteint une couche de schiste argileux.

En suivant le Bangoran, à 11 kilomètres de son confluent, la couche argileuse superficielle repose sur une couche sablonneuse constituée par des débris siliceux plus ou moins volumineux dans lesquels on rencontre des fragments de cristaux de quartz. C’est la première apparition dans les berges de la couche sablonneuse compacte qui se poursuit jusqu’au confluent du Kalabari.

A 3 kilomètres en aval du village de Bongo, la couche sablonneuse plus chargée en fer devient plus compacte et forme roche dans le lit du Bamingui.

Un autre genre de roche que l’on peut jusqu’à un certain point rattacher au schiste argileux de Ngara existe encore dans le lit du Bamingui, à 13 kilomètres environ à vol d’oiseau en aval du confluent du Bangoran, et forme un banc émergeant d’un mètre au-dessus du niveau de l’eau (basses-eaux). Ce banc est constitué par une roche argileuse (argillite) en couches stratifiées et diversement colorées. La partie la mieux caractérisée mesure 25 à 30 mètres de largeur et se prolonge sur une partie de la rivière. La stratification tendant à l’horizontalité à la partie N. se relève à la partie S., et la cassure en cet endroit a une direction E.-O. La pente au N. de l’affleurement est de 10° et au S. de 25°. L’ensemble des roches visibles (20 mai 1903) a de 300 à 400 mètres de largeur. Selon toutes probabilités, cette roche repose sur des roches quartzeuses que l’on rencontre en fragments isolés provenant vraisemblablement du fond rocheux de la rivière, fait que le manque d’embarcation n’a pas permis de vérifier.

Après le confluent du Kalabari les profils de la berge, rive droite (basses-eaux, 8-9 juin 1903) montrent les couches suivantes :

A 5k,500 en aval, à la surface une couche argilo-sablonneuse de 2m,50 d’épaisseur, ensuite une couche d’argile grise, une couche de sable, et une couche d’argile grise, ces trois couches ayant une épaisseur totale de 5m,50 au-dessus du niveau de l’eau.

A 5 kilomètres plus loin, la berge est formée par une couche de sable de 6 mètres.

A 4k,500 plus loin, à la surface une couche de sable de 2m,50 d’épaisseur, ensuite une couche d’argile grise de 2 mètres d’épaisseur reposant sur une couche argilo-sablonneuse de 2m,60 d’épaisseur au-dessus du niveau de l’eau.

A 3k,500 plus loin, la berge est formée par une couche de sable de 6 mètres.

Les quatre profils ci-dessus sont dans la partie de la plaine où le Bahr-el-Arzeg et le Bahr-Sara se réunissent au Bamingui. Enfin au confluent du Bahr-Salamat une berge de 5 mètres de sable reposant sur le granite à l’endroit où l’on rencontre cette roche en masses arrondies dans le Chari.

Cette alternance de couches qui caractérise cette partie de la plaine et qui se sont formées à une époque qui ne saurait être très éloignée, s’observe dans les phénomènes actuels produits par les crues du fleuve. Le cours du Bamingui serpente dans un sillon de 1500 à 2000 mètres de largeur qui constitue son lit véritable, dont les hautes berges restent bien visibles et dans lequel il reste des mares et des étangs n’asséchant pas, vestiges d’un cours déplacé ou obstrué par les crues. Entre ces hautes berges, au moment des grandes crues, les matières entraînées se déposent, et un profil relevé à Fort-Archambault donne les couches suivantes, la berge secondaire se trouvant éloignée de 60 mètres de la haute berge : A la surface, une couche d’argile jaunâtre d’un mètre d’épaisseur servant à la fabrication des briques, ensuite une couche de sable ordinaire de 75 centimètres d’épaisseur, ensuite une couche de sable fin de 20 centimètres d’épaisseur, et enfin une couche de sable ordinaire de 1m,50 d’épaisseur du dessus du niveau de l’eau. Ces couches ne sont pas continues car plus bas l’argile disparaît et la berge est entièrement formée de couches de sable.

