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L'Aiglon: Drame en six actes, en vers cover

L'Aiglon: Drame en six actes, en vers

Chapter 13: SCÈNE XI
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About This Book

A lyrical six-act verse drama portrays a fragile young duke confined within a ceremonial court and overshadowed by an imperial legacy. Surrounded by guardians, courtiers, and family, he oscillates between yearning for action and resignation to political constraints. Through intimate scenes, masquerades, and public ritual, the play examines identity, the burden of ancestry, illusions of heroism, and the clash between personal desire and duty, building toward a quietly tragic resolution. The language alternates spirited rhetoric and tender intimacy, blending spectacle with psychological nuance.

SCÈNE XI

Les Mêmes, LA COMTESSE, puis DIETRICHSTEIN.

LA COMTESSE, qui sort de chez Marie-Louise et entend ces derniers mots, saisie.

Vous, pas prêt ?

(Elle se retourne et, vivement, parlant par la porte entre-bâillée à Marie-Louise et Scarampi invisibles.)

C’est compris !… non ! restez !… Je me sauve…
Pour le bal de ce soir, la blanche, pas la mauve !

(Fermant la porte et descendant vers le duc.)

Pas prêt ! Que vous faut-il ?

LE DUC.

Un an de rêve obscur,
De travail.

LA COMTESSE, farouche.

Viens régner !

LE DUC.

Non ! mon front n’est pas mûr !

LA COMTESSE.

La couronne suffit pour mûrir une tempe !

LE DUC, montrant sa table de travail.

Oui, la couronne d’or qui tombe d’une lampe !

LE JEUNE HOMME.

C’est que l’occasion…

LE DUC, se retournant, avec hauteur.

Plaît-il ? l’occasion ?
Serait-ce le tailleur qui reparaît ?

LA COMTESSE.

Mais…

LE DUC, fermement.

Non !
J’aurai la conscience à défaut de génie :
Je vous demande encor trois cents nuits d’insomnie !

LE JEUNE HOMME, désespéré.

Mais il va confirmer tous les bruits, ce refus !

LA COMTESSE.

On prétend que jamais avec nous tu ne fus !

LE JEUNE HOMME.

Vous êtes Jeune France, on vous croit Vieille Autriche.

LA COMTESSE.

On dit qu’on affaiblit ton esprit !

LE JEUNE HOMME.

Qu’on vous triche
Sur ce qu’on vous apprend !

LA COMTESSE.

Et que tu ne sais pas
L’histoire de ton père !…

LE DUC, sursautant.

On dit cela, là-bas ?

LE JEUNE HOMME.

Que leur répondrons-nous ?

LE DUC, violemment.

Répondez-leur…

(A ce moment une porte s’ouvre. Dietrichstein paraît. Le duc, se retournant vers lui très naturellement :)

Cher comte ?

DIETRICHSTEIN.

C’est d’Obenaus.

LE DUC.

Pour mon cours d’histoire ? — Qu’il monte.

(Dietrichstein sort. Le duc montrant au jeune homme et à la comtesse les vêtements épars.)

Mettez le plus de temps possible à tout plier,
Et tâchez dans ce coin de vous faire oublier !

(Voyant Dietrichstein rentrer avec d’Obenaus, à d’Obenaus :)

Bonjour, mon cher baron.

(Négligemment, à la comtesse et au jeune homme, en leur montrant un paravent.)

Achevez, là derrière,
Vos paquets !…

(A d’Obenaus.)

Mon tailleur…

D’OBENAUS.

Ah !

LE DUC.

Et la couturière
De la duchesse…

D’OBENAUS.

Ah ! ah !

LE DUC.

Vous gênent-ils ?

D’OBENAUS, qui s’est assis derrière la table avec Dietrichstein.

Non, non !