Le phénomène actuel et celui qui s’est produit autrefois sur une plus grande échelle entre le confluent du Kalabari et le confluent du Bahr-Salamat sont donc bien identiques.

Un peu à l’E. de Fort-Archambault, au village de Kembaga ou mieux du chef Solo situé sur la rive droite du Boungoul, les berges de cette rivière montrent à découvert des amas de concrétions blanchâtres calcaires, et d’autres amas de concrétions ferrugineuses. Les concrétions calcaires contiennent parfois des nodules ferrugineux qui indiquent qu’elles sont de formation plus récente que les concrétions ferrugineuses. Les amas de concrétions calcaires sont plus abondants.

Ces amas sont disséminés dans une couche argileuse ou argilo-sablonneuse.

Les amas de concrétions calcaires ont été rencontrés non seulement dans la plaine du Boungoul mais aussi dans la plaine du Bahr-Salamat où on les observe jusqu’au lac Iro. Ils forment des bosses un peu saillantes indiquant par ce fait que les érosions ont moins d’action sur eux que sur la couche environnante.

On rencontre aussi des concrétions calcaires disséminées à la surface des plaines du Dekakiré.

Partout où le Bahr-Salamat a été observé ses berges sont argileuses ou argilo-sablonneuses.

Dans la plaine du Bahr-Salamat, le lac Iro s’est formé dans un bas-fond entouré d’une ceinture de roche ferrugineuse surélevée de quelques mètres et boisée. La roche apparaît à la surface sur presque tout le pourtour du lac, sauf dans la partie où se trouve le déversoir qui ne fonctionne qu’aux hautes-eaux. Aux basses-eaux ce déversoir n’a aucun écoulement. L’altitude du lac est de 380 mètres (juin 1903), celle du village de Souka 383, et celle de la bande ferrugineuse entre Moufa et Souka et entre le déversoir et Sourouba est de 387 mètres. La plus grande longueur du lac est de 18 kilomètres et la plus grande largeur de 3 kilomètres. Du côté de Souka et de Sourouba, les abords du lac sont vaseux et en pente très douce.

Le lac ne reçoit aucun cours d’eau, il n’est donc alimenté que par les eaux pluviales qui glissent sur la roche ferrugineuse et vont s’accumuler dans la partie la plus basse qui est le lac.

ÉTUDE DES DIVERS GROUPES

Fort-de-Possel à Fort-Sibut (Krébedjé) par la Kémo et la Tomi (hautes-eaux)[542] et retour par la voie de terre longeant la Tomi.

Dès qu’on quitte Fort-de-Possel pour remonter le cours de la Kémo et celui de la Tomi on rencontre la roche ferrugineuse.

Les premières roches stratifiées se rencontrent sur la Tomi à 5 kilomètres environ de son confluent avec la Kémo, et on suit ces roches sans interruption jusqu’au voisinage du poste de la Tomi (M’Brous), c’est-à-dire à 48 kilomètres environ du confluent, où l’on rencontre dans des quartzites un filon de quartz translucide intercalé entre les couches, et un peu plus loin des granites.

Entre les premières roches rencontrées et les granites, la distance à vol d’oiseau est de 26 kilomètres environ et la rivière parcourt pour atteindre le même point 45 kilomètres environ. Au delà de ce point et jusqu’à Fort-Sibut, on ne rencontre plus dans les berges que la roche ferrugineuse sous différents aspects.

La Basse-Kémo est sinueuse ; quant à la Tomi, son cours n’est qu’un continuel lacet à courbes brusques et courtes, et il donne du confluent à Fort-Sibut un développement approximatif de 115 à 120 kilomètres pour une distance à vol d’oiseau de 80 kilomètres environ.

La différence d’altitude entre le niveau de l’eau à Fort-de-Possel au confluent de la Kémo avec l’Oubangui, et le niveau de l’eau à Fort-Sibut est de 53 mètres environ.

Les environs des rives présentent de légères ondulations dans la région où l’on rencontre les roches stratifiées. Après le poste de M’Brous, la Tomi serpente dans une plaine herbeuse avec arbustes et arbres rabougris clairsemés et parties marécageuses boisées, jusqu’au voisinage de Fort-Sibut où l’on rencontre de nouvelles ondulations.

En résumé, de Fort-Sibut à M’Brous, la Tomi a creusé son lit dans la roche ferrugineuse et chaque changement de direction est provoqué par la rencontre d’une partie dure.

Entre le poste de M’Brous et le confluent, le cours de la Tomi franchit un gradin constitué par des granites et des roches stratifiées dont les dépressions et les fractures ont été comblées par la roche ferrugineuse. Ces roches occasionnent de très fréquents changements de direction et le cours est coupé par de nombreux rapides. Dans cette partie la roche ferrugineuse se montre souvent en conglomérats. Les dépôts sablonneux contiennent de nombreuses paillettes de mica.

Il est particulièrement difficile de relever la direction de la stratification des couches rencontrées et l’inclinaison de ces couches. Sur quelques points la stratification est horizontale, sur d’autres elle est inclinée, mais les pentes sont très indécises et l’ensemble seul peut donner une indication à ce sujet.

Sur une distance à vol d’oiseau de 12 à 13 kilomètres environ représentant la partie principale du gradin franchi par la Tomi, la direction de la stratification prise en cinq endroits varie de N. à N. 25° O. (nord magnétique), la pente vers l’O. varie de 7° à 30°. En cinq autres endroits où la stratification a été également observée, elle est horizontale. La direction générale du cours correspond sensiblement à la direction moyenne de la stratification aux endroits où elle a pu être relevée, la rivière longe donc les fractures. A 3km500 plus au N., la direction de la stratification des quartzites contenant le filon de quartz est N. 20° O. mais la pente de 30° environ est vers l’E.

Le gradin de roches stratifiées franchi par la Tomi est constitué par des schistes micacés, des grès siliceux, des quartzites micacés calcarifères, une leptynite (6, p. 682)[543], et des calcschistes. Un peu plus au N. et à peu de distance des derniers quartzites affleurent un granite à épidote (17, p. 670) et un granite en décomposition, ce dernier recouvert par la roche ferrugineuse.

Si au lieu de suivre en embarcation le cours de la Tomi, on suit la piste longeant cette rivière à quelque distance, en retournant à Fort-de-Possel, dans le lit encaissé du ruisseau Kouli ou Gouli, à 15 kilomètres de Fort-Sibut on rencontre un affleurement de gneiss amphibolique et pyroxénique (276, p. 683), dont la structure varie du rubané au granitoïde. On rencontre encore ces mêmes gneiss à 3km500 plus loin dans le lit encaissé d’un autre ruisseau.

Immédiatement après le poste de M’Brous, la piste franchit une petite ondulation où l’on remarque de nombreux fragments de quartz provenant de filons sous-jacents dont l’un signalé plus haut affleure dans les quartzites de la rive droite de la Tomi. C’est dans la région de M’Brous que les femmes bandas viennent chercher les cristaux allongés de quartz, pour se confectionner, en arrondissant par usure les arêtes de ces cristaux, l’ornement qu’elles portent dans la lèvre inférieure.

A 26 kilomètres environ avant d’atteindre Fort-de-Possel, la roche quartzeuse affleure et on rencontre des amas de fragments de cette roche dans le lit du ruisseau situé à 3km500 de ce point. Ensuite jusqu’à la série de mamelons situés à 14 kilomètres environ de Fort-de-Possel, c’est-à-dire sur un parcours d’environ 8km500, de nombreux fragments de roche quartzeuse sont enchâssés dans la roche ferrugineuse et indiquent par ce fait le contact de ces deux roches dont l’une est aujourd’hui disparue.

Aux mamelons, les roches schisteuses apparaissent et se prolongent jusqu’à la Tomi où elles ont déjà été rencontrées.

Haute-Ombella.

A l’O.-S.-O. de Fort-Sibut (40 à 45 kilomètres à vol d’oiseau, d’après les cartes du poste) on est dans la région de la Haute-Ombella définie ici par les bassins des rivières Yambéré et Bouma, formant par leur réunion la Ombella et ayant leurs sources au voisinage de celle de la Tomi. Le principal accident de cette région est le Kaga Do ou Dodo formé de plusieurs petits mamelons. On rencontre à ce Kaga un lambeau important de gneiss amphibolique (31, p. 683). En réalité ce gneiss est peu caractérisé, il se présente plutôt avec l’aspect granitoïde et constitue la forme générale de l’affleurement. Il prend comme forme accidentelle un aspect rubané caractérisé par des bandes claires et foncées, ces dernières évidemment plus chargées en éléments colorés. On remarque encore, mais plus rarement, des rognons enclavés dans la forme générale (33, p. 683).

Au N. du Kaga Do affleure le gneiss ordinaire (39, p. 680) et à Oualiko (13 kilomètres environ au N.) on rencontre le granite.

Moyenne-Kémo.

A l’E. de Fort-Sibut, on rencontre, à 10 kilomètres environ avant d’atteindre Griko, poste situé sur la rive gauche de la Kémo, deux ruisseaux dans lesquels on trouve des micaschistes, et un peu plus loin une ondulation constituée par des éboulis de roche ferrugineuse et de grès passant aux schistes.

Fort-Sibut (Krébedjé).

Aux environs immédiats de Fort-Sibut, les ondulations deviennent plus distinctes et mieux caractérisées, elles peuvent être considérées jusqu’à un certain point comme des lignes de collines de faible altitude dans lesquelles on rencontre quelques mamelons qui dominent. La Tomi cesse d’être navigable même pour des pirogues et son cours n’est plus qu’une succession de rapides occasionnés soit par la roche ferrugineuse soit par des roches granitiques.

Au N., entre le poste et le point de l’ancienne route de Fort-Crampel où l’on franchissait la Tomi (5 kilomètres environ) le gneiss affleure partout sur la seconde moitié du parcours. Ce gneiss est souvent pyroxénique et parfois pyroxénique et amphibolique (20, 22, 23, p. 684). Il passe au gneiss à grands cristaux et constitue ainsi une roche ayant l’apparence d’un granite grossier sub-porphyroïde. L’apparition d’un semblable gneiss a un caractère accidentel, et le même phénomène parfaitement visible par suite d’une dénudation complète se reproduit, mais plus restreint, au Kaga Bandéro dont il sera question plus loin.

A l’O.-S.-O., on rencontre le petit mamelon de Bongbo ayant une altitude approximative de 24 mètres au-dessus du niveau moyen du terrain environnant. Ce petit mamelon n’offre aucun escarpement et les couches de gneiss sont concentriques. La forme générale est le gneiss ordinaire (26, p. 680), dans lequel on rencontre accidentellement des lentilles ou lits de gneiss à pyroxène de couleur plus sombre.

A l’E.-S.-E., on remarque le Kaga Dogbéré constitué par la roche ferrugineuse et ayant une altitude approximative de 72 mètres au-dessus du ruisseau coulant entre le pied de ce mamelon et la Tomi, dans le lit de ce ruisseau le gneiss affleure.

La distance E.-O., entre le mamelon de Bongbo et le Kaga Dogbéré est d’environ 6 kilomètres à vol d’oiseau, et la présence du gneiss au pied de ce dernier Kaga permet de constater la continuité des couches gneissiques sur lesquelles repose la roche ferrugineuse des alentours de Fort-Sibut. Enfin il existe encore au voisinage de Krébedjé, village situé à 2 kilomètres au S.-O. de Fort-Sibut, une leptynite dont on a apporté un gros fragment au poste (28 bis, p. 682).

Les indigènes utilisent les gneiss comme pierre à aiguiser et il est rare que chaque case ne possède pas sa pierre, plus ou moins usée par le frottement des couteaux, lances, haches, et souvent concave. Le long des sentiers fréquentés on remarque souvent sur les roches des traces bien apparentes du frottement des divers instruments en fer.

Fort-Sibut à Fort-Crampel.

En quittant le poste de Fort-Sibut (par l’ancienne route), on franchit la Tomi à 5 kilomètres du poste. Dans cet endroit, cette rivière coule entre des collines où affleurent des gneiss de structures différentes qui passent au gneiss à grands cristaux. Ces gneiss sont d’ailleurs identiques à ceux de la rive droite dont il a été parlé au groupe Fort-Sibut. Vers le 14e kilomètre on rencontre un mamelon de gneiss et à 2km500 plus loin, une leptynite pyroxénique (55, p. 682). Le long de la piste, le gneiss disparaît ensuite de la surface du sol et on ne le rencontre plus que dans le lit du ruisseau du poste de M’Pokou et dans le lit du ruisseau Méné à 2 kilomètres environ à vol d’oiseau de ce poste. A 5 kilomètres plus loin on rencontre un affleurement de granite à pyroxène (59, p. 670).

A 2km500 au delà du poste des Ungourras affleure un gneiss à pyroxène. Au N. de ce poste à 11 kilomètres à vol d’oiseau commence en s’étendant sur une longueur de 2km500 une zone où l’on rencontre en trois endroits des affleurements de quartz.

A 8 kilomètres avant d’atteindre le poste de Dekoua on rencontre le granite à épidote dont les affleurements se poursuivent jusqu’au poste même (61, 62, p. 670).

A 6 kilomètres au delà de Dekoua on rencontre encore un granite. La région de Dekoua est une région culminante d’où ruissellent les eaux allant, d’un côté vers l’Oubangui par la Kémo, et de l’autre vers le Gribingui par la Nana.

A 17 kilomètres plus loin, au Kaga Takoungo, commencent les quartzites. La direction de la stratification de ces quartzites est O. 35° N., la pente vers le N.-E. varie de 50 à 60°.

Au nouveau poste de Nana on rencontre des gneiss qui forment l’ossature du mamelon sur lequel le poste est construit (71, p. 681).

Entre le nouveau poste et l’ancien poste qui était situé au confluent du Gou avec la Nana, à 3km500 environ du nouveau poste affleure un gneiss à pyroxène.

Au poste de Nana, l’argile à poterie, qui contient des grains de quartz et de nombreuses paillettes de mica, vient de chez N’Dagué (village Boutana), rivière Kobo qui se jette dans la Nana.

Ensuite en suivant à quelque distance le cours de la Nana sur la rive droite on ne rencontre aucun affleurement de roches avant d’arriver aux quartzites barrant la rivière et occasionnant une série de chutes (76, p. 688). On retrouve ces quartzites à l’O. de Fort-Crampel. Dans les endroits où la stratification a pu être observée, on trouve : Avant la grande chute de la Nana, direction N. 5° O., pente variable vers l’O. ; à la grande chute, direction N. 7° O., pente vers l’O. 12° ; aux secondes chutes, direction O. 5° N., pente vers le N. 15° ; aucune direction n’a pu être relevée à la 3e chute où on rencontre des quartzites avec mica blanc abondant ; à l’O.-N.-O. de Fort-Crampel, 11 à 12 kilomètres environ à vol d’oiseau, direction O. 22° S., pente vers le N. 45°.

Kaga Bandéro (Fort-Crampel).

Au confluent de la Nana avec le Gribingui et sur la rive droite, le Kaga Bandéro constitue un important mamelon de 90 mètres de hauteur environ au-dessus du niveau de la plaine du Gribingui. Ce mamelon est largement dénudé, ce qui en rend l’étude facile, et ce fait a une importance particulière en ce sens qu’il permet de rattacher à un ensemble continu les divers gneiss rencontrés à Fort Sibut et qui sont identiques à ceux du Bandéro.

Dans la région de Fort-Sibut, le gneiss n’affleure pas toujours sur de grandes étendues, et en général, il est difficile sinon impossible d’avoir le contact certain de ses différentes formes. C’est ainsi qu’on y rencontre du gneiss ordinaire, du gneiss pyroxénique, quelquefois pyroxénique et amphibolique, du gneiss à grands cristaux, des leptynites, faisant partie évidemment de la même formation et dont on ne fait que deviner les relations. Le Kaga Bandéro possède les divers gneiss qui viennent d’être énumérés en couches dont les relations sont parfaitement visibles.